‹ Conférences sur l'instruction obligatoire [microforme]Chapitre 6 sur 15 · PR. DU · texte numérisé non relu

PR. DU

sieurs, ct j'aurai recours à une nouvelle distinction : ces droits doivent être unc conséquence, soit de la nature des besoins de l'enfant, soit de la nature de l'éducation qu'il faut lui donner, soit de la nature de la société, soit enfin de la position des

parents vis-à-vis de l'éducation.

Or, en premier lieu, l'enfant sur lequel se fait le travail de l'éducation matérielle, intellectuelle et morale, requiert des soins de détail d'un caractère essentiellement privé et domestique, et, par là même, cxclusifs de l'Etat, dont l’action ne peut s'exercer que sur des objets d'un caractère général ct public.

En second lieu, l'éducation, dans sa partie principale, est intellectuelle et morale.

Or, le savoir et la morale ne relèvent à aucun dégré de l'État. Il n'y a ni code, ni administration de la science, encore moins de la morale, encore moins de la doctrine religieuse. IT serait ridicule d'avancer que l'État, en tant qu'il est le pouvoir public,

puisse posséder un corps de doctrines.

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Aussi, la dénomination d'Etat ensergnant est-elle la plus grande absurdité qui soit sortie du cerveau fiévreux des novateurs & du jour. :

L'impossibilité radicale et absolue de placer un trait d'union entre l'idée bien comprise de l'éducation, et la véritable notion du pouvoir public, de sa nature ct de son objet, sera toujours une barrière infranchissable, contre laquelle se heurtera la théorie moderne de l'Etat éducateur,

théorie forcément retenue à la porte du

domaine de la raison, du bon sens et de la

veritce.

L'éducation, vue de ce côté, échappe

donc encore à l'Etat, par la force même de

la nature des choses,

Quelle est, en troisième lieu, la nature

de la société civile ?

Les novateurs de notre siècle ont le tort radical de faire de l'Etat une sorte d'être

de raison, distinct de l'ensemble des famil-

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