‹ Conférences prononcées dans l'église du Gesù à Rome pendant le Carème de 1851 [microforme]Chapitre 26 sur 49 · NS · texte numérisé non relu

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d’ici-bas comme d'autant de degrés pour parvenir à la possession de l'Éternel.

Il nous apprend que l’homme est l’image vivante de Dieu, créée par Dieu; qu’en Dieu seul il a son centre; qu’il n’a qu’une seule origine; qu’il tend vers une même fin; qu'il doit, s’il y parvient, se promettre un bonheur éternel, et, s’il la manque, redouter un éternel malheur.

Il nous apprend que Dieu est un, qu'il veille sur l’homme, qu’il voit non-seulement ses actes extérieurs, mais aussi ses pensées et ses affections intimes; qu’il l'invite et l’attire vers la justice et la sainteté, l’éloigne du mal, et l’arrache à la honte et au crime; qu’il veut le faire participer à sa gloire, s’il se rend à ses invitations et s’il obéit à ses lois; mais qu'il le condamne sans miséricorde, s’il s’abandonne à la fascination des sens, s’il préfère follement le fini qui passe à l'infini, à l'éternel.

Telles sont les idées fondamentales du chrislianisme, d’où découlent des affections de même nature, commandées et inspirées par lui. Il inspire et commande une juste et exacte appréciation des choses, et conséquemment il veut

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que l’on préfère l'équité au plaisir, et que l’on ne regarde comme utile rien qui ne soit en même temps juste et convenable. Il inspire et commande de mettre dans l’amour ordre, poids et mesure : ordre, afin que l’amour des choses du temps le cède à l’amour de l'éternité; poids, afin que ce qui flatte les sens soit mis au-dessous de la félicité de l’âme et de la sérénité de la conscience; mesure, pour nous empêcher d’exagérer les biens matériels, de diminuer, de rabaisser les biens spirituels. Il impose et commande de voir dans la vie présente non point une demeure où il nous soit permis de nous fixer, mais une carrière qu’il faut parcourir pour gagner la palme et la couronne. Il nous inspire enfin et nous commande une prudente sollicitude, qui, sans glacer l'esprit de ses défiances, ne le laisse pas s’abandonner sans frein à la présomption.

De ces idées, de cette direction donnée à la volonté par le christianisme, on peut facilement conclure la vie, les mœurs, les lois des chrétiens. « Notre vie, disait le saint martyr Justin «dans son Exhortalion aux gentils, ne se laisse

« point régler par l’imagination ou les sens ; mais «elle se conforme aux lois éternelles de la jus- «tice et de la piété. » Athénagore, à son tour, écrit dans son Apologie pour les chrétiens :

«Nous ne nous contentons pas de louer la jus- «tice, d’exalter la sainteté, de célébrer la vertu ; « mais nous faisons tous nos efforts pour devenir «purs dans nos pensées, saints dans nos affec- «tions, vrais dans nos paroles, justes dans nos «actions. »—« C’est que la philosophie des chré- «tiens, dit Clément d'Alexandrie, n’est point un «masque, n’est point une ambition, n'est point «une ombre vaine; mais bien un exercice, une «culture, une œuvre laborieuse, qui a pour but « d'illuminer l’âme, de purifier la volonté, et de « faire en sorte qu’on ne voie dans le chrétien «rien que de juste, de réglé, de saint. » Tel est le langage unanime de Tertullien, de Minutius Félix, de Cyprien en Afrique, d'Origène en Égypte, de Méliton, d'Eusèbe en Palestine, de Grégoire de Nazianze dans le Pont, de Prudence en Espagne, de Salvien dans les Gaules, d’Ambroise en Italie.

Mais devons-nous les croire, et ne faut-il pas

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plutôt s’en défier comme de témoins intéressés et qui déposent dans leur propre cause? A cela je réponds : Croyons-nous les Grecs lorsqu'ils nous racontent les faits de leur histoire ? croyons-nous les Romains lorsqu'ils nous attestent la gloire de la cité reine ? Oui, nous les croyons, à moins de raisons péremptoires qui nous le défendent. Et pourquoi donc ne croirions-nous pas les chrétiens? Avons-nous, par hasard, des preuves qui les convainquent de mensonge ? Loin de là, tout concourt à établir leur véracité. Elle est prouvée par la haine même qu’ils professent contre le mensonge ; elle est prouvée par la publicité de leur témoignage rendu dansles cités les plus éclatantes de l’Empire, consigné dans des apologies et des livres célèbres, dirigé contre les gentils, qui devaient avoir singulièrement à cœur de le contredire, si cela eût été possible. Mais que dis-je? Loin de les démentir et de les réfuter, ils sont complétement d'accord avec eux.

