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DE LA RELIGION CONSIDEREE AU POINT DE VUE HISTORIQUE

Verbum erat lux vera quae illuminât orunem liominem venientem in hune mundum.

Le Verbe est la vraie lumière qui éclaire tont homme venant en ce monde. Joan. 1. !>.

Dans notre dernière instruction, nous vous avons parlé de la religion, et nous vous en avons montré la nécessité pour l'individu, pour la société domestique et pour la société civile ; nous allons continuer aujourd'hui à vous parler de la religion, mais en la considérant sous un autre point de vue, au point de vue historique.

La religion a-t-elle toujours existé depuis qu'il y a des hommes sur la terre ? Oui, mes frères : on la trouve à l'origine même de la société. Remontez tous les âges du monde, vous trouverez toujours l'homme croyant en Dieu, lui rendant un culte extérieur, lui offrant des sacrifices pour reconnaître son souverain domaine sur toute chose.

L'histoire constate ce fait, mes frères ; et ici je puis rendre témoignage personnellement, pour ce qui regarde certains peuples du nord de l'Amérique. J'ai été appelé à évangéliser des peuples qui n'avaient pas encore reçu les lumières de la civilisation ; ces peuples comptaient parmi

les plus arriérés ; on les considérait comme descendus au niveau de la brute : eh bien ! sous le rapport religieux, j'ai trouvé ces peuples sauvages bien supérieurs aux peuples de l'antiquité païenne, tels que l'histoire nous les fait connaître.

Vous savez qu'il y eut autrefois des peuples très-avancés dans la civilisation : les Grecs se sont distingués dans les beaux-arts et dans les lettres ; ils ont produit des chefsd'œuvres de poésie, d'éloquence et de philosophie qu'on étudie encore aujourd'hui et qu'on admirera toujours ; les Romains avaient étendu leur domination sur toute la terre connue alors, et ils ont produit dans tous les genres des hommes remarquables, que l'histoire propose à notre admiration. Les Egyptiens étaient très avancés dans les sciences, et comptaient parmi les peuples les plus prospères, à cause de la sagesse de leur législation. Voilà (avec les Assyriens, les Mèdes et les Perses) les peuples les plus en vue de toute l'antiquité : or, tous ces peuples croyaient à la divinité; ils honoraient Dieu ou des dieux ; car il faut bien distinguer entre l'erreur sur la nature de |Dieu et l'erreur sur la nécessité de la religion. Et, pour terminer le tableau, le peuple Hébreu croyait au seul vrai Dieu, créateur du ciel et de la terre.

Les peuples anciens ont eu des législateurs en différents temps, des hommes qui ont rédigé des codes de lois plus ou moins parfaits : tous ces législateurs donnaient leurs lois au nom de la divinité.

Prenons le plus ancien de tous les législateurs, Moïse : il a fait pour le peuple Hébreu des lois qui venaient directement de Dieu. Elles étaient inscrites sur deux tables de pierre, dont l'une contenait trois commandements et l'autre sept. Les trois premiers commandements regardaient uniquement les rapports de l'homme avec Dieu. Le premier était ainsi conçu : Je suis le Seigneur votre Dieu; c'est moi qui vous ai tiré de la terre d'Egypte et de la maison de servitude. Vous riaurez pas (F autre dieu que moi. Vous ne ferez point d'idoles, ni

d'images de ce qui est an ciel, sur la terre et, dans la mer. Vous ne les adorerez point. Ou, selon la traduction donnée par nos ancêtres :

Un seul Dieu tu adoreras Et aimeras parfaitement.

Moïse rend témoignage à la divinité dans sa première loi ; il reconnaît un seul Dieu, contre le polythéisme des Egyptiens ; il défend d'adorer les créatures, mais c'est pour réserver ce culte au Dieu créateur. Il faudra l'aimer et le servir ce Dien unique, à qui le peuple devait sa protection et sa délivrance. Moïse montre donc en tète du Dêcalogue la fin véritable de l'homme, qui est de connaître, d'aimer et de servir Dieu.

