I. Ea coodamoatfoo f èae nécessairement snr le pécheur
Les hommes auxquels je viens m adresser en ce moment, c'est-à-dire ceux qui repoussent le salut par la croix de Christ, n'entendent pas sans doute renoncer par là, quoique pécheurs, à Théritage du Ciel; mais ils placent nalurellement autre part que nous le fonciemenf de leurs espérances pour Tavenir. Au lieu de ce moyen de grâce, qui leur semble si étrange et si peu acceptable , ils en choisissent quelque autre plus con-
SB SKQMUft CMrtftEME.
fcrai]6) dÎBQiit-ilS) à IcRsir raison d À œ ^Bfîfe ifypeHefft la msUtmt des diose^ *^Or, pour l6B combattre •efBcaœneiit , je dis wal, pcnir les ^airer, s'il n'«st pessiUe, ii 'serait éTidemment peu utile qm f aocanralasse ici des passages et TËcritare; le mettent n'est pas Tenu. Oe «&mit, pour ainsi dîre^ frapper dans le Tîde, paroe «in'aii fond, ponr les hœnmes dont il s'agit, la iqnestion n'est pas là; c'est avant tent par le iw- «mnement, et non par la Bible, qu'ikétablisseiit <gt maintiennent l^ir système. Je vais donc essayer de me transporter sw leur propre terrain, dV border de front ce qu'ils mettent à la place de la Rédemption; car, si je parvenais à les convaincre «dki peu de foodement de leur opinioii, et par conséquent des espérances qu'ils y rattachent, ce serait un pas immense vers la vérité : le chenin serait envert à la foi dans lear cœnr.
Eh bien, quel moyen de sahrt pour le pécheur peuvi»t4ls trouver en dehors de celui qu*aa- «lonce l'Evangile? il n'y «n ^ que deux, mes frères; tout se réèait à deux systèmes. L'm, t^^est qu'il n'y a point de ch&tîmeals dans l'autre *fie^ «t <que Dieu n'exigera pas de sa oréatare «aerépaMtien poor la Loi vnlée. L'antre, c'est <^ ni lat^ratîonatiDtéoeBsain, il «pparôent
i i'iMMme^ki €Mre io î aè nie icMits^ saiisqa'îl aitbe80Ni]Hur cda d'une expiation sur la Croix. «^Examinons d'abord la première de ces hypo- Alênes, savoir : que noos n'aroas point de condbmBatioii k craindre, et «pi'après la mort nom nommes «nos henreoxdansleCiel.C'estià, coHune vous Yoyex, nu salut gratsit s'il^en Art.
Mais, dîreE*¥oos pent-étre, cette opinion oiBle-t-eile rédkment? Ouï, certes. €'est positi- Tement Topinion d'une secte qu'on appelle les «tMrteftifef ; c'est aussi celle des incrédules en ^éaénlj des mondains, en un mot de tous ceux ^, nyamt dans Tesprît des choses beaucoup pkis ÎBiportantes povr evx, se contentent d'un trèsiëger ayerçn en ReKgion. Us ¥ûus disent avec ia l^ns grande assurance : Gommraft vonlez-i^tts que je croie qu'un Dieu bon va infliger, dans nae aobpe TÎe , des cbàtiments ^pon^rantables et dont h pensëe seule bât firémir, à dé pauvres créatures qni se passent que qudqiies misérables jom*s snr «eue larre? Et pourquoi? JParce qu'dies M* oor Uié Dien, pwce qn^dHes se sont Hwées i leurs ■nmiais penchants , parce qu'elles ont commis 4es finies, des méfeâls si vous voulez? E0es «M ;<orl, sansdonte! Mais, en vMlé,<3ensi- ; lenr évUesse^ le» \
kO SECONDE CONFÉEEMCE.
