‹ Conferences sur les litanies de la très-sainte viergeChapitre 47 sur 125 · EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

EN ESPAGNE

De tous les royaumes qui sont sous le ciel, l'Espagne est un des plus attachés à La foi catholique et au culte de la Mère de Dieu. L’Apôtre saint Jacques prêchant l'Évangile en Espagne, la Mère de Dieu elle-même lui apparut sur une colonne, à Saragosse (elle vivait encore, mais en Orient) ; un chœur d’Anges chantant les cantiques les plus harmonieux l’accompagnait; elle promit qu’elle donnerait cette dévotion aux Espagnols; voici ses paroles : « Cette partie de l'Espagne me sera très-dévouée, et des ce jour je la prends sous ma protection spéciale ?. » De cette contrée de l'Espagne, cette dévotion envers Marie se répandit d’une manière merveilleuse dans tous les royaumes. Aussi les Espagnols ont-ils des images de la sainte Vierge très-célèbres et illustrées par de nombreux miracles.

A Madrid on voit une image de la sainte Vierge, vulgairement appelée Notre-Dame d’Afocha ; soit par son antiquité, soit par sa dignité, elle occupe le premier rang parmi toutes les images miraculeuses de la sainte Vierge dont s’honore le pays. Ses commencements remontent au delà des relations des écrivains les plus anciens ; il n’y a pas à en douter, ils ont été certainement miraculeux. Saint fldephonse fait mention de cette image, et, faisant son éloge, il conseille à un chanoine de Saragosse d’y aller en pèlerinage. Saint [ldephonse vivait en l’an du Seigneur 656. D’où on voit clairement qu’à cette époque cette image était célèbre déjà par les miracles qu’elle opérait. Parmi les grands et nombreux miracles opérés par cette image, un des plus célèbres est celui-ci; il arriva en l’an du Seigneur 620 : Une troupe barbare de Sarrasins s’était emparée de Madrid; le duc Garcias Ramirez, homme illustre et courageux, fuyant la cruauté des ennemis, se retira avec sa femme et ses enfants dans la citadelle appelée de Ribas, près de Xérès. Dans ces conjonctures si déplorables, le duc,

1 Vincent de Beauvais, Miroir historique, liv. LXXXVII, chap. Lxxxut. — 3 Ribadeneira, Vie de saint Jacques.

afin d'implorer le secours de la Mère de Dieu pour sa conservalion et celle de sa famille, visitait souvent une petite chapelle où on voyait une pelite statue de Notre-Dame d'Atocha. Entrant un jour dans la chapelle, il regarde, l’image avait disparu. Il s’afflige, il pleure, cherche partout et trouve enfin la statue au milieu des herbes et des blés. Il se prosterne à terre, il vénère l’image avec toute la dévotion dont son cœur est capable; il baise des milliers de fois la terre et les herbes, mais il n’ose pas même approcher ses lèvres de la statue. Il forme un projet: il supplie la Vierge de vouloir souflrir qu'on lui élève en ce lieu une petite niche, afin de mettre sa statue à l'abri des injures de l'air. IL se met à l’œuvre, et ayant fait venir son épouse, ses filles et toute sa famille, il commença à creuser la terre, à préparer la chaux, à porter des pierres. Les Barbares le voyant de loin travailler, se persuadent qu'il élève une forteresse où quelque fortification ; ils courent aux armes et s’avancent vers cet endroit. Garcias ne savait que faire : sa valeur à la guerre lui faisait un devoir de ne pas tourner le dos à l'ennemi. Le sexe faible, la vie, la pudeur, et de plus l’image de la Mère de Dieu qui allaient tomber entre les mains des ennemis, le tourmentaient grandement. En conséquence, il invoque le secours de la Vierge; bien que les forces soient inégales, il se résout à combattre contre les ennemis et à mourir courageusement pour la religion. Ses compagnons étaient en petit nombre, et par hasard peu aceoutumés à se servir des armes; il les exhorte fortement à combattre et à mourir pour la défense des autels de Marie. Pressé par les désirs et les demandes de son épouse et de ses filles, il les confie à la sainte Mère de Dieu et les égorge pour mettre leur pureté à l'abri de la grossièreté des Barbares. L’ennemi s'approche; bien qu'inférieur en nombre, Garcias marche au combat. Au milieu des traits et des glaives des Barbares, la Reine du Ciel est à ses côtés, elle donne des forces et du courage à lui et à ses compagnons : les ennemis, les yeux fascinés, s’attaquent les uns les autres; ils se massacrent, ils s'égorgent; le prodige fut tel qu’ils furent tous taillés en pièces et mis en déroute. Après une si grande victoire, Garcias retourne vers l'image de la Vierge pour rendre à Dieu et à sa sainte Mère les plus ferventes actions de grâces dont il est capable. Chemin faisant, il