Dans le premier précepte il s'agit surtout du culte intérieur, que nous rendons audedans de nous-même ; dans le deuxième et le troisième il va s'agir principalement du culte extérieur et public, qui parait aux yeux des hommes.

Le deuxième commandement se lit ainsi : Vous ne j>rorumcerez point en vain le nom de V Eternel, votre Die.'t ; ou. comme on a traduit dans notre langue :

Dieu en vain tu ne jureras Ni autre chose pareillement.

Par ce précepte il est défendu de prendre en vain le nom du Seigneur, c'est-à-dire pour des choses légèies ou peu importantes, ou, ce qui serait encore bien pis, en faveur de l'injustice et du mensonge. Mais nous avons raison de l'employer dans des choses importantes, pour appuyer la justice ou la vérité : c'est alors un hommage que nous rendons à la véracité de Dieu.

Quand on atteste une chose en prenant Dieu à témoin, on lait ce que l'on appelle un serment ; or cet acte religieux est la véritable basa de la société. Si cette base est enlevée, la société ne présente plus que le règne de la force brutale, c'est la société des loups et non celle des hommes créés à

l'image de Dieu. C'est malheureusement la société que rêvent un certain nombre d'hommes qui ont pardu tout sentiment religieux. Vous avez vu par les journaux, qu'en Europe on travaille à remplacer ce serment où l'on prend la majesté de Dieu a témoin, par une formule nouvelle où l'on jurerait seulement sur l'honneur de l'homme. C'est bien la continuation de ce plan infernal qui consiste a ôter Dieu de la société. Mais, mes frères, si la société repose uniquement sur la parole de l'homme, quelles seront ses garanties de stabilité? Comme on voit bien en cela l'œuvre néfaste de l'incrédulité ! À la place de cette pierre d'assise immuable que nos religieux ancêtres avaient donnée à la société, on veut mettre la parole de l'homme, afin d'avoir une société exposée à toutes les variations, une société qni ne se maintienne que par la force brutale.

Je ferai remarquer ici une chose profondément triste : c'est que la notion de Dieu tend à se perdre au milieu des hommes de notre temps. Il y a actuellement beaucoup de philosophes, de politiques, d'orateurs et de savants qui n'ont plus la notion de Dieu. Demandez-leur, en effet, ce que c'est que Dieu : il ne le savent pas. Lis uns diront : II n'y a pas de Dieu ; ce sont les Athées. D'autres vous répondront : Tout ce qui existe est Dieu ; ce sont les Panthéistes, D'autres diront : Il y a un Dieu, mais, il ne s'occupe pas de nous ; ce sont les Déistes. Puisque notre siècle est affligé d'une telle nuée de faux savants et de philosophes déraisonnables, on ne doit pas être trop étonné qu'ils essaient d'enlever de la société le serment et jusqu'à l'idée de Dieu.

Le troisième précepte de Moïse se lit ainsi : Souvenezvous de sanctifier le jour du sabbat. Vous travaillerez six jours., mais vous vous reposerez le septième eu Vhonneur de l'Eternel votre Dieu.

Les dimanches tu garderas En servant Dieu dévotement.

Par ces mots souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat. Moïse nous montre bien qu'il existait dès lors un culte en

l'honneur de Dieu, et qu'on avait coutume de sanctifier un jour appelé le Sabbat. En effet, si l'on consulte les plus anciennes annales de l'humanité, on trouve que ce culte existait, et qu'il remontait à Adam lui-même. Les fils d'Adam, Gain et Abel, adoraient Dieu et lui offraient des sacrifices. La religion existait donc à l'origine même de la société.

Après avoir montré les rapports qui doivent exister entre Dieu et l'homme, le législateur hébreu fixe les rapports des hommes entre eux, dans la société domestique d'abord, dans la société civile ensuite. Il dit donc dans son quatrième précepte : Honorez votre père et votre mère afin que vous viviez longtemps,

Père et mère tu honoreras Afin de vivre longuement.

Il s'adresse aux enfants, pour leur inculquer le respect et la soumission qu'ils doivent à leur père et à leur mère. La société domestique sera heureuse quand on y suivra fidèlement cette loi ; l'ordre et la paix régneront dans les tabernacles des hommes, et avec cela tous les biens. Moïse veut protéger l'homme contre son semblable, lorsqu'il donne le cinquième commandement: Vous ne tuerez /joint.

