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DE LA REVELATION

Multifariam multisque modis olim Deu.s loquens patribuR in Prophetis : novissime diebus istis locutus est nobis in Filio.

Dieu qui autrefois parlait à nos pères par les prophètes, en diverses occasions et en différentes manières, nous a parlé en ces derniers temps par son Fils. Héb. I. 1, 2.

Mes Frères,

La foi, en général, est une conviction appuyée sur le témoignage. Mais il y a deux sortes de témoignages : le témoignage divin et le témoignage humain.

Vous le savez, quand le témoignage humain est revêtu des conditions nécessaires, il amène l'assentiment de l'âme, et les juges s'y appuient sans crainte pour rendre les sentences les plus importantes, celles qui regardent la fortune et la renommée des familles, celles mêmes qui regardent la vie des personnes. C'est que deux ou trois témoins probes, instruits et désintéressés peuvent produire la certitude.

Mais le témoignage de Dieu est celui qui produit la plus grande et la plus complète de toutes les certitudes. Si testimonium Iwminum accipimus, dit l'apôtre saint Jeau, testimonium Dei majus est. 1 Joan V, 9 ; Si nous recevons le témoignage des hommes, celui de Dieu est encore plus grand.

Eh bien ! mes frères, renseignement de la religion repose sur le témoignage de Dieu, sur ce que nous appelons la Révélation : c'est donc le plus sur de tous les enseignements. Aussi les catholiques répètent-ils tous les jours : Mon Dieu, je crois fermement tout ce que la sainte Eglise Catholique croit et enseigne, parceque c'est vous qui l'avez dit, et que vous êtes la vérité même. Tout ce que V Eglise croit et enseigne, voilà l'objet de notre foi ; et pourquoi y donnons-nous l'adhésion de notre esprit ? parceque c'est Dieu qui nous a révélé ou dévoilé ces choses, et qu'il est la vérité même.

Mais quand et comment Dieu a-t-il parlé aux hommes pour leur dévoiler ainsi la vérité ? C'est ce que je viens vous exposer aujourd'hui en vous rappelant le grand' fait de la Révélation.

Dieu, mes frères, nous adonné deux livres dans lesquels il nous parle : le premier est le grand livre de la Nature, le second est la sainte Bible comprenant l'Ancien et le Nouveau Testament.

En contemplant l'œuvre admirable de la Nature, mes frères, nous pouvons arriver par notre raison jusqu'à la connaissance du Dieu qui en est l'auteur. C'est cette vérité que saint Paul invoquait pour montrer que les Philosophes étaient inexcusables ; car, disait-il, ayant connu Dieu par ses œuvres, ils ne font pas glorifié comme Dieu. Si vous contemplez un bel édifice, quand bien même vous n'auriez jamais entendu parler de son architecte, cette vue seule vous en donnera une certaine connaissance ; vous direz : C'est un homme de génie qui a fait cela, Il a conçu un plan original, plein de majesté dans l'ensemble, plein de grâce et d'harmonie dans les détails. Tous ceux donc qui jouissent du spectacle de la nature, qui contemplent la beauté du firmament, s'élèvent à la connaissance de Dieu, car ces choses parlent d'une manière admirable de la grandeur de Dieu, de sa puissance et de sa sagesse.

J'ai vu de près des enfants de la nature, des sauvages dont l'éducation n'avait pas développé l'intelligence : ils

étaient ravis d'admiration en présence des œuvres de Dieu Un de ces Cris dont on parle tant en ce moment, se trouvant un soir avec des canadiens dans un des postes du Xord-Ouest, disait en regardant le ciel : Celui qui a fait toutes ces choses est tout-puissant et admirable. Le prophète a dit en effet : Les deux racontent la gloire de Dieu, et h-. firmament publie sa puissance. <jai éclate dans tes ouvrages </t mains. Ts. XVIII. 1. Voilà le premier livre qui nous parle de Dieu et nous élève jusqu'à lui.

Il y a cependant un autre livre que Dieu a bien voulu nous donner, et par lequel il se l'ait connaître aux hommes. La nature fait connaître l'existence de Dieu, mais elle ne dit pas quel culte il faut lui rendre : elle fait connaître choses qui sont absolument à la portée de l'homme, mais elle ne peut nous faire connaître les choses de l'ordre surnaturel auquel l'homme a été élevé par une faveur particulière de Dieu; outre le livre de la nature, Dieu nous a donc donné la sainte Bible, contenant les vérités de l'ordre surnaturel qui nous sont connues par la Révélation.