pétries , et avec cela, les tentations, les piëges, les séductions de toute espèce qui les entourent. Y a-»t-il vraiment de quoi ^^^ punir? Et d'ailleurs, ne sont-elles pas assez punies déjà par ces douleurs, ces déboires, ces pertes, ces maladies, ces remords mêmes qui les tourmentent parfois^ et tout le déplorable cortège de la courte existence d*ici-bas? Non, non; Dieu est un Être souverai* nement bon, vous le reconnaissez vous-mêmes; et s il agissait ainsi que vous le dites, il serait d'une dureté inouïe, ou plutôt il serait injuste, et ce n est pas ce que nous avons à craindre. — Cette doctrine, mes frères, dont je n affaiblis pas l'expression, vous lavez sans doute tout au moins entendue ou lue ; car, directement ou indirectement, on 1 expose, on la publie, on l'écrit, on la chante; elle se produit sous toutes les formes. On la dirait même parfaitement reconnue au milieu de nous. Voyez ce qui se passe à la mort. Entendez-vous fréquemment, dans ces occasions, exprimer, même par les plus intéressés, quelques angoisses ou seulement quelque inquiétude sur le sort d*un défunt? Eh! quels qu aient été ses sentiments ou sa vie, on en parle toujours comme s'il était dans le Ciel. En sorte que, à en juger du moins par les apparences, tout le monde semble
LA CONDAMNATION. 41
coDTainca ou qu'il ne meurt point de pêcheurs, ou qu il n y a, en effet» de condamnation à redouter pour personne. Une opinion qui parait si fortement appuyée mérite, certes^ Texamen. — Mon Dieu, qu'il y aurait à dire!... Mais il faut que î'abrége. Adressons seulement quelques rapides questions aux partisans déclarés ou secrets de cette doctrine.
Dieu est trop bon pour punir, voilà tout le fond et toute la force de votre argumentation. Mais de quel Dieu parlez-vous donc? Ce n*est pas sans doute du Dieu de la Bible? — Non, certes; nous prenons de la Bible ce qui peut appuyer nos idées, et nous laissons le reste. Nous parlons du Dieu de la nature , du Dieu qui se révèle à notre intelligence et à notre sentiment intime. — Bien. Et où est-ce que ce Dieu de la nature vous a révélé son intention de ne pas pimir les pécheurs dans le Ciel? Vous dites vous-mêmes qu'il les punit souvent sur la terre. — Oui , mais ce ne sont que des conséquences naturelles et inévitables qu'il a attachées aux vices, au mal ici-bas. — Alors, de ce qu'il a attac hé des conséquences naturelles et inévilables au mal ici-bas, comment concluez-vous qu'il veut arrêter ces conséquences précisément à la mort et ne pas les admettre au
SB »QcnrBE cmrFtesNCE.
Ma ? Ne YoyeK*4M)ie5 pas 'que Tatsalogie condvît à me oondBskm tooie contraire, c est^-dire, à la proboibiilé des peines à venir? Car cette opiniim w déduit des Csiits mènes que tous ^goalez axas loL nnrche proyidentielie, tandis que la ràtre^ iiea loin àe s'y apfiayer, leur est apposée, fit certes, cpiand on considère la osasse de dodbvs et de maux qui poursuivent et atteignent tons fes êtres animés snr la terre, tt jusqua l'eniant «n bas âge , cette voix du Dien de la nature, <|iie vous rédamez, «semblerait annoncer au moins autant, de sa part, une impassible sévérité qa«ie fiiefiable douceur. 11 faut convenir que votre système n'a jusqu'ici qu'un f<mdement bien léger.
Mais vous pariez du Dieu de votre inleiEgence. Cette inteUigenoe tous a sans donle té^ TiéLé^ cmnne à tout le «ronde , que poor «qu'mi fiien existe, il ne ùmt pas seulement n^n'il soit bon^ mais aussi qu'il soit saint, Tni, jflste?Iie wàbe Test-il? — Voici un Dieu qui, srion vons, ÊÊt punk pas les pécbés dans le €ieL Par consé- <paeatj il reçoit et H traite de la même manière tovt oe qai se présente, le dé^nt et l'impie, le diaste et l'infime, l'bonnète et le criminel ; oefadâ est mort «en priant, odm-là en UaspbéoaMt, c'est la même dbose àses yenx. Qxmk donci n^
fêkrexrVOÊB cet être im Dim saint ? Bien Ami ^'ë y Mt esLtte hà et le pécbé œtte inviiicibie oppasîiion qÊi cwtotérise la SMtttete sappême, il ^sûmgtLe à peî&e entre le bien et le soi, ou da »wnr^ il ne vint dans ce dernier qu w aoetdeM qn'tl ne fteod pas an sérieu. Qaelle dîffiéreoce de ce Die& «vee œfaii ^'oat reoeanm les Zoiwfitre, les PythagoK, les Habm, tous les pk» ^ands sages de l'ifide, de l'Egypte, de la Grèce et de Rome! Qtr ye ne parle pas ici de la Bible, WKms en sommes trop loin. Pour renoontrer une dmnité snnblable à la Yàire , il faudrait des^ cendre aux denners degrés des plus grossières siylb^gies;^* encore, je dooie «p-ouly trouve. Mais ce a'»t pas tout (car les abeiraiions B*e0laBseitt d^uis ce systène). Voici un Dieu <]ui prescrit des commandements , et peu lai imperte tpiVm les observe. Yoici un Dien <pÀ a mis dams ses «créatlwes un idéal de 'sainteté , <iui ne se réalisepas en lui-même. Bien plus» il grave dsms la conscience tiunume, en traits ineftaçabies, une loi morriei ^ attacbe à celte loi un inexorable Yengair ée sa vi^rfaiion, ce remerds dont ^ous parlîeK, que tlionnne, en «effet, ne parvient janmsiétoaffercon^élenent, <« 'qui souvent, nu metneitt«à il s'y utiend le moins, m vecbesse
M SBCOKDB CONFÉaElIGB.
