EXISTENCE ET CAUSE DE LA QUESTION OUVRIÈRE
Quare primuerunt gentes ?
Pourquoi ces frémissements devant le peuple ?
(Ps. 2)
Chaque siècle a une question irritante qui le trouble, fièvre de la veille, cauchemar du sommeil. Le nôtre a fait des progrès immenses dans le domaine de la nature et de l'intelligence. Mais il n’a point échappé à cette loi providentielle. Car c’est la Providence qui a réglé cela : pour faire sentir à l’homme, qui l’oublie toujours, qu'’au-dessus du petit aujourd'hui, il y a le demain denos éternelles destinées.
: Nous avons donc, dans notre âge, {4 question ouvrière, question brûlante et ardue, qui agitenos contemporains, question redoutable qui fait pâlir les plus sages et donne aux penseurs des angoises mortelles sur l'avenir des peuples et des sociétés. Tout le monde le devine : nous marchons vèrs une catastrophe, près de laquelle les révolutions des siècles passés n'auront été que des jeux d'enfants. Cette catastrophe, est-il possible de la prévenir ? Comment endiguer ce torrent dévastateur ? Voilà la question
ui agite les'plus hautes intelligences: de notre temps. Lee souffrances des travailleurs, leurs plaintes et leurs réclamations violentes, leurs ligues contre les patrons et industriels, ont dé‘haîné un orage qui menace la société
tout entière. Ce problème ardu, partout à l’ordre du jour, incl s'appelle encore la question sociale, parce que la solution des Re pratique qui lui sera donnée entraînera le salut ou la l'éch L ruine de la société moderne. allot Ah ! certes, mes frères, il faut du courage pour abor- Ë des der cette question, où tant de nobles intelligences ont lopp failli, en restant en deça ou allant au-delà de ces bornes men inviolables, où est le juste et le vrai! Notre grand Pape lui- nies meine # dit que ce sujet n’était pas aisé à résoudre, ni la li exempt de péril. Et pourtant le prêtre ici doit parler. Non, ses lèvres sur | ne peuvent rester closes devant les conflits qui mena- # “Je cent la société. Ses oreilles ne seront pas sourdes aux Ë Père
plañstes et aux souffrances des classes populaires. |
L'Eglise a de droit devin la direction des âmes et des peu: |
| ples : elle ne laissera pas tomber ce sceptre bienfaisant, ! | pour abandonner les masses aux mensonges des sectaires
de la libre-pensée et de la révolution ! Le prêtre n'est-il |
pas, sur la terre, le ministre de Jésus-Christ, qui a mis |
dans son programme de gouvernement :—la rédemp: # out tion du pauvre et du malheureux, le salut de l’indigent, Æ aitv la protection des petits contre l'injustice des puissants et W n'’ex les rapacités de l'usure? (Ps. 71.)—Les hommes l'écoute: # qui raient-ils, s'il parlait sans cesse du bonheur du ciel, nati sans jamais se soucier ‘ de leur petit bonheur de laterre ? Æ C'ét: Oh !'ilya dans le cœur de tout prêtre un immense # Oh! amour des déshérités de ce monde : sa grande famille à # tout lui, c’est la grande famille des petits ! D dif Du reste, la lumière s’est faite sur ce chaos du monde moi: industriel. Dans la nuit qui se fait, au sein de la tempête M tre] qui gronde, une grande voix a parlé, et le monde a Un: tressailli à ses accents infaillibles. mt . À aprè Notre Grand Pape Léon XIII, oubliant ses angoisses une pour ne penser qu’à celles du peuple immense des tra- faim vailleurs, a lancé cette magnifique encyclique De /a Condilion des Ouvriers, donnant à nos contemporainsla solu- # surf tion la plus profonde, la plus lumineuse et la plus com- Com plète de la question sociale. Les enfants de l'Eglise ont M ame reçu cet auguste caseignement avec joie et soumission; # qu'a
ceux du dehors, les incrédules ou les indifférents se sont Æ soci:
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des peumfaisant, sectaires * n'est-il qui a mis rédem pindigent, issants et l’'écoutedu ciel, laterre ?
immense famille à
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ngoisses des tra- > Ja Con- Ja soluus comlise ont mission ; s se sont
inclinés devant cette grande parole, pleine de sagesse et de sincérité. Mes frères, nos humbles conférences seront l'écho fidèle de l’'Encyclique Pontificale. Si parfois nous allons plus loin dans la voie des principales applications des principes, ce sera, nous l’espérons, un simple dévelvppement de la parole du Pape ; du reste ces développement n'auront d'autre autorité que celle des raisons fourunies par l’orateur. C'est là un terrain où peut s'épanouir la libre discussion.
