‹ Conferences sur les litanies de la très-sainte viergeChapitre 29 sur 125 · CONFÉRENCE Du NOM DE JÉSUS QUI SIGNIFIE SAUVEUR · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE Du NOM DE JÉSUS QUI SIGNIFIE SAUVEUR

SOMMAIRE. — 1. Pourquoi le nom de Jésus est-il comparé à l'huile. — 2. Le nom de Jésus éclaire l'univers. — 3. Jésus est une nourriture qui sustente et nourrit l’homme. — 4. Jésus est un remède. Dans quelles adversités Jésus est une consolation. — 5. Combien le nom de Jésus est terrible aux démons. — 6. La lettre de Jésus-Christ au roi Abgare; combien féconde en miracles. — 7. Quel respect on doit avoir pour le nom de Jésus. — 8. Indulgences accordées à ceux qui honorent le nom de Jésus. — 9. Pourquoi le nom de Jésus est-il plus respectable que les autres noms de Dieu? — 10. Combien les Saints aimaient le nom de Jésus. — 11. Saint Paul. — 12. Saint Ignace, martyr. — 13. Saint Dominique. — 14. Saint François. — 15. Saint Jean Columban. — 16. Saint Bernardin, — 17. Saint Ignace de Loyola. — 18. Sainte Thérèse.

I. -- Puisque nous allons nous entretenir de notre Sauveur, il est raisonnable que nous essayions, suivant notre faiblesse, de dire quelque chose de son nom propre, « Jésus.» Ce nom, en effet, est propre à notre Sauveur ; il indique en mème temps sa nature divine, sa nature humaine et l’œuvre si éminente du salut, et par cela même il montre la dignité de Marie, sa Mère, dont nous voulons, en tout cet ouvrage, raconter les louanges. C’est, en vérité, un grand honneur pour la sainte Vierge d’avoir eu un tel Fils dont le nom est : 4° si salutaire au monde; 2 si terrible aux démons; 3° si vénérable et si aimable pour les habitants du Ciel et de la terre.

Il est éminemment salutaire au monde. Que ce nom très-saint de Jésus soit éminemment salutaire au monde, on le déduit de sa puissance et de son efficace pour le salut des âmes et pour la préservation et la guérison de toutes les maladies corporelles. Aussi l’Épouse des Cantiques disait-elle : « Votre nom est une huile répandue !. » On l'appelle avec raison une huile; tout ce que produit sur les corps l'huile appliquée à l'extérieur ou prise à l’intérieur, le nom de Jésus l'opère : qu’on l’entende, qu'on le lise ou seulement qu’on s’en souvienne. « L'huile éclaire, nourrit, adoucit ; elle alimente le feu, elle nourrit le corps, elle adoucit la douleur. De même, le nom très-saint

de Jésus éclaire quand on le prêche, il nourrit quand on y pense, il adoucit et console quand on l’invoque‘. »

Il. — Il éclaire, dis-je. D’où est venue dans tout l’univers et d’une manière si prompte la lumière de la foi, sinon de la prédication du nom de Jésus? Avant la venue de Jésus-Christ, les Païens invoquaient généralement les noms de Jupiter, de Mercure, de Junon, d’Apollon, de Diane et d’autres divinités. L’obscurité et la nuit de l’erreur étaient partout ; le nom de la vertu était mort; aucune religion, point de piété, point de culte rendu à Dieu parmi les Gentils, si l’on en excepte quelques hommes vertueux fort rares, comme Job et un certain nombre G'autres. De là saint Paul a dit: « Vous étiez autrefois ténèbres ?, » c’est-à-dire dans la Gentilité. Mais à peine le nom de Jésus commença-t-il à être prêché, un changement merveilleux s’opéra: la conversion du monde s’ensuivit; l’idolâtrie fut bannie de l'univers; les liens de fer du péché furent plus que brisés; Jupiter, Mercure, Vénus, Junon, Apollon et les autres furent mis en fuite. Alors on voit resplendir la vertu; la religion fleurit, la piété règne. La connaissance du Dieu suprême et véritable se. répand sur la terre et sur les mers. Autrefois « Dieu était connu dans la Judée ;» maintenant il est connu non-seulement en Judée, mais dans tout l’univers ; non-seulement en Israël, mais dans l’Europe, l’Asie et les Indes; son nom est grand tant dans les Indes orientales que dans les Indes occidentales. Dieu nous à appelés, par la clarté du nom. de Jésus, à son admirable lumière ; et dès lors, une fois illuminés et dans cette clarté jouissant de la lumière, saint Paul nous dit avec raison : « Vous étiez autrefois ténèbres et maintenant lumière dans le Seigneur®.»