VIERGE VÉNÉPABLE. 321

s'accuse d’avoir manqué de foi et de confiance en Dieu eten Marie, Mère dé Dieu, comme s’il avait dû ne pas être assez sûr de la protection de . la sainte Vierge pour égorger son épouse et ses chers enfants. Mais, à miracle! à peine arrivé devant la statue de Notre-Dame d’Atocha, il apercoit sa femme et ses enfants qu’il avait laissées la tête tranchée: il les voit agenouillées devant l’image de la Mère de Dieu ; elles sont sans aucun mal, elles sont saines-et'sauves. Calcule qui pourra les larmes que fit répandre à tous la joie indescriptible qui les transportait. Cette statue resta longtemps dans une église dédiée à Notre-Dame d’Atocha; elle était située dans un faubourg de la ville plus favorable à la solitude qu’au concours du peuple, lorsque, en 1523, Jean Hurtad de Mendoza, noble chevalier de Salamanque, renonça à la carrière militaire et s’enrôla dans la milice religieuse, sous les étendards de saint Dominique. Aïdé de la protection de Charles V et muni du consentement du Souverain-Pontife Adrien VI, il obtint d’un chanoine de Tolède, abbé de Sainte-Léocadie, cette église, et ayant fait construire auprès un couvent qui devint fort célèbre, il La donna aux Frères prêcheurs. Depuis cette époque, la bonne Vierge, Notre-Dame d’Atocha, repose au milieu des étreintes de ses enfants !.

A Medina, on honore religieusement, avec un grand concours de peuple, une image de la sainte Mère de Dieu trouvée miraculeusement au milieu des flots de la mer par notre Frère T hornas Barlanga. Celuici naviguait des Indes en Espagne lorsque s’éleva une violente tempête’ qui dura longtemps; elle menaçait sans aucun doute de les engloutir dans les ondes : sur les exhortations de l’évêque, tous les passagers levaient avec larmes leurs mains suppliantes vers Marie, Le refuge des malheureux et le port des naufragés. Voilà qu'au milieu des ondes furieuses ils voient voler vers eux quelque chose qui avait l’apparence d’une barque. La mer étant apaisée, ils s’approchent plus près et trouvent un petit coffre, chacun, persuadé qu’un trésor y était caché, s’efforce de revendiquer pour lui cette proie. L’évêque leur dit alors : « Si ce coffret renferme quelque image religieuse ou quelque objet sacré, il me revient de plein droit. Tous les passagers y

1 Chouquet, chap. xxv1.

Ill ; 21

ayant consenti, on brise le coffre, et, à la première vue, une lumière très-grande éblouit leurs yeux; ils écartèrent les voiles et ils trouvèrent une statue de la Vierge, Mère de Dieu; tombant bientôt à genoux, ils rendirent leurs hommages à leur libératrice qui les avait sauvés de ce naufrage. Lorsque après un heureux voyage on fut arrivé sur les côtes de Cadix, en Espagne, l’évèque demanda la statue de la sainte Vierge qui lui avait été adjugée du consentement de tous les passagers, mais tout le monde faisant des réclamations et en appelant au sort, on tira au sort une troisième fois, et ce fut sans doute par une faveur spéciale de Dieu que la statue échut à l’évêque. Ayant été ainsi mis en possession de la statue, l’évêque la porta à Barlanga; il la plaça sur l’autel; elle devint sur-le-champ aussi brillante qu’elle avait été auparavant resplendissante sur mer. Nos Frères, désirant être honorés d’un tel présent, obtinrent la sainte image de l’évêque Thomas, qui était un enfant de leur Ordre. Les chanoines de Barlanga le supportèrent avec peine; aussi, avant que l’évêque nous eût donné cette statue, ils dérobèrent adroitement l’Enfant-Jésus à sa Mère : on ne put en aucune manière le leur enlever. Les habitants de Barlanga possèdent done dans leur église principale l'Enfant, et nous, nous possédons la Mère; de grands miracles rendent célèbres les deux statues qui sont honorées avec beaucoup de piété par un grand concours de peuple ‘.

A Meva, ville d’Espagne, diocèse de Ségovie, on conserve une statue illustre de la sainte Vierge. Dieu s’est plu à la doter de grands miracles ; elle fut trouvée, sur les indications de la sainte Vierge, par un berger nommé Pierre; ce berger faisait paître ses brebis, lorsqu’au moment où il y pensait le moins, la sainte Vierge lui apparut entourée de lumière et l’avertit d’aller trouver l’évêque de Ségovie pour qu’il fasse déterrer sa statue qui est cachée et ensevelie sous terre, pour qu'il la tire au grand jour et qu’il aït soin d’élever une église à son nom. Elle indique au paysan l’endroit qu’il faut déblayer, et pour que le paysan ajoute foi à ses paroles, elle lui met entre le pouce et l'index de ia main droite une croix faite avec des briques, et elle ajoute

1 Chouquet, chap. xxvI.

que personne autre que l’évèque ne pourra lui enlever cette croix. Le

paysan part, exécute les ordres de la Vierge et raconte tout par ordre

à l’évêque. Celui-ci écoute Pierre; il s'étonne, il cherche la vérité de

la preuve céleste de cette croix qui est entre les doigts du berger ; ill prend et ajoute foi aux dires du paysan. Il se met en route sur-lechamp; il voit enfin le lieu que lui montrait Pierre; il regarde, fait

creuser la terre et trouve, sans presque aucune peine, une statue de la sainte Vierge ensevelie sous terre; il la prend, saisi de respect; il

lui offre ses hommages ; il la baise et la dépose dans un oratoire qui

fut fait au milieu du désordre que causait la vue de cette merveille.

