‹ Conferences sur les litanies de la très-sainte viergeChapitre 26 sur 125 · LE · texte numérisé non relu

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tout au contrairéilife consere. Là, l'Enfint-Jésus, au prentier instant, en ce qui concerne l'usage de La raison et 1 sagesse, it l'homme le plus sage de tous, le plus rempli de grâce et de toute sainteté. Là renier instant, l'âme de l'Enfant, illuminée de 18 lumière pmmença de voir l'essence NE et le Christ fut

tout à la fois compréhenseur et voyageur, rempli de là plénitude de toute douceur et de toute suavité. Qui jamais vit de semblables miracles ? Qui, vraiment, la Mère de Dieu est une Mère admirable, étant l'officine des miracles. Ce que l'Éeriture raconte du tne de Stlomon*? « Une œuvre semblable n'a jamais été faite en aueun royaume, » peut irès-hien s'appliquer à la sainte Vierge ‘, En effet, ni dans le royaume céleste, ni sur la terre, ni dans les Enfers, on ne trouva jamais une œuvre semblable, Sauf la nature prise par le Verbe, il n'est aucune œuvre, aucune créature où la matière de la gloire divine resplendisse comme en Marie.

IL. — Étudions maintenant les motifs pour lesquels la Vierge Mère de Dieu est dite admirable.

Le bienheureux Albert, évèque de Ratishbonne, que sa remarquable érudition à fait surnommer le Grand, exposant les paroles de saint Lue : « Bienheureux le sein qui vous a porté! » à ingénieusement noté dix miracles dans la sainte Vierge qui l'ont fit, à bon droit, appeler Mère admirable, savoir : 4° la condité dela vierge ; 2 la virginité sans tache de la mère; 3° la conception sans coneupiseence ; 4 la grossesse sans pesanteur ; 5° l'enfantement sans douleur; 6° l'éternité du nouveau-né; 7° la propriété de la génération assimilée à la génération divine; 8° la possession commune du Fils avee Dieu: 9° la bénédiction héritée parmi les femmes; 10° la sainteté de sa vie sans tache.

Étudions chacun de ces privilèges en particulier.

1° Le premier miracle est la fécondité de da vierge. On n'a jamais entendu dire que celle qui enfante est vierge et qu'une vierge est mère. Jamais on ne vit, jamais on ne lut une virginité féconde et une fécondité jointe à la virginité. Cela dépasse les sens et l'intelligence,

4 IIIe Livre des Rois, x, 30. à

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2 Proverhes, 222, , — 2 9, jar, ne, 4, —— 108, sam, Lert

complétement ignoré de Salomon, parce qu’il dépasse de toutes les hauteurs les autres chemins du Sauveur. (a été, en effet, un plus grand miracle que le Christ naquit de la Vierge que de le voir ressusciter d’entre les morts : le premier est particulier à la Mère de Dieu, tandis qu’on lit de beaucoup de morts qu’ils sont ressuscités, comme le fait remarquer saint Ambroise dans son Livre de Pinstruction des Vierges. Dites-en autant de l’ascension au Ciel et de la passion du Christ. En effet, plusieurs sont montés au Ciel après le Christ, plusieurs ont enduré de très-cruels tourments avec patience et même avec joie ; mais, ni avant ni après:le Christ, il n’y a eu ou il n’y aura de conception par une vierge. Nul n’est né ou ne naîtra jamais d’une vierge sans la: concupiscence d’une chair paternelle, sans dommage pour l'intégrité maternelle.

Ce miracle est le plus grand de tous les miracles qui ont jamais été: vus au Ciel ou sur la terre. C’est ce qu’Isaïe indiqua clairement lorsque, sur l’ordre de Dieu, il interpella Achaz, le roi de Juda, en ces termes : « Demandez au Seigneur votre Dieu un signe dans les profondeurs de l’Enfer ou dans les profondeurs du Ciel'.» Et comme celui-ci, par le comble de l’impiété, refusait, le prophète ajoute au verset 44: « À cause de cela, le Seigneur vous donnera lui-même un: signe : voici qu'une vierge concevra et enfantera un fils.» Ces paroles indiquaient que-la conception du Christ et sa naissance d’une vierge. comprenaient en soi tous: les miracles qu’Achaz aurait pu demander au Ciel ou dans les Enfers, en haut ou en bas, à son gré.

2° Lu virginité inviolée de la Mère. — Et c’est là un miracle insigne et singulier. C’est une chose admirable d’être vierge et féconde, et ce ne l’est pas: moins d’être mère et intacte. Nous avons abondamment traité de ce miracle, en en: faisant ressortir la portée, dans les Conféferences 108°, 109° et suivantes.

