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TER MARIE, C'EST LA MEILLEURE MANIÈRE DE L'HONORER

Sommaire. — 1. Dévotion de nos ancêtres à l'égard de Marie. — 2. Indifférence des Chrétiens de nos jours pour son culte. — 3. Raisons pour lesquelles nous devons connaître et imiter ses vertus. — 4. Exemples qui prouvent combien lui sont agréables ceux qui les connaissent et les pratiquent. — 5. Hommages particuliers que l'Église catholique n’a jamais cessé de lui UE

I. — Nos ancêtres, hommes d’une grande piété, ont honoré Marie avec tant de dévouement, et ils se sont trouvés avec elle dans les termes d’une si grande intimité qu'ils paraissaient, dans leurs méditations, se trouver en corps et en âme en sa sainte compagnie. Ils partageaient avec elle, à l’égard de Jésus, les soins de la maternité; avec elle, ils le portaient dans leurs bras. Ils partageaient les mèmes

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joies, les mêmes douleurs, les mêmes inquiétudes, et se tenaient avec elle au pied de la croix. C’étaient d’ardents imitateurs de ses vertus. Ils reproduisaient dans leur conduite et la foi admirable de Marie, et sa grande espérance, et sa charité sublime, sa rare obéissance et son incomparable chasteté. Rivaliser entre eux de zèle et d’efforts pour manifester dans leurs actes sa simplicité touchante, sa sobriété, sa continence, son humilité, sa modestie, sa droiture, sa dévotion, sa fervente piété : c'était là le bonheur de leur vie.

IT. — De nos jours, on ne connaît plus ces pieux sentiments et ce zèle si ardent. Vous trouvez beaucoup de personnes qui ignorent de quelle manière nous devons honorer Marie, et quels avantages nous procure son culte. Une espèce de langueur, de négligence coupable, et je ne sais quelle fausse sécurité, les empêchent d’arriver à une véritable dévotion, à une sincère piété envers la sainte Vierge. Il leur semble que c’est assez de prononcer souvent son nom béni, de célébrer ses fêtes, de visiter les églises, les chapelles, les autels érigés en son honneur, lui offrir leurs cantiques de louange et linvoquer dans le danger; mais de l’avancement dans la vertu, qui est la meilleure manière d’honorer Marie, ils s’en soucient fort peu. Où sont ceux qui s'efforcent d’imiter sa foi ardente, son espérance inébranlable et son admirable charité? Qui donc cherche à reproduire comme il faut son humilité, son obéissance, sa chasteté et sa dévotion ? Certes, je ne blâme pas les vœux, les prières, les louanges, les cantiques en son honneur. Je demande seulement qu’on ne se contente pas de lui rendre ces hommages, mais que l’on s'efforce encore d’amender sa vie. Ne pas faire tout ce qu’on peut pour arriver à ce résultat, c’est agir contre la volonté de Marie qui exige que nous soyons les imitateurs de ses vertus. IL est écrit, en effet : « La louange ne saurait plaire dans la bouche du pécheur. » La bienheureuse Marie demande que ses serviteurs soient chastes et purs. Et c’est là la meilleure manière de l’honorer et de lui rendre le culte qu’elle mérite.

Il n’y a pas d’hommages plus agréables aux Saints que de marcher sur leurs traces. C’est dignement les honorer que de copier leurs actes. Saint Augustin nous l’apprend dans le xxx° Sermon sur les Martyrs : « Si nous voulons, dit-il, partager un jour la joie des Bien-

heureux, imitons-les, car ils n’intercèderont pour nous qu’autant qu’ils reconnaitront dans notre âme quelque chose de leurs vertus. Si nous voulons donc qu’une véritable piété enflamme nos cœurs pour Marie, si nous désirons qu’elle nous protége dans tous nos besoins, qu’elle nous donne part à la béatitude éternelle, il est absolument nécessaire que nous fassions tous nos efforts pour étudier ses perfections et pour les imiter.