Dieu a parlé aux hommss en trois circonstances principales : primitivement, il a parlé à Adam et aux Patriarches; plus tard, il a parlé à Moïse et aux Prophètes ; enfin, dans la plénitude des temps, il a parlé par Jésus-Christ. Il y a donc trois révélations : la Révélation Primitive, la Révélation Mosaïque et la Révélation Chrétienne. Ces trois révélations ne sont pas différentes, mais c'est plutôt la même révélation qui a é'é commencée dans le Paradis Terrestre, qui a été donnée d'une manière plus développée à Moïse, et qui a été complétée en Jésus-Christ. Il y aura une quatrième révélation, suite encore des trois précédentes : cell aura lieu audelà de la tombe, quand nous verrons Dieu : à lace. Les justes jouiront alors d'un bonheur parfait, ils auront atteint leur lin dernière.

Lxaminons sommairement les trois révélations qui onl été faites aux hommes.

La Révélation Primitive esl donc celle qui a été fait* aux Patriarches e1 S] é -ialement à nos premier parents.

•' Dieu, dit l'auteur de l'Ecclésiastique, a créé l'homme

"déterre et l'a fait à son image Il lui a créé, de sa

" substance, un être semblable à lui. Il leur a donné le dis- '■'■ cernement, une langue, des yeux, des oreilles, un esprit " pour penser, et il les a remplis de la lumière de l'intelli- 11 gence.

" Il a créé en eux la science de l'esprit ; il a rempli " leur cœur de sens, il leur a montré le bien et le mal. Il a 4' fait luire son œil sur leurs cœurs, pour leur iaire voir la " grandeur de ses ouvrages, afin qu'ils relevassent par leurs w louanges la sainteté de son nom, qu'ils le glorifiassent de '•' ses ouvrages. Il leur a prescrit encore l'ordre de leur con- " duite, il les a rendus dépositaires de la loi de vie. Il a " fait avec eux une alliance éternelle, et leur a appris les " ordonnances de sa justice. Ils ont vu de leurs yeux les •' merveilles de sa gloire, et il les a honorés jusqu'à leur •• faire entendre sa voix. Ayez soin, leur a-t-il dit, de fuir " toute sorte d'iniquités. Et il a ordonné à chacun d'eux -i d'avoir soin de son prochain. Eccl. XVII, 1 etc. "

Ces révélations communiquées d'abord à nos premiers parents, se sont transmises ensuite de génération en génération, et de là tant de connaissances que l'on trouve répandues dans l'humanité dès les premiers temps, et auxquelles l'homme ne pouvait atteindre par ses propres forces.

C'est surtout Moïse qui s'est fait l'historien de la Révélation Primitive dans le livre de la G-enèse. " Au commencement," est-il dit dans le premier verset de ce livre, "Dieu créa le ciel et la terre." Comment Adam a-t-il pu connaître cette vérité? Il faut que Dieu la lui ait enseignée, car cela est au-dessus de l'homme. Cela est au-dessus de l'homme, mes frères : et voilà pourquoi ceux qui ont voulu traiter de ce sujet sans tenir compte de la Révélation sont tombés dans l'absurde; ils ont dit, par exemple, que la matière est éternelle ! Mais ce qui est faible, changeant, périssable, serait-il donc en même temps V être nécessaire? Cette proposition est absurde, car changeant et nécessaire, périssable

et nécessaire sont des idées qui se repoussent. Dieu seul est l'être nécessaire ; tout endehors de lui a été créé par un mot de sa bouche, par un acte de sa toute-puissance.

Nous savons comment Dieu s'y est pris pour faire le grand ouvrage de la création du monde, parceque le Créateur lui-même l'a fait connaître au premier homme.

Moïse nous dit que la terre fut créée en six jours, et il. nous donne les détails de l'œuvre accomplie dans chacun de ces jours. Nons avons en cela une magnifique preuve de la vérité de l'enseignement religieux.

Il s'est formé dans le dix-huitième siècle une école de philosophes qui avaient entrepris de contredire Moïse, et de détruire la confiance que les chrétiens reposent dans sa véracité d'historien. Ils ont dit : Nous creuserons la terre, et là nous trouverons la preuve que Moïse est un imposteur ou un ignorant. Ils ont donc étudié les entrailles de la terre, ils ont fait des découvertes importantes ; et quand ils ont voulu réunir leurs observations et leurs découvertes pour en faire une science, ils sont arrivés juste à ce que Moïse avait dit ; et par cette science nouvelle de la géologie, ils se sont vus obligés de confirmer en tout point le récit du législateur hébreu.

C'est une leçon donnée aux savants, qui devraient se montrer plus modestes dans leurs affirmations. Il ne peut y avoir de contradiction entre la véritable science et la rêvé* lation ; si d'abord la science parait contredire la parole de Dieu, c'est que la science est encore trop jeune; que les savants attendent, qu'ils continuent à étudier, et ils verront bientôt que la contradiction n'était qu'apparente.