Les hiboux et les chauves-souris volent pendant la nuit ; mais dès que paraissent les premiers rayons du soleil, ils s’envolent et se cachent. Semblablement, ces noms abominables des fausses divinités, ne pouvant supporter l'éclat de ce nom très-saint, tombèrent dans l'oubli et, comme une vaine fumée, s’évanouirent.

III. — Le nom de Jésus n’est pas seulement lumière, il est aussi nourriture. N’êtes-vous pas réconforté chaque fois que vous vous en

1 St. Bernard, Sermon xve, sur le Cantique. — ? Aux Éplésiens, V, 8. — 3 Ibid.

souvenez ? Qui fortifie autant l’esprit de celui qui y pense? Qui repose les sens fatigués, qui corrobore Les vertus, entretient les bonnes mœurs et favorise les chastes affections aussi puissamment que ce nom ? Tout aliment est aride à l’âme, s’il n’est arrosé de cette huile; il est insipide, s’il n’est assaisonné de ce sel. Si j'écris, je n’y ai aucun goût si je ne puis lire le nom de Jésus; si je discute, si je confère, je n’y prends aucun plaisir, à moins que je n’entende le nom de Jésus, véritable miel dans la bouche, mélodie dans l'oreille, ravissement dans le cœur.

IV. — De plus, le nom de Jésus est un remède, car il est onctueux et il adoucit les douleurs. Quelqu'un de vous est-il triste? Que le nom de Jésus vienne dans son cœur et de là s’élance à ses lèvres, et voilà qu’à l’apparition de ce rayon tout ennui s’éloigne et la sérénité revient. Quelqu'un est-il sous le poids d’une accusation, et, le désespoir dans l’âme, invoque-t-il la mort? Qu'il invoque le nom de Jésus et aussitôt il revivra. Un autre est endurci de cœur; un autre est appesanti par la paresse; un autre languit dans la sécheresse spirituelle, tellement que la source des larmes semble tarie en lui? Qu'il invoque le nom de Jésus, aussitôt son cœur s’amollira, son amour s’échauffera, la source des larmes jaillira avec plus d’abondance, elle coulera avec plus de douceur. Un autre se trouve dans un pressant danger; il est en proie à la peur, au trouble, à la crainte ? Qu'il invoque le nom de Jésus, aussitôt son âme sera rassérénée, la confiance renaitra et la crainte s’enfuira. Qui donc jamais, flottant dans le doute et l'incertitude, après avoir invoqué le nom de Jésus, ne s’est senti dans l’assurance ? Qui, abattu dans l’adversité et.sur le point de perdre courage, après l’invocation du nom de Jésus, ne s’est trouvé plein de force? Voilà les maladies et les infirmités de l’âme, et voilà aussi le remède.