Homicide point ne seras De fait ni volontairement.

Dieu est le maître de la vie, et les hommes sont avertis par ce précepte de ne pas empiéter sur les droits de Dieu. Mais les hommes ne seront heureux que s'ils savent modérer leurs passions ; les familles ne seront l'image du ciel que si la sainteté du lien conjugal est respectée ; Moïse dit donc aux hommes, et c'est le sixième précepte : Vous m commettrez point d'adultère.

Impudique point ne seras De corps ni de consentement.

Alors le législateur des Hébreux s'occupe plus spécia-

ît) CONFERENCES

lement des rapports des hommes entre eux dans la société civile, et le septième commandement se lit ainsi : Vous ne déroberez point.

Le bien d'autrui tu ne prendras Ni retiendras sciemment.

Il reconnaît le droit de propriété, et recommande aux hommes de respecter ce droit. 0 communistes, vous avez *k»nc un juge qui vous condamne dans le plus ancien des législateurs.

Huitième précepte : Vous ne porterez point de faux témoi- <ge.

Faux témoignage ne diras Ni mentiras aucunement.

Moïse défend surtout d'accuser injustement son prochain, de rendre faux témoignage contre lui ; mais il défend aussi toute parole contraire à la vérité. L"ordre du monde serait bouleversé s'il était permis aux hommes de tromper leurs semblables ; on ne pourrait se fier à personne et la société serait un leurre.

Enfin, dans le neuvième et le dixième commandement 33oïse va plus loin, et il défend jusqu'aux pensées et aux désirs qui seraient contraires aux justes intérêts du prochain : Vous ne convoiterez point la maison de votre prochain, ni sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni aucune des choses qui sont à lui.

L'œuvre de chair ne désireras Qu'en mariage seulement.

Biens d'autrui ne désireras Pour les avoir injustement.

Voilà la législation de Moïse : elle est véritablement -admirable. C'est la plus parfaite des législations anciennes, aussi avait-elle été révélée par Dieu même à Moïse.

Les païens eurent aussi leurs lois : il s'est rencontré jarmi eux des hommes de génie qui ont donné des codes

pour le gouvernement des nations ; mais, au milieu d'un certain nombre de bonnes choses, ces codes renfermaient bien des abominations. Par exemple, ils permettaient l'infanticide, que nous voyons pratiqué encore aujourd'hui dans la Chine. Ces mauvaises lois étaient dues aux erreurs dans lesquelles on était tombé touchant la nature de la divinité, mais ces législateurs avaient conservé l'idée de Dieu, ils se montraient même pieux à leur manière. Lvcurgue chez les Spartiates, Solon chez les Athéniens, Xuma chez les Romains, tous imposaient leurs lois au nom de la Divinité. Je ne parle pas des Egyptiens, chez qui le dépôt des lois comme celui des sciences se trouvait entre les mains des prêtres.

Sous le rapport religieux cependant, je l'ai dit, les Sauvages sont supérieurs aux païens de la Grèce, de Rome et de l'Egypte : ils croient à l'existence d'un Etre supérieur qui a fait et qui conserve toute chose ; ils ont conservi- une idée assez juste de l'Unité, de la Spiritualité et de la Providence de Dieu ; enfin ils croient qu'une récompense est ac cordée, après la mort, à ceux oui ont fait le bien, et qu'un châtiment sévère est infligé à ceux qui ont fait le mal.

C'est donc un fait bien constaté que chez tous les peuples, partout et toujours, on a cru à la divinité. Il est constaté aussi que chez tous les peuples la religion faisait la base de la société.

Oui, l'existence de Dieu est une chose admise par tous les peuples, mes frères ; tout au plus quelques individus, par la corruption de leurs mœurs, sont-ils arrivés au point de nier Dieu. Mais ce ne sont là que des exceptions, et on peut demander si ces individus ont bien le sens commun.