Moïse s'exprime ainsi quand il parle de la création de l'homme : " Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance ; et qu'il commande aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, aux bêtes, à toute la terre et à tous les reptiles qni se meuvent sur la terre " Gen. I, 2*i. On voit que Dieu s;; recueille et que les trois personnes de la sainte

IniversT^"

BïBLJOTHECA

IQO CONFÉRENCES

Trinité tiennent conseil, an moment d'accomplir leur œuvre la pins importante, la création du roi de l'univers. Comment l'homme aurait-il pu connaître ce qui s'est passé clans le ciel, s'il ne l'avait appris par la Révélation divine?

Et Moïse continue : "Le Seigneur Dieu forma donc l'homme du limon de la terre, et il répandit sur son visage un sou rfle de vie, et l'homme devint vivant et animé." G'eii. II, 7. On discerne bien ici la double origine de l'homme ; son origine matérielle : la boue ; son origine spirituelle : le soufHe de Dieu. Par la première origine, il est semblable à la brute ; par la seconde, il a la faculté de connaître, d'aimer, de vouloir et d'agir, et il peut arriver au bonheur éternel.

Cette dernière prérogative, .cependant, a été surajoutée à la nature de l'homme. Dieu, tout puissant qu'il est, ne peut faire un être égal à lui-même ; tout être créé, quelque parfait qu'on le suppose, lui sera infiniment inférieur, et ne pourra naturellement ou par ses propres forces s'élever jusqu'à lui ; c'est donc par une grâce spéciale, par un don surajouté, que Dieu nous élève au-dessus de notre nature, et nous rend capables de la vision béatifique.

Le premier homme connut donc qu'il avait une âme immortelle, destinée à jouir de la contemplation de son Créateur, et ce Dieu si bon lui indiqua les moyens qu'il faut prendre pour arriver à cette contemplation. Adam connut les lois morales ; il distingua le mal du bien, et Dieu lui promit la récompense du ciel pour l'attirer vers le bien, et le menaça d'un châtiment éternel pour l'éloigner du mal.

Dieu révéla aussi au premier homme la forme du culte d'adoration qu'il voulait recevoir. Voyez Caïn et Abel : ils offrent des sacrifices ; ils immolent les victimes pour reconnaître le souverain domaine de Dieu sur toute chose, et aussi pour confesser humblement que l'homme lui-môme mériterait d'être détruit à cause de ses péchés. Ces sacrifices étaient agréables à Dieu, parcequ'ils figuraient le sacrifice du Calvaire qui devait s'offrir quatre mille ans plus

tard ; et c'était par révélation que les hommes eu connaissaient la valeur. Mais de plus, tous les animaux n'étaient pas propres aux sacrifices ; ils y avait les animaux purs et les animaux impurs ; ce qui montre que Dieu n'avait pas seulement montré sa volonté d'une manière générale, mais qu'il avait même daig-né descendre dans les détails.

Noé fit entrer dans l'Arche sept couples des animaux purs et deux couples seulement des animaux impurs: c'est qu'il voulait offrir un sacrifice à Dieu au sortir de l'Arche, sans anéantir cependant aucune des espèces vivantes.

Les vérités révélées au premier homme forment le fond religieux de toutes les nations de la terre, et il est facile de reconnaître ces vérités partout, bien que, chez un grand nombre, elles aient été profondément altérées.

Quand Dieu voulut se former un peuple qui fût à lui, qui accomplit ses ordonnances et préparât l'avènement du Rédempteur, il donna la Révélation Mosaïque. Il parla à son serviteur Moïse, et celui-ci, sous l'inspiration divine, écrivit cinq livres que nous désignons sous le nom de Pentateuque.

Ces livres traitent de deux choses : de la Religion et delà Politique. Il serait à souhaiter que ceux qui sont chargés du gouvernement des sociétés modernes allassent étudier ces livres inspirés : ils comprendraient peut-être quelle union doit exister entre la Politique et la Religion ; ils verraient clairement que la Politique doit être subordonnée à la Religion, et ils viendraient à acquérir la juste notion du gouvernement.

Mais il y a une remarque importante à faire ici : c'est que la législation de Moïse était une législation particulière, qui obligeait les Juifs, mais qui n'obligeait pas les autres nations. Les autres peuples n'étaient pas obligés de se faire juifs: ils pouvaient continuera vivre sous la loi naturelle, sous la révélation primitive. La nouvelle rêvé-

lation, d'ailleurs, ne contredisait pas la première, elle n'en était que le développement ; et le Décalogue, en particulier, n'est qu'un admirable abrégé des préceptes de la loi naturelle.

