‹ Confession d'un MalheureuxChapitre 17 sur 65 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

Dans i instant où mon interlocuteur prononçait ces dernières paroles, un coup de vent d'une foi'ce extraordinaire se fît sentir, et je crus presque que la chétive habitation allait nous croulei' sur la tête. Je me levai instinctivement et m'approchai de. l'étroite et unique croisée par où le jour nous arrivait, si 1 on pouvait appeler jour les teintes

« complètement de loui contact avec la société. » ( Mes Prisons, chap. ixxxi )

Or, c'est là précisément le système de Romand qui, dans SCS Idées {F oyez les Notes), a demandé que le détenu fut do temps à auire visité dans sa cellule por l'aumônier et les divers employés de la prison, auxquels on pourrait ajouter quelques personnes du dehors, telles que les membres d'associations charilables et même des parens du prisonnier, lorsqu'ils ne seraient pas d'une immoralité notoire, car ce «lu'il importe surtout d'assurer, c'est la non-communication des détenus entre eux.

Puisque je viens de citer le nom de Silvio Pellico, je me ferai un plaisir de rapporter ici ce que m'écrivit à son sujet, le 1*' juillet 18^5, un ecclésiasliquc de mes amis qui est luimême un littérateur de mérite , M. Martigny, curé et chanoine honoraire au diocèse de Belley. Ayant fait un voyage on ï(ali«', il fut favorisé d'une entrevue avec le célèbre auteur des IWiaous^ et voici le remanjuable portrait qu'il en irace : « J'ai vu Pellico , le sublime prisonnier du Spiclberg, u le cliri'lien h(iui(|uo ot vraiment primiiif! Ouelle émotion « fut la mienne (juand je me trouvai en présence de cet « homme que j'avais tant aimé pour les délicieuses larmes « qu'il m'avait fait si souvent répandre ! Pellico est un petit

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blafardes que nous renvoyait la neige tourbillonnant dans l'air et s'amassant contre la paroi extérieure de la fenêtre. Je distinguai les tristes effets de cette tourmente, des tuiles enlevées des maisons voisines et volant en éclats à de grandes distances, des contrevens presque arrachés de leurs (>^onds et battant

« homme, maigre, soiiffreleux, chélif, — mais avec cela « une expression angélique de douceur, de bonlé, de cha- « rilé, de lolérance, respirant sur loule sa figure où restent « sillonnées les traces du carcerç dura, et surtout dans ses <• beaux yeux dont une paire de larges lunettes n'inter-' « cepte pas du tout l'admirable langage. Pellico parle peu, « mais toujours sa parole est accompagnée d'un demi-sou- « rire que la souffrance ne lui permet pas de mettre entic- « rement au jour; et quand on lui dit quelque chose de flat- « teur, il a pour repousser des louanges, bien mériiées « cependant , la modestie la plus naturelle , la plus convain- (( eue, et une piété douce, charmante, qui, tout en vous lai- « sant rougir d'avoir osé le louer, vous inspire soudain le ce désir de le louer encore davantage : à-peu-près comme il « arrive à cerfai[>s pécheurs dont la raison réprouve uiu; « aimable erreur, et dont au même instant lu cuïur se laisse « gagner à son entraînante séduction. Pellicu parle peu, « vous ai-je dit, mais sa conversaiion est pleine de vues « élevées et profondes : la religion est toujours là, on le sent, « qui lui inspire des pensées graves et d'une indicible so- « lennité. On m'avait dit : Vous allez voir Silvio Pellico; « hélas ! vous ne trouverez plus qu'une ruine. — Celle ruine « est plus belle (pi'aucun des monumens qu'il m'ait été « donné de contempler dans mon voyage. »

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