LE PROBLÈME RELIGIEUX AYANT LE PROBLÈME SOCIAL
sera bientôt à vous dans Tordre social et politique. Vous n'avez dans cet ordre que les refléta d'un ordre supérieur. Rallumez- donc avant tout le foyer de la charité ; rallumez-le eu religion ! Que la religion laisse briller le principe de l'amour plus qu'elle ne . l'a jamais fait! Soufflez sur les cendres qui réieîndraient; chasse2 les idées qui l'étoufTent; répandezle autour de vous; qu'il se propage dans les cœurs, qu'il soit accepté , reconnu , et vous verrez s'il vous sera difficile d'obtenir des réformes sociales ! Vous ne vous heurterez plus contre des éeueilssans nombre, contre des difficultés inextricables, parce que sous le nom de charité vous ne soutiendrez plus ce qui en est la négation. Souvenez -vous que le principe de justice et de liberté si admirablement gravé dans nos lois ^ dans cette égalité et cette liberté civile que rien ne peut plus aliéner , n'y a passé facilement que parce que la révolution religieuse qui y correspondait étâlit dés longtemps accomplie. La Réforme a précédé de deux siècles la Révolution française , et c'est à son influence s'exerçant sur ceux-là mômes qui repoussaient son dogme, qu'on doit attribuer l'affranchissement complet du droit théocratique du moyen âge. Quelque chose de pareil doit se passer pour le principe de charité. C'est à faciliter son avènement que nous voudrions consacrer nos faibles efforts en vous montrant tout oe qui le corrompt ou l'altère parmi
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nous, et en vous donnant ainsi le secret de notre impuissance. Nous jugerons à ce point de vue les diverses écoles, les diverses fractions religieutes, et pouf chacime nous nous demanderons : Que fait* elle du principe de charité? quelle entrave lui oppose^t-elle? quel retard apporte-t elle à la rénovation religieuse?
Nous ferons ces questions d'abofd au socialisme daUs ses nombreux éystèâies , puis à la philotophie qui Ta combattu , au catholicisme qui Ta anathématisé, et âii protestantisme qui Fa ignoré; et nous verrons qiie, si les uns et les autres en ont été réréduits à s'opposer des intérêts au lieu d'idées, cela venait de Tatteinte qui avait été portée à ce principe divin.
Messieurs, je n'ai pas craint, et je ne craindrai pas davantage désormais, de critiquer librement les diverses écoles en présence. Il me semble qu'aujourd'hui personne n'est plus tout à fait de son parti. On se prend à concevoir des doutes sur lui, car depuis un an il a eu le droit de sauver la société, et s'il ne l'a pas fait, c'est qu'il ne Ta pas pu. L'illu*^ sion n'est plus possible.
Ne nous en plaignons pas, Messieurs, car de ces
déceptions multipliées, savez-vous ce qui résulte? Une aspiration plus ardente vers l'avenir, et une aspiration qui s'égare moins. Nous sommes assuré que ce qui se passe dans notre cœur se passe aussi