‹ Conférences sur le christianisme dans son application aux questions socialesChapitre 39 sur 69 · POMPE DU CULTE. PRÉSENCE RÉELLE · texte numérisé non relu

POMPE DU CULTE. PRÉSENCE RÉELLE

de ce qu'il supprime sans remords l'individualité. Il ne croit pas léser le droit de Dieu, puisqu'il n'y â de Dieu dans l'homme que ce qu'on y met d'une manière extérieure, tl n'y a plus rien qui nous étonne désormais dans le catholicisme. On pourrait trouver étrange, au premier abord, de voir une église, qui prétend représenter lé christianisme parmi nous , en faire une religion de formes et de cérémonies, et parler aux yeux autant qu'aucune religion païenne. On pourrait trouver étrange que les temples du dieu spirituel étincelassent d'or, que les parfums, les enivrantas harmonies, les peintures brillantes, les statues y fussent prodiguées. Quoi de plus simple cependant? Moins l'homme est participant de la nature de Dieu, plus on doit Vébranler , le saisir, le prendre par un spectacle magique, le soumettre à une véritable fascination. Le païen avait besoin de toucher son dieu pour y croire , parce qu'il en était profondément séparé. Le catholicisme^ qui nous a retiré le Dieu intérieur, en ne lé reconnaissant pas dans la conscience, ne peut se contenter du Dieu invisible.il faut sentir Dieu en soi, ou bien il faut le voir. Le catholicisme est donc réduit à noiis le donner matériellement, il doit le renfermer dans un morceau de pain. Et on appelle cela la présence réelle de la Divinité! Ah! c'est bien plutôt son absence de Tâme humaine qui est par là coiiâtatée. Si Dieu s'y trouvait , s'il' y était revenu

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depuis le Christ, à quoi bon votre hostie? Pourquoi ce qui remplirait, ce qui inonderait nos cœurs dêvrait-il passer par notre bouclie? Quoi, l'âme de l'homme serait assez incapable d'embrasser son Créateur pour qu'il se cachât et se déguisât dans la nourriture de son corps. Est-ce dire assez clairement qu'il n'est pas en lui, et qu'il n'y peut jamais revenir tout à fkitt

C'est également sur cette incompatibilité originelle entre l'homme et Dieu que la prêtrise, qui est au centre même de la doctrine catholique, est basée. Nous ne sommes pas capai)tes de voir Dieu, d entrer en rapport avec lui , m^me depuis qu'il nous a pardonné par Jésus-Christ^ et qu'il n'y a plus sur sa face le voile épais de son courroux ; non, notre âme ne peut s'entretenir avec lui, lui parler, parce que, encore une fois, il n'y a rien de lui en elle. Voilà pourquoi des hommes sont pris dans Thumanité pour devenir les instruments passifs de Dieu; pour être ses organes à Texclùsion des autres; et, pour parler eh son nom , ils doivent recevoir une consécration spéciale. Voyez cette huile qui coule sur le fVont du prêtre ! En nkême temps qu elle conéacre sa dignité, elle consacre l'indighité du reste de l'humanité. Vous avez là là preuve que, pour s'approcher de Dieu, il faut êtr^ autre chose, plus qu'un homme, et, par conséquent, que Thotume en luimêtne ne pfeut jamais s'unir à lui !

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