Aussitôt de grands miracles vinrent donner une grande renommée à cette statue : ce qui fut cause que Henri IL, roi de Castille, éleva en

ce lieu un temple vaste et magnifique ; il en fit cadeau, avec la statue,

aux Frères prêcheurs, afin que les fils et les protégés de la très-

auguste Reine du Ciel la servent toujours et lui rendent un culte

perpétuel par l'amour dont ils sont animés envers une Mère si

grande t,

Dans la ville de Sarabita, communément appelée Toro, il y a une image de sainte Marie, Mère de Dieu; on la conserve dans une église des Frères prêcheurs, qui fut bâtie en 1284 par Maria Monesia, épouse d’Alphonse, roi de Castille. Cette image est communément appelée la statue de la Paix, parce qu’elle apaisa miraculeusement une sédition qui s’était élevée parmi les habitants de cette ville, en apparaissant au milieu de la nuit au camp des combattants ?.

Au territoire de Fuencarral, on honore religieusement une image de la sainte Vierge Marie que des bergers trouvèrent au milieu des joncs et des buissons. Ayant été transportée avec pompe à l’église du lieu, plusieurs fois elle fut reportée vers les joncs et les buissons au milieu des airs, assise sur une blanche nuée semblable à l’arc-enciel, jusqu’à ce qu’on construisit dans le même endroit d’abord une chapelle, puis une église magnifique qui fut confiée à l'Ordre des Frères prêcheurs, en 4598. Dans cette église, cette image est appelée Sainte-Marie de Valle Verde, c’est-à-dire de la Vallée-Verte *

1 Chouquet, à l'endroit déjà cité. — ? Jean Lopez, part. III. — 3 Lopez, à l'en droit cité plus haut,

En Catalogne, dans un endroit très-élevé et presque inaccessible des monts pyrénéens, à cause de l’impiété des Maures qui occupaient les Espagnes, les Catholiques de ce malheureux temps avaient tenue cachée et longtemps enfouie sous terre une image de la sainte Vierge, jusqu’à ce qu’enfin un prodige extraordinaire vint révéler son existence. Un bouvier faisait paitre ses bœufs aux environs de ce lieu, lorsque soudain un taureau s’agenouille auprès d’une fontaine, pousse les mugissements les plus forts, caresse Le houvier de sa queue et attire bientôt les paysans du hameau voisin. Ceux-ci fouillent dans la terre et trouvent bientôt une belle statue de la sainte Vierge à laquelle, : au milieu de l’émotion que leur cause cette précieuse découverte, ils dressent une chapelle. Mais de grands miracles se faisant jour et se succédant d'heure en heure auprès de cette statue, La piété des Chrétiens y éleva un temple magnifique où on bonore aujourd’hui avec une très-grande piété cette statue auprès de laquelle se fait toujours un grand concours de peuple; cette église fut donnée à l'Ordre des Frères prêcheurs en 1587 !.

A Xérès de la Frontera, vers Le détroit de Cadix, on voit dans l'église des Frères prêcheurs une statue de la Mère de Dieu que la Vierge elle-même, par une insigne faveur, donna à nos Frères en 4282. . Un certain Dominique, de Gènes, allait, avec une flotte de six vaisseaux chargés de marchandises, de sa patrie en Espagne; il était près d’un lieu nommé le golfe des Roses lorsque subitement une tempête des plus furieuses s’éleva et les entrainait tous à leur perte. Dominique, qui déjà auparavant était un dévot serviteur de Marie, implorait avec ardeur son secours avec tous ses compagnons. Un des matelots monte au haut du mât d’un vaisseau, il aperçoit deux lumières vacillant au milieu des flots de la mer irritée et les voit s’approcher de plus en plus.« Lumières, lumières!» s’écrie-t-il. Ému par ce cri, tout l'équipage regarde et voit arriver les lumières : plus elles s’approchaient des navires, plus les vents et la mer semblaient s’apaiser. Dominique, voulant voir ce que ce pouvait être, descend dans une barque avec quatre de ses compagnons; ils se saisissent d’un canot où il y avait une