3° Laiconception sans concupiscence.— Et c’est là un grand miracle, dont nous avons montré la convenance plus haut, à la 173° Conférence, en nous basant tant sur la dignité de Celui qui naissait que sur honneur dû par le Fils à sa Mère,

3 Isaïe, vu, 41.

MÈRE ADMIRAPLE. 4131

4° La grossesse sans pesanteur .— Il n’a pu y avoir aucune pesanteur dans le sein portant le fruit qu’il avait conçu, car la lumière qu’il avait au dedans ne saurait avoir un poids. Isaïe, dans sx prévision prophétique, le prédisait d'avance : « Le Seigneur montera sur une nuée légère !.» D’après saint Jérôme, saint Ambroise, saint Cyrille et d’autres auteurs, cette nuée légère, c’est la très-sainte Vierge Marie. Vraie nuée légère, puisqu'elle n’a été ni chargée ni humectée par le commerce charnel. Légère, parce que le fruit qu’elle portait dans son sein ne la chargeait aucunement. De Rà vint que la Vierge étant enceinte s’en alla à Bethléem, à pied, avec Joseph, car son sein n’était ni une charge ni un embarras. Ayant conçu sans l’homme, devant enfanter sans douleur, il faut croire qu’elle porta sans fatigue.

Le peuple croit que Joseph amena un âne pour porter Marie et un bœuf pour le vendre et payer le cens décrété, D’après cette opinion, Notre-Seigneur Jésus-Christ serait né entre ces deux animaux, comme l’Église l’enseigne et le prôche communément. On lit, en effet, dans Habacue : « On vous reconnaitra entre deux animaux?,» et dans Isaïe : « Le bœuf a connu son maître et l’âne la erèche de son Seigneur. » Ce dernier point, je l’'admets volontiers et le premier ne me sourit pas. Saint Jean Chrysostome, dans ses Homélies sur saint Luc, pense que Joseph et Marie étaient tellement pauvres qu'ils n’avaient pas cesanimaux: « Que les pauvres se consolent, dit-il; Joseph et Marie n’avaient ni serviteur ni servante ; ils vinrent seuls de Nazareth et n’avaient point de bêtes de somme. » La très-sainte Vierge Marie fit donc. à pied les quatre-vingts lieues de:chemin entre Nazareth et Bethléem?. Elle ne sentit aucun poids, car la charge qu’elle portait était légère; cet enfant ne chargeait point la mère et la fortifait. Jean le Majeur pense que ce poids fut Ôté par la qualité d’agilité.

5° L’enfantement sans douleur. — C'est là un miracle, puisqu'il est en dehors des règles de la nature créée, surtout après la promulgation de cette malédiction : « Vous enfanterez vos fils dans la douleur *.»

L'Écriture et la raison nous montrent que la Mère de Dieu a enfanié sans douleur.

1 xx, 4. — 2 11, 3, Version des Septante. — 3 Amanda, préface du Livre sur la Terre sainte. — * Genèse, 1, 46.

a) L'Écriture. — Isaïe raconte ceci avec admiration : « Avant de mettre au monde, elle enfanta. Avant que son fruit vint, elle enfanta un enfant mâle. Qui a jamais entendu dire semblable chose ? Qui a vu une chose pareille’ ? » Ceci signifie : « Avant les douleurs de l’enfantement, la Vierge enfantera; avant que vint le temps de son enfantement, c’est-à-dire avant que vinssent la douleur, les gémissements, les souillures des couches, elle enfantera un fils mâle, le Christ, supérieur par son sexe et par sa force d'âme.» Ce passage est ainsi expliqué par les saints Pères Grégoire de Nazianze, dans son Discours sur la Résurrection duw Seigneur, et Damase, dans son Traité sur la Foi*, Les Septante favorisent cette interprétation en traduisant comme suit ce passage: « Avant qu’arrive la douleur des couches, elle mit au monde et enfanta son fils mâle. »

Le même prophète dit : « Elle germera et tressaillera de joie, remplie d’allégresse et louant. » Saint Thomas * applique ces paroles à la sainte Vierge enfantant sans douleur.