Il existe encore, et nous pouvons les lire, beaucoup de rescrits d’empereurs romains qui, tout paiens qu'ils étaient et ennemis du nom LE

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chrétien, n’ont pas laissé de se croire obligés par l'équité et la justice à protéger leur innocence, et conséquemment à prendre leur défense. C’est ainsi que les chrétiens ont été protégés par Domitien, comme nous le rapporte Dion; par Trajan, comme le démontre sa réponse à Tibérien; par Nerva, comme en fait foi le rescrit à Sérénius Granius, proconsul d’Asie; par Adrien, comme on le voit dans sa lettre à Servien, que rapporte Vopiseus; et, pour en finir, par Alexandre Sévère et Antonin, comme on peut s’en convaincre dans Œlius Lampridius et dans l’Apologie de Méliton. Il n’est personne, d'ailleurs, qui ne connaisse la lettre de Pline à Trajan, dans laquelle il nous dépeint en traits si vifs les mœurs des chrétiens, et il les comble de si glorieux éloges. Mais peut-être les louanges que Julien l'Apostat ne peut refuser aux chrétiens ne sont-elles pas aussi universellement connues : il loue leur innocence, leur intégrité, leur mépris des choses passagères, et cet amour mutuel dont s’étonnaient et s’émerveillaient les païens.

Si donc il est impossible de douter que l’on

ne doive au christianisme un changement si profond dansles idées, les affections, les mœurs, les lois, la vie privée, la vie publique, que pourrons-nous désormais voir en lui? L'œuvre du mensonge ou l'œuvre de la vérité? l’œuvre de l’homme ou l’œuvre de Dieu? L'arbre se connaît à ses fruits, et, de même que ni le mensonge ni la superstition ne sauraient être considérés comme la source de la vérité et de la sainteté, ainsi on ne saurait voir dans l’œuvre de l’homme la cause de ce qui nous apparait avec tant d'évidence au-dessus de la nature humaine. Oui, le changement opéré par le christianisme est surhumain : c’est un fait que vous ne sauriez comparer qu’au seul fait, au seul acte de la création.

Par la création, Dieu donna lêtre à ce qui n’était pas; par le christianisme, il a détruit l'erreur et révélé la vérité. Dans la création, la lumière succède aux ténèbres; par le christianisme, les hommes passent du gouffre obscur de la superstition aux splendeurs de la religion et de la piété. Dans la création, le chaos fit place à l’ordre du monde; et, par le christia-

nisme, la paix a remplacé le tumulte des passions effrénées. La création, sans effacer la différence des genres, des espèces et des individus,

- classait harmonieusement tous les êtres, et ra-

menait toutes choses aux lois de la concorde et de l’unité ; le christianisme, sans supprimer la distinction des peuples et la diversité des classes de la société, a fait du genre humain une seule famille, unie et resserrée par le lien de la charité et par celui d’une destinée commune à tous. Par la création, ce monde ne nous apparait que comme une hymne célébrant la grandeur de Dieu, une œuvre où resplendissent merveilleusement les perfections divines ; et, par le christianisme, le genre humain n’est aussi qu’un chant sublime à la gloire du Très- Haut, et une vive image de la société des esprits célestes, dont les ordres variés et les nombreuses hiérarchies s'unissent dans un vaste ensemble sous la souveraineté de Dieu, leur unique monarque.

Si le sceau de la divinité est si profondément imprimé sur le christianisme, si les effets du christianisme montrent si clairement son ori-

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gine divine, n’avons-nous pas le droit de demander d'où vient donc que, de nos jours, tant d'hommes n’ont pour lui qu’indifférence et mépris, et ne voient en lui qu’une institution désormais insuffisante et sans valeur? Rien de plus juste, et c’est là une question que je ne puis omettre sous aucun prétexte. Eh bien!

donc, que faut-ilen penser, et quelle est la source d’un jugement si défavorable ?

Serait-ce le développement plus complet de là raison, l’âge plus mûr du genre humain, une civilisation plus savante, plus élevée, plus parfaite ? S'il faut juger de la maturité et des développements de la raison, des degrés de civilisalion et de culture des esprits, par la révolte contre la vérité et contre l’évidence, je l’accorderai volontiers ; mais si, au contraire, on en doit juger par l'amour du vrai et la docilité à l’évidence, je me vois contraint de le nier : car, s’il est une vérité évidente et incontestable, c’est que le christianisme trouve dans ses effets la démonstration de sa céleste et divine origine, et, en conséquence, ne mérite que l’obéissance, le respect et les plus tendres accents de la

reconnaissance pour la bonté suprême qui a voulu nous faire cet inestimable don.

