CERTITUDE DU FAIT DE LA RÉVÉLATION
Nous possédons deux moyens de nous assurer de l’existence des faits accomplis dans des temps ou des lieux éloignés : l’un direct, incontestable, évident ; l’autre indirect et n’engendrant qu’une probabilité plus ou moins forte :
DEN le témoignage et les conjeetures. Le premier est plus facile et à la portée de tous; le second est plus abstrait, et réclame un esprit cultivé. Le premier est au rang des preuves rigoureuses ; le secondne sort pas dunombre des inductions, des vraisemblances plus ou moins convaincantes.
Jusqu'ici nous nous en sommes tenu aux moyens indirects, et, suivant la voie des vraisemblances et des probabilités, voici ce que nous nous sommes attaché à vous persuader :
ce serait une imprudence et une inexcusable témérité d'admettre comme certain, de regarder comme indubitable, que Dieu, dans l’économie de la religion, s’est restreint aux seules manifestations de la nature et de la raison et ne leur en a point ajouté d’autres plus claires et plus étendues. Allant plus loin, nous nous sommes attaché à vous persuader cette autre vérité : si on peut se fier à des inductions portant sur une base plus large encore ; si des analogies encore plus claires ne sont pas trompeuses, il faut eroire que Dieu, qui règle toutes choses avec une sagesse infinie, s’est montré prodigue de témoignages plus éclatants, de
ER De manifestations mieux adaptées à nos besoins, Dans cette Conférence, nous jussons des moyens indirects aux moyens directs, des conjectures aux témoignages, des inductions aux preuves; et, appuyé sur des témoignages el des preuves rigoureuses, nous allons démonter que l'opération surnaturelle de Dieu, dans l’ordre de la religion, n’est pas moins certaine que son opération créatrice dans l'ordre de Ja càture ; et qu'il est aussi certain que Dieu a parlé aux hommes avec une voix distincte de celle de la nature, qu’il est certain que les Grecs etles Romains ont eu des lois distinctes de celles que tout homme porte gravées dans son cœur.
Et, comme les présomplions peuvent servir à préparer la voie aux preuves rigoureuses, c’est par elles que je commencerai, et j’en vais apporter une si lumineuse et si forte, qu’il sera bien difficile d’y résister et d’y répondre.
Cherchons quel compte on doit tenir du consentement du genre humain tout entier, et de son consentement universel dans tous les temps et dans tous les lieux : universel quant ar temps, car il est né avec l’homme; universel