Saint Luc “ indique clairement la même chose, car, après avoir dit de la Vierge qu’elle enfantera son Fils, il ajoute incontinent : « Et elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, » afin de nous faire entendre qu’elle avait été prompte à tous ces offices, parce qu’elle avait toutes ses forces. De là vint que la sainte Vierge n’eut pas besoin, à son enfantement, de sage-femme ni d’aucun aides, comme nous l’avons prouvé plus haut, à la 170° Conférence. Elle a été mère et accoucheuse ; elle-même mit au monde le Sauveur; elle Le lava de ses propres mains; elle l’emmaillotta, elle lui donna le sein, répandit son lait si doux sur ses tendres lèvres ; elle le coucha dans la crèche, elle le réchauffa de sa chaleur, parce qu’elle avait toutes ses forces, n’ayant ressenti aucune douleur à son enfantement,

b) Les saints Pères appuient la même vérité sur les raisons suivantes :

a”) Toutes les fois que la volupté ne précède point l’enfantement, la douleur ne doit pas le suivre, parce que ces choses sont nécessairement connexes et que l’une doit nécessairement suivre l’autre. Or, la

1 LxvI, 7, — 2 Liv, IV, chap. Lv. — 3 IIIe Part., quest. xv, art. 6. — * Chap. 11.

sainte Vierge n’a eu aucune volupté de commerce humain en concevant, par conséquent elle n’a dû éprouver aucune douleur en enfantant. C’est la pensée de saint Cyprien ‘, de saint Grégoire de Nysse? et de saint Jean Damascène *. Ce dernier dit : « La volupté ne l’a point précédé et la douleur ne l’a point suivi. »

b”) Parce qu’il convenait éminemment qu’en naissant il ne causât aucun dommage à sa Mère. A leur conception et à leur naissance, les hommes laissent d'ordinaire des traces de corruption dans leurs parents. Maïs le Christ, en entrant et en sortant, n’imprima pas la plus petite trace de lésion dans sa Mère. C’est pourquoi le sage Salomon dit : « La quatrième, je l’ignore entièrement : la voie de l’homme dans son adolescence, » ou, selon l’hébreu, « dans la jeune fille. » Nous avons déjà surabondamment démontré ce point dans cette même

c’) D’après saint Thomas *, la douleur de l’enfantement provient de la division violente que subit la mère, ce qui n’eut point lieu pour la sainte Vierge, comme nous l’avons prouvé plus haut, à la 170° Conférence.

d’) Il n’y a rien qui proclame et prouve mieux l’humanité des enfants des hommes que d’être engendrés dans la douleur par leurs mères. De là vient qu'Eve, notre première mère, qui voulut être semblable à une déesse, désirant la science, reçut en châtiment les angoisses et les douleurs de l’enfantement : «Je multiplierai vos angoisses et vos conceptions ; vous enfanterez vos enfants dans la douleur 5.»

Lors donc qu’il a voulu naître d’une femme, Dieu à sagement disposé qu’il naïîtrait sans douleur pour sa Mère, afin de proclamer ainsi qu’il n’était pas simplement un homme, mais bien un homme- Dieu.

Les dévots serviteurs de Marie disent, dans leurs méditations, que la bienheureuse Vierge Marie enfanta le Christ, à genoux, pendant la prière, avec une si grande joie et allégresse que, ravie en extase, elle voyait clairement l’essence divine, comme nous le montrerons plus longuement dans la suite, en méditant le mystère de la naissance du

1 Discours sur la Naissance du Christ. — 2 1er Discours sur la Résurrection. — 8 [Ve Livre de la Foi, chap. 15, —# IIIe Part., quest. xxxv, art. 6.—5 Genèse, ui, 16.

Christ, à l’invocation Rose mystique, et comme nous l’avons déjà exposé plus haut, à la 170° Conférence.

G° L’éternité du nouveau-né.— Voilà le grand miracle que Dieu a opéré en Marie : devenir cause de la cause première, établir un principe au premier principe, soumettre l'éternité au temps, mesurer l’immense, terminer l'infini, vêtir de chair un pur esprit, anéantir la majesté suprême, subjuguer la puissance divine elle-même. Ce miracle dépasse tous ceux qu'énumère l’Écriture; c’est un miracle plus grand que celui par lequel l’homme est tiré du limon de la terre et la femme de la côte de l’homme; que ceux par lesquels un vieillard centenaire et une femme nonagénaire engendrent, un buisson brûle sans se consumer, une verge se change en serpent et l’eau en sang, du feu surnage au-dessus de l’eau, des eaux s’échappent de la mâchoire d’un âne, une änesse parle le langage humain, la manne pleut du Ciel, la verge desséchée fleurit, l’huile coule du rocher, les eaux du Jourdain retournent en arrière, le cours du soleil s’est arrêté. Oui, ce miracle est encore plus grand, il l'emporte sur tous les miracles : le Créateur naïtre de la créature, la source sortir du ruisseau, le soleil naïtre de Pétoile, le potier être façonné par le vase, l'architecte être construit par la maison, la sphère consister dans le centré, le monde même, le plus grand qu'il y ait, trouver une demeure dans un monde étroit! O miracles! 6 prodiges!