À quoi donc attribuer tant d’indifférence, ou plutôt de mépris pour le christianisme ? Ne l'attribuons point à la raison et à ses jugements, mais au cœur et à ses affections. Nous en avons la cause dans ce mot souverainement déraisonnable : Zl me déplait.

Il me déplaît dans sa partie théorique, qui me propose une existence éternelle de récompenses ou de châtiments; un Dieu scrutateur et juge des pensées les plus intimes, des désirs les plus secrets ; une règle de conduite qui met des bornes étroites à l’essor de l'imagination, un frein aux désirs du cœur, un obstacle à l’indépendance de la pensée.

Et puis i/ me déplaît bien davantage encore dans sa partie pratique, qui me commande la mortilication des sens, le détachement des biens visibles, l'humilité, la soumission, l'obéissance, et m'oblige à montrer clairement, dans tout l’ensemble de ma conduite, qu’au lieu de chercher ici-bas la satisfaction de mes désirs, je l'espère seulement dans une autre vie non

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plus temporaire, mais permanente; non plus de quelques années rapides, mais d’une éternité tout entière.

Il me déplait! voilà la véritable origine du mépris professé par tant d'hommes à l'égard du christianisme. Rendez au sens sa rectitude, au goût sa pureté, et le christianisme sera l’objet d'un amour universel.

Tant que l’homme n'est que chair et ne travaille qu’à satisfaire la chair et les sens; tant que l’homme n’a pas pour le diriger des règles meilleures que les séductions des sens, et ne s'élève pas à des idées plus nobles que les tableaux de l'imagination et de la cupidité, n’espérez pas que la vérité du christianisme l'éclaire, que sa beauté l'attire, que sa nécessité le subjugue et le gagne !

CONFÉRENCE VIl'.

LA VÉRITÉ DU CHRISTIANISME DÉMONTRÉE PAR LES MOYENS EMPLOYÉS À SA PROPAGATION,

Si c’est aux effets à nous dire quelle est leur cause, les moyens employés par elle nous manifesteront son caractère, nous révèleront sa nature. Plus il y a de disproportion entre la fin et les moyens, et plus aussi nous devons re-

connaitre de furee et de puissance à la cause qui opère. Je ne suis pas surpris que le médecin, usant des ressources de son art, multipliant les remèdes pendant un long espace de temps, réussisse à obtenir quelque guérison ; mais je serai frappé d’étonnement et de stupeur à la vue d’un malade rappelé d’un seulmotdes portes de la mort à la vie et à la santé. Je ne suis pas surpris que des troupes aguerries et bien pourvues d’armes et de munitions remportent une victoire; mais je ne suis plus maitre de mon admiration si une poignée de soldats, dénués des choses les plus nécessaires, brise les lignes de l'ennemi, renverse ses bataillons, et obtient un éclatant triomphe. Je ne suis pas surpris qu’à l’aide de bras innombrables et de matériaux variés s’élève le palais le plus riche et le plus magnifique; mais quel esprit ne se confond à cette pensée qu’un seul acte de volonté a suffi pour produire le ciel, pour produire la terre, pour produire lunivers ?

D’où vient que, dans tous ces cas, nous sommes affectés et nous jugeons d’une manière si différente? C’est que, nous n'en pouvons dou-

ter, l'ordre établi par la nature exige une proportion entre la fin et les moyens, et que, moins cette proportion existe, et plus aussi une œuvre s'élève au-dessus de la nature: de sorte que, si cette proportion disparait tout à fait, c’est une absolue nécessité de se rendre et de regarder l’œuvre comme surnaturelle. Et certes cela est bien fait : car l'induction la plus complète nous le persuade, et des raisons nombreuses et invincibles nous le démontrent.

Que sont, en eflet, les moyens par rapport à la fin? cela même qu'est la cause par rapport à l'effet. Si donc la cause doit être proportionnée à l'effet, il faut aussi que les moyens le soient à latin. Et, en conséquence, s'il arrive que cette proportion vienne à manquer, et que, néanmoins, la fin soit ohtenue, on ne saurait se dispenser d'en conclure que le naturel a fait place au surnaturel, et l’ordre ordinaire à l’ordre des miracles et des prodiges.

Ceci posé, il est impossible de douter que l'on ne doive regarder l’œuvre accomplie par le christianisme comme tout à fait surnaturelle et divine. Pourquoi donc? Parce qu’il faut ou sou-

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tenir que le christianisme est un effet sans cause, ou, attendu le caractère des moyens employés pour le réaliser, le reconnaître pour une œuvre supérieure à la nature, et qui n'appartient qu’à l’ordre des miracles.

Considérons d’abord l’œuvre du christianisme, et considérons-la dans les trois premiers siècles, avant que Constantin eût incliné l’aigle de Rome devant la croix du Nazaréen.

