‹ Confession de Sainte-BeuveChapitre 5 sur 26 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

rais son intention. Alors il parla plus souvent de lui et se révéla tout entier. Je ne l'ai pas questionné une seule fois, bien qu'il me parût déterminé h me confier tous ses secrets. Il causait lentement, sincèrement, tranquillement, comme il aurait lu une Confession génér raie : f écoutais sans curiosité. Maintes fois il lui est arrivé de s'arrêter et de rougir de ce qu'il avait dit. Je le laissais faire. Je restais aussi réservé qu'il éprouvait le besoin de vider tout ce qui pouvait lui peser sur le cœur.

Ces aveux contiennent probablement la clef de toutes les discussions auxquelles sa mort donnera lieu, un jour ou Vautre.

Maintenant il appartient à l'Histoire. Il pourrait être longtemps ou surfait ou calomnié, à cause de l'ignorance de son caractère.

Je ri* entreprends pas une biographie. J'écris simplement ce que je n'aurais pu voir saris fermer les yeux, ni entendre sans me boucher les oreilles, et surtout sans blesser les convenances.

Ces révélation* déchirent le mystère de la vie privée de l'écrivain qui a le plus dévoré de livres, et jugé d'hommes. Puis-je croire que Sante-Beuve, qui m'estimait comme biographe et comme critique, aurait été avec moi bavard jusqu'à la naïveté pour me faire un devoir du silence? Il a commis tant d'inconséquences qu'une de plus n'étonnera personne. Quant à ceux qui seraient tentés de me reprocher d'être trop explicite, il me sera

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