tout à coup dans le sein du coupable comme un serpent qui siffle et le mord. Et tout cela ne serait qu'une feinte de la part de yotre Dieu? Et le malfaiteur, qui parviendrait à &ire taire en lui cette vaine menace, ne serait pas plus criminel, mais plus sage? Et ainsi le Dieu de votre système trompe les bons et offre une prime aux scélérats endurcis?... Quel affreux mensonge! — Comment votre intelligence s'accommode»telle d un tel Dieu , qui n'est ni $ainl ni vrai?
Mais sera-t-il juste au moins? Juste? Eh! vous proclamez vous-mêmes qu'il réserve le même son à l'oppresseur qu'à l'opprimé. Quoi !... Mais prenons un exemple; il fixe et burine mieux la pensée. Il y en a des milliers dans l'histoire et dans la vie ; peu importe quel il soit ; en voici un qui me revient à la mémoire. On raconte qu'un chef de brigands, excité par le triple aiguillon de la cupidité, de la vengeance et d'une passion sans espoir, pénètre de nuit dans une riche demeure^ y sème le ravage et le deuil, et ravit à sa famille et à son fiancé une jeune fille touchante de grâces et de vertus. 11 l'entraîne dans ses rocliers. Mais l'horreur et le mépris qu'il inspire sont si profondément sentis et si amèrentent exprimés, qu'une rage frénétique s'empare du brigand , et à ces^
LA GORDAMNATIOR. hH
cm : Ma mère ! mon Dien ! il répond : Eh bien , Ta vers ton Dieu , les autres ne t'auront plus ; tu mourras... et il la livre à sa troupe. Des parents, des amis, vengeurs trop tardifs, ne peuvent sauver l'inforiunée, qui expire à leurs yeux ; mais le monstre est mort frappé d'une balle. — Et ces deux êtres trouveront le même accueil devant
votre Dieu? Alors, j aimerais mieux vivre
sous la plus misérable idole de la plus misérable tribu de sauvages : elle satisferait mieux ma conscience, elle mériterait mieux le titre de Dieu! Le vôtre, qui n'est ni saint, ni vrai, ni juste, ne Tappelez pas un Dieu d'amour et de bonté, ne profanez pas ces saints noms; rendezlui le seul qui lui appartienne , c'est le dieu du pécM. Ou plutôt, il n'existe pas; ce n'est qu'un fantôme, enfant d'une imagination pervertie ou d'une coupable légèreté. — Mais il vous fait horreur à vous-même ; sitôt que vous le regardez en face, vous n'en voulez plus, et vous vous écriez : Les grands crimes seront punis! — Ainsi donc, vous abandonnez votre système?... Je le savais bien !
Mais prenez garde de le reproduire sous une autre forme. Les grands crimes seront punis, dites-vous? Cela signifie-tnl que les petits crimes
ne le seront pas? Alors, tes laèioes oonséqsenoes se dëroulrau Dèsqve ^Nms supposez nen-aail^ nent on crime quel cpi'il soifi, nais un vice» un pëchë^ hi TÎohitian du moindre coHnandemenC, sans que te Lëgislatevr Dirh» s'en préoccupe, sans qu'une oondamnation y soie attachée, iroos anéantissez également (par une Toie moins re* poussante au premier coup d'œil, mais aussi sâre) les altribsts de sainteté, de Térilé, de justice en Dieu; on pintôt, ymis TanéMilisaeB hii-méme. — Mais , sans rentrer ici dans une dé» monstratîon fort inutile, je tiens à tous dire encore que TDtre système , tout affaibli qn^il smt» n*en détruit pas moins la loi morale dans 11mmanité. Un mot là-dessus.