Pour apprécier comme elle doit l'être cette œuvre du christianisme, considérons successivement son étendue et sa grandeur, son excellence et sa perfection. Et d’abord, pour ce qui est de sa grandeur et de son étendue, c’est un fait éclatant comme la lumière que l’œuvre du christianisme se répandit et se propagea de l'Orient à l'Occident, remplit l'empire romain, en dépassa les frontières et embrassa tous les peuples connus. Ce fait est attesté par des témoignages assez nombreux et assez clairs pour satisfaire la critique la plus exigeante.

Il est attesté par Tacite dans ses Annales, à l’an If de Néron ; par Pline dans sa Lettre à Trajan, écrite l'an 10%; par Strabon au livre VII

de sa Géographie; par Lucain dans le livre V de la Guerre de Pharsale ; par Juvénal dans sa sixième satire; par Stace au livre VIIT de la Thébaïde ; par Celse dans l'ouvrage qui porte le titre ambitieux de Discours de vérité; par Lucien dans l’opuseule à Cronius sur la mort de Protée, c’est-à-dire du cynique Pellegrin; par l’auteur de Philopatris ; par Théosthène le péripatéticien ; par Porphyre dans ses quinze livres contre les chrétiens; par Hiéroclès, prélet de Bithynie; par Démétrius, auquel répondit le saint martyr Cyprien, et par Cécilius, que réfuta Minutius Félix. Tous ces écrivains, attachés au paganisme, ne cessent de déplorer la propagation rapide du christianisme, qui s’étendait de toutes parts, dans les villes comme dans les campagnes, chez les Grecs et chez les Romains non moins que chez les peuples barbares.

A.celte nuée de témoignages païens il faut ajouter les témoignages chrétiens plus nombreux encore. Ils rendent grâces à Dieu de cette fécondité infinie dont il a favorisé son œuvre, et ils invitent les paiens à en faire

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l’objet de leurs réflexions, et à reconnaitre à ce signe la toute-puissance de Dieu qui gouverne l'humanité. Je n’en rapporterai qu’un petit nombre des plus anciens et des plus célèbres. Il serait trop long, et, d’ailleurs, il n’est nullement nécessaire de les énumérer tous.

Clément , souverain Pontife romain dans la seconde moitié du [° siècle, écrivait aux Corinthiens, et leur disait de saint Paul : «1l fut en «Orient et en Occident le héraut de la parole du «salut; sa foi le rendit célèbre dans le monde «entier, qu'il instruisit dans la justice ; et enfin «il passa pour sa cause en Occident et vint à « Rome. » — Ignace, à son tour, écrit aux Philadelphiens : « Par la vertu du sang du Christ, «par les travaux et les sueurs des apôtres, d’un «bout du monde à l’autre croît et fleurit le chris- «tianisme, »—c Il n’y a point, nous dit Justin «dansson Dialogue avec Tryphon, de généra- «tions humaines, grecques ou barbares, civili- « sées ou nomades et incultes, chez lesquelles, «au nom de Jésus crucifié, ne s'offrent des «prières, ne se rendent des actions de grâces «au Père suprême, créateur de l'univers. »

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Le saint évêque Irénée, au premier de ses cinq livres contre les hérésies, rend un témoignage tout à fait semblable; et tel est aussi le langage de Tertullien dans son Apologétique et dans son livre contre les Juifs. Voici comme il en parle dans le premier de ces ouvrages : « Nous ne sommes que d'hier, et nous remplis- « sons tout : vos cités, vos iles, vos colonies, vos « municipes, vos tribus, vos décuries, le palais, « le sénat, le forum ; nous ne vous laissons que « vos temples. » Et, discutant contre les Juifs, après avoir rappelé les empires et les royaumes de César, d'Alexandre, de Nabuchodonosor, de Darius, de Salomon et de Pharaon, il reprend : « Le royaume du Christ n’a point de bornes; « en tous lieux on croit en lui ; tout peuple l’ho- «nore; partout ilrègne, partoutil reçoit le tribut «de l’adoration. » Origène réfute en ces termes l’impudence de Celse, qui reprochait au christianisme d’être une institution secrète et cachée : « Puisqu’il veut décrier notre doctrine «en l’accusant de redouter la lumière, qu’il le «sache et qu’il lecomprenne bien: les enseigne- «ments du christianisme sont tout autrement

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«connus dans le monde que les doctrines des « philosophes. Qui donc, en effet, ne connaît pas « Jésus, né d’une Vierge et crucifié? Qui donc «ignore sa résurrection, objet de la foi de tant «de personnes, et l’annonce du jugement à ve- «nir, où les méchants recevront la punition de «leurs crimes, les justes la couronne de leurs «vertus? Qui ne sait le mystère de la résurrec- « tion future etuniverselle? Comment donc, sans «impudence, reprocher au christianisme d’être «une faction secrète et ténébreuse ? »

Il est donc impossible de révoquer en doute l'extension surprenante de l’œuvre du christianisme, et ce n’est pas une simple conjecture que de voir, dans la conversion de Constantin au christianisme, avant tout, sans doute, un bienfait singulier de la grâce, mais en même temps un acte de sagesse et de prévoyance politique : car si l’empire romain, au commencement du IV° siècle, était paien dans ses formes extérieures, il était chrétien par le cœur et par l'esprit.

