SEPTIÈME CONFÉRENCE
Aspiration vers Tayenir. Jeune école éclectique. École de Bûchez, jeune i cole catholique, etc.---D*uii grand Qhstacle à, la rénovation religieuse. Des religions officielles.
Messieurs , déjà plus d'une fois, dans le cours de ces entretiens, j'ai fait appel à vos aspirations vers l'avenir , et j'ai' été d'autant plus énergique dans ma critique des divers systèmes que j'ai cru davantage que vous - mêmes en sentiez rinsufiisance. Nous avons maintenant à considérer de plus près ces aspirations, ces espérances; car si elles étaient vagues , indécises, elles seraient infructueuses. Pour qu'elles aboutissent à un résultat important, il faut qu'elles aient la précision d'un fait, il faut qu'elles soient des efforts, des actes. L'avenir doit être, non -seulement désiré, mais encore
2^ LES GRAia)8 DÉSnS PRÉCftDSlfT LES GlAia>BS CHOSES.
préparé , et toute aspiration qui n'est pas en même temps une élaboration, un travail, demeure dans les limbes des pressentiments stériles. Si nous parvenons à vous prouver qu'en réalité un travail profond s'opère dans les diverses écoles , tendant à les modiAer, à rompre les formes anciennes où elles ne doivent plus s* enfermer, il nous sera permis d'attendre avec confiance la solution divine des problèmes qui nous tourmentent, eu d'autres termes, d'attendre quelque manifestation éclatante de cette vérité chrétienne qui renferme notre salut individu€;l et social.
Ne vous étonnez pas , Messieurs , que nous accordions une telle valeur aux aspirations vers l'avenir , et ne nous accusez pas de mysticisme. Dans tous les temps vous verrez que les grandes choses ont été préparées par les grands désirs de L'humanité. C'est qu après tout , les grandes choses viennent du ciel et que le ciel ne s'ouvre que devant nos prières. Or c'est une prière, souvent muette, mais toujours ardente, que ces désirs qui nous portent au delà de notre état présent. Ainsi, à la fin de l'ère païenne, une prière universelle appelait le libérateur du monde. Jamais il n y eut à la fois tant de désillusionnement du passé, et une si vive attente de la délivrance. Pour ceux qui croient au gouvernement direct de Dieu sur l'humanité, il n'y a rien là d'étonnant : c'est lui qui lui parle par ces près-
BU VtaêMM tCUCTIQUB» 223
sentiments , et ces aspirations ne sont que Tombre qui précède l'événement, i*aiibe du jour qui va se lever, lài Ton voit une génération mue tout entière d'un même désir d'amélioration, de progrès , on est en droit d'y reconnaître la prophétie certaine que cette amélioration, ce progrés, lui seront accordés. Accoutumons-nous à ne pas considérer uniquement rtiistoire dans ce qu'eue a d'officiel, d'apparent. Avant l'histoire qui s'enregistre, qui se dépose dans les archives, il y a l'histoire intérieure , morale d'une nation , et celle-là est la plus essentiellé, car elle produit Tautre* A. ce point de vue, les aspirations d'une époque sont l'époque suivante en germe. La recherche à laquelle nous allons nous livrer est donc de la plus haute importance.
Messieurs ,' pour arriver à quelque chose de positif , nous ferons passer de nouveau sous vos yeux les diverses doctrines que nous avons critiquées, cherchant en chacune» non plus ce qui rentre dans sa donnée primitive, mais ce qui la déborde.
