‹ Confession de John Wilkes Booth, assassin du président Abraham LincolnChapitre 4 sur 7 · II CONFESSION · texte numérisé non relu

II CONFESSION

sai à la garde d'un jeune homme que je connaissais.

Je retournai au balcon en me frayant un passage à travers la foule, et j'arrivai à quelques pas de la porte de la loge du Président , cette porte préparée par moi pour me livrer passage.

J'appuyai mon genou contre la porte extérieure qui s'ouvrit sous cette pression.

Le domestique du Président m'arrêta au passage, et j'éprouvai la crainte, après tant de soins, de voir mon entreprise complètement renversée.

. Je lui dis que j'étais un sénateur et que je venais sur invitation.

lime laissa passer.

J'entrai immédiatement dans le petit pas-

DE JOID, WILRES BOOTII. 115

sage, et aussitôt après en avoir refermé la porte derrière'moi, j'y ajustai ma petite barre de bois pour en défendre l'entrée à tout nouvel arrivant.

Je me trouvai alors en face du Major Rathbone, qui me demanda si je savais dans la loge de qui je me présentais.

Je saluai et me tins à l'écart.

Puis ajustant mon pistolet avec la main gauche, je tirai.

Quelqu'un se jeta sur moi, mais je le frappai de mon couteau, et je le jetai de côté.

D'un bond je sautai sur le rebord de la loge et de là sur le plancher du théâtre.

Dans ma chute, mon éperon accrocha quelque chose qui me fit tourner le pied, et, en tombant sur le théâtre, j'éprouvai la crainte de m'être cassé la jambe.

Je fus jeté en avant, mais par un violent effort je parvins à conserver mon* équilibre, et je fis face au public.

— Sic semper tyrannis !... — m'écriai-je.

Puis je traversai le théâtre, et j'allai me heurter contre quelqu'un. Je ne sais pas qui.

Profitant de la surprise et de l'alarme générales, je gagnai la porte de sortie du théâtre, je montai à cheval, et je partis au

galop.

Je devais rencontrer quelques personnes à ma sortie du théâtre; mais, par une cause ou par une autre, elles ne se trouvèrent pas au rendez-vous convenu, et voilà comment je me trouvai avec un seul compagnon pour me suivre dans ma fuite.

Ce compagnon est maintenant avec moi

et une autre personne qui m'est restée fidèle et dévouée.

C'est à cet ami que je confie cette confession.

Je ne ferai pas le récit des heures terribles que j'ai passées depuis ce fatal Vendredi Saint.

Je ne crains pas la mort.

Je suis préparé à la recevoir, à quelque moment qu'elle vienne.

Comme un cerf aux abois, il ne me reste plus maintenant qu'à faire face à mes ennemis quand ils viendront pour me mettre bas.

Je connais la fin de tout ceci, et j'y suis préparé.

Je dois mourir.

Si je n'avais pas été si malheureusement blessé à la jambe, je serais maintenant fort loin de l'endroit où je suis caché; mais la conséquence de ce fatal accident a été de me mettre dans l'impossibilité de rejoindre des amis sur lesquels je pouvais compter, et voilà pourquoi je suis maintenant acculé dans mon dernier retranchement.

Je sens que mon rôle est fini dans ce monde.

Le rideau tiré par la main de la mort est au moment de tomber sur la carrière terrestre de John Wilkes Booth.

... Va ! va ! flamme expirante !

... La vie n'est qu'une ombre errante, un pauvre acteur qui se démène fièrement ,

crie sur le théâtre, et puis qu'on n'entend plus.

... C'est un récit fait par un idiot avec force cris furieux qui ne signifient rien...

(ici s'arrête le manuscrit.

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