‹ Conférences sur le christianisme dans son application aux questions socialesChapitre 31 sur 69 · JUSTICE ET CHARITÉ PAR M. COUSIN · texte numérisé non relu

JUSTICE ET CHARITÉ PAR M. COUSIN

question sociale, et nous n'aurions qu'à vous retire son traité, inûUûé Justice et charité ^ pour les faire toutes repasser devant votre esprit dans un

style admirable dont l'illustre professeur a seul le

secret. Nous abondons dans son sens tant qu'il défend avec une vigueur sans pareille les droits de la liberté humaine, qui commandent le respect de notre personnalité jusque dans les choses qui servent d'instrument à son activité. Toute cette partie de l'argumentation de M. Cousin est invincible. Il a cent fois raison à ce point de vue contre le socialisme. Mais nous ne pouvons le suivre plus loin , quand il conteste au principe de charité toute nécessité morale. La charité est pour lui une vertu de luxe, quelque chose de surérogatoire; c'est la vertu des grands jours, et M. Cousin la compare à l'inspiration du poëte qui l'élève de temps à autre sur les plus hautes cimes de la pensée humaine. C'est la poésie de la morale; la prose, le strict nécessaire, c'est la justice. Voilà qui est positif. La charité n'est plus reconnue dans son droit absolu; c'est un accident sublime dans la vie, et elle doit demeurer presque totalement en dehors de l'organisation sociale. D'après M. Cousin , ceux qui veulent que l'État, ou runiversalilé des citoyens, soit charitable, sont aussi insensés que ceux qui voudraient que tout le monde fit de beaux vers. Toute tentative dans ce sens est donc une pure folie. U

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