Vous Toulez distinguer entre deux dasses de méfaits , ceux qui seront punis et ceux qui ne le seront pas. Mais qui est^e qui tracera la limite? Qui est-ce qui se chargera de feire parler la Justice divine? C'est l'homme , c'^est vous^ c'est chacun. En ToycK-Yous la conséqueicet— Yous, mon frère, vous la frfaceres, cette limite , d'une manière assez convenable, je Taccorde. N'ayant pas des habitudes dépravées, tenant à votre repos et à l'estime publique, entouré de jouèssanoes et d'affedious de fiimSIe, 3 vous sera très-flMile
de rester ime personiie ko«>raUe, surtout par rextéiiear* Pois ik)us tous direz : M'étre pas trèopieiUL» négliger un peit ses devoirs, aimer trop W i^Ksir on l'argent , et avoir quelque pécfaé snr la€oittcienee> ce n'est pas bien ; mais ce n'est pan là ce qui peut attirer les châtiments célestes dans l'âernîté. Dieo eonnait ma faiblesse» et il est si bon! Je pois être tranquille, ce n'est pas moi qui serai puni; ce sont les autres. — Entendeirles, les aulres ; ils font absolument le même raisonne^ ment, aussi bon ou aussi mauvais comme tous TOiidren, mais identique^ et avec la îmème confiance elle même droit. Tout ce cpi'on ne Cait pasi, c est ce qui sera puni ; tout ce qu'cm bii sera pardomié. L'ivrogne , le voluptueux , n'imaginent pas, certes, qu'ils seront damnés parce qu'ils usent, disent-^s» des dons de la nature. L'avare économise; Tusurier fait le commerce; le volew même se dit qu'il ne prend aux autres que leur superflu pour pourvoir à se& besoins, ou Inen, suivant le& drconstances , il appellera ses ycia des spéculations* On ne s'arrêtera pas même devant ks plu& grands crimes. L'adultère? Combien de gens qui en rient dans le monde ! Le meiurtre? Si c'est pour veng^ son homifiur, si c'est pour empêcher une injustice ou pour produire un
48 SECONDE GOirFÉEBirCB«
grand bien dans le pays? il en est qui s*en vanteront!. .. et beaucoup d'autres peut-être qui ne les condamneront que des lèvres. - Oui» laissez seulement à rhomme à déterminer ce qui est puni dans le Ciel , et la Loi morale disparaît pour lui tout entiore.
Alors, la société que devient-elle? Il lui reste la force pour garantie. Âh ! qu'elle la garde bien de son côté , ou c'en est fait. Sans la force , comment arrêterez-vous , dans votre système , les masses impatientes de jouir ou qui soufTrent? Direz-vous à ces hommes : Attendez, attendez, vous serez heureux dans le Ciel? Attendre! répondront-ils, quand nous usons nos forces, notre santé, notre vie, dans un travail incessant et ingrat? quand, au moindre arrêt, nous voyons pénétrer dans nos familles la misère, le désespoir ou le déshonneur? Attendre l'héritage du Ciel, tandis que vous possédez tout celui de la terre , et qu'en face de nos privations, vous regorgez d'abondance , de loisirs et de luxe! Est-ce juste? Partageons d'abord ici-bas , puisque nous partagerons là-haut. — Que répondre, sans la Loi morale, à un pareil raisonnement? Et vous savez que ce raisonnement n'est pas imaginaire, et que des gens commencent à tirer
LA GOliDAMRATIOll. h9
jusqu'au bout les conséquences de vos prin»
cîpes.
Dieu veuille, pour le repos et le bonheur de rhumaniié, que votre système n'y domine jamais! Car, tout modifié qu'il soit» il attaque et renverse l'idée d'un Dieu, celle d'une L<»i mo~ raie, et par conséquent, la base même de toute société.
Quoi ! direz- vous, ainsi donc tout le choii qui nous reste, c'est entre Tabime de lalliéisme ou celui d'une épouvantable condamnation? Point d'autre issue pour des pécheurs? Pourquoi donc ont-ils reçu le jour? Où est la miséricorde, où est la bonté de Dieu? — Ce cri d'angoisse, il est légitime ; il est et il a été celui de toute créature qui sent son péché, et nous le jetterions , comme elle et comme vous , sans la Révélation. Le pousser, ce cri, c'est de l'homme ; mais y répondre, c'est de Dieu. Quand l'homme apporte son salut gratuit pour remède au désastre de la race hu* maine, il anéantit toute sainteté, c est-à-dire toute vie, dans le Ciel et sur la terre. Laissez venir le salut gratuit de Dieu; loin de détruire la Loi, il la maintient et la fortifie. À la différence de l'œuvre, vous reconnaîtrez celle de l'ouvrier.
