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Âme, et ces désirs sont la voix des passions qui cherche à étouffer la voix de Dieu. La lutte se fait en vous, entre la chair et l’esprit, entre la sensibilité qui s'efforce de garder les positions conquises et l’acte d'intelligence et de volonté qui voudrait les lui faire abandonner. Malgré ces agitations intérieures, vous pouvez néanmoins avoir la contrition de vos péchés, si vous êtes résolu, malgré les répugnances de la sensibilité, à prendre les résolutions dont nous avons parlé au paragraphe précédent.
Il vous arrive ce qui arrive nécessai ment à tout homme qui veut se convertir. La vieille natu. voudrait continuer à satisfaire ses passions, elle répugne à toute résolution qui arrêtera sa liberté et lui refusera ce qui plaisait tant à ses inclinations naturelles, mais la foi nous montre la nécessité de changer, si nous voulons sauver notre âme. Elle nous presse de réformer notre vie et nos habit::des. C’est le temps de la grande lutte... entre Dieu et le démon : celuici cherchant à nous retenir daus le mal qui nous est agréable, celui-là s’efforçant de nous ramener au bien, même au prix de sacrifices pénibles à notre sensibilité.
Oui, la vraie conversion demande toujours des sacrifices. Un homme ne se décide pas à briser des liens coupables, mais chers à son cœur, à réformer des habitudes devenues en lui une seconde nature, sans qu’il luien coûte beaucoup. Se convertir et se résoudre à souffrir, c’est la même chose.
Ne vous souvient-il pas d’Augustin? Ne savez-vous pas par quelles luttes il passa, quelles angoisses de cœur il ressentit, quand, sollicité par la grâce de Dieu, il entendait encore en lui la voix des passions qui l’avaient séduit pendant tant d'années ? Le cœur et la sensibilité résistaient et s'efforçaient d'empêcher la volonté de prendre une résolu: tion définitive. Enfin la grâce l’emporta.…… Augustin, imposant silence à son cœur et à ses sens, leur fit accepter
lés résolutions que la foi lui avait dictées. Il devint un
saint. : Voilà comment un homme se convertit. - Si donc, malgré les réclamations de la sensibilité, vous
foreez bravement votre cœur à se soumettre aux sacrifices que Dieu lui demande, si vous êtes décidé à quitter des compagnies mauvaises, à lutter contre des habitudes déréglées, à employer les moyens pour observer la loi de Dieu ; vous avez une véritable contrition, lors même que vôtre sensi- ‘bilité. serait. toute. houleversée par la résolution que vous venez de prendre.
: XXVIII Maïs je retombe encore souvent dans les mêmes Jautes..…. Cela ne etai Das que je n° ai point eu la contrition?
Nullement, la conséquence ne suit pas. Parce qu'un malade a une rechute, direz-vous qu’il n’avait pas réellement l'intention de guérir quand il prenait les remèdes du médecin?
Saint Pierre et les autres Apôtres, lorsqu'ils protestaient qu’ils n’abandonneraient jamais Notre-Seigneur, fallût-il mourir avec lui, n’étaient-ils pas sincères? Pourtant, quelques heures plus tard, tous prenaient la fuite et Pierre reniait son divin Maître par trois fois.
La rechute dans le péché montre seulement que nous sommes bien faibles, que nos résolutions ont besoin d’être affermies, qu’il nous faut avoir une grande défiance de nousmêmes, mais elle ne prouve nullement que nos confessions précédentes aient été mauvaises, par manque de contrition.
L'homme qui se confesse ne peut pas dire : ‘* — Je ne “ retomberai plus jamais dans ce péché.....,.........,
Mais il peut et doit dire : ‘‘ Je ne veux plus retomber jamais ‘{ dans ce péché. Je regrette d'y être tombé.... et je suis ‘‘ disposé à employer tous les moyens nécessaires pour ‘{ l'éviter.’’ : C’est là aussi tout ce Le Notre-Seigneur nous demande,
‘Dans lé sacrement de pénitence, l’ abtolition est en soi un acte complet, un jugement définitif, entièrement indépen-
ülant de ce qui peut le suivre. Pour {’ pbiean es il suffit de
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L'instant présent seul nous appartient, l'avenir est le, secret de Dieu. - La mort peut nous frapper immédiatement après la confession (on en a vu des exemples) ou: peu de temps après. Dans ce cas, la résolution prise à confesse n’aura pas eu le temps de changer. Si la vie se prolonge, il est possible qu’elle s’affaiblisse et cède encore devant la tentation, mais cette faiblesse. prouve-t-elle qe cette résolution n’était pas sincère? Nullement.
Autre chose est de prévoir ce qui pourra. arriver et autre chose de le veuioir actuellement. Un homme; livré depuis longtemps à des habitudes mauvaises, peut prévoir, au moment de sa confession, que si Dieu le laisse vivre, il est fort. probable qu'il retombera encore dans ses habitudes, bien qu’actuellement, il soit bien décidé à ne plus retomber., Cette prévision n’empêche pas sa confession d’être bonne.
… Prévoir est.un acte d'intelligence. Voubir, un acte de la volonté, et Dieu ne demande que celui-ci au pécheur. - C'est ce qu’enseigne saint François de Sales :
‘{ Il est constant, dit ce grand saint, que quelques chutes, ‘“ aux péchés mortels, pourvu que ce ne soit pas dans le des- ‘{ sein d'y croupir, ni avec endurcissement au mal, n’empê-, ‘‘ chent pas que l’on ait fait progrès en la dévotion... Il. ‘’ ne faut nullement perdre courage, mais avec une sainte ‘humilité, s’accuser, demander pardon et invoquer le ‘ secours du ciel..."
‘Si les premières “réeiations ne vous pr pas du tout: ‘‘ affermis, les secondes et les troisièmes vous affermiront ‘{ davantage, et enfin, à force de se résoudre souvent, on de-: ‘{ meure tout-à-fait résolu.’ (Opuscules, Dem. XVII.)
Quand un homme se convertit, il doit se prendre tel qu’il est, et non pas tel qu’il voudrait être. S'il suffisait d’une: bonne résolution pour donner à notre vie une orientation immuable, si un sincère désaveu déracinait de notre âme. toutes les habitudes mauvaises, s’il n’y avait qu’à dire une.
Fa Sol