‹ Conférences sur le christianisme dans son application aux questions socialesChapitre 65 sur 69 · LE PAINCIPB DB CHAAITÉ CONSACRA A LA CROIX · texte numérisé non relu

LE PAINCIPB DB CHAAITÉ CONSACRA A LA CROIX

riiomme doit accepter et bénir la volonté divine, et par sa soumission renouer le lien brisé entre le ciel et la terre. Personne ne peut à sa place passer par répreuve nouvelle» car il s'agit d'une union morale et personnelle entre lui et Dieu.

Alors, semble-t-il, autant vaudrait dire que le pardon divin demeurera inutile pour l'humanité. Qui ne voit qu'entraînée par ces puissances du mal auxquelles elle s'est volontairement livrée, qui ont corrompu, endurci son cœur, elle ne saurait le reconquérir sur elles et le rapporter douloureusement à Dieu. Quoi! elle ne le lui a pas donné quand elle était libre et pure, et elle le lui donnerait aujourd'hui qu'elle ne s'appartient plus. D'ailleurs, souffrir pour l'humanité déchue, c'est porter la peine de sa déchéance, ce ne peut être un acte libre, désintéressé, constituant le don de soi, à Dieu. Un être innocent peut seul faire de la souffrance un sacrifice , et par elle sauver le monde. Une épreuve nouvelle est une dérision; s'il est vrai que l'homme doit la subir, et s'il n'est pas moins vrai qu'il ne saurait la subir, nous nous trouvons en face d'une insoluble contradiction.

Insoluble! oui, sans l'amour; mais tout est possiWe à Tamour! Il faut qu'un homme subisse l'épreuve! Eh bien! me voici, s'est écriée une voix dans les profondeurs du ciel! que dis-je? dans le sein même de Dieu! C'était la voix de celui qui est son

â90 LE PEINCIPB DK CHARITÉ CON^ACAt A JLA C»0lt.

image, sa gloire, son Fils! Me voici, il faut une victime, je serai la victime du grand sacrifice! Cette victime doit être un hommei Je deviendrai Tun des fits des hommes. Je m'anéantirai, je m'abaisserai jusqu'à leur poudre. Et je mourrai de leur mort, mais cette mort d'un juste sera un libre sacrifice, une libre obéissance. Et je les s^uverai quand bien mêjtne ils me haïront ! Et le Père * accepté le sacrifice du Fils, et il l'a donné, il Ta livré pour nous. Ce n'e^t plus seulement son droit qu'il abandonne, c'est l'être de sa dilectîon, c'est l'objet de son éternel omour, c'est lui-même! Que- les sages se scandalisent, qu'ils disent que les lois de la raisQn sont renversées ! Nous aimons sentir notre pensée écrasée, éperdue devant le mystère ; plus le mystère est incompréhensible, plus l'amour est immense. Vous ne vous trompez pas, vous qui parlez de folie : il y a de la folie dans cet anéantissement de Dieu; mais c'est la folie de l'amour qui ne calcule pas sçs dons ! S'en plaigne qui voudra; pour nous, qu'on nous laisse adorer et ne pas comprendre, adorer parce que nous ne comprenions pas, parce que la miséricorde divine surpasse notre entendemeiit!

Messieurs, tout est extraordinaire, s£ins doute, dans le salut de l'homme, mais tout rentre dans cet ordre moral qui est sacré à Dieu lui-même et les miracles qui accompagnent la rédemption ne sont multipliés que pour raffermir sa base. Si le Christ n'é-

Page 1