Le saint Docteur compare encore le nom de Jésus à une huile répandue. Avant la venue du Christ, le:nom de Jésus était comme enfermé en un vase, « Dieu était connu dans la Judée» seulement ; mais après il étendit son nom par toute la création; de sorte qu'il est très-connu sur la terre et très-connu dans les Enfers. « Au nom de Jésus, que tout genou fléchisse, au Ciel, sur la terre et dans les En-

fers!.» C’est donc à justetitre qu’ilestcomparé à une huilerépandue. Une huile parfumée, tant que le vase est fermé, demeure inconnue; mais si on l’ouvre, elle répand en haut et au loin la suavité de son parfum. Il en est ainsi du nom de Jésus : tant qu’il était caché dans les trésors de la divine sagesse, il était ignoré; mais une fois répandu par tout l'univers, comme l'essence la plus suave, il répand partout sa douce odeur. De là Origène appelle ce nom glorieux « odoratu, » par l’odeur qu'il exhale, et « cultu » par la beauté qu’il donne ?; et saint Bernard, à l'endroit déjà cité, s’écrie : « O nom béni ! à huile autrefois répandue du Ciel sur la Judée et de là sur toute la terre ! »

V.— Ce nom est très-redoutable aux démons. Après que le parfum du nom très-saint de Jésus se fut répandu sur toute la terre, les impures statues des fausses divinités et les abominables noms de Jupiter, de Mercure, de Mars, de Vénus et des autres démons ne tardèrent pas à disparaître, comme nous l’avons dit. Et, aujourd’hui, tout démon, tout esprit impur redoute le nom de Jésus autant que tout ce qui a le pouvoir de le châtier et de le torturer ; il se dérobe et il s’enfuit, ne pouvant supporter la puissance si redoutable de ce nom. Comme des brebis au seul son d’une guitare montée avec des cordes faites de boyaux de loup ont tant de peur, à ce qu’on dit, et tremblent tellement qu’elles cessent de manger dans leurs étables bien pourvues et qu'elles se dispersent, fuyant çà et là dans les campagnes ; ainsi, au seul nom de Jésus, les démons tremblent et se dispersent.

De là vient que les Saints se servaient du nom de Jésus comme de l'arme la plus puissante contre les forces et les illusions des démons. Saint Justin, dans son Apologie des Chrétiens, écrit, vers la fin, que, de son temps, les Chrétiens guérissaient les énergumènes et les délivraient ordinairement des démons par l’invocation du nom de Jésus.

Saint Hilarion, obsédé une certaine nuit par d’étranges apparitions de démons, voyait, à la clarté de la lune, entre autres fantômes, un char qui se précipitait sur lui à fond de train: «Jésus! » s’écria-t-il, et aussitôt la terre s’entrouvrant engloutit tout ce cortége, et le Saint fut rendu à son repos.

1 Aux Philippiens, x1, 10. — 2 Homélie xive, sur Saint Luc. — 3 St. Jérôme, en la Vie de saint Hilarion.

Le bienheureux Abraham osa dire à Satan, qui le tentait : « J’ai pour ma défense une muraille très-forte et très-sûre : c’est le nom de mon Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, que j’ai aimé et que j'aime, et c’est en ce nom que je te méprise, chien immonde!» Et pendant qu'il disait ces paroles, le démon, comme une fumée, s’évanouit à ses yeux !.

VI. — Mais ce n’est pas seulement à des personnes isolées, c’est à des villes entières que ce nom a fourni souvent une protection assurée. Eusèbe de Césarée ? et plusieurs autres après lui, racontent que Notre-Seigneur Jésus-Christ donna, en réponse au roi Abgare, une lettre remplie de sentiments de bonté. Jacques Januensis, de notre Ordre, dans son vocabulaire, au mot Judas Jacobi, parle de cette lettre et dit que cet écrit de Notre-Seigneur Jésus-Christ avait tant de vertu qu'aucun hérétique, ni aucun Païen, ne pouvait vivre en cette ville d’Édesse, ni aucun tyran lui porter préjudice. En effet, si parfois un peuple en armes s’approchait de la ville, un enfant quelconque, debout sur la porte, lisait cette lettre, et le même jour les ennemis prenaient la fuite ou demandaient la paix. Aïnsi le dit Januensis. Mais d’où venait à cette lettre une si grande puissance, si ce n’est du nom de Jésus qui y était écrit? Car, sans aucun doute, soit en commençant, soit en finissant, Notre-Seigneur Jésus-Christ, écrivant surtout à un roi, dut mettre son nom.

