‹ Conférences prononcées dans l'église du Gesù à Rome pendant le Carème de 1851 [microforme]Chapitre 25 sur 49 · OR · texte numérisé non relu

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satiriques, professeurs de sciences morales, s'accordent à nous attester que toutes les afleetions étaient tournées vers les choses sensibles, et que les mœurs n'étaient que la vive expression de tels goûts et de tels amours. Le sensualisme gouvernait la vie privée et la vie publique; le sensualisme régnait sur les arts : la peinture, la sculpture, la musique étaient ses esclaves ; le sensualisme dominait le culte et la religion. Bien plus, on peut affirmer avec vérité que la religion même et le culte devenaient une école de sensualisme, irritant les passions les plus violentes, fomentant les affections les plus sensuelles, les plus matérielles. C’est à ce but que tendaïent les symboles, les chants, les images et les différentes initiations religieuses. De sorte que la vie tout entière, et publique et privée, et profane et religieuse, n’était qu’un sacrifice au sensualisme, une glorification des sens, un oubli complet de la raison et de l'âme; oubli qui me nous apparaitra pas moins dans les lois que dans tout le système de la vie sociale.

Il apparait dans ces lois qui ne se proposent

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nullement pour but de former l'esprit ou le cœur, mais qui tendent exclusivement aux avantages et aux commodités de la vie. Ainsi, il apparait dans les lois du mariage, qui permettaient la polygamie et le divorce; il apparait dans la législation sur l'autorité paternelle, qui s'étendait jusqu’au droit de mort; Îl apparaît dans les lois concernant la servitude, qui abaissaient l’esclave au rang de simple chose; il apparaît dans le droit de la conquête, qui n’a d'autre règle que le caprice; il apparaît dans le droit de la guerre, plus ou moins empreint de cruauté et de barbarie; il apparaît enfin dans la physionomie de la société tout entière, que nous voyons se plonger dans les choses passagères et sensibles, sans nul souci des choses spirituelles et éternelles.

Tel était le genre humain avant le christianisme, tel il est de nos jours partout où le christianisme n’a pas encore pénétré, et tel est l’état dont se rapprochent graduellement nos sociétés modernes, à mesure qu’elles s’éloignent de l’esprit et du sentiment chrétien.

Mais le christianisme lui-même, qu’a-t-il pro-

duit? que produit-1l? quels sont les effets dont il a été, dont il est encore la cause féconde? Interrogeons l'histoire, consultons l'expérience, el la réponse ne sera pas douteuse.

L'histoire, en effet, d'accord avec l’expérience, nous apprend que l'on doit au christianisme un ordre tout différent d'idées, de volontés, de mœurs, de lois, de rapports so- Claux.

On lui doit d’abord un ordre tout différent d'idées cosmogoniques, anthropologiques et théologiques. Et quelles sont donc, par le fait, ces idées qu’a propagées le christianisme? En voici un rapide aperçu. Le christianisme nous enseigne que cette universalité des choses, que nous appelons le monde, est l'effet de la toutepuissance créatrice de Dieu, la manifestation de sa bonté et de sa libéralité, œuvre commencée à l’origine des temps, dont le but est la glorification de son auteur ; livre ouvert devant les yeux de l’homme, afin qu’il s'élève du visible à l’invisible, de ce qui change à l’immuable, du fini à l'infini; enseignement public apprenant à chacun qu’il doit user de toutes les choses

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