La sainte Vierge est cette femme célèbre qui, ayant perdu une des dix drachmes qu’elle possédait, éclaire un flambeau, cherche avec soin, bouleverse sa maison tout entière, jusqu’à ce qu’elle l’ait retrouvée, Marie a eu dix drachmes, je veux dire, dix excellencesde grâces, savoir: la pureté des Anges, la puissance illuminative des Archanges, la dictature des Principautés, la sévérité des Puissances, le pouvoir des Vertus, la hauteur des Dominations, le repos des Trônes, la science des Chérubins, l'incendie d'amour des Séraphins. Elle a eu une dixième drachme créée dans l’état heureux du Paradis avec l’homme, envers la justice originelle que la faute de notre premier père nous avait fait perdre. Voilà donc pourquoi la bienheureuse Vierge Marie éclaire le flambeau, lorsque, couvrant la flamme de la divinité dans l'enveloppe de l'humanité, dans son sein, et lorsque la garnissant du

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liquide très-abondant de sa dévotion, elle la répand'tout entière sur ce monde. Elle bouleverse toute la maison, quand elle change l’ordre de la nature, de la conception et de l’enfantement; quand élle unit les hauteurs aux choses infimes ; quand elle mêle les choses nouvelles aux anciennes; quand elle marie l’éternité au temps ; quandeelle unit l’incorruptible au mortel; quand elle mélange ce qui est précieux à ce qui est vil; quand elle joint ce qui est terrestre à ce qui est céleste. Est-ce que nous ne voyons pas tout bouleversé sens dessus dessous, lorsque Dieu est fait homme et l’homme Dieu, lorsque ce qui est intime devient très-élevé, et ce qui est très-élevé infime, temporaire ce qui était éternel et le temporaire éternel, effet ce qui était cause et cause ce qui était effet, céleste ce qui était terrestre-et terrestre ce qui était céleste, créature le Créateur et Créateur larcréature? Ælle bouleverse la maison, je veux dire l’ordre de la nature, car la Vierge ‘enfante un homme, une étoile produit le soleil, une fille conçoit son père, une créature engendre son créateur : tout à la fois mère et fille, mère et servante, créature de celuiqu’elle engendre. Elle bouleverse la muison, car elle enfante sans ouvrir son sein, elle conçoit sans corruption, elle met au monde sans lésion.du sceau de isa virginité; elle fournit le lait et conserve ses mamelles intactes; elle portait l'enfant et ne lui connaissait point de père; elle devint mère sans avoir connu d’homme. Elle bouleverse donc la maison et cherche la drachme perdue, jusqu’à ce qu’elle lait trouvée. « Vous avez, dit l’Ange, trouvé grâce devant Dieu. » O femme la plus admirable des femmes!

7° La propriété de la génération assimilée à la génération divine. — Lie Père éternel s’engendre son Fils coégal et consubstantiel de son esprit fécond, sans passion, sans division ni corruption; la Mère- “Vierge, Marie, a engendré le même Fils de son sein très-pur, sans lésion ni corruption de corps. Nous avons déjà longuement traïté la chose au début de la 470° Conférence.

8° La communauté du Fils avec Dieu. — Le Fils de Dieu, né de toute éternité de la substance du Père, n’est pas différent du Fils né dans le temps de la substance de la Mère. ‘C’est un seul et même Christ subsistant dans les deux natures. J’en ai plus longuement parlé à la 177° Conférence.

Ce miracle dépasse toute admiration. Qui peut, en effet, s'étonner de ce que Marie a une affinité, et comme une véritable parité avec Dieu le Père? Elle est la Mère de ce Fils selon l'humanité, tout comme le Père est Père selon la divinité.

9 La bénédiction héréditaire parmi les femmes. — Seule, elle a échappé à toutes les malédictions des femmes. Seule, elle a conçu sans commerce d'homme, sans dommage pour sa virginité, sans excitation de la concupiscence, sans ardeur de passion. Seule, elle a enfanté un Fils sans briser la clôture virginale, sans dilatation, changement, injure de corps. Seule, parmi les femmes, elle a, par son Fils, Ôté la malédiction d'Eve et apporté au monde entier la joie.

10° La sainteté d’une vie sans tache. — Voïlà le dernier miracle opéré par Dieu dans la sainte Vierge, à savoir : qu’elle était perpétuellement exempte de tout péché. Nous avons déjà longuement élucidé ce point à la 87° Conférence et à la 144°,

Admirons donc cette Mère si admirable, et, pour que sa dignité brille encore davantage, examinons en second lieu :

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