Mais comment prouver la divinité de la révélation faite à Moïse ? Dans les différents âges, beaucoup se sont dits inspirés de Dieu et ne l'étaient réellement pas.

La grande preuve de l'inspiration de Moïse, la preuve qui a convaincu le peuple Hébreu, et qui convaincra tous les hommes jouissant du plein usage de leur raison, ce sont les miracles qu'il a opérés.

Le miracle est une dérogation réelle et sensible aux lois du monde physique. Dieu est le maître de la nature ~, il y a établi des [lois, et lui seul peut déroger aux lois qu'il a établies. Quand donc les lois de la nature sont suspendues à la voix d'un homme, cela montre que cet homme est l'interprète de la divinité ; Dieu est évidemment avec lui. Eh bien ! Dieu n'a épargné ni la grandeur ni le nombre des miracles, pour prouver que Moïse était réellement inspiré de lui.

Les Hébreux, depuis le temps de Joseph, se trouvaient dans la terre de Gressen, en Egypte ; or Dieu voulait leur donner une autre patrie, où ils vécussent dans la pratique des lois qu'il allait leur donner par Moïse, et formassent ce grand peuple qui devait donner naissance au Messie. Mais Pharaon, le roi d'Egypte, ne voulait pas laisser partir les Hébreux. Alors Moïse frappa l'Egypte de dix plaies successives, dont la gravité allait croissante : par exemple, les eaux de toutes les rivières et de tous les puits furent subitement changées en sang ; et les Egyptiens ayant creusé la terre, pour avoir de l'eau potable, ne trouvèrent partout que du sang. Des ténèbres épaisses couvrirent le pays pendant trois jours ; et pour montrer que c'était bien un grand miracle de la main de Dieu, les Hébreux qui habitaient l'Egypte jouissaient de la lumière du soleil comme dans les jours ordinaires. Mais la dernière plaie fut la plus sensible

aux malheureux Égytiens ; Moïse qui était d'un caractère doux, n'eu viut à cette douloureuse extrémité qu'à cause de l'endurcissement de Pharaon. Il dit donc au roi : " Yoici ce que dit le Seigneur : Vers le milieu de la nuit je parcourrai l'Egypte, et tout premier-né mourra". Et en effet, le lendemain matin le deuil était dans toutes les familles égyptiennes sans en excepter une, sans excepter la famille du roi lui-même ; et dans toute la terre d'Egypte il s'éleva un cri de douleur comme il ne s'en était jamais entendu, et comme il ne s'en entendra jamais dans l'avenir : tous les premiers-nés avaient été frappés de mort subite.

" Pharaon appela Moïse et Aaron la nuit même, et leur dit : Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, vous et les enfants d'Israël : allez, sacrifiez au Seigneur selon votre parole. Prenez aussi vos brebis et vos grands troupeaux, comme vous avez dit. Partez, mais en même temps bénissez-moi."

Ils partirent donc, mes frères ; ils étaient plus de trois millions d'âmes. Quand ce peuple arriva près de la mer Rouge, Moïse étendit la main sur la mer ; il souffla aussitôt un vent brûlant qui la dessécha, et les Hébreux la traversèrent à pied sec, les eaux s'élevant comme une muraille de chaque côté de la foule.

T7n peuple entier, avec toutes ses richesses, venait de quitter l'Egypte. Pharaon eut regret de l'avoir laissé partir, et il s'élança à sa poursuite avec une grande armée. Les cavaliers et ceux qui étaient montés sur des chars entrèrent dans la mer, marchant aussi à pied sec ; mais quand le peuple de Dieu fut passé, Moïse étendit la main sur la mer, et les eaux reprirent leur cours ; alors les chars de Pharaon avec leurs conducteurs, les chevaux et leurs cavaliers furent engloutis dans la mer. Est-ce assez évident que Dieu était avec Moïse ? Donnons, cependant, quelques preuves encore.

Ce peuple passa 40 ans dans les déserts de l'Arabie. Les habits des Hébreux ne s'usèrent point pendant tout ce

temps ; il tombait chaque matin une espèce de nourriture appelée la manne, qui était blanche comme la neige et douce comme le miel, et dont chacun recueillait, avant le lever du soleil, la quantité qui lui était nécessaire pour se nourrir, lui et sa famille, pendant tout le jour.

Le soleil étant d'une ardeur extrême dans ces déserts, une nuée se tenait continuellement au-dessus du peuple, îe préservant du soleil pendant le jour et l'éclairant pendant la nuit.