L'époque actuelle nous montre un plus grand nombre de ces êtres qui pensent autrement que le genre humain : c'est que l'intelligence humaine va s'ull'aiblissant. Les hommes, avant le déluge, vivaient jusqu'à 800 et 900 ans, ils étaient peut-être plus nombreux que les hommes de notre temps, et pas un seul d'entre eux ne refusait de croire à la

divinité. On ne trouve les premières traces de l'idolâtrie que 400 ans après le déluge : il me semble que cela prouve clairement que ces hommes avaient une intelligence supérieure à celle des hommes de l'âge actuel.

Ils voyaient et connaissaient, bien la vérité, mais le cœur se laissait corrompre alors comme aujourd'hui, ils ne suivaient pas toujours les lumières que Dieu donnait à leurs âmes, et dans la pratique de leurs devoirs ils tombèrent dans des désordres épouvantables. L'Ecriture leur reproche ces désordres, mais elle ne les accuse pas d'idolâtrie.

Plus tard, cependant, les hommes tombèrent dans des aberrations étonnantes : ils divinisèrent les passions, ils divinisèrent les astres, ils divinisèrent jusqu'aux plantes des jardins et aux animaux des champs : tout fut adoré comme Dieu excepté Dieu lui-même. Ils eurent un dieu Mars, terrible divinité qui nu demandait que le sang et le carnage; une déesse Vénus, qui donnait l'exemple et se faisait la protectrice de l'impudiciié ; une Junon, qui était 1 ■ déesse de l'orgueil et de la vengeance ; un Jupiter, qui était un despote et un adultère. L'exemple de ces dieux excusait et encourageait tous les vices. Ils avaient ravalé la divinité, mes frères, en lui prêtant les vices de l'homme, mais s'ils se trompaient grossièrement sur les attributs de Dieu, ils ne se trompaient pas sur le fait de son existence. L'idée de Dieu était ancrée dans l'âme de l'homme, et le démon lui suggéra la pensée détestable d'adorer plusieurs dieux, afin de se faire rendre un culte â lui-même, car ces dieux des nations sont des démons, omnes dii gentium daemonia.

Chez le peuple le plus policé de l'univers, dans la ville d'Athènes, on ne se distinguait que par une plus grande superstition. Saint Paul se rendit dans cette grande et célèbre ville d'Athènes, et qu'y trouva-t-il ? Un nombre extraordinaire de temples, et une foule de personnes qui y rendaient un culte aux idoles. Cependant il se mit à prêcher dans la ville, et on comprit qu'il annonçait une religion nouvelle. On voulut savoir ce qu'il prêchait, et pour cela

on L'invita à se rendre à l'Aréopage. C'était un tribunal dont la renommée de science et de sagesse était universelle. Voilà donc saint Paul devant l'Aréopage ; il commence par féliciter les Athéniens sur leur esprit religieux : " Il me li semble qu'en toutes choses, leur dit-il. vous êtes religieux ''jusqu'à l'excès : car ayant regardé en passant les statues " de vos dieux, j'ai trouvé même un autel sur lequel il est " écrit : Au Dieu inconnu. C'est donc ce Dieu que vous " adorez sans le connaître, que je vous annonce : ce Dieu " qui à fait le monde, et tout ce qui est dans le monde, et '; qui étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point " dans les temples bâtis par la main des hommes : et il n'est " point honoré par les ouvrages de la main des hommes, '; comme s'il avait besoin de quelque chose, lui qui donne à " tous la respiration et la vie. Lui qui a fait naître d'un " seul homme toute la race des hommes ; et qui leur a don- " né pour demeure toute l'étendue de la terre, ayant marqué " l'ordre des saisons, et les bornes de l'habitation de chaque •' peuple. Afin qu'ils cherchassent Dieu et qu'ils tâchassent '• de le trouver, comme avec la main et à tâtons, quoiqu'il ne '' soit pas loin de chacun de nous. Car c'est en lui que nous '; avons la vie. le mouvement et l'être ; et comme quelques- :' uns de vos poètes ont dit : Nous sommes même la race de " Dieu.

" Etant donc de la race de Dieu, nous ne devons pas " croire que la divinité soit semblable à de l'or et à de l'ar- " gent, ou à de la pierre, dont l'art et l'indust ie des hom- " mes ont fait des figur s.