III. — La sainte Vierge est un miroir et un modèle accompli de toutes les vertus. En elle nous voyons ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter. Saint Grégoire, dans son n° Sermon sur PAnnoncialion, s'exprime ainsi : La bienheureuse Vierge est l’appui inébranlable des croyants et Le parfait modèle des âmes pieuses. Le divin Idiot emploie les mêmes expressions. Saint Ildefonse, dans son a Sermon sur l’Assomption, dit : « La virginité et toute la vie de la Mère de Dieu sont le miroir et l’image de la chasteté, l’ensemble de toutes les perfections, l’ornement plein d’éclat de la pureté, et enfin un sublime enseignement de toutes les vertus, qui vous apprendra, vierge chrétienne, je vous prie de Le croire, ce que vous avez à éviter et à corriger pour pratiquer la chasteté,» Saint Ambroise tient à peu près le même langage dans son Livre Vie des vierges, dont nous parlerons plus longuement en expliquant l’invocation Speculum justitiæ. Puisque Marie est la sainteté personnifiée, puisqu'elle est le type de toutes les vertus, nous devons fixer nos regards sur elle et travailler avec ardeur à reproduire ce magnifique modèle que le Seigneur nous a donné.

Quand Dieu eut clairement fait connaitre à Marie comment il voulait que les vases du Temple fussent exécutés, il ajouta : « Regarde et fais selon le modèle que je fai montré sur la montagne‘. » Il noustient le même langage en nous montrant Marie comme le modèle de toute sainteté, l'exemple et le type de toutes les vertus : « Voyez, dit-il, et faites selon le modèle que je vous ai montré dans la Vierge Marie. » Il dit d’abord, « regardez, » et puis « faites, » parce qu’il ne suffit pas d'élever nos regards vers Marie, de contempler et d'admirer ses vertus,

1 Exode, xxv, 40,

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mais qu’il faut surtout les pratiquer. En ne tenant pas cette conduite, nous serions comme ceux qui voient avec plaisir les réprésentations des théâtres et qui se soucient fort peu de les imiter.

. Lorsque le peuple juif sortit de l'Égypte, il fut guidé dans le désert par une colonne de nuée pendant le jour, et par une colonne de feu pendant la nuit ‘. Dans ce triste désert du monde, Marie est le guide des chrétiens. Elle est pour eux cette colonne de nuée dont parle le prophète : « Voici que le Seigneur montera sur une nuée légère ?, » Elle protége ses serviteurs contre le pharaon des Enfers; elle est une colonne de feu qui répand une flamme divine, brille pour tous, et nous montre la route par la splendeur de ses mérites et l'éclat de ses exemples.

C’est cette pensée qui emmenait de toutes parts les Chrétiens des premiers siècles, auprès de la sainte Vierge, comme le rapporte Lucien Dexter, dans sa chronique de l’an 35 de Jésus-Christ, n° 5. Ils voulaient voir vivante cette image, ce miroir, ce modèle de toutes les vertus, étudier sa vie, l'intégrité de ses mœurs et l’imiter dans leur conduite.

A notre tour, imitons-la. C’est lui rendre un véritable hommage que de suivre son exemple. Celui qui limite est en quelque sorte areffé sur elle, et de même que le rameau greffé sur l’arbre reçoit de lui toute sa séve, bourgeonne, se couvre de fleurs et de fruits; de même, celui qui est greffé sur Marie par limitation de ses vertus reçoit d’elle sa vie spirituelle, et produit en abondance des fruits de salut. Celui, au contraire, qui ne l’imite pas reste stérile, se dessèche et périt.

\Imiter Marie, c’est se montrer son enfant. Celui qui ne s’efforce pas, autant que possible, de pratiquer ses vertus, ne mérite pas de l’appeler sa Mère; l’enseignement de Notre-Seigneur Jésus-Christ le prouve très-bien. Ii blämait sévèrement les Juifs qui se glorifiaient d’être les fils d'Abraham et qui ne marchaïent pas sur ses traces : « Si vous êtes les enfants d'Abraham, disait-il, faites donc les œuvres d'Abraham 5.» C'est-à-dire : « C’est en vain que vous prétendez être fils d'Abraham si vous n’imitez passes vertus.» Celui-là est véritablement son fils qui les