Ici, j'intervertirai 1 ordre dans lequel je vous ai présenté ces doctrines. Je commencerai par celles qui me semblent le moins susceptibles de nous pousser à un développement quelconque. C'est vous dire que je commencerai par le déisme. Le déisme est essentiellement stationnaire, c'est la philosophie du conservatorisme inintelligent. L'immobilité morale, religieuse , est son principe. Bien loin de déve-
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lopper en nous des aspirations vers une formule plus large y il tend à nous inspirer une sérénité, une satisfaction de notre propre pensée qui la replie sur elle-même. L'éclectisme déiste est une philosophie bourgeoise , si nous pouvons nous exprimer ainsi , sans ambition , et par conséquent sans élan, sans idéal. Elle se donne pour la philosophie du sens commun , elle se contente de ce qui lui tombe sous la main, elle n'a pas la moindre prétention de pénétrer dans une sphère supérieure. C'est Vaurea mediocritas d'Horace prônée dans le monde de Tintelligence. Elle n'a aucun de ces cruels mécomptes , de ces désastres qui brisent souvent un système hardi et fort. Quand on tient ses voiles carguées , il n'y a pas plus de chance de chavirer que d'avancer. L'éclectisme n'a pas cherché à faire un pas depuis trente ans : voilà pourquoi il n'a point fait de chute. Aussi la plupart de ses adeptes, goûtent une paix profonde et sont dans l'admiration d'eux-mêmes. Ce n'est pas de ce côté que se formeront ces grands désirs dont nous parlions. Et pourtant, il est si difficile d'échapper à l'esprit général de notre époque, que ceux-là même qui croient avoir jeté Tancre dans ce port paisible et ces eaux dormantes du sens commun , n'y goûtent pas toujours le calme plat qu'il leur était permis d'espérer. Ainsi , Tun des penseurs les plus distingués de l'école éclectique, M. Jouffroy, tout imbu qu'il était
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de la psychologie écossaise, laisse percer, à travers la lucidité froide de ses analyses philosophiques, une tristesse qui ne lui a pas été inspirée à coup sûr par Reid et Dugald Stewart. On sent qu'il n'est pas à Taise dans ce commode et frivole déisme qui s'est soustrait aux exigences de toute spéculation sérieuse. C'est en vain qu'il soutient l'éclectisme avec des arguments parfaitement construits; il semble parfois qu'un soupir en interrompe la série; on sent un cœur non satisfait. On connaît l'admirable morceau où JoufTroy raconte comment il a perdu sa foi première. Nous ne pouvons nous empêcher de le citer. Sans doute la conclusion de ce fragment est une justification de la philosophie embrassée par l'auteur, mais il exprime un regret si vif de ce qu'il a perdu, que l'on en vient naturellement à se demander s'il a gagné à l'échanger contre un système qui lui permet de si mélancoliques retours vers le passé.
« Né de parents pieux, et dans un pays où la foi c catholique était encore pleine de vie au commen- « cernent de ce siècle, j'avais été habitué de bonne « heure à considérer l'avenir de l'homme et le soin
< de son âme comme la grande affaire de la vie, et c toute la suite de mon éducation avait contribué à
< fortifier en moi ces dispositions sérieuses. Pendant « longtemps les croyances du christianisme avaient « pleinement répondu à tous les besoins et à toutes
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< les inquiétudes que de telles dispositions jettent
« dans l'âme Grâces à ces crpyances, la vie
« présente m'était claire, et par delà je voyais se « dérouler sans nuage l'avenir qui doit la suivre. » Tranquille sur le chendin que j'avais à suivre dans « ce monde, tranquille sur le but où il devait me
< conduire dans l'autre^ comprenant la vie dans ses
< deux phases , et la mort qui les unit ; ^ me com- « prenant moi-même; connaissant les desseins de « Dieu sur moi , et Taimant pour la bonté de ses c desseins, j'étais heureux de ce bonheur que donne
< une foi vive et certaine en une doctrine qui rétt sont toutes les grandes questions qui peuvent in-
< téresser l'homme. Mais dans le temps où j'étais né, « il était impossible que ce bonheur fût durable, et « le jour était venu où, du sein de ce paisible édifice « de la religion qui m'avait recueilli à ma naissanc(e,
< et à l'ombre duquel ma première jeunesse s'était « écoulée, j'avais entendu le vent du doute qui àe^ « toutes parts en battait les murs et l'ébranlait jus • « que dans ses fondements. Ma curiosité n'avait pu «r se dérober à ces objections puissantes , semées, « comme la poussière, dans l'atmosphère que îe « respirais, par le génie de deux siècles de scepti- « cisme. Malgré l'effroi qu'elles me causaient, et « peut-être à cause de cet effroi ,^ ces objections « avaient fortement saisi mon intelligence.
« Je n'oublierai jamais la soirée de décembre où le
< voile qui me dérolnil à moi^mêtne ma t)ropf e ii> <f créduUté, fut déchiré. J'etHends encore mes pas « dans celte chfriobre étroite et nue^ où longtemps c après l'heure du sommeil j'avais eoutume de me « promener; je vois encore cette iune^ demi voilée « par les nuages qui en éclairait per intervalles les « froids carreaux. Les heures de la nuit s'écoulaient, « et je ne m'en apercevais pas; je suivais avec anxiété « ma pensée, qui, de cooche en couche , deseetidait « jusqu's^u fond de ma coascienee, et, dissipant Tune f après l'autre toutes les illusions qui m'en avaient
< jusque^'là dérobé la vue, m'en rendait de moment « en moment les détours plus visibles. En vain je « m'attachais à ces croyances dernières comme un « naufragé aux débris de son navire; en vain , épou* « vanté du vide inconnu dans let|uel j'allais flot* « ter , je me rejetais pour la dernière fois avec elles
< vers mon enfance, ma famille, mon pays, tout «ce qui m'était cher et sacré; l'inflexible courant ç de ma pensée était plus fort : parents, âtmillaf scu- « veniifs, croyances, il m'obligeait à tout laisser. « L'examen se poursuivait plus obstiné et plus se- % vère à mesure qu'il approchait du terme, et il ne « s'arrêta que quand il l'eut atteint. Je sus alors c qu'au fond de moi-même il n'y avait plus rien a qui fût debout ; que tout ce que j'avais cru sur moi* « même, sur Dieu, et sur ma destinée en cette vie « et en l'autre, je ne le croyais plus. Je l'avais cru
228 iOUFFlOT.