Mais, en attendant, sachez-le bien : comme la
M SRQM9K covnimEME.
nature, comme la nhon, comme la eonficieaoe, et plus haut qu'elles toutes, rËvangile proclame la souveraine saîoiteté de la Loi morale, ei l'inexorable nécessité d une réparation quand elle est .violée ; fût-ce en un seul point I dit ^apiAtpe^
II. Le péchcar ne peut, par lal-mème, se traire à la condamnation.
Mais laissons ce système de prétendue quiétude sur la condamnation du péché. 11 est souvent plus aOeclé que réel, et au fond» bien moins répandu peut-être qu'il ne le semble; Dieu y a mis ordre par la oonscience. Malgré des airs d'indifférence ou les bravades d'un moment, il est bien peu de gens qui , r^itrés en eux-mêmes, ne sentent et ne reconnaissent très-bien que l'homme ne peut être heureux dans le Ciel s'il ne présente au moins une réparation pour ses péchés. Mais ils pensent en même temps que, cette réparation, il peut la faire seul et par lui* même: c'est le second système que nous avons à examiner.
Eh bîen, mes frères, en qpioî consiste, suivant
, cette réparation qui doit aasurer b grâce des pécheurs? Fonmilons-lm de svite dans toute SI Corée : die consiste» dit-on, à $e repentir et à te wniger. — Ah! certes, voici toute autre chose! NiMB respirons maintenant dans une atmosphère ffas élevée et plus pure- On reconnaît à cette pensée la créature de Dieu, celie qpaî porte en ele rimage de la sainteté. La repentance et la sanctification? mais la Bible ea est pleine 1 Ces mots même lui appart΀»ment; car, si elle ne les a pas introduite la première, ce que j'ignore, c'est elle seule, du moins, qui les a popularisés dans le monde. A Dieu ne plaise que je songe à combattre ici de pareils devoirs ! Eh! ma charge esi de vous les prêcher.
£n quoi donc difiërons-nous , quant aux moyens d'obtenir le pardon des péchés? Le voici, mes frères : c'est que, pour ce pardon ^ je crois an système de la Bible, et, par conséquent, je ne puis croire au v^tre. La Bible parle bien, il est vrai, de repentir et de sanctiûcation pour le salut des pécheurs « mais elle parle aussi d'autre chose; ille parle de la foi au sacrifice de Jésus-Christ ans laquelle ils ne peuvent pas être sauvés, sui- VMt ^le. Or, cette condition essentielle, c'est fffédsénent c^e que vous r^tes : voilà la diffé-
renée ; elle est grande. — Nous aurons sans doute à examiner plus tard si telle est, en effet, la doctrine révélée. Mais, pour le moment, nous sommes sur un tout autre terrain que celui de la Révélation. Et, par exemple, il ne vous faudrait pas songer à venir appuyer votre système par des passages de l'Ëcriture; ce serait abuser des Livres saints. Permettez-moi , pour tous le faire bien comprendre (car cela est important), de me servir d'une comparaison un peu vulgaire. Je suppose que vous vouliez soutenir (ce qui n'est pas) que l'homme peut vivre d'air. Préten* driez-vous arguer, en faveur de votre thèse , de l'autorité de quelque traité célèbre de physiologie, parce que vous en auriez extrait de nom* breux passages qui établiraient que l'air est nécessaire à l'homme pour vivre? Je ne le pense pas ; car l'auteur aurait assurément le droit de vous dire : Ou citez mon opinion toute entière ou ne la citez pas du tout; j'ai bien affirmé que lair était néeesfaire à la vie, mais je n'ai pas affirmé qu'il fût mffisanl. C'est la même chose ici pour la Bible. Il est donc bien entendu » met frères, que la Bible n'a rien à £aure avec votre système, si ce n'est peut-être pour le combattre, puisque vous prétendez qu'elle se trompe. SoB
LA COUDAMICATIOir. 53
système à elle , c'est une Rédemption divine et révélée; le vôtre, ce sera, si vous voulez, une Rédemption naturelle et humaine. Nous allons Texaminer.
Et d'abord, je vous demanderai qui vous Ta fait connaître^ ce système, et d'où vous le tirez. —De vos idées, de vos réflexions; c'est-à-dire, en définitive , qu'il ne repose que sur votre propre autorité. Eh bien, il faut convenir que c est déjà là un vice radical. En pareille malière, Tâme a besoin de paix, de confiance; et les raisonnements humains sont si variables , si sujets à l'erreur, que n'avoir pas d'autre fondement de ses espérances pour l'avenir, c'est peu rassurant. D'autant plus que le pardon des péchés, le bonheur du Ciel, ce sont des choses qui ne dépendent nullement de vous et de votre volonté, mais uniquement de celle de Dieu; or c'est précisément cette volonté qui n'est pas C(»nnue, mais supposée! Voilà un contrat qui renferme une riche donation de Dieu à l'homme, le salut, et c'est 1 homme seul qui le dresse! Quelle valeur peut-il avoir?
