‹ Conférences prononcées dans l'église du Gesù à Rome pendant le Carème de 1851 [microforme]Chapitre 24 sur 49 · STE · texte numérisé non relu

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tiquité, nous assurent que les conclusionsdes philosophes sur la cause des mouvements cosmiques ne sont pas moins opposées entre elles que contraires aux enseignements de la droite rai. son. Car ceux-ci l'ont cru innée à la matière, ceuxlà l'ont fait dériver du hasard ; il en est qui l'ont attribuée aux sympathies et aux antipathies ; d’autres, enfin, l'ont rapportée à des génies qui, à leur gré, agissaient sur la matière et en réglaient les mouvements. Et voilà les idées les plus célèbres qui aient eu cours en cosmogonic avant le christianisme !

Passons à l’anthropologie. Que pensa de l’homme l'antiquité” Je ne citerai pas un sentiment, je ne dirai pas un seul mot que je ne puisse confirmer par des témoignages indubitables. Elle enseigna que le genre humain ne provient pas d'une seule race ; que les hommes ne diffèrent pas moins d’origine que de visage, de couleur et de langage. Elle enseigna que les uns naissent esclaves, les autres libres, les uns pour servir, les autres pour commander. Elle enseigna que l'esprit, principe des idées, du jugement, de la réflexion, du raisonnement, ne

diffère pas du corps, ou, du moins, que cette distinction n’est pas certaine. Elle enseigna qu’il n’y a point en l’homme de libre arbitre, mais nécessité et domination du destin. Elle enseigna que la volonté est soumise aux appétits, et que la détermination du choix n’est qu’un changement, une succession de volitions différentes. Elle enseigna que l’âme finit avec le corps; et si, parfois, elle professa sa permanence, elle le fit plutôt par sentiment que par un jugement évident : c'était pour elle un besoin plutôt qu’une vérité.

Leurs idées théologiques étaient en rapport avec leur anthropologie. Le genre humain, il est vrai, n’a jamais poussé l’aveuglement jusqu’à l’athéisme; mais il ne pouvait rien imaginer de pire que la divinité qu’il se forgea. Nous avons encore les théogonies des poëtes épiques, tragiques et comiques ; nous possédons celles des physiciens, des métaphysiciens ; nous connaissons celle du forum et du peuple, celle du Lycée et des écoles. Eh bien! à quoi se réduisent-elles? Toutes professent la pluralité des

dieux ; toutes nient la monarchie divine, et vio-

lent la première loi de l'intelligence humaine, qui nous oblige à ramener ce qui est multiple et varié à la simplicité de l’unité. En toutes domine l’anthropomorphisme, et conséquemment leurs dieux ne sont que des hommes embellis et agrandis par l'imagination. Toutes nient la providence universelle ; toutes enseignent une providence différente pour chacun des règnes de la nature, et pour les différents peuples différentes divinités tutélaires.

Or, comme une loi immuable rattache aux idées les affections et les déterminations de la volonté, et que les mœurs n’en sont que l’expression, cet immense désordre dans les idées entraine un désordre non moins grand dans les volontés et dans les mœurs.

N'attendez pas de moi une description vivante et animée des affections et des mœurs du monde païen : je suis retenu par la pudeur et la honte. Je ne puis qu’indiquer en courant quelques traits; mais ils suffiront à vous en découvrir l’horrible difformité, à vous ci farre sentir la corruption repoussante.

Historiens, biographes, poëtes comiques et

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