Les Athéniens étaient frappés et étonnés de ce magnifique enseignement. Saint Paul continua : '* Dieu étant en

" colère contre ces temps d'ignorance, fait maintenant an- '' noncer à tous les hommes et en tous les lieux, qu'ils l'as- '" fent pénitence. Parcequ'il a arrêté un jour auquel il doit . " juger le monde selon la justice, par celui qu'il a destiné " pour en être le juge ; dont il a donné à tous les hornra - " une preuve certaine en le ressuscitant d'entre las morts.

Quand ils l'entendirent parler de résurrection, les nus eommencèrent à se moquer, et les autres lui dirent : 8nr ce sujet nous vous entendrons une autre fois. Ils n'étaient pas prêts à recevoir la parole de vie.

Quelques personnes cependant s'étaient converties à ce premier entretien, entr'autres saint Denys l'Aréopagite, qui devint le premier évêque de Paris, et une femme nommée Damaris.

Les autres étaient trop enténébrés pour comprendre la vérité que Saint Paul annonçait : Lenébraeeumnoncognouerunt, mais ceux qui n'avait pas violé la loi naturelle recevaient cette vérité, et ils en étaient réjouis, comme notre œil, quand il est sain, est réjoui par les rayons d'un beau soleil levant.

La vérité religieuse a donc existé chez tous les peuples. Très souvent elle était défigurée et voilée, mais elle existait. De plus il ne faut pas oublier que, même chez les peuples les plus dégradés et les plus dévoyés. Dieu a toujours eu les siens. Dieu a toujours eu ses témoins au milieu des nations, et il a toujours fourni à ceux qui étaient bons le moyen de connaître la vérité et de se sauver.

Le fait que toutes les nations, dans tous les temps, ont reconnu la religion prouve sa vérité, car une chose reconnue comme une vérité par tout le genre humain, dans tous temps, ne peut être fausse. Le témoignage des hommes, dans ces conditions, est un critère de certitude.

Cette croyance universelle repose donc nécessairement sur la vérité

Mais on peut considérer la chose sous un antre point de vue.

En logique on mentionne deux moyens de prouver la yéTité ; on peut démontrer directement la chose elle-même, ou bien la prouver par les conséquences absurdes auxquelles on arrive en la niant. Ceux qui n'admettent pas la religion tombent immédiatement dans l'absurde, au point qu'on les prendrait pour des gens nouvellement sortis des salles

d'un Asile d'aliénés. Et, pour prendre les choses telles qu'elles sont, celui qui pense autrement que le genre humain sur une question de cette importance, est-il autre chose qu'un insensé ? En effet l'écrivain sacré dit de l'athée qu'il est un insensé : Dixit insipiens in corde suo non est Deus, l'insensé a dit dans son cœur il n'y a pas de Dieu. Ps. XIII, 1.

Ceux qui n'admettent pas de religion, comment expliquent-ils l'origine de l'homme ? Vous avez vu dernièrement un de nos compatriotes vouloir étudier la géologie sans tenir compte de la révélation ; il a donné une conférence sur cette matière, et vous savez à quelles conséquences il est arrivé. Ces savants qui n'ont pas la foi, mes frères, en arrivent à ceci : que l'homme est le petit-fils d'un singe- Ils admettent, en effet, la doctrine des évolutions : des êtres très-inférieurs se sont transformés successivement, et au bout d'un certain nombre d'évolutions sont devenus singes ; or le singe continuant à se perfectionner est venu à former l'homme. Oui, il y a de pauvres canadiens qui tombent dans ces absurdités. J'ai rencontré moi-même un de nos compatriotes qui avait lu le trop fameux Darwin, ei qui osa me dire de cet impie : C'est un homme de génie. Oui, lui dis-je, c'est un homme de génie, mais c'est bien dommage qu'il n'ait pas le sens commun, et que ses écrits soient en contradiction avec la Bible. Je crois bien, dit-il. si vous invoquez la Bible !