Mais vous me direz peut être que, malgré cela, ce contrat vous parait bien authentique, qu'il est entouré de preuves qui vous le rendent au moins
Sk SECONDE COHFÉRENGE.
aussi certain que s'il était écrit dans la Bible, et qu'en conséquence, vous pouvez à bon droit kn confier pleinement votre avenir. ~ Je le désire pour vous, si vous y persistez. Et certes, dans une question de ce genre , quand il s'agit du salut de votre âme, dune vie étemelle qui s'ouvrira pour vous demain peut-être, et €[uand vous préférez faire tout reposer sur vous-mêmes plutôt que sur la Révélation, vous ne pouvez pas vous contenter de peu en fait de preuves ; il vous &nt nécessairement quelque chose de fort, de digne de satisfaire un être raisonnable. Vous voulez eonciliar la Miséricorde et la Justice Divines (problème redoutable qui a lassé les plus hantes intelligences) , mais je pense qu'il ne vous suffira pas , pour cela, d'une phrase vague sur la bonté de Dieu; vous savez ce qu'on peut foire d'un pareil argument. Et d'ailleurs , si^ pour trancher les difficultés , vous dites que la bonté de Dien faiit disparaître sa justice , on vous répondra que c'est, au contraire, la justice de Dieu qui fait disparaître sa bonté ; et ces deux assertions seront de même force et de même valeur. Une conciliations qai consiste à sup{HÎmer l'un des termes est assurément facile, mais elle n'est guère sattisfaisante, et oatant vaudrait alors renoncer à rat-
£A eONDAMNATIOir. M
sc»ner. Or le rafscnnement est ici notre seule Yoîe pour arriver à la vérité ! — Mais non, ainsi qoe TOUS le dites ^ vous avez sans doute des preuves plus directes , plus puissantes , plus ra* tionnelles, pour démontrer que la volonté de Dieu (car enfin tout revient là) est, et doit être, d'accorder le pardon et le sahit au pécheur qui se repent et se sanctifie. £h bien , comme il n'y a pour rhomme, en dehors de la Révélation, que trois moyens de connaître les vérités religieuses, safvoir : la Nature, la Raison, la Conscience, nous n arrons qmk les rn1err(^er suocei^ sîvement tontes trois pour connaltreet apprécier vos preuve».
Et d abord, commençons par la Nature, c^esl^ àrdire, la marche de k Providence dans ce monde. Parle- t-elle en Êtveur de voire syslème? — Nous avons va que Dieu punit quelquefois les pécheurs sur la terre ; examinons donc ce qui se passe quand ces pécheurs se repentent et se cov^ figent. Yoit*on cesser, dès lors, les masx quV vaient causés leurs vices? la misère,, par exe^Bth pie? la honte ?^0q (pour nous borner même à ce qui ne peut être qu'un effet immédiat de i'aetios divine) vokronk maladie, les infirmilés, dkf m laitre âm eorps du vohiptuenx qui crie dans son
56 SECONDE CONPÉREMCB.
repentir et s'abstient de pécher? Non, Que conclure de là? Evidemment une seule chose : c'est que, en tant du moins que nous pouvons connattre la volonté de Dieu par les voies de sa providence ici-baSt il ne parait pas qu'il ait attaché à la repentance et à la sanctilication la délivrance de la peine du péché. Nous sommes donc bien loin de trouver ici un appui pour votre système ; ce serait plutôt le contraire.
Est-ce la raison qui vous le fournira, cet appui 7 — Votre principal motif pour rejeter la Rédemption, c'est qu'elle ne vous parait pas i*aisonnable, c est-à-dire , que vous ne savez voir aucun rapport logique, rationnel , entre la mort du Christ sur la croix et le pardon d*un pécheur. Et je l'avoue» je n'en vois point non plus; mon seul motif pour y croire, c'est que Dieu l'a dit dans la Bible. Mais vous, qui repoussez une telle soumission, vous devez avoir nécessairement un système raisonnable, c'csl-à-dire que vous pouvez établir un rapport logique, rationnel, entre les deux parties de ce systiane, la repentance et la sanctification d'un côté, le pardon et le salut de l'autre. Ce rapport rationnel existe-t-il réellement? La question est là tout entière. Or, quant à moi, il m'est impossible de l'apercevoir.
LA CONDAMlfATlOlf. &7
— Un homme innocent et un coupable repentant, évidemment ce n'est pas la même chose.