Un dernier trait, mes frères : Coré, Dathan et Abiron se révoltèrent contre l'autorité de Moïse ; or, le lendemain. u le Seigneur dit à Moïse : Parle à l'assemblée, et dis-lui : ■* Eloignez-vous des tentes de Coré, de Dathan et d'Abiron. " Moïse se leva, et alla vers Dathan et Abiron ; et les anu ciens d'Israël le suivirent. Et il dit à la multitude : Reti- " rez-vous des tentes de ces hommes impies, et ne touchez " à rien qui soit à eux, de peur que vous ne soyez envelop- ■' pés dans leurs péchés. Us se retirèrent d'auprès des tentes " de Coré, de Dathan et d'Abiron. Ces deux derniers paru- " rent à leurs portes avec leurs femmes, leurs fils et toute leur " troupe ; et Moïse dit : Voici à quoi vous reconnaîtrez que B c'est le Seigneur qui m'a envoyé pour faire toutes ces " choses, et que je ne les fais pas de moi-même. Si ceux-ci " meurent comme tous les hommes, ou qu'ils soient visités " comme le sont tous les autres, le Seigneur ne m'a pas en- *■• voyé. Mais si le Seigneur fait une chose nouvelle, si la i; terre, ouvrant sa bouche, les engloutit avec tout ce qui u est à eux, et qu'ils descendent vivants dans l'abîme, vous " saurez qu'ils ont blasphémé contre le Seigneur. Comme " il achevait ces paroles, la terre se tendit sous leurs pieds, 4i et, ouvrant sa bonche, elle les engloutit avec leurs tentes " et toutes leurs richesses, et ils descendirent vivants dans u l'abîme ; la terre les couvrit, et ils disparurent du milieu M de l'assemblée. Tout Israël, qui était présent, s'enfuit aux • cris de ceux qui périssaient. En même temps un feu, sorti u de devant le Seigneur, dévora leurs deux cent cinquante "■partisans qui offraient alors l'encens." Num. XVI.

II s'opéra une multitude d'autres prodiges, et c'est Moïse lui-même qui eu écrivait le récit daus un livre. Si ees prodiges n'avaient pas eu lieu, est-ce que le peuple eût cru en Moïse, lui eût obéi et l'eût suivi dans le désert ? En lisant ses livres, on aurait dit: Ces prodiges, nous n'en avons pas eu connaissance ; vous n'êtes qu'un imposteur. C'est le contraire qui arriva, et après la more de Moïse un ange cacha son corps, de peur que le peuple ne voulût l'adorer.

Moïse était donc l'homme de Dieu ; le Seigneur lui parla réellement dans le Tabernacle, et ses livres sont des livres inspirés. Dieu parla aussi aux Prophètes, qui parurent de temps en temps pour maintenir le peuple Hébreu dans le devoir, ou pour l'y ramener quand il s*en était écarté. Car chez les Hébreux il n'y avait pas d'autorité enseignante infaillible ; quand donc on devait recevoir des ordres ou des enseignements, Dieu suscitait tout exprès un homme qui allait parler en son nom. De là ces prophètes que l'on voit surgir si souvent dans l'histoire du peuple de Dieu, et qui ont donné un caractère tout particulier à ce peuple. Les Prophètes prouvaient leur inspiration. eux aussi, par les miracles les plus éclatants.

Quand vint la plénitude des temps, Dieu cessa de parler dans le Tabernacle et par les Prophètes, il parla par la bouche de son propre Fils qui s'était incarné pour notre salut.

Cette révélation ne diffère des deux autres qu'en ce qu'elle est beaucoup plus parfaite ; elle ne les contredit pas, mais elle en est le complément et le couronnement. " Ne pensez pas", dit Notre Seigneur lui-même, " que je sois venu pour détruire la loi ou les prophètes ; je ne suis pas Tenu les détruire, mais les accomplir." Mais cette dernière révélation était pour toute la terre ; la Révélation Mosaïque ne s'adressait qu'aux juifs, celle-ci s'adresse à tous les hommes, et tous sont strictement obligés de la suivre. " Comme mon Père m'a envoyé." dit Jésus à ses Apôtres. " ainsi je

vous envoie." Joan, XX, 21. "Allez par tout le monde; prêchez l'Evangile à toute créature. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; et celui qui ne croira point sera condamné." Marc. XVI, 15, 16. Si donc la Révélation Chrétienne est arrivée à la connaissance de quelqu'un, il est obligé de la suivre, et il sera jugé selon la loi de l'Evangile. Mais s'il y a des hommes à qui cette révélation ne soit pas encore arrivée, ceux-là sont obligés de suivre la Révélation Primitive, et ils seront jugés selon la loi naturelle. Car personne ne sera perdu que par sa faute.