< sur la foi du fait que maintenant ma raison ne
< pouvait plus admettre, et par conséquent, je ne « le croyais plus. Puisque je rejetais l'autorité qui « me l'avait fait croire , je ne pouvais plus Tadmet- « tre, je le rejetais. Ce moment fut affreux; et quand « vers le matin je me jetais épuisé sur mon lit, il tf me sembla sentir ma première vie, si riante et si € pleine, s'éteindre, et derrière moi s'en ouvrir une « autre sombre et dépeuplée, où désormais j'allais « vivre seul, seul avec ma fatale pensée, qui ver nait de m'y exiler et que j'étais tenté de maudire. « Les jours qui suivirent cette découverte furent « les plus tristes de ma vie. Dire de quels mouvec( ments ils furent agités serait trop long. Bien que « mon intelligence ne considérât pas sans quelque « orgueil son ouvrage, mon âme ne pouvait s'accou- « tumer à un état si peu fait pour la faiblesse hn* « maine; par des retours violents , elle cherchait à « regagner les rivages qu'elle avait perdus ; elle re- « trouvait dans la cendre de ses croyances passées, « des étincelles qui semblaient par intervalles rai- « lumer sa foi. Mais les convictions renversées par » la raison ne peuvent se relever que par elle, et « ces lueurs s'éteignaient bientôt. Si, en perdant « la foi, j'avais perdu le souci des questions qu'elle « m'avait résolues, sans doute, ce violent état n'au' « rait pas duré longtemps; la fatigue m'aurait as-> « soupi et ma vie se serait endormie comme tant
« d'autres, endormie dans le scepticisme. Mais heu- « reusement il n'en était pas ainsi ; jamais je n V « vais mieux senti l'importance des problèmes que « depuis que j'en avais perdu la solution. J'étais in- « crédule, mais je détestais l'incrédulité ^ »
Pour un conv^ti de la philosophie, c'est impru* dent de jeter ainsi ses regards en arrière. Un péni« tent ne doit pas se rappeler avec tant de complaisance ses premières erreurs, c'est déjà y retomber. Qui ne voit que si , au lieu de cette religion de servitude que la pensée du jeune homme avait repoussée , une religion grande et libre lui eût été présentée, il l'eût accueillie avec joie? Et le penseur fatigué l'accueillerait avec plus de ferveur encore. C'est ce qui lui manque, il le sent, et il le laisse entendre autant^ qu'il est possible dans sa position philosophique. Il est encore un trait de ce fragment qui le rend précieux pour nous : c'est la franchise avec laquelle Jouifroy repousse le dogme chrétien. On en fut très scandalisé en haut lieu dans l'école éclectique, parce que oela compromettait bien des manoeuvres habiles par lesquelles on avait cherché à masquer le profond dissentiment qui existait entre la philosophie éclectique et la religion^ A quoi bon alors tant de saints respectueux, tant d'hommages ? Ne pouvait - on pas dire les mêmes
1 Jouffroy, Fra^eQt$ philosophiques.
9dd JEUNE ÉCOLE tCLlGTIQUB.