De l'étendue, de la grandeur, passons à considérer l’excellence et la perfection de l’œuvre

du christianisme. Quelle était donc cette œuvre? Après tout ce que nous avons dit dans la précédente Conférence, je serai bref, et je me contenterai de répéter que la transformation opérée par le christianisme n’atteignait pas moins l’intérieur que l'extérieur. Elle commença par l’âme, la corrigea , l’éclaira ; elle descendit dans le cœur pour le purifier et le sanctifier ; elle s’étendit aux actes pour les rectifier, les embellir ; elle embellit les actes de la vie privée et de la vie publique, de la vie civile et de la vie religieuse, et elle fut si efficace, que l’homme devint et apparut tout différent de ce qu’il avait été: différent dans ses idées et dans ses jugements, différent dans ses affections et dans ses désirs, différent dans la religion et dans le culte, différent dans les relations innombrables de la vie domestique et civile, différent dans les arts, dans les lois, dans tout ce qui tient aux rapports des hommes entre eux.

Comment est-on parvenu à cette transformation si grande, si profonde, si universelle ? Par quels moyens à été obtenue je dirai presque cette nouvelle création du genre humain ? Par

des moyens qui, considérés en eux-mêmes, ne sont rien, et moins que rien si on les considère en regard des obstacles qu'il fallait vaincre et surmonter. Voyons-les d’abord en eux-mêmes.

Les moyens employés peuvent tous se réduire à la parole. Et comme, à l’origine, le monde sensible fut produit par la parole, ainsi, dans la plénitude des temps, c’est par la parole que commence le monde spirituel et chrétien.

Mais qu'est donc cette parole ? quel est son éclat ? quelle est sa célébrité? C’est une parole simple, vulgaire, inculte, répandue par des hommes auxquels tout faisait défaut. Par le fait, les coryphées et les principaux hérauts de l'Évangile ont été les apôtres, c’est-à-dire des hommes que ni leur patie, ni leur nombre, ni les dons de l'esprit et la culture intellectuelle, que rien, en un mot, ne rendait propres à celte fin. Ni leur patrie, car ils étaient Juifs, et Juifs dans un temps où ce peuple allait finir, et était l’objet du souverain mépris des Grecs et des Romains ; ni leur nombre, infiniment disproportionné à la grandeur de l’entreprise, car ils n'étaient que douze pour parcourir l'O-

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rient et l'Occident, instruire, convertir et réformer le monde; et beaucoup moins encore pouvaient-ils compter sur les ornements et les avantages de la culture de l'esprit, car ils étaient dénués de l’éloquence humaine et entièrement dépourvus de la subtilité des philosophes et de l’art de persuader. Nous lisons maintenant encore les commentaires de Matthieu, de Mare, de Luc, de Jean; nous lisons les lettres de Paul, de Pierre, de Jacques, de Jude; nous lisons la révélation du bien-aimé entre tous les disciples du Nazaréen; mais tous ces monuments sont-ils donc si surprenants, si merveilleux ? Oui, certes, ils le sont infiniment pour qui les lit avec un œil pur, les goûte avec un sens non corrompu, les contemple avec un esprit dégagé des choses sensibles et tourné tout entier vers ce qui est honnête, spirituel, éternel. Mais, si on les lit avec un œil vicié, avec un sens gâté, avec un esprit plongé tout entier dans la matière, c’est-à-dire si on les lit, si on les goûte, si on les contemple dans cette disposition de l’œil, du goût, de l'esprit, qui était presque universelle chez les Juifs et chez les païens,

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certes, nous aflirme saint Chrysostôme, on ne trouvera rien en eux qui puisse gagner les cœurs, et faire naître l’étor” ment et l’admiration. Ils manquent de l’éclat de l’éloquence savante ; ils manquent de la politesse, de la délicatesse du langage; on ne trouve point chez eux cette peinture des passions humaines, instrument si puissant pour remuer et enflammer les âmes.

