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l'on réfléchisse aux innombrables multitudes dont ils ont su gagner la foi et obtenir la croyance.
A peine trente ans sont écoulés depuis la mort honteuse du Nazaréen, et le nom chrétien retentit dans tous les coins du monde, et la semence du christianisme enfonce et étend au loin ses racines, se dilate et s’accroit. Mais comment cela se fait-il? C’est qu’une foule innombrable, tant de Juifs que de gentils, tant d’Orientaux que d’hommes de l'Occident, reconnurent la divinité du christianisme, et la reconnurent parce qu'ils ajoutèrent foi aux miracles et aux prophéties allégués en preuve de cette divinité. Mais ne l’ont-ils pas fait les yeux fermés, par sentiment et affections, ou dans l’espérance des avantages humains que peut-être ils s’en promettaient ? Ils n'avaient rien à attendre que les persécutions, le massacre, la mort ; ils ne pouvaient naturellement éprouver d’autre sentiment que l’aversion et le mépris : aversion pour une loi qui annonçait la fin des institutions mosaiques; mépris pour une religion qui accusait d'impiété le culte d'Athènes et de Rome. Et
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par quoi donc ont-ils pu être amenés à croire
les miracles, à recevoir les prophéties? Cher-
chez de tous'côtés, et vous n’en pourrez trouver
d'autre cause naturelle que la connaissance cer-
laine de la véracité des témoins, et de l’évi-
dence invincible du fait.
Evidence réellement invincible, car elle ferma la bouche à ses plus obstinés adversaires, ou les contraignit à des réponses qui sont un opprobre pour l'humanité. Elle ferma la bouche aux scribes et aux pharisiens, qui, comme nous le lisons dans des livres publiés sous leurs yeux et jamais démentis, ne savaient qu’opposer aux miracles opérés et aux prophéties alléguées par le Sauveur, et, quelque désir qu'ils en eussent, ne pouvaient ni nier ces miracles, ni détourner ces prophéties à une autre signification. Elle ferma la bouche aux juifs errants et dispersés. Contraints dans leur Talmud d’avouer les miracles du Sauveur, voici par quelle fable ils es sayent d’en énerver la force : Jésus, nous disentils, s’élait frauduleusement emparé de la lame du grand-prètre, sur laquelle était gravé le nom ineffable de Dieu, et s’en servait comme d’un
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instrument pour opérer ses miracles et ses prodiges. Elle ferma la bouche aux mahomé:tans, et de là vient que dans plusieurs sura de leur Coran, on lit, rapportés au long et élevés jusqu’au ciel, les miracles de Jésus-Christ et les prophéties qui annonçaient ses œuvres.
Elle ferma la bouche à Celse, à Porphyre, à Hiéroclès et à Julien; et c’est pour cela, comme nous l’apprennent Origène, Eusèbe et Cyrille, qu’au lieu de nier les miracles apportés en preuve du christianisme, ils furent contraints, bien malgré eux, de les admettre, et il ne leur resta d'autre moyen d'en éluder l'efficacité que de les attribuer à des forces magiques, d’en faire honneur à des êtres supérieurs, mais ennemis de l’homme el mauvais.
Si tout ceci n’est pas du délire, j'ignore ce qui pourra désormais mériter ce nom. Resserrons maintenant notre argumentation et réduisons-la à ces mots : Les miracles et les prophéties sont de leur nature des preuves telles que, si on peut les alléguer à bon droit en faveur du christianisme, elles démontrent avec certitude et évidence son origine divine , et prouvent
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yre, à omme yrille, és en raints, e leur té que , d’en ais en-
ore ce esserréduirophé- S que, ur du titude uvent
qu’il est l’œuvre du ciel et une religion fondée par le Très-Faut. Mais une innombrable quantité de faits, un ensemble incroyable de circonslances nous en assurent. Lorsqu'on ailègue les miracles et les prophéties comme preuve et démonstration du christianisme, le mensonge et l'ignorance sont absolument inadmissibles ; la science, au contraire, et la véracité, s'imposent absolument à notre foi : donc il est absolument incroyable que le christianisme soit une œuvre humaine. et il faut absolument croire qu’il est une œuvre divine descendue du ciel. D'où peut venir que de nos jours un si grand nombre d'hommes pensent autrement, sont ennemis du christianisme, mettent les miracles au nombre des impostures, les prophéties parmi les illusions? Je n’ignore pas qu’il peut y avoir de ce fait des causes nombreuses et variées ; je sais que des Causes nombreuses et variées en sont apportées et éloquemment développées par les deux Grégoire, par Augustin, et, avant eux, par Arnobe, Lactance et Minutius Felix ; mais, pour le moment, je suis résolu à n’eu rappeler qu’une seule bien digne entre toutes les