1 François Diaz, liv. IL

statue de la Mère de Dieu; remplis de respect, ils la portent sur un navire. La nuit suivante, Dominique entend une voix qui luidit: «Je désire qu’elle soit portée chez les Frères prècheurs. » Dominique, aussitôt qu’il fut heureusement parvenu au port, voulant obéir à une

voix qui lui semblait venue du Ciel, porta avec lui cette statue à

Kérès, distante du port d'environ six milles, et là il s’informe où sont dans cette ville les Frères prècheurs. Le peuple lui indique un couvent de Franciscains, parce que, dans cette ville, les Frères mineurs jouissaient d’un grand talent pour la prédication. Beaucoup de fidèles parmi le peuple ne connaïssaient pas encore nos Frères. Dominique porte donc cette statue-chez les Franciscains et leur raconte par ordre tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, pleins de joie, se préparent à charger leurs épaules de ce précieux fardeau. Ils ne purent remuer de place la statue qui, d’ailleurs, était très-petite et très-légère. Tous les Frères s’arrêtèrent saisis d’un tel prodige, et ayant examiné avec plus de soin l'avertissement céleste qu'avait reçu Dominique, il leur vint à l’esprit que cet oracle désignait les Frères prècheurs. On les appela : ceux-ci accoururent en toute hâte; ils reçurent avec une grande joie cette statue de la sainte Vierge. Fondant en larmes, ils rendirent à Dieu et à sa sainte Mère les plus grandes actions de grâces qu’ils purent; ils prièrent devant l’image vénérée, et, la mettant sur leurs épaules, ils la portèrent dans leur couvent et ils la déposèrent dans leur oratoire où aujourd’hui elle est religieusement honorée : dans ce lieu, elle se plait à secourir avec bonté, dans toutes leurs nécessites, les hommes, ses enfants !.

Dans l'ile appelée Ténériffe on conserve chez les Frères prôcheurs une image miraculeuse de la Mère de Dieu, qui est en grande vénération. Aucun peintre ni sculpteur n’a pu tracer une image semblable à celle-ci. On l’a souvent essayé de différentes manières, mais Marie, Mère de Dieu, ne l’a jamais permis; car son image, prenant des formes autres, a toujours trompé tous les efforts de l’art. Il est difficile de croire quelle multitude nombreuse d'hommes s’empresse au pied de ses autels pour l’honorer et implorer sa protection. Deux siècles avan

1 Chouquet, au passage cité plus haut.

le rétablissement de la lumière de la foi chrétienne dans ces îles (car il est certain qu’autrefois elle avait éclairé ces îles), les barbares habitants de cette île avaient honoré avec une grande vénération cette statue, comme étant une divinité puissante 1.

Outre ces images, il yen a encore chez les Frères prêcheurs, en Espagne, beaucoup d’autres; elles sont presque innombrables, elles représentent Notre-Dame du Rosaire; elles sont illustrées par de grands miracles et elles excitent parmi le peuple une dévotion extraordinaire envers la sainte Vierge : telle est celle qu’on vénère à la Roche-Gauloise; nous en parlerons plus bas. D’après tout cela, on peut conclure combien la sainte Vierge Marie aime notre Ordre, elle qui a voulu qu'il füt honoré de tant de statues miraculeuses si célèbres dans le monde catholique.

Outre ces images de la sainte Vierge dont nous avons fait mention, l'Espagne en honore encore beaucoup d’autres, renommées par de grands miracles.

Au mont Serrat, au temps où les Maures étaient maîtres de l’Espagne, un saint homme avait déposé dans une caverne une statue de la sainte Vierge. Un grand nombre d’années après, par un effet de la grâce divine, elle fut découverte de cette manière : Des bergers de Ministrols faisant paitre ensemble leurs troupeaux virent, tous les samedis, aux approches de la nuït, des flammes lumineuses brillant d’un éclat extraordinaire; elles tombaïent subitement du ciel et elles allaient se reposer sur une certaine caverne de la montagne, et de la même caverne on entendait comme des chœurs jouant des instruments et chantant les airs les plus agréables. Chacun raconta ce prodige à ses parents; ceux-ci en firent part à leur curé, et le curé, comme c'était son devoir, en référa à son évêque. Le samedi suivant, celui-ci se transporte sur le mont Serrat; une grande multitude de peuple le suivait; et, sur le soir, il voit de ses propres yeux les lumières, et il entend de ses propres oreilles les accords des voix et des instruments, Rempli d’étonnement, il se livre, le jour suivant, qui était le dimanche, à des recherches au lieu où était apparue la

