‹ Conférences sur le christianisme dans son application aux questions socialesChapitre 22 sur 69 · SYSTÈME DE M. PIERAE LEROUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME DE M. PIERAE LEROUX

sidéré comme le type du sacrifice, à moins qu'on n'appelle sacrifice Tanéantissement auquel il est réduit. M. Pierre Leroux s'élève avec une grande force contre la morale chrétienne, parce qu'elle repose tout entière sur lamour de Dieu et sur Tabnégation. Il déclare que nous ne devons pas aimer Dieu directement, mais seulement indirectement; nous '^ ne devons l'aimer que dans l'humanité. C'est évi- ! dent, puisqu'il n'existe vraiment que dans sa manifestation, et que l'humanité est sa manifestation la plus parfaite. Notre premier devoir est d'aimer les hommes; c'est le seul devoir qui ne soit pas chimérique. Nous pouvons l'accomplir parce qu'en aimant l'humanité, nous nous aimons nous-mêmes. L'égoisme repoussé par le christianisme a des droits bien acquis. Et ne pensez pas que M. Pierre Leroux veuille dire qu'il a simplement le droit du plus fort, le droit du premier occupant; non : pour lui, il a un droit moral, et la charité qui ne commence pas par soi-même est un leurre et une folie. Aimons les autres, aimons l'humanité, car nous n'aimerons que notre moi agrandL L'égoîsmo qui s'isole est un égoïsme qui se trompe; le bien n'est qu'un égoïsme bien entendu. Comme d'après M. Pierre Leroux le mal est nécessaire, il n'y a pas lieu de tant s'affliger de ces erreurs de l'égoïsme. L'humanité perfectible n'a pu organiser d'emblée la solidarité parfaite dans la société.

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