XXII INTRODUCTION
« rendez à la société tout entière qui devra « vous en être reconnaissante; car la clé- « mence du magistrat sème le repentir dans « l'âme du coupable... Oh! si tous vos con- " frères vous ressemblaient! »
— « Mes confrères valent beaucoup mieux « que moi sous bien des rapports ; cependant, « je me permets de ne pas envisager les de- « voirs du ministère public du même œil u que la plupart d'entre eux; ils pensent, en <( effet, que nous sommes institués dans un a but de répression et de terreur seulement, a et moi, j'estime qu'un peu d'humanité et dp « mansuétude ajouté à propos à nos fonc- « tions, n'y gâte rien (i). Mais chacm:| a seS) « idées; laissons cela.... Vous convenez donc, « Romand, comme du reste vous me lécri- « vîtes déjà l'année derrière , que les forçats «libérés sont, généralement parlant, des « êtres gangrenés jusqu'au cœur, incapables
(1) C'élaii aussi l'opinion d'un magistral éininenl qui a long-lcmps dirigé le parquet do première inslance de la capilalc, el qui siège aujourd'hui .à la lêlc de cet important iribunal, en même temps (|u'il remplit avec honneur les (onciiuns législatives, de i\l. Dcbcîllcyme enlin. Il a dit dans un discours dont on n'a pus perdu le souvenir, (juil fallait juger humainement lot choses humaines.
INTRODUCTION. XXIU
d'amendement, et, par conséquent, un dan- ( ger incessant pour le corps social ; et vous { attribuez toujours , sans doute, cette corruption invétérée au régime des bagnes et de nos maisons de détention ? »
— « Oui, monsieur; je ne reviens pas plus ( sur cet aveu que je n'ai changé d'opinion
sur le dernier point. »
— « Et le système cellulaire vous paraît
< devoir être adopté en France pour mettre ( un terme à ce triste état de choses ? u
— i( Assurément, monsieur, et dans toute c sa rigueur encore, du moinsjusqu à ce que ( le coupable ait donné des signes certains ( d'amendement; c'est le seul moyen d'arri- ( ver au but qu on désire atteindre. »
■^ « Mais vous n'ignorez peut-être pa«= toutes les objections qu'on a faites contre « ce genre d emprisonnement; quil détruit
< en quelque sorte la nature de l'homme qui est le penchant à la sociabilité; qu'il est capable d'énerver l'être le plus lx)rtcmènt
< constitué; que le désespoir, la mélancot lie, la démence même peuvent être le latal
résultat d'une détention pareille de quel- (^que durée? »