1 Chouquet, déjà cité, d’après Plodius, ouvrage sur les Enfants de saint Dominique, liv. VII, chap. xLvui.

vision; après bien des peines et des fatigues causées par l’accès difficile de la montagne, il parvient à une caverne d’où s’échappait le parfum le plus délicieux, et il trouve dans l’intérieur de cette caverne une belle statue massive de la Mère de Dieu, Transporté d’une grande joie, il ordonne une procession avec des flambeaux de cire pour porter la statue de la Vierge à Ministrols, où se trouvait l’église la plus voisine. Mais dès que la procession fut arrivée à un certain endroit, ceux qui portaient la statue ne purent remuer de place. L’évêque comprit que Dieu voulait fixer en ce lieu cette statue. Aussitôt il fit bâtir une chapelle dans laquelle on éleva un autel magnifique, sur lequel il déposa la statue de la Reine du Ciel dont il confia la garde au curé de Ministrols. Dans la suite, Guilfrapel, comte de Barcelone, y fit bâtir un couvent de religieuses bénédictines ; ce couvent eut pour première abbesse la fille de ce même comte, laquelle fut délivrée du démon par un saint homme nommé Jean Guarino, qui porta ensuite sur elle des mains impures et finit par la tuer; il y avait sept ans qu’elle était morte lorsque, par les prières de la Vierge, Mère de Dieu, elle fut ranpelée à la vie. Pierre-Antoine >ineth 1 raconte au long les actions de Jean Guarino. \

Cent ans s'étaient écoulés; la piété des hommes pour cette chapelle avait tellement grandi, l’affluence des pèlerins était devenue si considérable, que ce lieu ne fut plus convenable pour des vierges professant la vie religieuse. Par l’autorité du Souverain-Pontife, Borello, comte de Barcelone, transféra toutes ces religieuses à Barcelone, au monastère de Saint-Pierre, et plaça sur le mont Serrat des moines tirés de la même famille de Saint-Benoît. Dans la suite, Ferdinand et Isabelle la Catholique, qui régnaient sur le pays, introduisirent dans ce couvent des religieux du même Ordre, mais d’une observance plus austère.

On construisit ensuite une église d’une grande magnificence; la glorieuse statue de la Mère de Dieu fut placée dans la plus grande chapelle de l’église; cinquante lampes d’argent sont suspendues devant l’autel de cette chapelle; on y voit étinceler les diverses offrandes

4 Traité des Églises æe la Mère de Dieu, nos 57 et 58,

des pontifes, des rois, des empereurs; et, à certains jours, brülent devant la statue vénérée une grande quantité de crerges d’un poids considérable. Dans cette église, les vases et ornements sacrés sont, d’un grand prix; leur beauté estrelevée par l'éclat des perles et des diamants : ce sont des monuments pieux de la munificence des rois, des princes et des empereurs. On conserve aussi dans le trésor de : cette église beaucoup’ de reliques de Saints.

Il s’y opère des miracles innombrables, attestés par des témoins dignes de foi. On voit inscrits dans un grandilivre les nombreux malades qui ont été guéris, les énergumènes qui ont été délivrés, les captifs qui ont échappé à l’esclavage des infidèles, les morts qui ont été ressuscités ; des ex-voto, des statues en cire ou en bois, témoins de ces mêmes bienfaits, sont appendus aux murailles de l’église et du cloître du couvent.

Ce qui relève beaucoup la gloire de cette sainte image, c’est que c’est auprès d'elle que saint Ignace, fondateur de la Société de Jésus, a posé comme le fondement de sa Compagnie. Devant cette statue, il se dépouilla de ses habits séculiers, passa toute la nuit en prière, se recommanda à elle avec instance et embrassa un nouveau genre de vie d’une grande sainteté. L'Église catholique doit done beaucoup à ce lieu qu’on croit être l’origine de cette compagnie d’où sont sortis jusqu’à ce jour, et d’où sortiront jusqu’à la fin des siècles, tant de bataillons d'hommes apostoliques illustres par leur sainteté, leur érudition, leur science, et les fruits abondants de salut qu’ils ont opérés dans les âmes.

Les fidèles ont eu si à cœur la dévotion à cette image qu’à Rome, à Naples et ailleurs, on éleva des églises et on fit des statues auxquelles on donna le nom de Notre-Dame du Mont-Serrat.

À Guadalupe, ville d'Espagne qui signifie en latin fleuve de loups, ect une image de Marie, Mère de Dieu, que des miracles sans nombre ont rendue célèbre. La renommée rapporte que saint Grégoire envoya cette image en présent à Léandre, évèque de Séville, auquel il dédia son livre des Morales sur Job; les habitants de Séville l'avaient en grande vénération. Les Maures envahissant l’Espagne, quelques pieux habitants de cette ville, pour empêcher qu’elle ne füt profanée