Mes frères, invoquons ensemble, pour nous guider sur la route, cette sagesse éternelle qui est le Christ Jésus, ‘“ le dénouement de toutes les difficultés ”, disait un saint Père. Solutio omnium difficultatum Christus !
IT
Mes frères, dans un certain milieu, milieu doctrinaire ou bourgeois, il a été longtemps de mode de nier qu’il y ait une question ouvrière et sociale. ‘’La question sociale n'existe pas,” déclamait avec confiance un fameux tribun, qui eut le don d’endoctriner pendant douze ans une des nations les plus spirituelles du monde. [ Gambetta .] C'étaient les enrichis, les jouisseurs qui parlaient ainsi. Oh ! ce déni ne nous surprend point ; quand on jouit de toutes les délices, de tous les raffinements, on comprend difficilement qu'il y ait des misérables ; on soupçonne moins encore que ces misérables puissent réclamer contre l’accaparement de toutes les douceurs de ce monde. Un spirituel écrivaiu nous parle d’un gouverneur, qui, après un copieux diner,signe un décret affamant toute une province : comment comprendre que d’autres aient faim, quand soi-même on est repu ?
Il faut le dire, mes frères, au premier abord on est surpris qu’il y ait de mes jours une question ouvrière. Comment croire que netre brillante civilisation ait pu amener dans les classes laborieuses un tel état de misère, qu'on voit surgir en plein XIXe siècle une question sociale, comme un sinistre fantôme ? Enfin, grâce au *
progrès des sciences et des arts, ne sommes-nous pas arrivés à un temps oùil commence à faire bon vivre sur la terre ? La condition du travailleur n'est-elle pas infi- -niment meilleure qu'il y. a cent ou deux cents ans ? Jadis c'était un serf, presque un esclave, attaché à la glèbe, aujourd’hui c’est un homme libre, jouissant de tous les droits politiques. Jadis, et il n'y a pas bien longtemps encore, la viande, le pain blanc, le café et le thé lui étaient inconnus ; cujourd'hui il est bien nourri ! La main d'œuvre, plus abondante et payée plus largement, lui permet de s’habiller.et de vivre d’une façon que nos ancêtres eussent regardée comine du luxe ! Et s’1l est l’artisan des merveilles de l'industrie moderne, n’en jouit-il pas lui aussi comme les autres ? Ces chemins de fer, ces bateaux à vapeur, cet éclairage au gaz, cette électricité quiécrit et parle aux absents, n'est-ce pas à lui comme à tout le monde ? Ne jouit-il pas de ces boulevards de nos grandes villes, de ces parcs et jardins publics, de ces rues droites, larges et bien assainies ? Non, il est impossible d'énumérer tout ce que la civilisation a fait pour le bienêtre des classes populaires. Quand on compare la condition du travailleur moderne avec celle de son frère il y a seulement cent ans, on est tenté de dire : —Oui, s’il murmure, s’il se plaint du progrès et de la société, il faut qu'il soit bien ingrat !
Voulez-vous savoir l’horrible misère des travailleurs en plein siècle Louis XIV, siècle si brillant et si vanté ? . Ecoutez un écrivain du temps :
--L'on voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles, répandus par la campagne, noirs, livides et tout brälés du soleil, attachés à la terre qu'ils fouillent et qu’ils remuent avec uneopiniâtreté invincible; ils
ont comine une voix articulée, et quand ils se lèvent sur }
leurs pieds, ils montrent uné face humaine : ef en effet ils sont des hommes ! Ils se retirent la nuit dans des tanières, où ils vivent de pain noir, d'eau et de ra‘ines ; ils épargnent aux autres. hommes la peine de semer, de labou-
rer et de récolter pour vivre ; à ce prix,ils méritent de # & lent ld
ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé.—[Labruyère.]
Je vousle demande, mes frères, y a-t-il rien de pareil de
nos jours ?
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Eh bien, ces apparences sont trompeuses. Oui, il y a une
À crise sociale, une question ouvrière, aiguë, menaçunte.
