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des; tout est organisé pour maintenir leur isolement. Le pouvoir qui représente la société n'est plus qu'un gendarme. On s'associe pour avoir une police, c'est-à-dire uniquement dans un sentiment de défiance. Ce n'est pas pour s'unir, c'est pour être plus
us DiSisu iT L'AKcmnai ^gokomie politique. 131
sûrement isolé. L'État joue précisément le rôle de là providence déiste; il n'intervient pas ou du moins logiquement il ne devrait^ pas intervenir pour secourir une misère quelconque, ce serait supposer que la société repose sur une autre base que la stricte justice. Il doit demeurer indifférent comme Élat^ comme puissance législative » à la pauvreté môme la plus affreuse ; s'il essayait d*y parer par la loi autrement que d'une manière tout accidentelle, il ferait croire qu il ne s'arrête pas aux barrières du droit individuel, mais qu^U admet une certaine solidarité dans les intérêts, qui entraînerait de la part des associés ràbandon permanent de leur droit' exclusif. Or cela impliquerait que le principe de charité est dans la raison sociale à côté du principe de justice. Avec le déisme, on doit en rester au laissez \ faire absolu. On ne peut sortir dé l'ancienne économie politique : on y est rivé, et souvent, avec \^ plus grande générosité de sentiment, on est conduit par esprit de système à des conséquences vraiment effrayantes. On voue un tel culte à la liberté pure quand bien même cette liberté est trop souvent parmi nous la liberté de mourir de faim, qu'on en accepte toutes les chances. C'est ainsi que tout s'enchaine; vous avez voulu un Dieu qui ne concédât rien de son droit ? vous avez une société à l'image de votre ciel. C'est pour cela qu'elle fait peur et qu'on se jette dans l'extrême opposé.
I3â LE DÉISME ET L'ANCIENNE ÉCONOMIE POLITIQUE.
II va sans dire que, dans cette manière de voir, on n'accepte pas la question sociale. On reconduit comme tout à fait hors de propos^ et au lieu de l'aborder sérieusement, on se borne à composer des apologies de ce qui existe; au lieu de préparer une solution pacifique du redoutable problème , on fulmine contre lui anathème sur anathème. On pousse de grands cris d'alarme, mais jamais on ne vaincra en criant très fort; et non-seulement on perd la partie pour l'avenir, mais encore on compromet ce que le passé avait légué de vrai; on compromet le principe de justice et de liberté en l'exagérant et en se refusant d'admettre son complément naturel. Cela arrive d'autant plus vite qu'il en est de la philosophie déiste comme de la philosophie panthéiste. Au point de départ ce sont de belles et grandes idées qui séduisent ; on parle du devoir, on invoque la loi morale, puis en définitive on aboutit aussi bien que le matérialisme panthéiste à ne plus faire vibrer que la corde des intérêts inférieurs, et par une autre route on va le rejoindre. Il y a la même progression de M. Cousin dans ses opuscules philosophiques à M. Thiers dans son livre de la Propriété, que de M. Lamennais à M. Proudhon. Il est temps de vous montrer que nous ne nous sommes pas trompés en vous donnant un aperçu général des publications de l'Académie des sciences morales.