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par les infidèles, la cachèrent dans une grotte avec Le corps de saint Fulgence, évèque d’Ecija. Cette sainte image resta cachée pendant six.cents ans dans cette grotte fermée, jusqu’à ce qu’il plût à la sainte Vierge d’apparaître à un bouvier pour l’avertir de ce fait. Voici la ‘ manière dont elle le lui révéla : Un bouvier, habitant la ville de Cacera, avait perdu une vache, et comme en allant à sa recherche, il errait dans un bois sans issue, il la trouve au lieu où est meintenant bâtie l’église, mais elle était morte. Tirant son couteau, il voulait lui enlever la peau, et déjà elle était à demi ôtée lorsque, par miracle, l'animal se leva plein de vie. L’étonnement du bouvier fut tel qu’il fut saisi d’une grande terreur. Mais un moment après, ayant recouvré ses sens, il aperçoit devant lui la sainte Mère de Dieu environnée d'une grande splendeur; elle dissipa ses craintes et lui parla ainsi : « Va en toute hâte à la ville, rassemble le clergé, dis-lui de venir ici et de creuser la terre, il trouvera certainement mon image. S'il ne veut pas ajouter foi à mes paroles, je te donne ce signe. Lorsque tu seras de retour chez toi, tu trouveras ton fils mort et tu le verras revenir à la vie. » Tout arriva comme l’avait dit la sainte Vierge ; le bouvier rassembla le sénat, le clergé et le peuple; il leur raconta ce qu’il avait vu et entendu, et les amena tous pour déterrer l’image tant désirée. On trouva donc dans la grotte l’image de la sainte Reine des Gieux; elle était de médiocre grandeur, mais elle excitait à la piété tous ceux qui la regardaient; on trouva aussi au même endroit le corps de saint Fulgence, évêque d’Ecija. Autant que la commodité du eu put le permettre, on bâtit sur-le-champ une petite chapelle en l'honneur de l’image vénérée, jusqu’à ce que le roi Alphonse IX fit “tir une église, lui assignât des revenus et y établit des clercs pour y réciter exactement l'office divin. Enfin, Jean [°, roi de Castille, donna le soin de cette église aux religieux hiéronymites.

Le nombre des miracles que Dieu opéra auprès de cette image par l’intercession de la sainte Vierge ne peut se compter. On voit appendus aux murailles de l’église les bières des morts d’où plusieurs d’entre eux sont sortis pleins de vie, les béquilles des paralytiques et des boiteux, les chaînes et les liens des captifs et les divers ex-voto de ceux qui ont reçu quelque bienfait corporel; puis apparaissent enfin

les riches offrandes faites à cette église; l’affuence des pèlerins auprès de la sainte Vierge est continuelle : par son intercession, ils obtiennent de Dieu tout ce qu’ils désirent‘.

A la Roche-Gauloise on honore une image de la Mère de Dieu, célèbre par la renommée des miracles qu’elle opère; elle était enfoncée dans la terre lorsque la Vierge elle-même, apparaissant à Simon Boban ow Vela, lui ordonna de chercher cette image sur la Roche- Gauloise. Celui-ci la chercha pendant cinq ans entiers dans les Gaules, mais en vain. Étant arrivé en Espagne, à Saint-Jean de Compostelle, il pria avec plus d'instance encore la Vierge, Mère de Dieu, de lui indiquer par quelque marque la Roche-Gauloise où enfin se trouvait cette image. Peu de temps après, d’après les indications qu’il reçut d’un charbonnier, et se conformant aux réponses qu’on avait faites à ses demandes, il arriva auprès d’une montagne boisée; là lui apparut en songe une statue de la sainte Vierge portant son Fils dans ses bras; elle était environnée d’une grande lumière; elle lui ordonna de déterrer son image de cet endroit, de la placer au sommet de la montagne et d’y élever une église, Ayant déterré l’image, il fit à la hâte une uiche en boïs où il mit l’image : c'était en 4434. Maïs Dieu commença à opérer en ce lieu de si nombreux et de si grands miracles, que trois mois s’étant à peine passés, on transporta l’image dans une chapelle construite au sommet de la montagne, comme l’avait prescrit la Mère de Dieu. Enfin, les miracles augmentant chaque jour, Jean IT, roi de Castille, fit élever en ce lieu une église magnifique et la donna à nos Frères.

A Tolède on vénère une statue de la Mère de Dieu en bois recouvert de lames d'argent. Elle est assise sur un trône, son visage est d’une grande beauté et présente un extérieur plein de dignité; son visage est très-semblable à celui qu'Épiphane, prêtre de Constantinople ?, attribue à la Mère de Dieu. Le coloris de son visage rappelle le froment, ses cheveux sont d’un jaune d’or, ses yeux sont vifs; elle a les prunelles un peu blondes, comme tirant sur l’olive, les sourcils peu arqués et d’un beau noir, le nez long, les lèvres roses et pleines de la douceur

1 Louis Nummus et Alphonse Ciacconus dans Bzowski, année 1313, n° 30, — 2 D’après Nicéphore, liv. II, chap. xxn.

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de ses paroles; le visage n’est point rond, mais d’un bel ovale; les mains et les doigts sont allongés; pour l’Enfant-Jésus, il est trèssemblable à sa Mère. ;

