LE CATHOLICISME ET LÀ QUESTION SOCIALE
ment à ses frères. Le principe de charité ne se réalisera pas dans une société cathoiiquç. Oui, vous aure? l'aumône, vous aurez quelques palliatifs; mais un droit social renouvelé, jamais! On nous objectera peut-être les annales de la charité chrétienne, qui, dans tous les temps, nous montrent de vrais héros de charité parmi les catholiques. Mais croye;!^-vous que le christianisme puisse jamais se laisser emprisonner au point de ne pas secouer de temps à autre tous les liens dont on Ta chargé? Qui conteste qu'il n'y ait eu, qu'il n'y ait encore de grands chrétiens dans le sein du catholicisme? Mais cela ne suffit pas pour transformer son dogme, et son dogme nous semble beaucoup plus fait pour resserrer le cœur que pour l'élargir. Jamais il ne vous fera comprendre que la charité, c'est-à-dire, l'abandon de notre droit exclusif doit être à la base de la vie sociale comme développement naturel de la justice; parce que jamais il ne nous montrera à la base de la vie religieuse l'abandon par Dieu de son droit exclusif. Jamais il ne réveillera la conscience publique dans ce sens, tant qu'il réservera à l'égoïsme un asile dans la religion. Il inspirera peut-être les prodiges d'un dévouement plus ou moins apparent, mais il n'inscrira pas dans le cœur le principe de charité, de telle sorte qu'il trouve son application dans les institutions; il ne l'inscrira pas, car il n'a pas su le lire dans le cœur même de Dieu, et