Ainsi donc, on peut l’affirmer, les moyens par lesquels s’est opérée la transformation du genre humain, considérés en eux-mêmes, sont insuffisants, disproportionnés et entièrement nuls. Une poignée d'hommes et quelques barques de pêcheurs n’eussent pas été des moyens moins disproportionnés, moins insuflisants, moins nuls pour prendre Carthage et triompher d’Annibal et de l'Afrique.

Et cependant l'insuffisance, la disproportion ne s'arrête pas là : elle croit et se multiplie à l'infini, si on considère les obstacles qui s’opposaient à leur dessein et à la réussite de leur entreprise. Ces obstacles étaient intérieurs et extérieurs, communs à tous, Juifs et gentils,

particuliers à des classes nombreuses, tant de Juifs que de paiens.

Obstacles intérieurs et communs à tous les hommes : c'étaient l'éducation, l'amour des institutions nationales, le respect du passé, les jugements de l'esprit, les tendances de la volonté et toutes les habitudes de la vie privée et de la vie sociale; car le christianisme déclarait la guerre à toutes ces choses, et prétendait ou les régler ou les détruire. Il voulait détruire les institutions nationales, les préjugés de l’éducation, les idées religieuses, les formes du culte; il voulait régler les affections, les désirs de l’âme, les relations les plus intimes de la famille et les lois qui présidaient à la vie publiqué. Ainsi, la première armée quise lève contre les moyens employés par le christianisme se composait des résistances conjurées de l’éducation, des traditions, du culte, des idées et de toutes les habitudes de vie tant des païens que des Juifs.

Cette armée se voyait appuyée, grossie et rendue invincible par les trames et les calomnies d’un grand nombre de Juifs; par les édits et les persécutions des empereurs et des gou-

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verneurs des provinces romaines; par les attaques des philosophes, les railleries et les sarcasmes d'écrivains aussi connus par leur malignité que par la grâce de leur style ; et enfin par les sectes et les hérésies nées dans le sein même du christianisme, et, dès son origine, attachées à le défigurer et à le détruire.

La haine des Juifs, et les fureurs auxquelles s'abandonna la synagogue réprouvée, nous sont allestées par autant de preuves qu'il y a de monuments des premiers siècles du christianisme. Les Évangiles, les Actes, les Lettres des apôtres, nous assurent tout d’une voix que les plus atroces, les plus impitoyables ennemis de Jésus, auteur du christianisme, de ses envoyés et de ses premiers fidèles, ont été les Juifs. Ce sont eux qui crucifièrent Jésus; eux qui firent périr de mort violente Étienne et Jacques; eux qui punirent de la prison Pierre et Jean; ils ne pardonnèrent jamais à Paul, et soulevèrent contre tous les chrétiens la guerre la plus impitoyable.

Et il n’en fut pas ainsi seulement à la naissance du christianisme ; mais, bien longtemps

après, ils persévéraient encore dans leurs coupables desseins. «Bien loin, leur dit le saint «martyr Justin dans son Dialogue avec Tryphon, «bien loin de vous repentir de tout le mal com- « mis par vous, du sang versé, des exils injustes, « vousavez envoyé de toutes parts des messagers «pour annoncer qu'il s’est élevé une secte nou- « velle et impie appelée chrétienne, du nom du « Christ, et pour exciter etenflammer contre elle « la haine etl’indignation du genre humain tout «entier. » Ceci nous est encore attesté par Eusèbe, par Origène, par Épiphane, par Tertullien, par Jérôme, qui, au V° siècle, ne craint pas d'affirmer : « Que les Juifs persistent encore « dans leur antique fureur et dans leur antique « dédain; maudissent dans leurs synagogues «le peuple chrétien, sous le nom de Nazaréens, «et accepteraient d’être brûlés vifs, pourvu «qu’ils pussent nous nuire et nous immoler. » Et les Juifs eux-mêmes confirment ce témoignage, non-seulement dans des écrits de particuliers, dans les innombrables ouvrages de leurs rabbins, mais dans leurs Pandectes elles-mémes, dans leur Talmud, dans leurs Ghémares.

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Jugeons-en par cette prescription qui se lit dans la Ghémare, mishno IV, Code des bénédictions : « Que chaque Juif, trois fois par jour, « maudisse le peuple chrétien, demande à Dieu « de le confondre avec ses rois et ses princes, et « que tout ceci soit accompli spécialement par les «rabbins, qui, trois fois le jour, dans les syna- « gogues, feront des prières contre l'œuvre de Jé- «sus de Nazareth. » Îl est donc évident que les Juifs s'employèrent de tout leur pouvoir pour détruire le christianisme, et en arracher jusqu'aux dernières racines.

