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bonne fois pour toutes : ‘‘ Je ne veux plus pécher, je ne ‘ pécherai plus désormais,’ peu de chrétiens refuseraient de prendre une telle résolution. Mais il n’en va pas ainsi. La seule chose qui soit en notre pouvoir, comme aussi la seule disposition que notre Père exige pour nous pardonner nos fautes, c’est que nous disions du fond du cœur : ‘‘ Mon ‘{ Père, j'ai péché contre le ciel et contre vous, je le vois, ® je faisais fausse route, j’ai eu tort de mettre votre loi de ‘{ côté et je le regrette... Je suis décidé à l’observer ‘“ désormais et, avec votre grâce, je prendrai les moyens
# de réformer ma vie.’’
Quand un homme a été durant de longues années le serviteur docile de ses passions, que, par des actes répétés, il les a, pour ainsi dire, fait passer dans sa constitution, il est moralement certain qu’il ne s’en débarrassera pas tout d’un coup, par un seul acte de sa volonté. La lutte sera longue
et difficile, et par conséquent, elle aura ses alternatives de:
victoires et de défaites. Ce ne sera ni dans un mois, ni dans un au, qu’il parviendra à transformer une nature viciée par. l'habitude du péché. Mais que cet homme, sans se laisser dérourager par des chutes temporaires, se relève promptement ; qu’il continue de prier, de vouloir le bien, d’aller à confesse, et, peu à peu, la grâce de Dieu secondant sa bonne volonté, lui assurera une victoire définitive sur ses passions.
Un apprenti ne devient pas maître du premier coup ; il doit y mettre du temps et de la patience. De même aussi, on ne devient pas un saint dans un jour ; il faut savoir s y reprendre à plusieurs fois, et grâce à une persévérance humble mais tenace, l’on arrive enfin à régler et à gouverner les forces de son âme. ‘Trois ans durant, les Apôtres, sous
la direction immédiate de Jfsus, travaillèrent à se sanctifier.
Pourtant que de faiblesses, que de fautes ne comtnirentils pas? Mais ils persévérèrent et finirent par devenir des
- saints, tous... à l'exception de Judas qui se découragea
et se perdit. Le même découragement, hélas | empêche
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slun. Après leur confession de Pâques, ils font des efforts pendant quelque temps, mais l’habitude l’emporte encore, ils retombent. Au lieu de se relever aussitôt et de raffermir leurs résolutions par une bonne confession, ils s’éloignent de Dieu et bientôt là passion reprend sur leur âme une influence plus grande que jamais. Que ne se sont-ils souvenus du conseil si sage de saint François de Sales : ‘‘...…. Si les pre- ‘“ mières résolutions ne vous ont pas du tout affermis, les ‘“ secondes et les troisièmes vous affermiront davantage et ‘“ enfin, à force de se résoudre souvent, on demeure tout-à- ‘# fait résolu.’ C
XXVIX° Mais je suis relombé immédiatement... Je crains de n'avoir pas es: de sincère contrition.
Il peut se faire, en effet, que la manière dont les rechutes se produisent, donnent de graves doutes sur le sérieux de la confession. Pour éclaircir ce point, veuillez répondre aux questions suivantes :
Dans votre confession de Pâques, vous avez accusé des fautes graves et extérieures ; par exemple, d’avoir souvent
manqué la messe par votre faute — de vous être enivré en
allant boire aux auberges — d’avoir péché contre la pureté, en fréquentant de mauvaises compagnies, en vous exposant à des occasions dangereuses...
Vous aviez promis d’éviter ces occasions, de prier, de vous approcher des Sacrements.….. Avez-vous tenu ces pro-
messes ?
— Avez-vous prié ? — Non,
— Avez vous eñcore manqué la messe par votre faute ?
— Oui, le dimanche même qui suivit ma confession.
— Etes-vous retourné à l’ auberge ?
— Oui, dès la même semaine,
— Avez-vous continué à fréquenter les mauvaises compaguies dangereuses, à vous exposer aux mêmes occasions de péché ?
— Oui.
— Et: vous # êtés pas retourné à confesse durant l'année? :
— Non. Du reste, voilà bien du temps que je ne me con: fesse qu’à Pâques. Je fais toujours les mêmes promeen, mais toujours aussi ma confession est la même.
Dans ces conditions-là, je n’oserais pas affirmer absolument que la contrition a fait défaut, mais je dis que vous ayez les raisons les plus graves de croire que vos confessions ont été mauvaises, parce que, d’après vos propres aveux, il est diffcile d'admettre ne résolution sérieuse de changer de vie en
IL présence d’une pazeille conduite.
| } Nous l’avons dit : la conversion d’un homme est nr
4 difficile et pénible ; c’est une époque qui marque dars la vie, | On se souvient toujours de la vive lumière qui nous fit voir clair dans. notre conscience... de l’horreur -qui: saisit notre | âne à la vue de péchés si nombreux et si graves... On se | souvient de l'impression que fit alors sur l’âme la pensée. de LE la mort, du jugement, de l'enfer... de la terrible lutte qui | s’engagea entre la grâce de Dieu nous montrant les sacrifices
à accomplir et les passions du cœur se soulevant furieuses pour s’opposer à ces sacrifices. . On se souvient. aussi de la joie qui suivit le triomphe de la grâce... de la. paix profonde qui se répandit dans l’âme, après une bonne confession, de la générosité avec laquelle on se mit, dès lors, à
| repousser les attaques de l'ennemi... . | Les effets d’une conversion véritable encouragent longtemps l’homme et le soutiennent dans la lutte, Si, par sur-
A prise, il lui arrive encore de tomber, il se relève aussitôt et 4) raffermit ses résolutions. Il a trop peur de se voir enlacé de
nouveau dans les mêmes liens ! d’avoir: à repasser encore par les peines et les angoisses qu’il éprouva au temps de sa conversion, Vous figurez-vous Madeleine, pardonnée par
JÉsuS, reprenant aussitôt après sa vie criminelle et .dégra-
dée? Vous figurez-vous Pierre reniant une seconde fo s son
Maître ? Augustin sorti victorieux de sa longue et terrible
lutte avec ses passions, se rejetant immédiatement après dans la même corruption? Vous-même, si vous aviez été sur le point de périr en Inngeant un nrécipice, seriez-vous disposé À repasser par le même chemin et à vous exposer au
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même danger? Prenez garde! Rappelez-vous la terrible parole de saint Paul : ‘On ne se moque pas de Dieu.’’ Soyez sérieux dans vos confessions ; n’allez pas chercher une conda-ination là où Notre-Seigneur vous offrait la réconciliation et le pardon.