Et la tempête, qui gronde sourdement dans les masses populaires, loin de diminuer d’intensité, prend chaque jour des proportions plus alarmantes. Sans doute, dans ce jeune pays canadien, où la foi est encore si vivace et la grande industrie presque à son aurore, le péril social est moins sombre ; on pourrait même le croire loin de nous, si des indices sinistres n’avertissaient qu’il est à nos portes, et demain peut-être, si l'on n’y prend garde, sera au cœur de la cité. Ce que nous disons ici, mes frères, Dieu merci, a donc surtout le caractère de remède préventif ; nous n’en sommes pas encore réduits, comme ailleurs, aux remèdes cwralifs. Car partout dans la vieille Europe, dans la grande République voisine, la question est posée: c’est comme un gros nuage noir, suspendu au-dessus des têtes, prèt à crever et à tout engioutir dans un nouveau déluge.
Mais voyez donc partout ces agitations des masses ouvrières, voyez-les embrigadées dans l’Internationale, le socialisme et l'anarchie, marcher à l'assaut de l'édifice social ! Voyez les plus modérés eux mêmes, froidement résolus de conquérir une part plus large de soleil, de liberté et de bonheur! Voyez ces troubles publics, éclatant avec une soudaineté terrible, désordres d'hier, désordres plus grands pour demain !Et ces commotions ne sont pas locales, elles sont universelles, la presse nous en apporte l'écho de partout. Oui, en vérité, notre société, si brillante,
| si fière de ses progrès, danse sur un volcan. C’est chaque
année l'agitation internationale du PREMIER MAI, qui donne aux gouvernements et aux particuliers une fièvre mortelle. L'an passé, c'était Le Ingubre événement de Fourmies, petite ville de France, les balles des fusils modèle broyant les fils et les filles du peuple; c'étaient, il y a quelque jours à peine. les scènes de férocité sauvage qui épouvantaient la Pennsylvanie et le monde entier, Ce sont ces grèves, qui, chaque mois, dans les deux
.mondes, jettent dans les rnes ces mass’; sombres d’ou-
vriers, guerre du travail, qui, à défaut de sang, accumu-
lent les ruineset les désastres. Ce sont ces Congrès, na-
tionaux ou cosmopolites, qui révèlent que, dans le mon-
© | ee + ee |
de du travail, ily a une volonté implacable de briser Ar les chaînes de l'esclavage industriel, et d'améliorer une situation à leurs yeux intolérable. C’est une organisation d'autant plus formidable que, le but poursuivi étant net-R tr0d tement défini, elle enrôle dans une action disciplinéelyss frin ces énormes masses d'hommes forts, qui ayant déjà pour ublie eux la puissance du nombre, auront désormais l'appointÿ, al
invincible de l'intelligence. C’est enfin cette propagandef,, yses 1 active, infatigable du socialisme, qui envahit lentementf,}t va tous les ordres de la société, et creuse partout la mine quifont ra va tout détruire ! (1)
’Encyc
’ordre 1)
ilieu, Oui, mes frères, aveugle qui ne voit pas qu’il y a une! La question ouvrière, une crise sociale, un mal profond quifhement. ravage le monde contemporain ! Mais traître et égoïstelprincip celui qui, le voyant, s'endort dans l'oisiveté, et jouit delet des l’accalmie du présent en se disant tout bas : Après tout, qu’on a la machine quise détraque tiendra bientant que je vivrai 'Misme, après moi le déluge ! Æonsom rivotd pourvoi ta L Î Do III 2% h ! Sal AmeoTre .