Les empereursromains, les maitres du monde à leur tour, consacrèrent à cette entreprise la puissance d’un bras tout autrement redoutable. Jésus l’avait annoncé. Et comme il avait annoncé de lui-même que, livré aux gentils, il souffrirait de leur part la mort ignominieuse de la croix, ainsi il & avait pas négligé de déclarer que ses apôtres et ses disciples subiraient une mort semblable à la sienne. Et, en effet, il en fut ainsi, témoin les édits conservés jusqu'à nes jours, et les persécutions prolongées pendant trois siècles et racontées par Lactance,

par l’auteur de la Mort des Persécuteurs, par Eusèbe, Jérôme, Augustin, Orose, Sulpice-Sévère, el par tous ceux qui nous ont laissé des chroniques, des annales ou des histoires du christianisme.

Néron commença la lutte, et s’efforça d’extirper le nom chrétien; puis vint Domitien, imitateur de Néron, qui ne fut pas moins que lui acharnécontreles chrétiens ; aprèseux, Trajan et Adrien, aussi résolusd’enfiniravecles Nazaréens qu’ils étaient attachés au culte du paganisme.

Le sang des chrétiens ne fut pas épargné par Antonin le Pieux, et leurs supplices éveillèrent le zèle des Athénagore, des Méliton, des Apollinaire, des Miltiades et des Piserius, qui prirent la défense de leurs frères massacrés. Mais ce fut en vain, et ses successeurs Commode, Septime-Sévère, Maximien, Dèce, Valérien, Aurélien, Numérien, et surtout Dioclétien et Maximien, continuèrent à sévir; et ils poussèrent la cruauté si loin, qu'au nombre des éloges qui leur ont été décernés, nous lisons enccre celui-ci * « En l’honneur de Dioclétien Jupiter «et de Maximien Hercule, pour avoir détruit le

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«nom des chrétiens destructeurs de l'Empire : » et cet autre : « À l'honneur de Dioclétien et de « Galère, augustes, pour avoir aboli par toute la «terre la superstition chrétienne, et propagé le « culte des dieux. »

Et comme si, pour une telle œuvre, ce n’était pas assez des fureurs des Juifs et de la hache des Romains, voici les philosophes eux-mêmes et les écrivains satiriques qui vont consacrer leur génie à la ruine définitive du christianisme. Les philosophes s’y emploient et travaillent à le discréditer comme faux et absurde ; les satiriques s’y emploient et s’attachent à en tracer un portrait ridicule, à le rendre indigne de tout esprit noble et cultivé.

On connaît les objections de Porphyre, réfutées par Méthode, Apollinaire, Eusèbe et Philostorge. On connait les écrits de Scapulo, de Démétrien, de Hiéroclès, victorieusement combattus par Tertullien, Cyprien et Lactance.

Qu'est-il besoin de parler des satires de Lucien, si prônées et imitées à toutes les époques par ant d'écrivains pour livrer le christianisme à la dérision et au mépris ?

À toutes ces attaques, si puissantes et si longtemps prolongées, mais venues du dehors, s’en joignait une autre, partie du dedans, aussi incapable sans doute de ruiner l'édifice chrétien, mais certes moins altendue et tout autrement dangereuse.

Pendant que les deux peuples juifs et gentils font ainsi aux chrétiens, avec des armes de toute nature, une guerre d'extermination, dans le sein même du christianisme éclate la guerre civile. 11 se partage en camps opposés, et les chrétiens en viennent aux mains avec les chrétiens, comme avec le reste de l’univers. De faux apôtres, des artisans de mensonge, se donnant pour apôtres du Christ, Himémès, Philète, Hermogène, Phigelle, Alexandre, Nicolas et Simon, lorsque vivaient encore les douze qu’avait choisis Jésus, lèvent l’étendard de la guerre civile, divisent les frères, et, d’un corps unique, forment des sectes nombreuses, opposées, hostiles les unes aux autres.

La guerre civile, commencée à la naissance du christianisme, continue dans les âges suivants ; ele continue dans le IT siècle, et a pour

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chefs Saturnin, Basilide, Isidore, Carpocrate, Épiphane, Valentin, Héracléon ; elle continue dans le ITF, sous la direction de Noët, Sabellius, Paul de Samosate, Manès ; elle continue dans le IV°, elle continue dans le V°, elle continue maintenant encore et ne cesse de semer la division et la haine entre les disciples d’un même maitre, les fils d’un même père, les membres d’un même corps.