choses avec un peu plus de céi^éfnonie) et envelopper ceUe incrédulité bien fondée sans doute de quelque témoignage de déférence? La méthode suivie jusqu'alors n'élait-elle pas préférable : accabler de respect, ce qu'on voulait renverser? Un tel écart lançait Téeole éclectique , ou du moins une partie de Téeole dans une voie nouvelle qui n'était plus celle de cette sagesse consommée avec laquelle on fait ses affaires dans ce monde en philosophie comme en tout. C'est précisément cette imprudence qui donne à nos yeux une gi^ande valeur à ce fragment que nous avons cité. Tant que l'école éclectique aurait gardé ces ménagements inOnis et peu sincères, il faut le reconnaître, vis-à-vis du christianisme, tout dé* vdoppement lui eût été impossible. Elle aurait préparé des diplomates et non des philosophes, des gens habiles et non des penseurs généreux courant les risques de leur propre pensée. Une école qui donnerait longtemps le change sur ses principes réels deviendrait rapidement une école de sophistes, de marchands de paroles et de doétrines , sans se* rietiK, sans conviction. Il y aurait danger pour elle de compter ds^ns ses rangs b^ucoup de ces penseursl à gages qui flétriraient jusqu'à la vérité , si par matkeur ils trouvaient leur intérêt à la défendre. On ne poin^rait pas espérer de généreux élans de la part d'une telle école. Elleseraitrapologiste naturel dn présent, c'est-à-dire des intérétis existants, et l'ennemi
iSUNE ÉCOLS ÉGLICTIQUE.* 231
juré de I^aveuir. Aussi avons -nous salué avec bonheur Tavénement de la sincérité dans le sein de Téc* leciisme. Déjà , à l'exemple de Jouffroy, une }eune école éclectique à rejeté toute fiction. Elle répudie ouvertement le christianisme. Nous ne sommes pas suspects d'être favorables à ses vues , c'est pourquoi nous pouvons sans crainte la remercier de sa loyauté. Combattre ouvertement un adversaire, c'est l'honorer; se servir avec lui de ruse et de flatterie, c'est le traiter comme un vieillard dont on voudrait capter les biens. D'ailleurs , la sincérité est elle-même la condition et la garantie du progrès dans la vérité. C'est la vérité dans nos intentions , dans nos désirs, si ce n'est pas encore la vérité dans notre intelligence. Les hommes sincères abordent les problèmes sans parti pris, et se laissent modifier. Aussi la jeune école éclectique est loin de se traîner dans l'ornière d'où ses premiers maîtres ne veulent pas sortir. Dans le recueil périodique qu'elle a fondé : ta Liberté de penser, elle aborde courageusement toutes les graves questions du temps , et elle ne les tranche pas au moyen de solutions toutes faites. Elle veut prendre part à la rénovation de notre état social. Espérons qu'elle comprendra bientôt qu'elle a encore trop gardé les traditions de la philosophie universitaire. Du reste , l'éclectisme n'a pas longtemps à vivre une fois qu'il est si vivement m^néf Nous, sommes donc en droit de reconnaître
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qu'il y a un travail d'avenir dans le système même qui semblait le moins s'y prêter.
Si du déisme spéculatif nous passons au déisme pratique, à celui qui défend pauvrement et égoïstement notre ordre social dans la polémique quoti dienne, nous savons déjà que les aspirations vers l'avenir ne viennent pas de ce côté; nous n'y trouvons pas la conscience de nos besoins moraux et sociaux. Nous avons parmi nous une sorte de Coblentz où l'on se renferme comme au temps de la première émigration pour ne rien voir et ne rien entendre de ce qui pourrait modifier un ordre de choses où l'on se trouve très bien. On en fortifie tous les jours les remparts, et l'on appelle cela raffermir les bases ébranlées de la société. Il est évident que dans cette nouvelle armée de Condé on est peu enclin à travailler à une rénovation religieuse. La religion est considérée par ce parti comme un moyen de gouvernement, une police plus chère, mais plus sûre que l'autre, et non pas comme le bien le plus précieux de l'humanité qu'il faut accroître autant que possible et dégager de tout alliage. Aussi, quand on est menacé de la voir surgir, libre, spontanée, c'est-à-dire puissante, s'empresse-t-on, dans ce parti, de la combler d'honneurs officiels pour qu'elle continue à remplir le rôle qu'on lui a dévolu. C'est de ce côté qu'on est sûr de trouver les plus grands adversaires de tout ce
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qui peut rerouer, agiter les masses dans un sens religieux. C'est lui qui a le plus longtemps marchandé la liberté religieuse par peur du prosélytisme. Il a fallu qu'elle lui fût arrachée, car il ne Teût jamais octroyée dans sa réalité. Ce n'est pas même un parti rétrograde : au moins y a-til quelque spiritualisme et souvent quelque désintéressement à porter ses regards vers un passé lointain ; on défend un principe quelconque; mais le parti auquel nous faisons allusion est le parti au jour le jour, c'est le parti le plus personnel qui existe. Éviter tout ce qui peut être un embarras quand bien même, en Tesquivant, on transforme peut-être l'embarras d'aujourd'hui en un péril insurmontable, voilà sa devise. Aussi, avec son dédain pour les tendances qui ne marchent pas à son pas, ne fera-t-il, en définitive, que rendre leurs aspirations vers, l'avenir plus énergiques, et dans ce sens, il le ser-* vira bien naalgré lui. Mais il n'est pas possible qu'il demeure longtemps compact et bien uni. Déjà il y a une brèche dans cette espèce de muraille de la Chine qu'il voudrait élever contre toute idée de progrès social et religieux, et cette brèche, c'est luimême qui l'a faite. A force de parler des éternels ennemis de la société, à force de jeter l'épouvante dans les cœurs, on a persuadé à bon nombre des adhérents du parti que nous n'étions pas dans le meilleur des mondes possibles, et que si notre ordre