La révélation de Jésus-Christ devant être acceptée par tous les hommes, notre divin Sauveur a permis que sa mission divine fût prouvée d'une manière irréfutable ; que les preuves de sa divinité s'imposassent à l'esprit de tout homme qui a l'usage de la raison.

Le divin Rédempteur était attendu de tous les peuples de la terre, car il avait été promis et annoncé aussitôt après la chute du premier homme. Dieu avait dit au serpent : De la femme naîtra celui qui t'écrasera la tête ; Satan était caché, sous la forme du serpent, et cette parole terrible s'adressait à lui. Dieu annonçait donc par là que la puissance de Satan serait détruite par le Rédempteur qui naîtrait de la femme.

Cette foi an Rédempteur qui avait consolé le premier homme, consola aussi ses descendants. Il est de fait que les nations païennes, malgré les aberrations dans lesquelles elles étaient tombées, n'avaient pourtant pas cessé d'attendre le Rédempteur.

Au temps fixé par les décrets éternels, Dieu envoya l'archange Grabriel vers une vierge nommée Marie, pour lui annoncer qu'elle allait donner naissance au Sauveur du monde. "Comment cela se fera-t-il ", lui répondit-elle, " puisque je n'ai de rapports avec aucun homme. L'ange lui répondit : Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint qui naitra de vous sera appelé le Fils de Dieu". Luc.

1, 34, 35. " Alors Marie lui dit : Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole/' Luc I, 38.

Et immédiatement elle conçut le Verbe de Dieu, sans cesser pour cela d'être vierge. Or le prophète Isaïe avait dit : " Voilà que la Vierge concevra et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous". Luc VIII, 14.

La Vierge demeurait à Nazareth ; mais lorsqu'elle portait déjà l'enfant-Dieu dans son sein depuis plus de huit mois, elle fut obligée, par l'ordre de l'empereur de Rome, d'aller avec Joseph son époux, se faire inscrire à Bethléem, lieu de naissance de leurs ancêtres. Cet ordre annonce bien que les juifs ne se gouvernaient plus eux-mêmes, qu'ils étaient sous le gouvernement des Romains ; or le patriarche Jacob, au moment de mourrir, avait fait la prédiction suivante : " Le sceptre ne sera point ôté de Juda. ni le prince de sa postérité, jusqu'à ce que celui qui doit être envoyé soit venu, et c'est lui qui sera l'attente des nations." Gen. XLIX, 10.

Et pendant que la Vierge était à Bethléem, elle donna naissance à Jésus. Or, le prophète Michée avait prédit que le Messie naîtrait à Bethléem : " Et toi Bethléem d'Ephrata." dit-il. " tu es petite entre les villes de Juda ; mais de toi sortira le dominateur qui doit régner dans Israël, de qui la génération est dès le commencement, dès l'éternité." Midi. V. 2.

C'était vers l'an 4004 de la création ; et Daniel avait fixé cette date bien des années auparavant : " Soixante-dix semaines d'années" disait l'ange Gabriel à ce prophète. " ont été fixées à l'égard de votre peuple et de votre ville sainte, afin que les prévarications cessent, que le péché prenne fin. que l'iniquité soit expiée, que la justice éternelle soit amenée ; que les visions et les prophéties soient accomplies, et que celui qui est le Saint des saints soit oint. Depuis l'ordre qui sera donné pour rebâtir Jérusalem, jusqu'au Christ chef, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines

d'années. Les places et les murs seront rebâtis dans des temps difficiles. Et après soixante-deux semaines d'années, le Christ sera mis à mort, et le peuple qui doit le renoncer ne sera plus son peuple. Un peuple conduit par le chef qui doit venir détruira la ville et le sanctuaire ; ainsi elle finira cette ville infidèle, par une ruine entière ; et la désolation à laquelle elle a été condamnée lui arrivera après la fin de la guerre que lui fera ce peuple puissant. Cependant le Christ se choisira un nouveau peuple ; il confirmera son alliance avec plusieurs d'entre ce peuple dans une semaine d'année : et à la moitié de la même semaine les sacrifices et les oblations seront abolis : l'abomination de la désolation sera dans le temple de Jérusalem ; et la désolation durera jusqu'à la fin des siècles, et jusqu'à la fin du monde." Dan. IX. 24, 27.

L'univers entier est témoin que cette prophétie s*est accomplie jusque dans ses moindres détails.

