‹ Conférences prononcées dans l'église du Gesù à Rome pendant le Carème de 1851 [microforme]Chapitre 21 sur 49 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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moignages, arriver à découvrir la vérité et à juger les procès? Cette conclusion est opposée aux lois de la nature humaine, tous les codes la démentent, tous les tribunaux la rejettent, et, dans leurs écoles, les critiques et les philosophes la réfutent par des arguments invincibles.

Soutiendraient-ils, par hasard, que les témoins ne peuvent jamais ni mentir ni errer?

Pas le moins du monde. Mais, et les critiques, et les philosophes, et les publicistes, ont reconnu que, lorsqu'il se rencontre un certain ensemble de preuves, il est également impossible, ou que les témoins nous trompent, parce qu’ils sont eux-mêmes dans l'erreur; ou qu'ils puissent, abusant de leur liberté, nous persuader le mensonge. C’est sur cette réunion d’indices que se fonde et s’appuie toute la force du témoignage. Eh bien! un pareil ensemble d’indices ne nous fera pas non plus défaut pour discerner si nous devons attribuer le consentement à une erreur commune ou à une vérité commune. Il y a des indices négatifs, il y en a de positifs ; 1l y en a de légers, il y en a de gra-

— NM — ves; et, si tous viennent à se trouver réunis, telle est leur évidence, qu'ils rendent le doute complétement impossible. Passons-les rapide-

ment en revue.

Les indices négatifs veulent que la matière, l'objet du consentement, n’enferme rien d’opposé aux lumières de la saine raison, rien qui blesse les perfections divines et répugne à la nature humaine, rien qui trahisse avec évidence l’effet de l'imagination, de l'ignorance, des préjugés. Puis viennent les indices positifs,

variés à l'infini et d’une valeur bien inégale :

c'est un indice positif, si le consentement s’accorde avec les lumières de la raison, avec les perfections divines et la nature humaine; c’est

.un indice positif, s’il est évident que le consen-

tement ne peut être regardé comme l'effet de la cupidité, de l’ambition, de la superstition, de l’ignorance ; c’est un indice positif, si le consentement acquiert d'autant plus de force qu’on l’examine davantage, et gagne en éclat à mesure que s'étend le nombre des connaissances humaines ; c’est un indice positif, si le consentement se retrouve chez les peuples barbares comme chez

les peuples civilisés, quel que soit le degré plus ou moins élevé de leur culture intellectuelle. Si le consentement est appuyé de l’ensemble de ces indices, on ne saurait le considérer que comme une manifestation éclatante et universelle de la vérité : il n’est pas difficile de le prouver par l'expérience et de le démontrer par le raisonnement.

L'expérience le prouve : car on ne peut citer un seul cas où le consentement universel ait attesté l’erreur, lorsqu'il était entouré des signes que nous venons de décrire. Quel exemple, en effet, pourrait-on m’alléguer? Il ne s’en présente point à ma pensée de plus vraisemblable et de plus éclatant que le consentement des peuples en faveur de l’idolâtrie. Mais ce consentement n’a pas l’universalité des tem”, car le monothéisme précéda l’idolâtrie ; ii . . pas l’universalité des lieux, car il y eut toujours quelque peuple fort éloigné de l’idolâtrie ; il n’a pas pour lui les signes négatifs : il est facile de démontrer l’opposition de l’idolâtrie aux perfections divines et à la raison humaine ; il n’a pas pour lui les signes positifs : car à peine l’ido-

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