Gomment donc déduire logiquement que leur sort doit être le même? La repen tance peut -elle Êdre qne ce qui s'est passé ne se soit pas passé? Non. En nous conduisant bien actuellement faisons-nous plus que nous ne devons, et pouvonsnous amasser ainsi un surplut pour payer notre dette? Non! Où est donc la raison logique de cette prétendue compensation du péché par la repentance et la sanctification? Je ne la vois pas. Si une telle compensation existe, ce ne peut être qu*en vertu d'un acte spécial de la volonté de Dieu, que lui seul alors peut nous faire connaître, et cela devient aussitôt une Révélation ; mais il m'est impossible de la déduire de mon intelligence seule. Et je le puis d autant moins, que cette compensation est repoussée parle sentiment général de la justice humaine, qui a bien aussi son poids dans cette aliaire. Un voleur, un meurtrier qui se repentent, exciteront sans doutede la sympathie chez leurs juges, mais ils n'en seront pas moins condamnés : cela est nécessaire. — 11 y a plus. Quand, malgré tout, on voudrait considérer cette compensation comme réellement établie par le raisonnement, savez-vous à quelle
88 SKCMTDB COlfFÉREllCE.
conséquence cela conduirait? Le voici : S'il y a dans la repentance et la sanctification une puiS" sance, une force intrinsèque dont lefiet logique^ rationnel, soit de compenser les Ëiules (mssées, par la même raison elle doit aussi comp^aser les iautes futures ; tellement que vingt ans de bonne vie m'ouvriront le champ libre pour vingt ans de désordres. Et cependant, je ne puis pas admettre celai Ni vous non plus! — Ne reconnaissez-vous pas, mes frères, que la raison ne donne qu'on biaai faible appui à votre système? car, en vérité, elle me parait plutôt le renversa? complètement* Il nous reste à consulter la troisième et dernière source de nos connaissances en dehors de la Révélation. C'est le sentiment intime^ k conscience, cette espèce d'instinct... qui a certaine- Bftent sa valeur, je suis bien loin de le nier, toirt au contraire ; il a mémed'autantf^osdepuissance qu'il ne relève que de lui seul, et qu'il a droit de répondre, en dépit des raisonnements et des hits : Je le croii parce que je le crois ; et souvent il a raison. •— Qr, ceUe voix intérieure témoigD»freUe ici pour vous? j'en doute* Je doute quela conscienee de rhomme lui dise clairement qu'il kâ si^t d» se repentir et de se eorrigar ftmt B^aroirpl» à eraûndre k jugemait de Die«. le doQtaque coïts
répmiae soit pofiitiye et gënérate. Et eommeDt n'ea doutera»^ pas, qaand je toîs, sur tous ks points du ^obe, tant de pauvres pécheurs qui font tout pour expiar leor vie passée, qui ipAeor teaU qui prient , <;pd se dévouent, qui se privent, s'enferment dans des couvents , y creusent cha* que jour leur tombe , se déchirent le corps, se trament sur la pierre*. • et les infortunés n'avoir pas la paix 1 — Vous me direz peut-être que votre conscience n'est pas si scrupuleuse el qselie vous rassure. Eh bien, c'est cette con* science même que je prends à partie maintenant etqnej'interpelle. Car, enfin, j'ai combattu ju»* qu'à pi*ësent une théorie ; est-ce qu elle vo«s regarde? J'ai raisonné jusqu'à présent avec vous comme si vous aviez cette repentance et cette amctificatioD qui doivent vous sauver ; mais où sont-elles? Où sont vos douleurs, vos gémissements, vos larmes pour laver vos fautes? où est votre repentir? Où sont vos renoncements, votre luunilité, vos sacrifices pour les autres, votre aràmte pié(é?oà est votre sanctification? Ne seriezvous pas peut-être ces mêmes hommes à la conscience large, aux mcemrs légères, au cœur égoïste ef diarnel, neseriee-vous pas peut-être ces mêmes pécheurs... que vous étiez hier I
Eh ! mes malheureux frères, sur quoi voulezyous vous appuyer? Quand votre système serait aussi fondé qu'il Test peu, ne voyez-vous pas que vous ne pouvez pas même vous l'appliquer? Ne voyez- vous pas quecetie réparation du péché par vous-mêmes, dont vous faites votre seul espoir, c'est toujours iine réparation à venir, c'est tc^ujours celle que vous ferez, jamais celle que vous faites? Et si cet état ne change pas... comme peut vous le faire craindre votre passé et celui de tant d'autres qui ne sont plus?... Et si vous êtes appelés demain!... ne faut-il pas que vous soyez pardonnes aujourd'hui, ou que vous succombiez sous le poids terrible de la condamnation ? — Mes cliers friVes, ouvrez les yeuxl Reconnaissez enfin voire impuissance, si évidente, contre la Loi qui vous condamne! Quelque humiliant que soit cet aveu, il est nécessaire. 11 est salutaire! car, lorsque l'Évangile veut que vous vous confessiez de pauvres pécheurs, coupables et condamnés sans ressource, ce n'est pas pnur vous laisser dans celle horrible situalion, c'est pour vous jeter dans les bias de Dieu !