Que nul l . : Ë brincip:
Il y à donc une question ouvrière, en cette fin de Kécular: siècle : mais quelles en sont les causes ? Ces causes, mesévent t frères, il faut les connaître, si l’on veut guérirle mal ou Mais en le prévenir. Ces causes, Léon XIIT les a sondées avec une apidité profondeur de vue incomparable, et il les a dénoncées à Msme po l'univers avec une noble hardiesse. Après tout, qu'est-ce Eh qu'un Pape a à craindre de dire la vérité ? n'est-il pas par Bu chan mission le champion de la vérité en ce monde ? Mine soc rs Mouler a (1) Nous ne parlons point d’un autre symptôme, également alarmant: c’est MEe don l'invasion dn panupérisme, invasion qui grandit dans la même proportion que le! ainterr luxe civilisateur. Le paupérisme, cette honte des grands pays industriels, n’est Ar pas cette pauvreté, honnête et courageuse, qui vit noblement de son travail, con. Kle Dieu naît parfois les âpretés de l’indigence, mais fronts les flétrissures du vice et de # ble du la mendicité. C’est tel qu’il éclate en Angleterre surtout ‘‘ un composé de vice M ” et de misère, un écœurant assemblage de pères sans entrailles, de mères sans pu- Mpour Y deur, d'enfants sans innocences, croupissant ensemble dans une sorte de pro- à
miscuité, eù semble leur manquer la conscience même deleur abaissement ‘’ M eurTeu (Chesnelong)— C’est cela, mais à l’état d'institution permanente, quasi sociale. Mine cr
de briser
Arrêtons-nous aux principales causes, révélées dans liorer une
’Encyclique. Elle sont de deux ordres : les unes sont de [
ganisation®,,/re physique et matériel, les autres de l’ordre moral. Sans étant net-R ntredit, ce sont celles-ci qui jouent le plus grand rôle. lisciplinée
es frères, c’est là une remarque capitale. Malheur à qui
‘oublie lil ne comprendra jamais, et il ne pourra guérir
e mal qui nous consume Tant qu'on n’extirpera pas ces
auses morales, on n'apportera que de vains palliatifs. Au-
k ant vaudrait endiguer les branches latérales d’un tor-
mine UIBent ravageur, et laisser courir librement la branche du @nilieu, celle du chenal, celle qui alimente les autres ?
il yaune La première c ause, © ‘est douc l’apostasie des Gouver-
rofond quifhements. Oui, s'écrie douloureusement le Pape :—Tout
t égoistelprincipe et tout sentiment religieux ont disparu des lois
t jouit delt des institutions politiques.—Mes frères, c’est là ce
près tout, qu'on appelle l’athéisme légal, inauguré par le Protestan-
je vivrai !isme, propagé par la Franc- -naçonnerie et le rationalisme,
onsommé par la Révolution du sièele passé. Cest là le
ivot des sociétés modernes. S'il y à encore des chrétiens au
; pouvoir, il estévident qu'il n’y a plus de pouvoir chrétien.
Ah ! sans doute, l’apostasie n'est point partout an même
Megré : la vie chrétienne à tellement envahi notre société,
Œue nulle part elle n’a pu s'affranchir complètement des
| Principes de la civilisation évangélique. Oui, certes, cette
te fin de Kécularisation absolue, cette luicisation, comme disent et auses, mes févent tant de politiciens, sera longtemps une chimère.
Le mal ou Mais enfin, ne voyons-nous pas qu'on descend avec une
avec une fapidité vertigineuse les pentes qui aboutissent à l’athé-
noncées à Msme politique, à une société sans Dieu ?
, qu'est-ce | Eh bien ! mes frères, c’est là la cause la plus profonde
il pas par Mu chancre rongur qui ravageles nations civilisées. Quand
Mine société oublie les droits de Dieu, elle est bien près de
Mouler aux pieds les droits de l'homme. Après tout, qu'est-
Me donc que l’homme ? l'Evangile a une réponse claire,
aintoment emphatique :-- L’ homme est un être qui vient
Me Dieu droitement et qui retourne vers Dieu, image visi-
AVR #@le du Dieu invisible, placé momeutinément en ce "monde
ères sans pu- Mpour y faire le bien, et destiné à s'épanouir dans la bien-
sorte de Pro: heureuse éternité de Dieu ! — L'homme ainsi conçu est
baissement ’' Æ js À A : ; quasi sociale. Mine créature infiniment respectable, digne d'amour et
déjà pour l'appoint ropagande lentement
Jarmant: c’est ortion que le ustricls, n’est n travail, con. À
pa — ES
vants d h'il fau vers q alité e ais Le
quen ct fiomm ence. U hplacab jvance es frèr influe:
Jasses
arce qi 'ont p:
apanagée de droits inviolables : et cela, quel qu'il soit, six plement parce qu’il est homme.