Lorsque la Vierge eut enfanté à Bethléem, des mages de l'Arabie ou de la Mésopotamie qui observaient les astres, s'aperçurent qu'il y avait dans le ciel un astre nouveau, et ils en conclurent que le Rédempteur était né chez les juifs ; car Balaam amené pour maudire le peuple d'Israël, s'était vu obligé de le bénir, et il avait fait la prophétie suivante qui sa conservait chez les peuples de l'Orient : '"Je le verrai, mais non maintenant ; je le considérerai, mais non. de près: une étoile sortira de Jacob, et un rejeton s'élèvera d'Israël." Num. XXIV, 17 Les mages vinrent donc en Judée, et demandèrent à Hérode, un étranger que les Romains avaient établi roi sur l'ancien peuple de Dieu : Ou est né le roi 'les Juifs ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer. Hérode fat étonné de cetre demande ; il consulta les docteurs de la loi qui lui dirent que le Messie devait naître à Bethléem ; et l'on constata ainsi l'accomplissement des prophéties de Jacob, de Michée et de Balaam.

Plus tard, quand Jésus avait déjà commencé à prêcher, Jean-Baptiste envoya quelques-uns de ses disciples pour lui

demander : Etes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? Jésus a}rant fait un grand nombre de miracles sous les yeux de ces envoyés, leur dit : Allez, et dites à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent. Or le prophète Isaïe avait dit : " Dieu viendra lui-même et il vous sauvera. Alors les yeux des aveugles verront la lumière, et les oreilles des sourds seront ouvertes, le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des sourds prononcera des cantiques." 1s. XXXV, 4.

Xotre Seigneur a été livré à ses ennemis, souffleté, flagellé et mis cruellement à mort ; Isaïe l'avait vu dans cet état d'humiliation et de souffrances : "Il nous a paru comme un objet digne de mépris, le dernier des hommes, et un homme de douleurs qui sait ce que c'est que souffrir. Son visage était comme caché ; il paraissait méprisable, et nous ne l'avons point reconnu. Il a pris véritablement nos langueurs, et il s'est chargé lui-même de nos douleurs ; nous l'avons considéré comme un lépreux, comme un homme frappé de Dieu, et humilié. Il a été couvert de plaies pour nos iniquités, et il a été brisé pour nos crimes ; le châtiment par lequel nous devions acheter la paix est tombé sur lui, et nous avont été guéris par ses blessures. Nous nous étions tous égarés comme des brebis sans pasteur ; chacun s'était détourné pour suivre sa propre voie, et Dieu l'a chargé lui seul de l'iniquité de nous tous. Il a été immolé, paiveque lui-même l'a voulu, et il n'a point ouvert la bouche pour se plaindre ; il s'est laissé conduire à la mort comme une brebis qu'on va égorger ; il est demeuré muet comme un agneau devant celui qui le tond. " Is. LUI, 3, 7.

Xotre Seigneur fut crucifié ; et lorsqu'il agonisait sur la croix, " les passants le blasphémaient en branlant la tête, et lui disaient : Vah ! toi qui détruis le temple et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même". Math. XXVII, 39, 40. Quand il dit : j'ai soif, les soldats lui présentèrent une éponge imbibée de iiel et de vinaigre ; à sa mort il se parla-

gèrnt sos vêtements, et eemme sa robe était sans couture^ ils la tiièrent au sort. Or David avait vu tout cela d'avance : " O Dieu ! ô mon Dieu ! " fait-il dire au Sauveur, "jetez

sur moi vos regards ; pourquoi m'avez-vous abandonné 'i

Je suis un ver de terre, et non un homme ; je suis lopprobre des hommes et le rebut du peuple. Ceux qui me voient se moquent de moi ; ils m'insultent par leurs discours, et en secouant la tête. Il a mis, disent-ils, son espérance au Seigneur ; que le Seigneur le délivre, qu'il le sauve, s'il est vrai qu'il l'aime !... Ils ont percé mes mains et mes pieds, et ils ont compté tous mes os ; et ils ont pris plaisir à me considérer dans cet état. Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et ils ont jeté ma robe au sort. Ils m'ont donné du fiel pour nourriture, et dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre. Psalm. XXI et LXVIII.

Jésus-Christ est ressuscité du tombeau ; or Isaïe avait dit : " Son sépulcre sera glorieux, " Is. XI, 10 ; et David : " Vous ne souffrirez point que votre saint soit sujet à la corruption." Psalm. XV, 10

Qui donc pourrait hésiter à reconnaître Jésus pour le Messie, après ces preuves si évidentes que les prophéties se sont accomplies en sa personne. Et nous pourrions citer bien d'autres prophéties encore.

Cela suffisait, ô mon Dîeu, et les hommes avec cela seraient inexcusables de ne pas écouter celui que vous avez envoyé ; mais vous avez voulu faire plus encore, vous avez voulu lui rendre directement témoignage. Jésus s'otant présenté pour recevoir le baptême de Jean, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe, et la voix du Père éternel se fit entendre à tous ceux qui étaient présents, comme elle s'était fait entendre sur le sommet du mont Thabor, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui f ai mis tontes mes complaisances.