Or, je vous le demande, que pouvait-on, que devait-on attendre d’ennemis si nombreux, si aguerris, si puissants, si obstinés, attaquant à la fois du dedans et du dehors”? que pouvait-on, que ::::1t-on présager de tant et de si grands efforts? La réponse dépend de l'appréciation exacte de la proportion entre les moyens employés pour soutenir l'édifice chrétien et les efforts continuels pour le renverser et le détruire. Mais quelle est donc cette proportion ? Du côté des ennemis, des multitudes innombrables ; du côté des défenseurs une faible armée, et qui n'est pas toujours unie, mais bien souvent se divise en partisnombreux et hostiles ; du côté des ennemis, l'éloquence et l’habileté dans l’art de

la parole ; du côté des défenseurs, une simplicité vulgaire; du ‘ôté des ennemis, tous les genres d: vhilosophie et de sagesse humaine ; du côté des défenseurs, une doctrine nette et populaire ; du côté des ennemis, la satireet la raillerie ; du côté des défenseurs, le silence et la prière; du côté des ennemis, la fureur des Juifs et des genüls ; du côté des dé”2nseurs, la patience des tidèles à souffrir; du côté des ennemis, les empereurs de Rome, les gouverneurs des provinces, les proscriptions impériales,’ l’exil, la hache, le feu, la roue, les amphithéâtres avec leurs bêtes fauves et les plus horribles tortures; du côté des défenseurs, un troupeau, d’abord assez faible, qui ne savait que tendre la gorge.

Donc, disproportion infinie ; donc, absence de toute proportion; dans les obstacles le suprême degré de la force et de l'énergie, dans les moyens pour en triompher le plus bas degré de la faiblesse. Ainsi done la lutte était entre l'infini et le néant, entre la force suprême et la suprême faiblesse. Mais, dans une telle lutte, le doute est-il possible? ne sait-on pas de quel côté sera la victoire et le triomphe le plus complet ?

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Non, certes, on ne saurait douter; mais, à juger d’après le cours naturel des choses, nous devons être parfaitement certains que l'infini l’'emportera sur le néant, que la force suprême triomphera de la suprême faiblesse ; que le christianisme sera ébranlé, renversé, arraché ; qu’il sera détruit, qu’il disparaîtra du monde.

Et pourtant, Ô mon Dieu! et pourtant le néant a vaincu l'infini; la suprême faiblesse a triomphé de la force suprême ! Le christianisme non-seulement vit et résiste, mais 1l grandit et s'étend; et dans le temps même où l’on félicitait Dioclétien d’avoir éteint la superstition chrétienne, l'empire se transformait du paganisme au christianisme ; les aigles s’inclinaient devant la croix, et les Augustes du Capitole devenaient les serviteurs du Jésus du Calvaire.

Étonné, ravi à ce spectacle, je ne puis m’empêcher de m'écrier : Digitus Dei est hic! C'est ici l'œuvre de Dieu, l’œuvre du Tout-Puissant! Oui, le christianisme est surhumain, il est divin. Heureux qui le reconnait et l'embrasse! Mais malheur, et malheur éternel à qui n’a pour lui qu’indifférence et mépris !

C’est une doctrine des impies de nos jours, que le christianisme a fait son temps; que sa dernière heure est sonnée; que notre culture intellectuelle, nos progrès, le développement de n° idées réclament des institutions plus pures, plus dignes de l’âge mûr, plus dégagées des symboles et des cérémonies, en un mot plus idéales et plus conformes à la raison. Tel est le symbole des rationalistes, le mot d'ordre auquel vous reconnaîtrez les philosophes à la mode et les libres penseurs. Symbole téméraire, mot d'ordre impie et mensonger !

Serait-il donc vrai que le christianisme ne suffirait plus au genre humain? que la plus splendide des œuvres divines aurait perdu sa lumière et son éclat? Et, si cela est vrai, quelle en est donc la raison? La vérité ne serait-elle plus aujourd’hui ce qu’elle était il y a dix-neuf siècles? Mais la vérité est immuable et éternelle. Les lois de la morale ne seraient-elles plus ce qu'elles étaient autrefois? Mais les lois morales sont invariables ; le Décalogue est toujours semblable, ou plutôt identique à lui-même. YŸ aurait-il de nouveaux rapports avec Dieu, de

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nouveaux devoirs envers sa divinité ? Mais Dieu est aujourd'hui, il était hier, il demeure à jamais; et hier, et aujourd'hui, et à jamais, il est et sera le Créateur des hommes, leur maitre, leur providence, leur roi, leur fin. Les hommes de nos jours seraient-ils donc de purs esprits, affranchis du poids de la chair et des appétits de la sensualité? Vous me permettrez, chrétiens qui m’écoutez, de ne pas répondre à cette dernière question. Qu’il me suffise de terminer par ces belles paroles de saint Basile : « Dieu ne ment pas, et Dieu l’a « juré : le règne de Jésus, le christianisme « n'aura jamais de fin ; la Jérusalem de la terre « sera transformée en la Jérusalem du ciel; au « flambeau de la foi chrétienne succédera la « claire vue de la gloire divine. »

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