Cette statue, du temps de saint Ildefonse, était placée sur un autel très-élevé. La Mère de Dieu, suivie d’une multitude innombrable d’Anges et de vierges, et environnée d’une éclatante lumière, descendit le 18 octobre dans cette église; elle prit place dans la chaire d’où saint Ildefonse parlait au peuple, lui donna un ornement pour offrir le saint sacrifice. Avant de s'éloigner, elle embrassa son image placée sur l'autel, Ce qui mit dans le cœur du peuple une dévotion plus grande pour cettestatue. Les Maures s'étant rendus maîtres de l'Espagne, les fidèles par piété cachèrent en secret cette statue dans un puits qui se trouvait sur l’autel; dans la suite, les Maures ayant été chassés et l'église étant revenue entre les mains des Chrétiens, à l'heure où l’on chante les laudes de l'office divin, on vit briller d’une manière extraordinaire une lumière divine en ce lieu. L’archevèque et le clergé comprirent que là était cachée la statue qui existait à l’époque où la Mère de Dieu descendit dans cette église. Ils la tirèrent donc du puits et ils la déposèrent à la place qu’elle occupait auparavant. IL s’y opère de nombreux miracles; les pèlerins affluent en cette église pour demander les bienfaits de Dieu par l’intercession de Marie. La fête de la descente de la sainte Vierge est célébrée chaque année le 24 janvier avec une grande solennité t,

A Valence on honore une statue de la Mère de Dieu portant son Fils dans ses bras; elle resta enfouie dans la terre pendant les einq cents ans que dura l'occupation de l'Espagne par les Maures. Des Tumières célestes, planant sur le lieu où elle était cachée, révélèrent son existence, et elle fut placée sur le maître-autel. Elle est célèbre par les miracles qu’elle opère; elle est honorée avec une grande vénération par la ville et le royaume de Valence *?.

Én Belgique, sur les frontières du Hainaut, à trois milles de Bruxelles, dans l’église de la ville de Hall, on vénère une statue de la Mère de Dieu, haute de deux pieds environ; elle est en bois : rien n’a

1 Mariana, liv. VIIL, Histoire d'Espagne. — ? Bernard, comte de Sagonte, Liv. X, sur les Hauis faits de Jacques, roi d'Aragon.

pu altérer cette matière, bien plus, elle a toujours échappé aux incendies dont cette ville a été quelquefois le théâtre; ce qui est mieux encore, cette ville a été souvent miraculeusement défendue par le secours de la Mère de Dieu, mise à couvert de ses ennemis et des malheurs de la guerre. Mechthilde, sœur du due de Brabant, dont la mort arriva en 1262, étant sur le point de mourir, voulut que cette statue fût déposée à Hall, dans le Hainaut. Elle la tenait de sa sœur, épouse du due Henri. On pense qu’elle était un don de sa mère, sainte Élisabeth, fille du roi de Hongrie. Au reste, cette image de la Mère de Dieu est illustrée par de si grands miracles que, si je voulais les énumérer tous, il me faudrait faire un volume entier, comme Va fait Juste Lipse, homme remarquable par sa science et son érudition.

A Sichem ou Aspricoli, ville de Belgique, on vénère une image de la Mère de Dieu, célèbre par les miracles et les grâces nombreuses qu'on y obtient. On y voit guérir diverses sortes de maladies. Les aveugles, les sourds, les boiteux, les paralytiques, les épileptiques, ceux qui ont des hernies ou ulcères, ceux qui ont été empoisonnés, les énergumènes, ceux dont les chairs sont dévorées par un affreux cancer, les apoplectiques, ceux qui souffrent des crampes, viennent implorer en ce lieu le secours de la sainte Vierge, par l’intercession de laquelle ïls recouvrent la santé. Juste Lipse a fait un autre volume sur cette image, où il se plait à énumérer au long tous ces miracles.

A Valenrie, près de Namur, est une image miraculeuse de la Vierge, Mère de Dieu. Saint Materne, disciple de saint Pierre, la peignit de ses propres mains et la plaça dans la basilique qu'il fit construire. Cette église ayant pris feu, cette image, précédée d’une blanche colombe, fut, à la vue de toutle monde, transportée dans les airs Par les Anges et déposée au loin dans un jardin voisin de la ville. On ne put en aucune manière l’enlever de ce jardin. Théodorie, roi de cette contrée, permit et fit vœu de faire élever un monastère à la place du jardin, et c’est ainsi qu’on put, avec la permission de Dieu, ramener cette image à Valenrie. L’affluence qui se porta à sa rencontre fut telle, la générosité des pèlerins fut telle, qu’on lui éleva une église

VIERGE VÉNÉPABLE. 333

magnifique et qu’on y joignit un chapitre de neuf chanoines, avec un prévôt et une vingtaine de chapelains et plus ‘.