1 Exode, xux, 21, — 2? Isaïe, xix, 1. — © St, Jean, nr, 39,

imite parfaitement. De même, c’est en vain qu’il se flatte du patronage de Marie, c’est en vain qu’il lui donne le nom de Mère, celui qui ne reproduit pas dans sa conduite la bonté, la douceur, la piété, l'humilité et les autres vertus de cette glorieuse Vierge. L’impie Anatole, parmi tant d’autres, en fit la triste expérience. Cité au tribunal de l’empereur Tibère, à cause de ses crimes sans nombre, il est saisi de crainte à : cette nouvelle, et accourt devant une image de Marie, Mère de Dieu, suspendue aux murs de la prison. Se prosternant dans la poussière, les mains derrière le dos comme un criminel, il la prie et la supplie ardemment de le secourir. Mais elle, comme ayant horreur de lui, se détourne et montre clairement ainsi qu’ils ne doivent pas compter sur le secours de Marie ceux qui, dans leur vie et dans leurs mœurs, ne reproduisent pas sa vie et ses mœurs, mais qui outragent elle et son divin Fils par l’immoralité et l’impiété de leur conduite. Cette histoire est racontée par Baronius, dans son ouvrage composé l’an 580.

C'est avec les plus vives instances que je ne veux pas cesser de dire et de redire : « {mitons Marie. » Elle est notre chef, notre reine, notre porte-drapeau, notre guide ; toutes les vertus rayonnent sur elle; elle nous invite à la suivre, elle nous presse et ne rejette personne. « Venez à moi, dit-elle, vous qui êtes consumés par mon amour, et je vous remplirai de mes dons.» C'est-à-dire de mes vertus ‘. La sainte Vierge nous devance dans le chemin de toutes les perfections : appliquons-nous à la suivre avec courage.

Mais, m'objectera peut-être quelque âme timide, les vertus de Marie sont si extraordinaires, si sublimes, si admirables, si héroïques, que nul au monde ne peut, je ne dis pas les reproduire telles qu'elles sont, mais approcher d’elles par limitation. Et qui, en effet, serait capable d'atteindre et même de reproduire, dans sa conduite, la foi si inébranlable, l'espérance si étendue, la charité si ardente, l’humilté si profonde, lobéissance si prompte et les autres vertus merveilleuses de la sainte Vierge? Qui oserait prétendre qu’il possède comme elle la prudence des vierges, la chasteté, la pureté, l'innocence, la bonté et la miséricorde ?

4 Ecclésiastique, xxw, 26.

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Je l'avoue, les vertus de Marie sont sublimes et merveilleuses, mais, en admettant qu’on ne puisse les égaler, essayons du moins d’approcher d’elles. Puisqu'’il ne nous est pas donné d’atteindre le sommet de la perfection, tâchons d’en. gravir les premiers degrés. La servante d’Esther, nous dit la sainte Écriture!, tenait dans ses mains et soutenait son manteau royal, et empêchait ses bords d'arriver jusqu’à terre; ainsi l’âme fidèle doit être, en ce monde, la servante de Marie, ‘éunir dans son cœur ses vertus et ses exemples, les pratiquer et les - reproduire, sinon d’une manière complète, du moins autant que possible. Heureux celui qui peut arriver jusqu'aux franges du manteau de ses perfections!

Elle nous donne l’exemple : marchons à sa suite, de loin si vous voulez, mais suivons-la. La concupiscence n’a jamais troublé son âme : tachons d’étouffer ses mouvements dans la nôtre. Seule elle a été en réalité mère et vierge : soyons au moins mères et vierges par l'esprit. Soyons mères par la fécondité de nos bonnes œuvres et vierges par la pureté de notre foi et l’intégrité de nos mœurs. Elle fut si sainte qu'aucun péché ne la souilla jamais. Abstenons-nous de tout péché mortel, et, autant que cela dépend de nous, évitons le péché véniel.

IV.— Ce culte d'imitation est infiniment agréable à Marie; il nous est très-avantageux, car il nous obtient la vie et le salut. Si les peintres qui représentent l’image de Marie lui sont très-agréables, à combien plus forte raison elle doit se montrer sensible aux efforts de ceux qui cherchent à modeler leur vie sur sa vie et leurs mœurs sur ses mœurs! Un certain peintre, comme le rapporte Vincent de Beauvais, dans son histoire ?, mettait tous ses soins à peindre l’image de la bienheureuse Vierge. Il cherchait surtout à représenter sous ses pieds le dragon infernal dont elle avait écrasé la tête. Ce travail plut beaucoup à Marie ; le démon, au contraire, en ressentit un vif déplaisir : ne pouvant le supporter, il excita un tourbillon violent qui renversa l’échafaudage sur lequel le peintre se trouvait. C’en était fait de lui si la sainte Vierge ne lui avait tendu une main protectrice, le soutenant dans l’es-

4 Esther, xv, 7. — 2? Liv. VII, chap. cxiv.

pace jusqu’à ce qu’on arrivât pour le secourir. Si la sainte Vierge est ainsi venue en aide à celui qui retraçait son portrait seulement avec un pinceau et le préserva de la mort, avec combien plus d’empressement arrachera-t-elle aux embüches du démon ceux qui la reproduisent dans leur conduite!

