‹ Confession de Sainte-BeuveChapitre 4 sur 26 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

et il nous arrive souvent de tirer ensemble. Jamais nous ne nous disputons sur le partage des dépouilles. » Il me consultait sur tous les sujets que f avais plus approfondis que lui. Je m'amusais quelquefois à Yèperonner quand il montait sur son Pégase du Lundi; pour le coup il riait de ma fougue et criait au casseur de vitres. De mon côté, je mettais le même %èle h l'interroger sur tout ce qu'il avait recueilli de la tradition. Ainsi entre nous les services sont égaux.

L'identité de passion pour le travail, de goût pour la biographie, d'enthousiasme pour la littérature, nous avait unis et changea notre commerce en camaraderie. Une question de son côté en amenait une de ma part. La polémique sur Voltaire, excitée par la publication de Ménage et Finances de Voltaire, élargit le cercle de nos causeries. Dès lors je songeai à poursuivre ce quon a appelé la Queue de Voltaire. Familiarisé de bonne heure avec les hommes et les livres de ce siècle, il lui fut facile de me payer largement ce qu il pouvait me devoir sur le passé.

Je savais ce qui lui manquait. Je n eus jamais V illusion de l'attirer à mes principes ; je me fis un point d'honneur de ne pas mime faire allusion à tout ce qui nous séparait. Il a été aussi discret sur tout ce qui nu concernait.

' Après sa passion du Collège de France, il devint plus expansif. Blessé, irrité de n'avoir rencontré aucun défenseur dans toute la presse, il espéra que je devine-

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