A Smelken, près des îles, on voit une image miraculeuse de la Mère de Dieu; Balduin, surnommé Bellebarbe, ayant fait vœu à ses pieds, fut parfaitement guéri d’une hémorrbagie dont il souffrait depuis dix-sept ans. Cette sainte image fut d’abord placée au haut d’un arbre; toutes les fois que les brebis passaient devant elle soit en allant aux pâturages, soit en revenant à la bergerie, elles fléchissaient les genoux, blämant en quelque sorte tacitement les partisans de ce monde qui, non contents de ne pas vénérer les images de la Mère de Dieu, les détruisent et les mettent en pièces ?. ;

À Binga, en Germanie, au diocèse de Mayence, au monastère de Saint-Rupert, au delà du Nab, on voyait une image de la très-sainte Mère de Dieu peinte avec assez de grâce sur une muraille; elle avait à la tête une couronne ayant quatre perles de cristal fixées artificiellement à la couronne et au mur, une cinquième perle était fixée sur la poitrine de l’image elle-même. Deux militaires, ayant parcouru tous les lieux et les coins du monastère, ne trouvèrent pas autre chose que cette image; ne voulant pas se retirer les ins vides, Fr: d’entre eux monta sur l’autel et se mit à enlever &- 2 ‘conne Ce la sainte Vierge les diamants. L'autre lui fit des r,.ocues et lui dit : « Que fais-tu, misérable ? cesse de dépouiller la Mere de miséricorde. » Le sacrilége méprise ces reproches : il avait déjà arraché ÿ la couronne ses quatre diamants; il voulait arracher le cinquièn « de la poitrine, lorsqu'une sueur subite sortit de l’image. Le sacrilége n’en devint pas meilleur : il détacha le cinquième diamant de la poitrine de la sainte Vierge. O prodige! du sang mêlé de lait se mit à couler en abondance de cette blessure. A cette vue, cet homme pervers est tout entier saisi d'horreur, et descendant de l’autel il prend de la poussière et veut fermer la blessure qu’il a faite à l’image. Mais plus il s’efforcait de la fermer, plus le sang et le lait coulaient avec force. Ce que voyant l’impie, il sortit en courant de l’église et alla se précipiter dans le

1 Antoine Balinghem, sur le Calendrier de la sainte Vierge, au commencement de mai, n° 12. — ? 1d., tbid,, 30 mai, n° 2,

Nab, rivière voisine du lieu où se miracle se passa, et il périt submergé par les eaux. Son compagnon s'était aussitôt enfui, mais revenant bientôt il raconta aux religieuses de ce monastère tout ce qui était arrivé. Le prêtre qui ce jour-là devait célébrer dans l’église de ce monastère arriva sur ces entrefaites; voyant un miracle si nouveau, il étendit un corporal devant l’image et recueillit le lait et le sang qui coulaient. Ceci se passa en l’an du Seigneur 1302. Trithenius, qui raconte fort au long ce miracle, ajoute qu’il à vu le laït et le sang conservés dans ce monastère dans un verre de cristal, et qu’à la prière de l’abbesse il transféra de ses propres mains ce sang et ce lait précieux de l’ancien qui s'était brisé dans un nouveau verre de cristal. Pour perpétuer la mémoire de ce miracle, on construisit sur le même emplacement une chapelle en l'honneur de la Mère de Dieu sur l’autel de laquelle on voit cette image qui depuis ce temps-là a été souvent restaurée, Nicolas Serrarius rapporte cet événement au V° livre de son Histoire de Mayence, et il affirme qu’on conserve encore dans cette église quelques vestiges de ce miracie.

Un miracle semblable arriva dans le Haïnaut, en 1326, sur une

imax le la sainte Mère de Dieu. Un Juif, qui avait fait semblant de IecexG,, lé bapfîme.* ‘ersant seul l’église d’un monastère, à la vue d’une imiïe d: : à + de Dieu d’une très-belle peinture, sentit

renaître sa viilie hune, et, transporté de cette fureur qui lui est naturelle, il !: perce de son poignard. De l’image blessée il s’échappa aussitôt du su :*, ce que voyant, le sacrilége s'enfuit de l’église. Ce sang fut recuei.:i et conservé avec respect par des fidèles qui s’en servirent pour opérer des guérisons sur beaucoup de malades.

L'auteur du crime étant resté quelque temps inconnu, la Vierge, Mère de Dieu, transpercée de blessures, apparut en songe à un forgeron, lui montra l’auteur du crime et l’excita, pour la manifestation ! de la vérité, à un combat singulier contre le perfide. Le forgeron vint vers le juge et accusa le Juif du crime, mais n’ayant pas de témoins : pour le prouver, il provoqua le coupable à un combat singulier, ce qu'il obtint. Aiïdé dans ce combat par la bienheureuse Mère de Dieu, il vainquit le perfide. Le Juif, se voyant vaincu, découvrit la vérité, | coniessa l’énormité de son crime et avoua qu'il n’avait jamais été

Chrétien de cœur. Le juge porta la senténce, et en punition de son crime énorme et de son infidélité le coupable fut pendu,

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