Oh ! puissiez-vous vous y jeter en effet ! — Puissent ils, ô mon Dieu, renonçant à la vanité de leurs pensées et aux illusions qui les trom-
LA GONDAMNATIOlf. 61
pént » puissent-ils , poussés par ]e sentiment de leur misère, recourir à toi seul, embrasser cette Croix que tu as dressée sur la terre pour le salut de tous tes enfants! (^ar. Seigneur, tu les appelles tous ; tu dis à tous ceux qui sont ici : Venez à moi pour êire sauvés. Oh! puissions-nous écouter enfin cette voix paternelle, et prendre désormais Christ pour notre portion et notre éternel Sauveur! Amen.
LE SACRIFICE
TROISIEME GONFËHENGE
LE SACRIFICE
Sans effusion de sang, il ne tt fait point de rémisrîon des péchi'f • (Hbbr. IX, 22.)
Tout ce que je vous ai dit jusqu'à présent se résume en ceci, que nous sommes sous la condamnation du péché. Nous avons violé la loi de Dieu. Une réparation est absolument indispensable : sans cela, les attributs divins s*éclipsent, et il n'y a plus de sainteté ni dans le Ciel ni sur la terre. Cette réparation, nous ne pouvons la faire nous-mêmes ; car tout prouve que la repentance et la sanctification, fussent-elles complètes, ne suffiraient pas; hélas! et ce que nous pouvons offrir sous ce nom suffit bien moins encore. Il faut donc trouver en dehors de nous un moyen de salut 9 ou périr. Tel est le point où nous sommes arrivés ; telle est la situation que je vous ai démontrée être la vôtre par des preuves , je
•6 TBoftitat comnbiBsei.
puis le dire, pleines de force et de vérité. Et plus TOUS y refléchirez sérieusement, plus vous TOUS séparerez des bruits du monde et de ses sophismes, plus tous tous mettrez en face de TOus-mémes et de TOtre mort prochaine, plus cette situation tous apparaîtra ce qu'elle est, terrible, mais évidente. L'homme étant donc incapable de se procurer le salut par les seules forces de son intelligence et de sa volonté, il ne lui reste qu'à demander à Celui qui seul a le pouvoir de le sauver, s'il l'a voulu, et comment. Produire en vous cette conviction, c'était Tunique but des deux discours que je vous ai adressés. Mais, comme cette conviction est la^base néces*saire de toute foi complète et vivante en l'Ëvangile, il est de mon devoir de ne n^liger aucun moyen ^cace de la fortifier en vous. Et dès lors, comment pourrais-je passer sous silence, et ne pas ajouter aux preuves précédentes, une preuve d'autorité dont il est impossible que vous méconnaissiez tout à fait la force? C'est le témoignage de la race humaine tout entière à laquelle vous appartenez. Constamment , en effet, ou la voit se débattre, avec angoisse, sous oette condamnation qu'elle sent comme instinctivement peser sur «Ue ; et plus ses eSbrta pour y
LM SAcmincB. tr
échapper vous paraîtront douloureux ou même terribles, plus ils vous attesteront en même temps la puissance de sa conviction. C'est là le sujet sur lequel je viens aujourd'hui appeler votre attention.
Je vous convie à un spectacle étrange, déplorable , mais c'est un spectacle profondément instructif. 11 vous montrera que l'idée d'une expiation pour le péché ne date pas seulement ici-bas de dix-huit siècles, comme tant cfe gebs se l'imaginent ; il vous montrera que l'humanité, telle quelle s'est développée sur cette terre, non-seulement ne peut pas être sauvée, mais qu'elle ne peut pas être expliquée, sans la Rédemption chrétienne. — Ce point de vue ne manque, certes, ni d'importance ni même de grandeur ; et vous reconnaîtrez aussi qu'il se rattache d'une manière intime à la démonstration de la haute vérité que je vous prêche. Sans doute je ne puis apporter ici que l'imparfaite et bien pâle esquisse d'un immense tableau, dont la vue ][Hroduit sur l'esprit qui le contemple et le médite un irrésistible eftet. Puîssé-je, du moins/ ne pas l'affaiblir au point de lui faire perdre toute sa force auprès devons; c'est tout ce que je demande. Ainsi 8oit-iL