De là vient que les fidèles, dans les événements subits, ne recourent à aucun autre nom qu'à celui de Jésus. Aussi, il est sérieusement enjoint aux magiciens et à ceux qui se vouent aux démons de s’abstenir de prononcer le nom de Jésus, et si parfois ce nom échappe à \quelqu’un contre son intention, les démons disparaissent 5.

Il est un fait certain, c’est que partout où la lumière de l'Évangile a faibh, ou le nom de Jésus est rarement invoqué, ou mème cette invocation a cessé entièrement, comme dans l'Asie et dans l'Afrique, parmi les Mahométans, et dans l’Europe parmi les hérétiques, ou bien là où vivent des catholiques tièdes, qu’en termes honnêtes on appelle politiques; là aussi, la superstition diabolique et l’art des prestiges sont répandus d’une manière étonnante. Certainement les

1 St. Éphrem., dans la Vie de ce Saint. — 2? Liv. Ier, chap. xv de son histoire, — Lisez Tostat, au Ier Livre des Rois, xix.

démons obsèdent ces peuples ; ils siégent parmi eux, ils ne souffrent pas qu’on les chasse, ou plutôt, ils ne veuient pas se laisser dépouiller de si belles et bonnes proies.

VII. — Le nom de Jésus est souverainement nee et aimable pour les habitants des Cieux et de la terre : « Que tout genou fléchisse, au nom de Jésus, au Ciel, sur la terre et dans les Enfers, » dit saint Paul‘. Le genou des habitants des Cieux, c’est-à-dire des Anges et des hommes bienheureux; le genou des créatures terrestres, c’est-àdire des hommes qui vivent sur la terre, fléchit volontairement au nom de Jésus; mais le genou des Enfers, c’est-à-dire des damnés, {léchit involontairement et par force; c’est que les hommes damnés et les démons, non-seulement croient à la majesté, à la puissance, à la sévérité de Jésus, juge et vengeur, mais ils l’éprouvent, en effet, et ils le sentent. D’où l’Apôtre saint Jacques a dit: « Les démons croient et.ils tremblent?. »

VIIT. — Quant aux fidèles qui sont sur la terre, il existe pour eux un décret fort juste du pape Grégoire X, qui ordonne, lorque le nom sublime de Jésus est prononcé, que tous le vénèrent et fléchissent Les genoux de leur cœur, ce qu’ils peuvent montrer au dehors par l'inclination de la tête ?.

D'autres Souverains-Pontifes ont accordé des indulgences à ceux qui vénèreraient pieusement le saint nom de Jésus. Urbain IV a accordé trente jours d’indulgence à ceux qui ajouteraient à la Salutation angélique le mot « Jésus-Christ. » D’autres ont accordé aux moribonds qui prononcent ce nom de bouche ou tout au moins de cœur, une indulgence plénière. Pie IV, Pie V, Grégoire XIII ont approuvé la Confrérie du très-saint Nom de Jésus, instituée par des religieux de notre Ordre, et l’ont enrichie de nombreux priviléges, afin que ce saint nom soit plus intimement gravé dans l'esprit des fidèles, qu'entre tous les noms de Dieu il soit le plus honoré, le plus aimé, le plus respecté, et qu’il trouve des défenseurs contre ceux qui le blasphèment et qui le profanent par le parjure.

