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hisseur : Arrêtez ! Le maître ici, c'est moi;
moi que Dieu a placé ici pour gouverner
et admihistrer le royaume que j'ai reçu
de sa souveraineté; moi qui tiens de ma
paternité elle-même le devoir, et avec le
devoir le droit, personnel et exclusif, de “ gouverner, d'administrer, de défendre et “ de protéger ces sujets que je nomme mes “enfants, et qui sont, par l'autorité de “Dieu et la loi de la nature, mes * syets, parce qu'ils sont mes enfants. Ainsi, “ cette royauté paternelle échappe par sa “ nature et son essence même à la domina- “tion de toute autorité créée et purement “ humaine ; et elle porte avec elle-même et “en elle-même le droit indéniable qui sort “ de sa propre institution.”
Ce droit, par le fait même qu'il est indéniable, se place dans la condition d'une absolue imprescriptibilité. On peut pres-
crire contre des droits acquis, jamais contre un droit naturel.
L'Eglise a reçu le pouvoir d'enseigner, chez tous les peuples, la doctrine chrétienne dans les chaires et dans les écoles.
Nous nous trouvons, ici, placés en face d'un commandement: “ Allez et enseignez toutes les nations?” Ce commandement est donné par Dieu, à qui tous doivent obéir.
Il n'appartient à personne, pas plus aux gouvernements qu'aux individus, de lui d' .ader compte de ses ordres.
Par une suite naturelle du droit exclusif d'enseigner aux générations naissantes les choses de la foi, l'Eglise possède aussi le droit d'enseigner les sciences humaines, d'abord, en raison des relations qui existent entre elle et l'enfant ; ensuite, à cause de celles qui existent entre les sciences et la religion ; enfin, au titre de ses aptitudes spéciales.
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tre
1er, ne
Par le baptême, l'Eglise engendre réellement les enfants À J.-C. et devient leur mère, dans l'ordre spirituel, dans un sens strict et vrai,
Elle leur a donné Ja vie divine, comme les mères selon la chair leur ont donné la vie naturelle,
Si ces dernières reçoivent de la nature l'injonction de protéger, d'entretenir et de développer, par les moyens créés par la nature elle-même pour cette fin, la vie naturelle de leurs enfants, l'Eglise reçoit, à plus forte raison, de la loi divine, l’injonction de protéger, d'entretenir et de développer la vie divine de la grâce dans l'âme
des chrétiens, ses enfants spirituels.
Or, il est certain que l'enseignement des sciences humaines ne peut que jouer un grand rôle dans l'entretien at le développement de cette vie supérieure.
Comme la Connaissance de l'univers, de ses merveilles, de ses secrets, ne peut qu'élever à la Connaissance et à l'amour du
Créateur, l'enseignement des sciences, donné
à la lumière de la foi, n'est qu'un épanouissement nouveau de l'enseignement reli-
gieux. À
Bien donné, il con’ribue à former le chrétien, en l'élevant vers Dieu. Mal donné, il n'y a rien de plus funeste pour la foi et
les mœurs.
Je l'ai prouvé, Messieurs, dans ma première conférence, l'éducation doit être l essentiellement religieuse. Toutes les sciences se mêlent, par quelque endroit, à la
re‘igion ; et, à ce point de vue, elles se
placent d’elles-mêmes sous l'influence direc-
trice de l'Eglise.
Du reste, l'enseignement intellectuel
put-il, par hypothèse, se séparer de l’en-
seignement moral et religieux, celui-ci
demeure toujours le principal, parce que la
formation morale l'emporte sur la culture
de l'esprit pris isolément, à cause de son
objet, de son influence sur toute la vie, de à
ses conséquences temporelles et éternelles.
Et, à moins de poser à l’encuntre du bon
sens que c'est à l'accessoire d'absorber le principal, l'éducation, même dans cette hypothèse, ne pourrait pas échapper à la direction de l'Eglise, dépositaire ct interprète autorisée de la loi morale.
Enfin l'Eglise a fait ses preuves comme éducatrice de la jeunesse, et le nombre prodigieux de savants qu'elle à produits dans toutes les branches des Connaissances humaines suffirait, à lui seul, à lui donner ses titres à la fonction d'instruire la jeunesse, si elle ne les tenait déjà d’une source supérieure.
Le nom seul des Jésuites, un des ordres de l'Eglise dont une des missions est l’enseignement, ne s'impose-t-il pas avec autorité en face du monde Savant, comme une
des plus hautes représentations de la science ?
Les professeurs de cet ordre, dit un écrivain français, ont enseigné 95 langues :
On leur doit des grammaires et des dic.
“tionnaires de presque tous les idiomes Qui
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“se parlent au monde. Ils ont donné “ quatorze mille écrivains à la chrétienté.
“Parmi les calomnies absurdes que la “ rage exhala contre les Jésuites, ” dit Lalande, dontle témoignage ne saurait être suspect, “ je remarquai que La Chalotais “ portait l'ignorance ou l'aveuglement jus- “ qu'à dire que ces religieux n'avaient pas “ produit de mathématiciens. Je faisais “alors la table de mon astronomie : j'y “ mis un article sur les jésuites astronomes ; “ leur nombre m'étonna. De 1750 à 1773, “en vingt-trois ans seulement, quarante- “ deux auteurs et quatre vingt-dix-sept “ ouvrages. Ils dirigent les observatoires de “ Pékin, Vienne, Rome, Naples, Lisbonne, “ Wurtzburg, Milan, Florence, Venise, Mar- “ seille, Lyon, etc.”
D'Alembert, dont certes le faible n'inclinait pas vers les tendances cléricales,
dit aussi des Jésuites : “ [ls se sont exer-
cés avec succès dans tous les genres. Elo-
quence, histoire, antiquité, géométrie, litté-
rature, il n'est presque aucune classe d'écri-