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demandait d’être délivré de Julien, cet empereur impie, ennemi du nom de Chrétien. Il apprit bientôt ce qu’il en adviendrait. Le martyr disparut un moment du tableau, et peu après il reparut tenant une lance sanglante avec laquelle il transperça et tua Julien. L'Église et l'univers entier obtinrent une paix salutaire et désirée !,
À Sozopolis, ville de Pisidie, existe une image de la Vierge trèspure, laquelle laisse échapper de sa main une source d’huile embaumée, comme plusieurs l’ont témoigné. Tel est le récit de'Germain, patriarche de Constantinople, dans une lettre à Thomas, évêque de Cladiopolis, qui fut élu au Concile de Nicée ?. Saint Eutychius, patriarche de Constantinople, ayant oint de cette huile miraculeuse Androgius et son épouse, fit que désormais leurs enfants vécussent au lieu de mourir, comme cela leur arrivait auparavant dès leur naissance Ÿ.
Une image semblable existe à Sardène, à trois mille de Damas. Une huile plus odorante quele baume en découle incessamment. Cette huile a souvent délivré des Sarrasins et des Juifs de diverses maladies. Elle ne diminue jamais, quelle que soit la quantité qu’on en prenne. Personne n'ose toucher cette image, mais tous peuvent la voir. L'huile que les Chrétiens conservent religieusement s’augmente, et lorsqu'on en prend avec dévotion et soi-même, on obtient de Dieu, qui veut honorer la Vierge, Mère de Dieu, tout ce qu’on désire. Le jour de l’Assomption et le jour de la Nativité, tous les Sarrasins de cette contrée viennent là avec les Chrétiens pour y prier, et offrent leurs hommages et leurs cérémonies avec beaucoup de dévotion. Ce miracle a converti beaucoup de Sarrasins à la foi catholique et a rendu la santé à beaucoup de leurs malades. Un soudan de Damas étant devenu complétement aveugle, invoqua le secours de la bienheureuse Vierge Marie et recouvra la vue avec cette huile. Afin de rendre lumière pour lumière, il dota l’autel de la sainte Vierge d’un revenu annuel de soixante mesures d'huile, afin qu’on y entretint des lampes allumées. A peine avait-il recouvré la vue que le premier objet qu’il aperçut fut une lampe brillante. Depuis ce temps jusqu’à la Noël
1 St. Damascène, Vie de saint Basile. — ? Actes, 1v. — 3 Surius, Vie de saint Eutychius, 6 avril.
NIERGE VÉNÉRABLE. ) 307
suivante, l’huile coula avec plus d’abondance de l’image, et l’année d’après elle se solidifia. Cette même année, les miracles opérés par l'huile de Notre-Dame de Sardène étant devenue beaucoup plus fréquents, le soudan des Sarrasins, miraculeusement guéri, consolida la foi catholique en Orient*. Ce tabeau, fait et peint à Constantinople; fut finalement donné comme un grand présent à une abbesse par le patriarche de Jérusalem. Armand, abbé de Lubeck, rapporte qu'il le vit en 870, comme le raconte Baronius à cette date.
Dans l’église de Cyr, évêque de Smyrne, existe une image miraculeuse de la Mère de Dieu, à l’occasion de laquelle cette église fut bâtie par ce prélat. Il y avait en cet endroit un grand et haut cyprès où quelqu'un cacha une image de la Mère de Dieu. Après un assez long temps, l’image, qui était cachée, se révéla d'elle-même. Le cyprès, brillant d’un immense éclat, parut comme un phare, et cette vertu cachée lui conféra une puissante vertu de miracles. Dans un but de louable curiosité, on monta vers le cyprès et on vit l’image miraculeuse ?.
A Édesse, en Syrie, il y avait une image de Marie qui ordonna d'introduire saint Alexis dans l’église et révéla son nom. Aujourd’hui, on la conserve très-religieusement à Rome, dans l’église de ce même saint Alexis, sur un tabernacle de marbre et fort haut, soutenu par des colonnes.
À Jérusalem existait une autre image, — j'ignore si elle y est encore, — devant laquelle sainte Marie Égyptienne, après dix-sept ans de désordres et de crimes, pria et supplia la Mère de Dieu de lui ouvrir la porte du Temple de Jérusalem, fermée à ses péchés. Elle l’obtint. Admise enfin dans l’église pour adorer la croix du Sauveur, elle rendit grâces à haute voix à la sainte Vierge. C’est le récit de Sophronius, évèque de Jérusalem. 1l fut fait une mention très-honorable de cette image au 2° Concile de Nicée*. Le moine Jean, vicaire des principaux évêques d'Orient, raconta en plein synode le récit ci-dessus au sujet de l’image de la sainte Vierge, à qui sainte Marie Égyptienne s'était recommandée, et ajouta : « Nous avous vu cette image dans la sainte cité de notre Dieu et nous l’avons souvent saluée. ».
1 Bzowski, an de Notre- Seigneur 820. — ? Nicéphore, Histoire, liv. IV chap. xLv1. — 3 Actes, 17.