NÉGATION DU PRINCIPE DE CHARITË
diminuer, pour amoindrir le salut de rhumanîté qu'il faut bien accepter d'une manière quelconque quand on prétend interpréter l'Évaiigile. Il semble d'abord que le Christ ait vraiment sauvé l'homme, et qu'à la croix de la grande victime nous ayons été pardonnes. Détrompez -vous, chacun n'en devra pas moins planter sa croix à côté de la croix du Calvaire. On laisse croire au chrétien que sa dette envers Dieu est payée, on lui en doiine l'asôurânce, mais on la lui redemande en détail jusqu'au dernier denier, et la pénitence en est le payement incessant *, Alors, il eût été pluis franc, plus loyal, de nous déclarer que Dieu ne nous pardonnait pas du tout que de nous prendre à un pardon illusoire comme dans un piège.
Noua avons toujours vu que le principe de chairité compromis en Dieu l'est également en l'homme. Celui-ci est condamné à faire de nouveau cette espèce de trafic dont nous parlions dans notre dernière conférence; il doit acheter le ciel, puisque le ciel ne lut est pas doïihé: et voilà Tégoîsme, un égoïsme sage, prudent, relevé si l'on veut, qui est l'âme de sa vie. Et comment pourrait-il jamais se donner, se sacrifier, sortir de lui-même? En sortir 1 mais on lui en a épargné la peme, car on l'a pris, on l'a déroKé à lui-même, on l'a confisqué, on a tùé son individua-
^ Voye2 la note (18) à la fin du volume.
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lité tout autant que dans le socialisme; il ne s'appartient plus. Et d'ailleurs il s'appartiendrait, qu'il ne se donnerait pas réellement à Dieu, forcé, comme nous l'avons vu, de rester sans cesse à distance de lui. Aussi n'attendez de lui en général que des actions machinales, une soumission passive; le catholicisme est bien forcé de s'en contenter; il demande essentiellement à ses sectateurs des œuvres extérieures. C'est l'œuvre, et non la foi, qui sauve d'après lui. Et ne croyez pas qu'il demande plus par là que ceux qui réclament avant tout la foi; car la foi c'est l'œuvre intérieure, spirituelle, l'œù- I vre qui engage tout l'être et l'unit à Dieu par ses ; racines; l'acte, au contraire, est l'œuvre extérieure, superficielle. L'homme, dans le catholicisme, a le droit de ne se donner à Dieu que matériellement. En échange du pain consacré qui lui communique Dieu d'une manière grossière et visible, il n'est tenu de lui offrir qu'une vaine pratique, que quelques mots murmurés d'une voix sourde, quelques œuvres accomplies d'une main distraite, et son cœur trop souvent n'y est pas plus renfermé que Dieu n'est emprisonné dans l'hostie. Ils ne parviennent pas à se saisir en réalité. C'est toujours ce dualisme désespérant que nous avons signalé.
L*homme qui n'a pas appris à se donner vraiment à tHèu n'apprendra pas davantage à se donner vrai-