Et cependant Jésus pouvait se passer de tous ces témoignages, car sa vie prouve sa dignité.

Jésus-Christ s'est dit lui-même le Fils de Dieu égal au Père et ne formant qu'an avec lui ; c'est même pour cela que les Juifs l'ont mis à mort, parceque n'étant qu'un homme, disaient-ils, vous vous êtes fait Die// ; si donc il n'était réellement pas le Fils de Dieu, c'était un affreux imposteur, digne delà réprobation divine et humaine. Mais au contraire, la puissance de Dieu était avec lui, et il multiplia les miracles d'une manière étonnante. Les merveilles opérées par Jésus-Christ sont presque innombrables : C'est l'eau qui est changée en vin à Cana, c'est un démon qui est chassé du corps d'un possédé à Capharnaiim, c'est un lépreux qui est subitement guéri, c'est un paralytique à qui il remet les péchés, et qu'il guérit ensuite de son infirmité corporelle, c'est le serviteur du Centurion qu'il arrache à la mort, c'est le fils de la veuve de Naim qu'il ressus.-ite, c'est l'Hémorroïsse qui est guérie en touchant le bas de sa robe, c'est Lazare qui ressusite après être resté quatre jours dans le tombeau, et quand le corps entrait déjà en putréfaction, etc., etc.

Mais la grande preuve de la divinité de Jésus-Christ, c'est sa Résurrection. Comme il avait annoncé d'avance qu'il ressusciterait le troisième jour après sa mort, les juifs firent sceller son tombeau, et le tirent entourer de gardes. Or un ange brillant comme le soleil, aux vêtements plus blancs que la neige, parut tout-à-coup auprès du tombeau, et renversa la grande pierre qui le recouvrait. Lis gardes tombèrent à demi morts de frayeur, et Jésus sortit vivant et glorieux du tombeau. Il se montra à sainte Madeleine, à saint Pierre et aux disciples d'Emmatis. puis, un grand nombre de ibis, aux apôtres réunis. Un jour il se lit voir à plus de cinq cents personnes. Enfin, après avoir donné la mission à ses apôtres, il les bénit, et s'éleva alors vers le ciel. Puisqu'il s'est ressuscité lui-même, comme il l'avait annoncé, il est donc Dieu, car il n'y a qu'un Dieu qui puisse se ressusciter lui-même. Quant au fait de sa résurrection, un grand nombj de personnes probes et sincères en ont été les témoins, et elles ont signé leur témoignage

de leur sang". Jésus-Christ était donc le Messie annoncé par les Prophètes, et il est véritablement le Fils de Dieu.

Eh bien ! ce Dieu fait homme a enseigné pendant trois ans dans la Judée, la G-alilée et les pays circonvoisins. Il a parlé aux hommes ; il a donné une dernière Révélation, qui confirme et complète celles qui ont été faites à Adam et à Moïse : non ueni solvere sed adimplere, je ne suis pas venu, dit-il, détruire la loi ni les prophètes, je ne suis pas venu les détruire, mais les accomplir. Matth. V, 17.

L'enseignement de la Religion, c'est l'enseignement de Jésus-Christ transmis et continué dans le monde. Une grande partie de la révélation faite par Jésus-Christ se trouve dans le Nouveau-Testament ; l'autre partie a été conservée par tradition dans l'Eglise Catholique.

Comme cet enseignement est sûr, mes frères ! c'est Dieu qui a certainement parlé ; or Dieu ne peut ni se tromper, ni tromper personne. Quelle différence avec l'enseignement scientifique ! La science humaine est toujours faible et boiteuse par quela.ue côté ; il reste au fond de tout des choses qu'elle ne peut pénétrer, et très-souvent elle n'appuie ses arguments que sur de simples suppositions.

Un véritable savant, l'abbé Moigno, qui a suivi tous les développements de la science moderne, et qui a contribué lui-même beaucoup à son avancement, a donné un résumé de la science dans un ouvrage intilulé " Les splendeurs de la foi." Or, savez-vous à quelle conclusion il arrive dans ce magnifique ouvrage ? Après l'étude conciencieuse que j'ai faite, dit-il, j'arrive à cette conclusion : que la seule chose certaine ici-bas, c'est la vérité religieuse. Aussi Aroyez : la science d'aujourd'hui renverse ce qu'avait édifié la science d'hier, mais l'enseignement religieux est et restera le même ; c'est Dieu qui parle, et Dieu ne change pas. Attachons-nous donc à cet enseignement, et bénissons Dieu de nous avoir fait ce don admirable et mille fois précieux de la révélation.

Ainsi soit-il.

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