CONFÉRENCE DE LA BEAUTÉ DE LA VIERGE, MÈRE DE DIEU
Sommame. — 4, Beauté du Fils de Dieu. — 2. Comparaison des Écritures. — 3. Paroles tirées du Cantique des cantiques. — k. Toutes les beautés de la nature sont réunies dans Marie. — 5. Beauté de son corps. — 6. Beauté de son âme. — 7. Elle est plus belle que toutes les créatures. — 8. Le temple de Dieu. — 9. Comparée à Judith et à Esther, — 10. Pieuses histoires.
I. — Mille raisons nous font voir que la glorieuse Marie, Mère de Dieu, est très-belle et par conséquent tout aimable.
Parce qu’elle a été la Mère d’un Fils remarquable par sa beauté entre tous les enfants des hommes. « Personne ne peut donner ce qu'il n’a pas, » disent les philosophes; si donc la bienheureuse Vierge Marie n’avait pas été belle elle-même, elle n’aurait pas enfanté un fils beau parmi les enfants des hommes. De plus, personne ne met en doute que la beauté des parents n’ait la plus grande influence sur la beauté des enfants : « Les forts sont les fils d'hommes forts et bons. »
II. — Elle est très-belle celle qui, dans la sainte Écriture, est comparée à tant de belles choses : à la rose, à l’olive ?, au lis*, à la lune, au soleil, aux étoiles ?.
, III. —- Elle est très-belle celle qui est louée par la bouche même du Créateur : « Que vous êtes belle, à mon amie, que vous êtes belle 5! » Et : « Vous êtes toute belle, Ô mon amie . » Dans les premières paroles, deux fois il l’appelle belle, parce qu’elle est belle par le corps, belle par l’âme, belle dans cette vie par la grâce, belle dans l’autre vie par la gloire; elle est donc aimable en toutes choses et par
toutes choses, 1 Ecclésiastique, xxiv, 18. — ? Ibid., 19, — 3 Cantiques, 11, 2. # Ibid, VI, 9. —
5 Jbid,, 1v, 2. — 6 Ibid., 7. III 3
IV. — Elle est très-belle celle dont la nature, la gloire, la grâce embellirent le corps aussi bien que l’âme. La nature mit tous ses soins à former son corps. La grâce répandit tous ses trésors pour l’embellir. La gloire semblablement la revêtit de toutes ses splendeurs. Tout ce qu’il y à de beau, de bon, de saint, d’aimable et qui partout ailleurs se trouve réparti entre toutes les créatures, tout cela se trouve réuni avec excellence sur la Vierge Marie, Mère de Dieu.
Zeuxis, peintre très-célèbre, ayant à représenter Hélène, choisit parmi un grand nombre de vierges, remarquables par leur beauté, cinq d’entre elles plus belles que les autres, et il les prit pour modèles, de manière à représenter sur son tableau ce qu’il y avait de plus beau dans chacune d’elles; il arriva par là à représenter une beauté merveilleuse qu’il laissa aux Crotoniates et qui fut placée dans le temple de Junon. Le fait est attesté par Cicéron, dans son Livre sur l'Invention !, et par Pline ?, De même, le Dieu très-grand et très-bon ayant comme passé en revue toutes Les grâces, tous les charmes, toutes les beautés, que la nature ou la gloire a mises dans telle ou telle créature, dans l’Ange ou dans l’homme, les a réunies à un haut degré de perfection et avec une grande prodigalité sur la Vierge Marie, sa Mère, et il l’a mise ainsi toute belle et tout aimable devant les yeux des hommes.
V.— Appliquez votre attention à contempler la beauté de son corps. Depuis la plante de ses pieds jusqu’au sommet de sa tête, vous ne trouverez rien qui ne soit irréprochable, qui puisse être critiqué; que dis-je! ce corps tout entier est formé avec perfection, avec la plus grande beauté par la main de la divine Sagesse. Voyez ce que nous avons dit de la beauté corporelle de la Vierge, Mère de Dieu, dans la 132° Conférence.
VI. — Et maintenant, élevez-vous autant que vous le pourrez à contempler la beauté de l’âme de la Vierge; vous la verrez comblée de tant de dons, de tant de vertus et de mérites, que vous reconnaitrez avec raison qu’elle a eu plus de grâces dans cette vie, qu’elle a plus de gloire dans l’autre que tous les Saints ensemble. Lisez là-dessus toute la 134° Conférence,
1 Liv. II, — 2 Liv. III, chap, mx.