Mais, je Le demande, qu'est-ce donc que l'homme po un gouvernement athée, quiméconnaît Dicu et ses droit L'homme est alors un je ne sais quoi, venu onne sa d'où, qui va on ne sait où, qui n’a de droits que ceux qi l'Etat lui octroie, un être qu'on respecte et qu'on flatte s a la puissance de la fortune et du savoir, mais qu’on fou aux pieds s'il est petit, s'il est pauvre | Ah ! mes frère l'Évangile a été la charte d'émancipation de la clas ouvrière. La première parole de pitié et d'amour, parol qui fit relever le front de ces misérables de la fami huinaine, fut prononcée en ce monde par un Dieu incarn fils adoptif d’ouvrieretouvrier lui-même! I] disait :—Bicnf
| heureux les pauvres ! bienheureux ceux qui souffrent] Chat
| Venez à moi vous tous, vous les travailleurs, vous les a@$ cu cablés, et je vous soulagerai !—Eh bien ! on a voulu dE : à
| trôncr, vilipender l'Evangile, Quoi d'étonnant qu'on ef te. tende partout cette clameur inpitoyable : —Malheur aul Le AT
pauvres! malheur aux hommes du travail !—Tenez, m@ on
frères, il n'y eut jamais de civilisation aussi brillante qi AE .
celles des Romains et des Grecs anciens ; et pourtant où
s'accommodait fort bien alors de l'esclavage, cette aboml lions
+ nable suppression de l’homme ! Les trois quarts du gen Fe A
| humain étaisnt courbés sous un cruelet ignoble asservi®f LT sement. Pourquoi ? ah! c’est que Dieu, le vrai Lieu, créd pe | teur et Père de l'homme, n'était point dans ces société or | antiques. Est-il donc surprenant que l’apostasie de n FAX p sociéiés baptisées ait restauré en nos temps une sorte d’el AT a clavage des sociétés laborieuses, l'esclavage industriel Es AR
r | Mais le travailleur de nos jours, grâce à l'Evangile, e Lee 1 À pér.êtré du sentiment de la dignité et de l’inviolabili ai un | humaine, chose quene connut point l’esciave paien ;: fes i1 résiste donc énergiquement contre ceux qui veulent fai [Dru
d litière de sa personne et de ses droits. Et voilà le formidi Eh
ble conilit qui se déclare dans le monde ! ces re
Mes frères, la seconde cause du mal, c’est l’envahissi.. ,
ment du matérialisme dans les idées et les mœurs. AT
triomphe insolemment dans les Universités d'Etat, Éovaie
inspire la politique, il infeste la littérature et les arts. L@
vantsont proclaméque Dieu et Îme sont de vieux mots h'il faut rayer du dictionnaire ; qu'il n’y a rien dans lue vers que l’éternelle et infini matière, source de toute homme po alité et pensée, que l’homine n’est plus l'enfant de Divcu, t ses droits 1. petit d’un singe perfectionué ! Voyez-vous la con- Wonne Si nence de ces idées dégradantes ? C’est qu'ici bas, pour 16 CUX QUE mme comme pour les autres êtres, il y a /ulte pour l'exon flatte s! ence. un coinbat pour la vie, lutte sans trève, combat an pplacable, qui aboutit fatalement au t iomphe, à la sur- : rance des forts, et à l’extermination des fmibles, Voilà, de la clas} es frères, les théories du jour. Vous devinez aisément NOUT, PATOR Lflnence néfaste qu'elles auront sur les destinées des “ la famil lasses laborieuses ! Car ee sont bien là les faibles, faibles JEU MOT Lee qu'ils n'ont point la richosse, faibles parce qu'ils oeil 'ont pas la scivnce !
