‹ Conférences prononcées dans l'église du Gesù à Rome pendant le Carème de 1851 [microforme]Chapitre 36 sur 49 · CONFÉRENCE X · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE X

LE CHRISTIANISME EST DIVIN ET D'ORIGINE CÉLESTE, PARCE QUE SON AUTEUR EST DIVIN ET DESCENDU DU CIEL,

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1l est deux voies que suivent les hommes, qu'ils soient doctes, qu’ils soient ignorants, pour parvenir à la vérité : tantôt ils remontent des effets aux causes, tantôt ils descendent de la cause aux effets. Il serait inutile de traiter lon-

guement de cette méthode qui remonte des effets à la cause : elle est très-connue, vulgaire. et d’un usage de chaque jour. Et, si l’on veut y regarder de près, ce n’est pas une chose moins connue, moins vulgaire, et d’un usage moins fréquent, que de partir de la connaissance de la cause pour arriver à la connaissance des effets ; car, je vous le demande, est-il un homme qui, connaissant la nature d’une semence, attende le printemps ou l’automne pour se prononcer sur les caractères de sa fleur et de son fruit ? Est-il un homme qui, connaissant la richesse et la puissance d’une source, ne puisse dire sur-lechamp quel ruisseau sortira d'elle? Est-il un astronome qui, connaissant les causes régulatrices des mouvements célestes, ne prévoie le lever des astres et le retour des comètes? Non, certes, il n’en est point; et il n’en est point, parce que tous savent, tous comprennent et tous voient que, si les effets sont liés avec les causes, les causes aussi nous offrent un moyen certain de juger des effets; parce que tous savent, tous comprennent et tous voient qu'il est également légitime, pour parler le langage de l’école, de

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conclure & priori ou a posteriori; de conclure de l'événement à son principe, ou du principe à l'événement dont il est l’origine et h source féconde.

Jusqu'ici, dans cette grande, dans cette souveraine question du christianisme, nous nous sommes attaché à établir sa divinité par les moyens employés à sa propagation ; à prouver, par ses effets, son caractère surnaturel et céleste. Pour achever notre œuvre, il ne nous reste donc plus qu’à demander à la cause, à son principe, des preuves de sa divinité et de sa céleste origine ; il ne nous reste plus qu’à trouver dans l’étude de l’auteur du christianisme Îa démonstration évidente de sa nature céleste et de son origine surnaturelle. Voilà précisément l’objet de cette Conférence, dans laquelle notre unique but est de vous convaincre que le christianisme ne peut être qu’une œuvre divine et céleste, parce que son auteur est divin et descendu du ciel.

Et, tout d’abord, je demande: Qui donc fut le fondateur du christianisme ? À qui se doit cette œuvre si nouvelle, si élevée, si incroyable, que

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l’on ne peut s'empêcher de regarder comme une nouvelle création du genre humain? Qui donc a prononcé cette parole dont la force, dont la puissance enfanta le christianisme et lui donna la vie?

Le mot même de christianisme, que nous avons tant de fois répété, nous en indique l’auteur, nous en découvre le principe, et nous fait voir avec évidence que nul autre n’en fut l'auteur, nul autre le principe, sinon Jésus-Christ. Oui, c’est à Jésus-Christ que l'on doit le christianisme, cette œuvre de rénovation, ce bienfait unique de la bonté paternelle de notre Dieu.

C'est donc absolument une même chose d’étudier l’auteur du christianisme ou d’étudier Jésus-Christ.

Mais qu’est-il donc? que devons-nous en croire? que faut-il en penser? Mon intelligence est trop faible, ma langue trop inhabile et trop inexpérimentée, pour que je vous donne moimême la réponse. Écoutez-la donc, et recevezla, non point d’un homme aussi vulgaire et incapable que je le suis, mais de l’inspiré de Pathmos, du fils du tonnerre, du disciple bien-

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aimé, de l’extatique saint Jean : « Jésus-Christ «est le Verbe fait chair.» Avez-vous entendu, et avez-vous, sinon compris et pénétré, du moins entrevu la profondeur de cette réponse, la sublimité de cette idéc, la majesté de ce secret? Comprenez-vous ce que veut dire le Verbe? et comprenez-vous ce que veut dire le Verbe’ fait chair P Pour comprendre le peu qu'il nous est donné d’en saisir, veuillez réfléchir avec moi à ce qu'est le Verbe à l'égard de son principe, à ce qu’il est pour toute la création, à ce qu'il est . pour tout le genre humain.

Qu'est donc le Verbe, si nous le rapportons à son principe? Le principe du Verbe est l’infinie et divine intelligence de Dieu le Père; et le Verbe en est la réelle, la coéternelle, l’immanente, la pleine, la subsistante, la consubstantielle expression. Le principe du Verbe est Dieu, soleil immuable et éternel ; etle Verbe en est la splendeur adéquate, et la parhélie trèsparfaite. Le principe du Verhe est Dieu, suprême exemplaire de toute vérité, de toute beauté, de toute bonté; et le Verbe en est la complète image, qui retrace en soi et reproduit

entièrement et substantiellement la vérité, la beauté, la bonté de son modèle. Le principe du Verbe est Dieu, source première de toute sagesse, de toute vertu; et le Verbe est la sagesse et la vertu subsistante de Dieu. Le principe du Verbe est Dieu, Père d’une fécondité infinie ; et le Verbe en est le propre Fils, le Fils unique, le Fils premier né avant toute créature.

Le propre Fils, parce qu'il est de la propre substance du Père non créé, non tiré du néant, mais engendré de sa propre nature. |

Le Fils unique et la joie infinie de son Père, car il est non-seulement distinct, mais infiniment différent des autres fils de Dieu, quelque chers qu’il lui puissent être.

Le premier homme, Adam, fut fils de Dieu, mais il le fut par grâce, non par essence. Abraham, [saac, Jacob, et toute la foule des justes qui précédèrent la loi du Sinaï, furent fils de Dieu et ses fils bien-aimés, mais ils le furent par une adoption bienveillante, et non par une éternelle génération. Israël fut fils du Très- Haut et fils comblé de caresses, objet d’une affection singulière ; mais ce fut parce qu’il en

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rité, la obtint l'héritage temporel, la terre de Chanaan ; | cipe du il n’était pas appelé aux trésors mêmes de la k 111 pute sa- gloire divine et de l’inaccessible majesté. Tous sagesse ceux qui participent à l'esprit de Dieu sont ses icipe du fils : mais, s’ils le sont, ce n’est pas qu'ils tieninfinie ; | nent à lui par l'unité d’une indivisible sub- | ils uni- stance, c'est an’ils sont tournés vers lui par | | hture. l'amour. | propre Lui seul, le Verbe, est le Fils unique, comme u néant, lui seul esile Fils premier né avant toute créa- h!! : ture. | 114 n Père, Fils premier né, car Fils d’une noblesse in- | is infini- finie et par son excellence et par sa dignité, quelque séparé au delà de ce qu’il est possible de dire et d'imaginer de tous les autres fils, et Fils prede Dieu, mier né avant toute créature, car il est né du | ce. Abra- sein du Père, avant la terre, avant le ciel, avant || les justes la lumière, avant la première aurore de la créa- | nt fils de tion, avant et en dehors de tous les temps, dans | WE le furent le jour éternel de l’indivisible et immuable éter- | 1 par une nité. | du Très- Tout ceci n’est qu’un image pâle et inanimée | | d’une af- de ce qu’est le Verbe quand on le contemple | {4e e qu’il en Le dans son origine et son principe. Il est Dieu de on Is. 4 | 4 (| hi

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