INTRODUCTION. XV
L'enfant, émue d'abord et rouge comme une grenade , se i^assura peu-à-peu , et débita avec une rare intelligence , en faisant des gestes et donnant à sa voix les inflexions convenabes, la fable dont il s'agit. Le sujet en est celui-ci : Les deux fils d'un fermier ayant découvert une couvée de perdreaux récemment éclos, en furent très enchantés; puis l'inté^ rêt, l'ambition s'en mêlèrent; et, chacun voulant en avoir plus que son frère , une dispute survint entre eux , dans lacpielle ils finirent par se jeter les pauvres volatiles à la tête et par les fouler impitoyablement aux pieds. Sur ces entrefaites, arriva le fermier qui tança vertement les petits bataillards sur leur brutalité , et leur reprocha de sacrifier ainsi tant d'innocens à leurs querelles.
Quand Valérie eut achevé sa récitation : « Eh bien ! lui demanda Romand, que signi- « fie cette fable? — Elle signifie, mon papa, a répondit-elle , que c'est bien vilain de se « disputer entre frères, et puis, qu'il ne faut <f pas faire du mal à ceux qui ne vous en ont « point fait. » Ces naïves paroles donnèrent à réfléchir à Romand qui, enlevant les veux au ciel, reprit avec intention: « Olil tu as