IX. — Auparavant, Dieu était appelé de plusieurs noms différents :

4 Aux Philippiens, 51, 10. — ? Épitre, u, 19. — 3 Voyez chapitre des Décrétales, des Immunités ecclésiastiques, iv. VI,

Sadaï, Éloïm, Sabaoth, Élion, Adonaï, Ia, Cados, Jéhovah; et nous ne rendons à aucun de ces noms les mêmes honneurs qu’au nom de Jésus. Le docte Tostat, cherchant Les raisons de le faire, a trouvé les suivantes ! : d’abord, parce que ce nom a été donné au Christ à ‘cause de son obéissance : « Le Christ, pour nous, a obéi jusqu’à la mort, et jusqu’à la mort de la croix; à cause de cela, Dieu l’a exalté et lui a donné un nom?, » etc. Secondement, parce que Jésus c’est le nom dans lequel nous sommes sauvés : « Il n’y a sous le Ciel aucun autre nom donné aux hommes, par lequel on puisse être sauvé 5. » Troisiomement, parce que le nom de Jésus a une signification plus noble que tous les autres noms de Dieu. Sadaï signifie Dieu des mamelles, En effet, le mot hébreu scad se traduit par le mot latin uber. Dieu est appelé Sadaï, parce qu’il est doux comme le lait et qu’il se donne à tous avec abondance, comme le lait qui sort d’une mamelle bien remplie. D’où les Latins font découler le mot Deus du verbe dare ; car Dieu est, en effet, la satiété, l'abondance, la richesse, la plénitude, puisqu'il est le plus libéral, le plus abondant, le plus riche, le plus rempli de tout bien. Éloïm signifie le Dieu fort, qui prévoit, qui gouverne, qui juge, qui punit. Sabaoth désigne le Dieu des armées et des bataillons; ce n’est pas le nom, mais le surnom de Dieu. Élion veut dire élevé *, Adonaï signifie le Seigneur. la, c’est comme si l’on disait Dieu. Ce mot entre dans Alleluia, qui signifie louer Dieu. Cados est synonyme de saint. Jéhovah est le nom formé des trois lettres symboliques et ineffable. Maïs le nom de Jésus signifie Sauveur. Or, le salut est le plus grand bienfait de Dieu à notre égard, comme nous l'avons dit plus haut à la 42° Conférence.

X. — Enfin, ce nom est souverainement aimable pour les Saints.

XI. — Saint Paul le goûtait tant qu’il l’a, dit-on, écrit environ cinq cents fois dans ses Épiîtres.

XII. — Saint Ignace, cet évêque martyr de la primitive Église, qui gouverna l’Église d’Antioche, le troisième après saint Pierre, trouvait tant de douceur dans ce nom que, dans ses tourments, il ne cessait pas de l’invoquer; et comme les bourreaux lui demandaient pourquoi il

1 Sur l’'Exode, xx, quest. vin. — ? Auæ Philippiens, n, 8, 9, — 3 Actes, 1v, 19, — # Genèse, xiv, 22,

prononçait si souvent ce seul nom, il répondait : «C’est parce qu'il est écrit dans mon cœur.» Et en effet, après sa mort, le cœur fut arraché de son corps et le nom de Jésus-Christ en toutes lettres s’y trouva gravé en caractères d’or.

XIII. — Ce nom de Jésus avait tant d’attraits pour notre Père saint Dominique qu’il institua sous ce titre un ordre militaire de croisés, contre les hérétiques, qu’il appela la milice des croisés de Jésus- Christ, et qu’il leur fit porter sur leurs vêtements une croix blanche, noire et dorée, et finissant en forme de lis. Cet ordre fut restauré l’an du Seigneur 4603, sur le désir de Philippe IIT, et par un décret de la sainte Inquisition, comme il est dit dans notre chapitre général célébré à Valsoles, l’an de grâce 1605.

XIV. — Ce nom sacré était pour saint François une source de si grandes délices que lorsqu'il le prononçait ou l’entendait, il éprouvait une telle douceur qu’il léchait ses lèvres, comme s’il eût goûté un rayon de miel?, Le bienheureux Gilles, un des premiers compagnons de saint François, perdait connaissance en entendant ce nom dont la douceur surpasse toute douceur.

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