Je le demande, mes frères, quel mal peut-il y avoir à invoquer la parole de Dieu! Eh bien ! alors, je dis frai; ment à cet homme toute ma faconde penser; on attache bien trop d'importance, lui dis-je, à ces prétendus savai il faudrait les enfermer dans des asiles d'aliénés, puisqu'ils n'ont pas le sens commun.

Voilà quelques-unes des idées saugrenues qui oui cours dans le monde. Des journaux colportent et défendent ensuite ces idées ; mes frères, il ne faut pas lir. feuilles, car les rapports avec des gens de cette es] sont toujours dangereux La religion nous dit clairement

■y- CONFERENCES

d'où nous venons et où nous allons ; elle nous dit que nous sommes faits par Dieu et pour Dieu, que pendant notre séjour sur la terre nous sommes dans un temps d'épreuve, avec la liberté de faire le bien ou le mal. Si nous persévérons dans le bien, nous aurons une récompense éternelle ; si nous faisons le mal, nous aurons un châtiment sans fia.

Mais les savants qui mettent Dieu de côté, comment voulez-vous qu'ils expliquent l'homme ? Si vous leur demandez pourquoi nous sommes ici-bas, que voulez-vous qu'ils vous répondent ?

Ils croient donc que l'homme a été lancé an hasard sur la terre.

L'homme qui a accepté ces déplorables théories se dit : Puisqu'il n'y a rien au-delà de la tombe, je serais bien fou de ne pas prendre ma part de bonheur pendant le petit nombre de jours qui me restent à vivre ! Et s'il a la force, il pillera, il égorgera pour avoir des trésors, pour avoir des jouissances. De là ces terribles révolutions qui ébranlent l'Europe.

Quel moyen prendre pour arrêter ces hommes, pour les décider à se contenter des biens qu'ils trouvent dans leur condition, pour les empêcher de porter envie aux hommes d'une condition supérieure? Il n'existe qu'un seul frein.' la croyance en Dieu, l'espérance d'une vie future, d'une récompense éternelle. En enlevant l'idée religieuse, on ne peut arriver qu'à la révolution.

En effet, si vous avez un peuple qui ne croie pas à la religion, l'autorité ne peut plus être digne de respect aux yeux de ce peuple : comment donc voulez- vous qu'on le gouverne ! C'est alors que vous verrez surgir des bas-fonds de la société ces assassins, ces révolutionnaires, ces dynamitards que l'humanité peut à peine reconnaître pour ses enfants.

Ainsi les conséquences absurdes et épouvantables auxquelles on arrive prouvent la vérité et la nécessité de la

CONFERENCES D'à

religion. En dehors de la religion l'homme est un mystère, on n'y comprend rien ; et nos aimables savants sont arrivés à le faire descendre du singe.

Formez la famille sans la religion : vous n'arriverez qu'à un hideux concubinage.

C'est pourtant ce qu'on a tenté de faire dans notre malheureuse mère-patrie : on a fait du mariage un acte purement civil d'où l'idée religieuse est absente, et on a ainsi ôtô à la famille cette auréole de respect et de sainteté dont la religion l'avait entourée. On a avili la famille.. C'est ce qui est arrivé chez tous les peuples qui ont publié la vraie religion : la femme a été dégradée, l'enfant négligé et méprisé. La religion catholique a relevé la femme, en a fait non l'esclave mais la compagne de l'homme. En soustrayant la famille à l'influence de la religion, on replonge l'humanité dans le malheureux état d'où elle avait été tirée- S'il n'y a pas de religion, qu'est-ce qui astreindra l'époux à la fidélité ? Et si l'époux n'est pas fidèle, où est la sainteté, la paix et le bonheur de la famille ?

Enfin on a tenté d'enlever la religion de la société civile, et voyez : la société tremble comme sur la surface d'un volcan en activité.

Demandons à Dieu, mes frères, de nous gratifier du don ineffable de la foi, pour que nous puissions nous préserver des erreurs lamentables dans lesqelles sont tombés tant d'hommes de notre temps ; pour que nous puissions marcher d'un pas ferme vers la récompense éternelle, dans les sentiers de la justice et de la vérité.

Ainsi soit-il.

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