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ISAIE, XIV

* Quanta cura adhibenda sit, ut sacrosanctum missœ sacriiciuin omni religionis cuitu ac venerationc cek'bretur, quivis acile existimare poterit, qui cogitarit maledictum in sacris

itteris eum vocari qui facit opus Dei negligenter Satis

?tiam apparet, omnem opcram et diligentiam in eo ponendani

Et vous célébrerez bien la messe si vous vous y préparez chaque jour, ou plutôt si vous faites de votre vie tout entière une préparation continuelle ; si vous êtes soigneux de connaître et pour cela d'étudier constamment et d'observer, avec une parfaite fidélité, toutes les rubriques ; si vous vous ménagez toujours un quart d'heure au moins d'action de grâces, sans vous laisser détourner de l'accomplissement de ce devoir par le flot des occupations du saint ministère ; si vous vous rappelez qu'à ce moment vous entretenir avec Jésus-Christ, demeurer à ses pieds comme Marie, c'est « la meilleure part ^ », et que d'ailleurs ce temps ainsi employé profitera plus à votre paroisse et à la sanctification des âmes que toutes les œuvres extérieures de zèle.

Une autre forme du culte eucharistique, c'est la visite au Saint Sacrement. Chère à la piété chrétienne, cette pratique doit l'être bien plus encore à la piété sacerdotale. Elle s'impose à tous les bons prêtres. Elle entre tellement dans les besoins de leur cœur, dans la trame de leur vie, que si une circonstance imprévue les oblige à l'omettre, il semble qu'il leur manque quelque chose et que leur journée soit incomplète.

Vous avez tous. Messieurs, cette bonne et sainte coutume ; conservez-la précieusement. Aimez à passer dans votre église, aux pieds du tabernacle, tous les moments de liberté que vous laissent vos travaux ; venez à cette source chercher la lumière, la consolation, la force. On nous appelle des hommes d'église» Avez-vous quelquefois réfléchi à ce titre qu'on nous

esse, ut quanta maxima fieri potest interiori cordis munditia et puritate, atque exteriori devoiionis ac pietatis specie peregatur. (Gonc. Trid., sess. XXII, décret de Observandis et vUandis in celebralione missœ).

1 S. Luc, X, 42.

LE CULTE DE l'eUCHARISTIE 151

donne ? Il faut le comprendre et en réaliser la signification tout entière. Oui, soyons vraiment des hommes d'église ; nous éprouverons bien vite la vérité de celte parole du Prophète : « Seigneur, un jour passé dans votre sanctuaire est préférable à mille autres * » ; et ces visites régulièrement faites nous vaudront d'innombrables richesses spirituelles.

Vraiment il serait à plaindre le prêtre qui ne le comprendrait pas et qui, en dehors du temps de la messe et des quelques autres circonstances où son ministère l'oblige à venir à l'église, n'y paraîtrait jamais. Un curé, souvent, a de nombreux loisirs ; il rencontre sur sa route mille sujets de préoccupations, de tentations et de tristesses ; il ressent un insatiable besoin détre soutenu, encouragé, fortifié, aimé, et il n'entendrait pas cette voix pourtant si rapprochée de lui qui lui crie : « Venez donc à moi vous tous qui travaillez et qui êtes chargés, et je vous soulagerai ! ^ » Quelle inconséquence ! Quelle illusion !

Comment après cela pourrait-il grouper les fidèles de sa paroisse autour du tabernacle ? En vain, il leur adresserait de temps à autre du haut de sa chaire rinvilation officielle : « Venez, adorons-le : Venite adoremus ». En vain il multiplierait les exhortations les plus éloquentes. S'il n'agit pas en môme temps qu'il prêche on ne l'écoutera pas, on ne répondra pas à son appel. Si, au contraire, ce prêtre est un visiteur assidu, un adorateur fervent de la divine Eucharistie, il est presque impossible que sa paroisse ou du moins un grand nombre de ses paroissiens ne subissent pas peu à peu la salutaire influence de son exemple. \oyant tous les jours son curé venir à l'église, visiter

* Ps. LXXXIII, 11.

' S. Matth., XI, 2J

le Saint Sacrement, prolonger son adoration, faire so action de grâces, réciter son bréviaire devant le tabei nacle, cette paroisse ne peut manquer, un jour o Tautre, de s'ébranler et d'accourir à sa suite aupre du Dieu caché de nos autels.

Quant à la forme que vous devez donner à votre cuit eucharistique, la plus opportune en ce moment c ee celle de la réparation. Cette réparation, Pie IX Tappe lait « une œuvre divine destinée à sauver le monde >: et son vaillant successeur, dans un Bref récent, e établit, on ne peut mieux, la nécessité. Il la fonde si ce que « cet amour incompréhensible du Dieu d l'Eucharistie est un amour non seulement méconm mais outragé, surtout à notre époque, où nous voyor les ennemis du Christ, dans leur rage satanique, ] chasser des écoles, des places publiques, des mœur! de toute la vie humaine, et lancer fréquemment conti lui, surtout dans son adorable sacrement, les ph sanglants outrages * ». Ces excès réclament des répî rations qui leur soient proportionnées, Mais, à qi cette mission incombe-t-elle plus qu'aux prêtres, dor il était écrit déjà dans l'ancienne loi ; « Ils pleureroi entre le vestibule et l'autel et ils diront : Pardonne; Seigneur, pardonnez à votre peuple ^ ».

Vous connaissez. Messieurs, les principales forme que la réparation a revêtues de nos jours et les œuvre diverses qu'elle a suscitées.

• Incompreliensibilem itaque hune amorem dum repenc passim horrPTites conspicimusnon sola oblivione, sed ludibrii contemptu, blasphemiis et qiiod monstruosius est adhu( saianica illa rabie, qua Chrislus e scholis, e foro, e moribui e tota liumana vita ejicitur, et in eucharistico prœsertii sacramento atrocissimis nonr aro impetitur injuriis, ncqiiimii non lœtari... (Brev. Leonis XIII, ad Arch. Avenion., 1882).

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