‹ Conférénces sur la question ouvrière [microforme]Chapitre 14 sur 37 · KI POP REP · texte numérisé non relu

KI POP REP

(1) On le voit, nous n'excluons point le côté du patron, nous disons seulement, qu’il est secondaire. Le côté de l’ouvrier, règle la question du minimum au-dessous duquel la justice défend de descendre, et-qui est, la suffisan-e pour vivre, Le côté du patron détermine les fluctuations du salaire a:-dessus de ce minimum. Ainsi l’ouvrier dont le travail est extraordinaire ou le savoir profesci sionne] supérieur, apportant au patron plus de profits, recevra un salaire supé-

; rieur à celui du travailleur qui n’a point ces titres d'excellence,

lancer une industrie. L'ouvrier se présente et lui dit : Je vous offre mon travail, Mais, pauvre et dépourvu de toute avance pour subsister durant le temps de la production je ne puis attendre les profits futurs de votre entreprise ; je ne veux pas davantage encourir les risques de faillite où elle peut aboutir. C'e-t pourquoi anticipezmoisur v.11e capital tout ce dont j'ai besoin pour vivre ; donnez-moi, sous forme de salaire, teus les moyens de subsistance : je travaillerai et vous abandonnerai tous les profits de l’industrie. Nous y gagnerons tous les deux ; moi de vivre de mon travail ; vous, d’être délivré de toute ingérence importune et de recueillir la quasi-totalité des bénéfices. —Mes frères, voilà le salariat sous son vrai jour ! L'industriel qui l'entend autrement s'enrichit du bien d'autrui, il ne diffère en rien du voleur ! Bien plus, et pour la même raison, s’il abaisse un salaire déjà trop mesquin, parce que les profits de l’entreprise diminuent, il altère injustement la nature du contrat. Le salariat n’est pas un contral de société. Au reste puisqu'il baisse le taux des salaires parce que le chiffre de ses affaires est en baisse, pourquoi alors ne pas l’élever lorsque les profits suivent un mouvement ascensionnel ? Patrons, associez donc vos ouvriers à vos bénéfices, puisque vous les associez à xos risques |

Ainsi donc, mes frères, que le travail soit à la pièce ou la journée, il est un minimun du salaïre que la justice demande impérieusement : c’est celui qui suffit à faire subsister un ouvrier sobre et honnête, (1) Assurément, il

(1) Pour couper court à une difficulté, qu’on nous a faite, nous ferons remarquer que, pour bénéficier de cette formule puisée dans l’Encyclique : le salaire doit être suffisant pour la subsistance de l’ouvrier sobre et honnête, un travailleur doit réaliser trois cohditions essentiels : lu être ouwrier, c’est-à-dire avoir une habileté professionnelle, et travailler loyalement ; s’il n’est pas eela, le salaire qu’on lui donne revêt plus le caractère d’une aumône qu’autre ehose ; c’est un acte de charité, non de justice. 20 être sobre : le patron n’est pas tenu de pourvoir aux stupides dépenses d’un ivrogne. 30 être honnête : le travailleur qui gaspille ou détériore par sa mauvaise foi les choses ou les instruments du patron, ou celui qui répète l’histoire du proue de l'Evangile, —dissipavit substantiam suam vivendo luxuriose—le paillard, s’il n’a point la suffisance pour vivre, qu’il s’en prenne à lui seul ! ;

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