ma Oui, mes frères, le danger de notre temps, c’est le Lies t Ë janque de convictions religieuses : la foi au inonde spiri- Fe VON Bel et à la vie à venir sout partout en baisse, Hélas pour : 1Le DCR blus grand nombre de nos contemporains, € 1e l'horizon T UT AUS, a vie humaine est done étroit ! Il s'arrête aux limites dire Mu temps et ne dépasse pas la sphèr: du bonheur matéie su LÉ]. L'éternel au-dela est un idéal dont on n’a cure, qu'on LH Le upçonne à peine, auquel même où n° pense plus. Un ts du gen} enseur de nos jours résumait en ces lignes ce que penble aeeëtril ent de la vie les hommes de ce temps : des —Pour les privilégiés, pour les fils d’enrichis, la vie bien fe] est l’occasion de faire la féte. Pour les misérables, ies sv Morcats du travail, c'est un douloureux et monotone trimes 5 7 ag e, pour arriver à manger à pou près régulièrement et 5 di get | nir à l'hôpital. Pour les représntants des classes moyenao à pes, coux qui donnent l'idé: la plus juste d'une époque, : AG biE jour les bien doués, les bi:n portauts, les bien armés, te < A0 est une bagarre où l'on est tombé où ne sait comment, et Mer l'où il faut se débrouiller ét se fur: jour à coups de poing. rer [Drumont.] " | Eh bien ! mes frères, quand l°« âmes sont emprison- Mées dans ce maudit bourbier du inatérialisme, ce qui arive, c'est que cet immans: b»oin de bonheur infini, qui fait le fond de notre cœur, s'oriente avec une sauvage bnergie vers un seul but : les jouissances de la vie, le plai-
v'il soit, sir
l’envahiss s MmŒurs.
s d'Etat, les arts. L®
sir. Jouir beaucoup, jouir vite, se ruer dans toutes les vo- | luptés, nocer dans l'orgie de cette nuit qu’on appelle le temps, voilà le cri, la passion suprême de ces âmes affolées,. | Eh ! mon Dieu, qu'est-ce donc quand presque toutes les | classes de la société en sont là ?
Mais pour jouir, il fant de l'or, car l'or est le véhicule né-| cessaire, le pourvoyeur assur:des jouissances. Et voilà que M la soif de l’or brûle toutes les veines : s'enrichir par tous | les moyens, justes, tant mieux ! malhonnêtes, tant pis !} devient l'unique but de l’activité humaine. Bienheureux les riches !'crie-t-ton en haut. Bienheursux les riches l'erie-} t-on en bas. Avec cette différence, qu’en haut on veut àf tout prix garder ce béni privilège et l’enfler démesuré-\ ment ; tandis qu’en bas gronde l'envie contre ceux quif ont et flambuie la convoitise de les dépouiller, Alors, unk terrible conflit se prépare, deux armées sout en présence, : prétes à engager la lutte décisive : d’un côté, les St) de millions, l'aristocratie de l'or ; de l’autre, les travail-l lours cxaspérés, la misère en haillons. Car Les en al
matérielles, et l'or qui les donne, sont un fond essentiel-l lement limité, qu'on épuise vite. Tous ne peuvent en. jouir au méme degié. Îls ne sont pas comme jies biensi spirituels, les trésors de l'âme qui sont inépuisables etf nfinis. Quand done la conviction s’est faite dans lesh esprits, Gi ilu'y a rien de bon que Île plaisir, rien d’atileh que l'or, il est inévitable qu’ . arrive à un état social de désordres et luttes fratricides. C’est la chimère qu'un phi-k losophe anglais rêvait pour “ *s hommes des premiers temps Gnerre de tous € ontre tous ! l'homme pour hom-$ À me est un loup !-{'ohbbe e.] Dans le méme ordre d idées, et par une conséquene el fataiv, jaillit un autre principe du mal. C’est ce que le! Pape appelle hardiment : l'usure dévoraux Oh! mes frè-Î res, ce est plus lusure des vieux temps, un sordidef avare, un juif hideux caché dans un obscur tandis, pré-B tant sur soc de charrue à un énorme pourcentage au mal-# heureux débiteur accablé par le besoin ! --c'est, dit le l’on-£ tife, cette même usure, condamnée si souvent par l’Église, l mais pratiquée sous une autre forme, par des hommes avides de gain, d’unc insatiable cupidité,— 4
ee
l’usur immel tures I liers € escroq flétries toujou dans 1 dans | la fin:
d'ries, Li tes, la tissen fortun d'hom
A jusqu
5 de l'in rissen pays, le pét:
acCapi altern néfice la dis:
(1) porte ut classe Oo imposer societé 1
M intéress:
Juif exe qui prot tent tai ment ce savent q ils crient sités rel n'est pa et aujot La ques monde
tes les vo-kÀ ppelle le!
s affolées,
outes les!
hicule né-# voilà que # par tous | tant pis !!
nheureux hs l'erieon veut à à démesuré-!
ceux qui Alors, uni présence, à s inanieurs À 5 travail-h ouissances M essentiel-f euvent enê lies biensi isables et . dans lesh ien d’atilel + social del qu'un phi-# s premiers} our l’hom:-f
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