A ROME
A Rome, outre les tableaux de saint Luc énumérés ci-dessus, on conserve dans l’église de Sainte-Marie trans Tiberim, l’image de Notre-Dame de Clémence, célèbre par ses miracles. Dans une grande sécheresse, on la porta en procession et elle obtint du Ciel une pluie abondante. De plus, une grande discussion s’étant élevée contre ceux d’en deçà et ceux d’au delà du Tibre, on pria la Mère de Dieu et elle cessa. C'est le récit de Pierre-Antoine Spinelli t.
A Sainte-Marie des Anges, dans les thermes de Dioclétien, sur le mont Quirinal, on voit une image de la Mère de Dieu, entourée et soutenue par sept anges.
Sous un portique près du théâtre de Marcellus, il y a une image de la Mère de Dieu pressant son Fils dans ses bras, avec des lettres d’or sur un saphir. On croit qu’elle a été faite de ia main des Anges et portée par eux dans la demeure de sainte Galle, veuve romaine célèbre par sa noblesse et sa sainteté. Appliquée à de bonnes œuvres, cette Sainte recevait chaque jour douze pauvres à sa table, et, en récompense, les Anges lui apportèrent cette image entourée d’une grande clarté. Elle avertit de la chose le pape Jean, plus tard martyr. Le pape vint et se miten prières. Tout d’un coup les cloches se mettent spontanément en branle, et Jean contemple avec admiration l’image suspendue dans les airs. Enfin, les Anges la remirent entre ses mains. Ce même jour, la peste disparut de la ville qu’elle ravageait, et cela par un nouveau bienfait de la bienheureuse Vierge. C’est pourquoi sainte Galle éleva dans sa propre maison un temple à Jésus-Christ et à sa sainte Mère. On l’appelle vulgairement Sainte-Marie a Porticu, à cause du portique d’Octavie, mère de Marcellus et sœur d’Auguste, qui se trouve en cet endroit. La sainte image est placée à l'endroit mème où elle apparut pour la première fois, au-dessus d’un ciborium bâti par Grégoire VII, et où on lit ces vers en mosaïque : « Voici l’image de Marie, cette pieuse Mère, qui apparut à Galle couchée et wemblante. » Sur l’ordre de Callixte III, elle fut portée à travers les
1 Loc. cit,
rues de la ville avec beaucoup de pompe, et la peste cessa. Sur l’ordre de Paul IT, elle fut portée par l’évèque de Foligno, dans la chapelle des papes, mais elle retourna miraculeusement dans son église, En 1598, le 14 mars, Rome ctant saisie de crainte par rapport aux Turcs, afin d'obtenir la concorde des pieux Chrétiens contre les Musulmans, Léon X suivit nu-pieds, avec les cardinaux, cette image et celles du saint Sauveur et de sainte Marie Majeure. Paul III, en 1537, le 2 juillet, et encore en 1543, fit porter ces mêmes images en procession. Sous le pontificat d’Adrien VI, la sainte image fut de nouveau exposée, et on indiqua des prières pour la peste qui sévissait. Partout où on la portait, l’air perdait sa contagion et la peste fuyait. Un Juif, tournant la tête, montra le dos à l’image par dérision; son visage resta toujours ainsi contourné. Une Juive, s’étant détournée pour ne pas voir la sainte image, perdit la vue. Enfin, une autre particularité à la louange de cette image, c’est que les injures du temps n’ont rien pu contre elle, et qu’elle est demeurée intacte dans tant d’incendies de Rome et tant de pillages des ennemis. |
A Sainte-Marie in Schola Græca, on voit dans une chapelle une image de la Mère de Dieu, que saint Pie V y fit transférer, parce qu’elle faisait beaucoup de miracles dans une maison où elle était peinte.
À Sainte-Marie super Minervam, dans la chapelle de la florissante et très-glorieuse confrérie du Saint-Rosaire, on vénère avec beaucoup de piété une image de la sainte Vierge.
A Sainte-Marie in Via existe une image peinte sur une toile qui commença d’être vénérée à cette occasion-là. Près de la voie se trouvait un puits pour abreuver les chevaux. Par mégarde, on y fittomber ‘une image de la Vierge. Pendant la nuit, les eaux bouillonnent, débordent dans l'écurie, et la sainte image surnage. Les valets, éveillés par le bruit des chevaux, aperçoivent l’image peinte sur une toile qui surnageait. Ils avertissent du miracle le cardinal Pierre Capoti, sur le terrain de qui le puits était situé. Celui-ci plaça avec beaucoup de piété et de respect la sainte image dans sa maison d’abord, en 1385; ensuite, sur l’ordre du pape Innocent IV, il y bâtit un oratoire où il plaça l’image. Plus tard, les Pères Servites agrandirent l’oratoire, renfermèrent le puits dans l’église et demeurèrent tout aupres.
A l’Hospice des incurables, on conserve une image de la Mère de Dieu, exposée à la vénération publique à l’occasion que voici : En 1525, un enfant de sept ans tomba par accident dans le Tibre. La mère supplia la Mère de Dieu de conserver son fils, en se jetant à genoux devant une image placée près du Tibre, dans une petite niche. O merveille! l'enfant reparut sur l’eau, plein de vie et joyeux, raconta qu'il avait été repêché et sauvé par une femme vêtue d’un habit blanc. On bâtit une église à la Vierge secourable, qu’on appela Notre- Dame des Miracles. Elle fut assignée aux Pères mineurs conventuels: réformés, et on y conserva l’image. Plus tard, en 1598, elle fut transférée dans l’église de l’Hospice des incurables, magnifiquement bâtie: par le cardinal Antoine Salviati, et elle y est vénérée avec grande piété.
A Sainte-Marie a Scala on voit une image de la Mère de Dieu, à l’occasion de laquelle fut bâti un temple magnifique. L'image, placée sous l’escalier d’une maison, commença à devenir célèbre par tant et de si grands miracles, qu’en peu de temps on put bâtir avec les. aumônes des fidèles un temple magnifique.
Il ÿ a encore à Rome plusieurs autres images, mais il m’a paru bon de nerappeler que celles qui sont célèbres par des miracles ou qui sont entourées d’une vénération spéciale. |