Bzowski ! raconte qu’une image de la bienheureuse Vierge Marie, commencée par un peintre, fut miraculeusement achevée par cette divine Mère. Si elle vint de cette manière terminer le travail d’un peintre qui ne s’occupait que de son image corporelle, il est hors de doute qu’elle aidera par la grâce ceux qui s’efforcent de reproduire son image spirituelle par leur vie et leurs mœurs. Oui, cela est hors de doute, tout à fait hors de doute.

Afin done que notre piété et notre dévotion lui soient agréables, et qu’elle les accepte volontiers, imitons de cœur et d'esprit toutes les vertus qui rayonnent dans tout le cours de sa vie. Saint Bernard, dans son Sermon sur le Salve, Regina, dit une grande vérité lorsqu'il dit : «La bienheureuse Vierge connaît et aime tous ceux qui la chérissent; elle vient en aide à tous ceux qui l’invoquent, mais elle agit surtout de cette manière à l’égard de ceux qui lui ressemblent par la chasteté et l'humilité. »

Que dis-je! nous ne pouvons obtenir par elle les dons célestes qu’en imitant ses vertus; c’est là Le sentiment du saint Docteur que nous venons de citer. Dans son Homélie 11 sur ces paroles Missus est, il s’écrie : « Si vous voulez obtenir le secours de sa prière, ne cessez point de suivre ses exemples.» C'est aussi celui de l’Église : dans l'office des Saints, elle se sert fréquemment de cette formule de prières : « Accordez-nous, Seigneur, d'arriver jusqu’à vous par l’exemple de ceux dont nous célébrons l’entrée glorieuse au Ciel. » Ou bien de celle-ci : « Accordez-nous, Seigneur, d’être enflammés de zèle par l’exemple de ceux dont les mérites nous comblent de joie. » Ou encore : « Faites-nous arriver au Ciel par limitation de leurs vertus, » etc.

Sainte Brigitte, dans ses Révélations ?, nous enseigne quelles

1 Tom. XIII, année 1931, — 2 Liv. Ier, chap. xxxt,

sont les vertus que nous devons pratiquer en Marie, en nous racontant de quelle manière cette glorieuse Vierge lui apparut, accompagnée de saint Jean l’Évangéliste. Elle avait sur la tête une couronne très-riche, tressée avec sept lis et autant de pierres précieuses. Ses cheveux flottaient sur ses épaules, sa tunique était éblouissante. Elle portait un magnifique manteau couleur d'azur. Selon l’explication que lui en fit saint Jean lui-même, la couronne désignait sa souveraineté auguste et son domaine sur toutes les créatures; les sept lis, si éclatants et si purs, signifiaient son humilité, son esprit de crainte, son obéissance, sa patience, sa constance, sa douceur et sa miséricorde; les sept pierres précieuses dont la splendeur éblouissait, l’excellence de ses vertus, sa pureté très-parfaite, sa beauté trèspudique, sa sagesse très-lumineuse, sa force sans égale, sa probité à toute épreuve, et la droiture incomparable de sa volonté; ses cheveux flottants, la rectitude de ses pensées; son manteau d’azur, son abnégation complète des choses de ce monde, et enfin sa tunique dorée, l’ardeur de sa charité. Imitons ses vertus pendant toute notre vie, afin de mériter de jouir des délices de sa compagnie dans l'éternité.

DES DEVOIRS OU DES HOMMAGES QUE L'ÉGLISE CATHOLIQUE REND A LA MÈRE DE DIEU.

V. — À travers tous les siècles, témoins de son existence, l'Église n’a jamais cessé de rendre à Marie un culte particulier et de l’entourer d’une vénération extraordinaire. Maïs comme un culte sans les œuvres est un culte inutile, elle a toujours manifesté par des actes celui qu’elle rend à Marie; toujours elle l’a enrichi d’oflices divers et dè cérémonies respectueuses, et elle a voulu le faire honorer par le monde entier, meliant en pratique ces paroles de saïnt Jean *. « Mes petits enfants, ne nous aimons pas en paroles et de bouche, mais par nos œuvres et en vérité. »

Le prince des philosophes, Aristote ?, après avoir énuméré les personnes qui ont droit à des honneurs spéciaux, parle des témoignages de respect et des marques de vénération qu’on peut leur donner. Ce

1 Épître Lre, chap. ur, + 18. — 2 I, Rhéforique, chap. xv.

288 CONFÉRENCES SUR LES LiITANIES DE LA SAINTE VIERGE.

sont, par exemple, des sacrifices, des monuments avec des inscriptions poétiques ou en prose, des prix, des jeux, des tombeaux, des statues, des hommages publics, des présents estimés parmi toutes les nations. Tels étaient les honneurs que l’on rendait chez les Païens aux personpages distingués.

Ces marques de respect, l’Église catholique n’a pas cessé de les rendre àMarie,et,commeelle laregardeavec justicecommela plus digne de toutes lescréatures, elle y a ajoutéet elle y ajoutera toujours des hommages particuliers. En son honneur, elle élève des temples magnifiques, elle bénit des chapelles et des autels, elle dresse des statues, elle répand des images. Pour exalter sa gloire, elle célèbre des fètes, offre des sacrifices, institue des ordres religieux; approuve des associations pieuses, des congrégations, des confréries ; compose des formules de prières; établit des jeûnes et autres mortifications corporelles, et permet des processions. Elle honore ses reliques , se consacre à elle par des vœux, lui fait des ex-voto et des présents divers qu’elle suspend aux murs de ses temples et de ses autels. Elle lui offre, enfin, pour l’honorer et la louer, une foule d’autres œuvres de piété.

Afin de mieux montrer avec quel zèle l’Église a rendu et rend encore à Marie le culte qu’elle mérite, je dirai quelques mots sur chacun des hommages dont elle l'entoure.

293° CONFÉRENCE TEMPLES, CHAPELLES, ORATOIRES, AUTELS ÉLEVÉS EN L'HONNEUR DE MARIE.

SOuMARE. — 4. On peut élever des temples en l'honneur des Saints. — 2, Temples élevés en l’honneur de la Mère de Dieu, bien avant sa naissance et sa conception. — 3. Temples élevés en son honneur pendant sa vie ou peu après sa mort, toujours du temps des Apôtres. — 4. Temples élevés en son honneur après son Assomption glorieuse au Ciel et la diffusion de l’Evangile dans le monde, — 5. De quelle manière l'Eglise honore Marie dans la consécration des temples et des autels.

[.— Nous pouvons élever des temples non-seulement en l’honneur de Dieu, mais encore en celui des Saints. C’est la pratique de l’Église et un point de foi clairement défini contre les Iconoclastes, les Pétro-

busiens, les Albigeoïis, les Wicleffites, les Luthériens, les Calvinistes et autres hérétiques.

Si Salomon a pu construire un temple non-seulement pour offrir les sacrifices qui conviennent à Dieu seul, mais encore pour conserver l'Arche du Seigneur, comme l'Histoire sainte nous l’apprend ‘, pourquoi nous serait-il défendu d'élever des églises en l’honneur des Saints, et surtout en celui de la Mère de Dieu qui mérite un bien plus grand respect que l’Arche de l'Ancien Testament? On vénérait l'Arche, parce qu’elle servait d’escabeau aux pieds de Dieu : « Adorez l’escabeau de ses pieds, parce qu'il est saint ?. » Or, la très-sainte Vierge a été le Tabernacle de Dieu; non-seulement Dieu s’est reposé en elle, mais il a habité corporellement pendant neuf mois dans ses chastes entrailles. L’Arche, n'étant qu’une matière de bois et inanimée, est restée sur la terre. La très-sainte Mère de Dieu, au contraire, a été enlevée dans les Cieux et placée à la droite de son Fils. C’est donc avec raison que l’on construit et que l’on consacre des temples en l’honneur de Celle qui fut en réalité la vraie Arche d’alliance, comme nous le montrerons mieux lorque nous expliquerons l’invocation Fæœderis arca.

On peut rapporter à trois époques différentes les temples élevés en l’honneur de la Mère de Dieu : les uns lui ont été consacrés avant sa naissance; les autres pendant sa vie ou peu après, et toujours du temps des Apôtres ; d’autres, enfin, après sa très-glorieuse ascension dans le Ciel.

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