XXX° Le souvenir de mes péchés me revient toujours à l'idée, je ne suis pas tranquille, cela me décourage.
Rappelons d’abord quelques vérités qui nous aideront à mieux comprendre la réponse à ces difficultés.
° Quel que soit le nombre des fautes qu’on accuse à confesse et leur gravité, JÉSUS ne regarde que les dispositions du cœur, S’il y voit une contrition sincère, il pardonne aussi facilement mille péchés mortels qu’un seul. L'enfant prodigue, Magdeleine et le bon larron n’en sontils pas des exemples ?
2° Une seule bonne confession efface absolument tous les péchés mortels du passé. Quand donc une personne peut se dire en conscience : ‘‘ À telle époque de ma vie, dans telle ‘ circonstance, j'ai fait une confession sérieuse, j'étais bien ‘ disposée, j'avais certainement l'intention de changer de ‘vie ;”” cette personne peut se dire en même temps : ‘D’après ‘ la promesse de N.-$S., fous mes péchés passés sont pardonnés, ‘* je n’ai pl"s besoin de les accuser de nouveau. Il ne me ‘< reste qu’à remercier Dieu de sa bonté, et à le mieux ser- ‘€ vir à l’aveuir.’’
Ceci bien compris, venons maintenant à la difficulté.
Le souvenir de mes péchés me revient toujours à l'idée, je ne suis pas tranquille, cela me décourage.
Il y a deux manières de se rappeler les fautes passées ; l'une est mauvaise et vient du démon, nous devons la repousser comme une tentation ; l’autre est bonne et vient du bon esprit, il nous faut la recevoir comme une grâce qui tous aide à rester dans le chemin droit. La première nous porte à la tristesse, au découragement, au désespoir, La seconde nous remet nos péchés sous les yeux, mals sans
trouble, sans inquiétude, seulement pour nous faire admirer la bonté de Dieu et nous encourager à réparer et à persévérer dans le bien.
Pour mieux saisir l’action du démon dans ces tentations. de découragement, rendons-nous bien compte de l’effet produit sur nous par le péché commis et le péché pardonné.
Le plus souvent, le péché est un acte extérieur. Il s’accomplit sous l'impulsion d’une passion violente qui met en émoi et l’imagination et la sensibilité ; par conséquent, il laissera dans ces deux facultés des traces profondes et persistantes, Le pardon des péchés est, au contraire, un acte moral, insensible, intérieur, qui ne produit sur nous aucune impression sensible. Ilest donc aisé de comprendre comment la certitude physique de nos fautes sera nécessaire ment bien plus vivace en nous que la certitude morale du pardon obtenu, et comment aussi le souvenir que nous en gardons est bien plus impressionnant que celui de l’absolution qui remit notre Âme dans l’ordre. Mais nous ne devons. nous laisser influencer, ni par l’imagination, ni par la sensibilité qui ne dépendent pas de notre volonté. Quand la conscience nous rend le témoignage que nous avons voulu faire une bonne confession, ayons pleine confiance dans les promesses de N.-S. Regardons le passé comme réglé et ne nous en sotivenons plus que pour remercier et réparer. Parfois des personnes plus naïvés qu’éclairées, souhaitent d'oublier entièrement leurs fautes passées. D'abord la chose est impossible, Ensuite fut-elle possible, il ne faudrait pas la souhaiter. Le souvenir de nos fautes passées nous rend, en effet, des services, Il excite notre reconnaissance pour la patience de Dieu et sa bonté. , Il nous prému-
nit contre de nouvelles chutes. Il nous aide à avoir une
vraié humilité et nous rend plus indulgent pour les péchés du prochain . . . En présence d’un coupable, nous nous souveuons de la parole de J£sus : ‘* Que celui d’éntre vous ‘* qui est sans péché, lui jette la première pierre.”
Aussi de tout temps, les grands Re se souvenaient:
admirer à persé-
ntations ffet pronné.
Il s’ac- met en quent, il et perun acte ; aucune ire comcessaireorale du nous en l’absolue devons.
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SRE RE St are
RÉPONSHS À QUELQUES DIFFICÜLTÉS 33
ils sans cesse de leurs péchés passés. David nous a ‘laissé les psaumes dé sa pénitence, saint Atigustin ses humbles
conféssions, saint Pierre son repentir et ses larmes.
Fes
étaient si abondantes que, d'après la tradition, elles sivaient tracé comme deux ‘sillons le long du visage de. l’apôtre. Mais tous ces pénitents se rappelaient leurs fautes sans trouble et sans découragement. Ils trouvaient, au contraire, ‘dans ce souvenir, les motifs les plus solides de confiance et
d'amour.
Ils bénissaient la bonté de Dieu, exaltaient sa
patience, chantaient ses miséricordes et trouvaient dans ces fautes un stimulant pour leur zèle, un aliment à leur amour. ‘Imitons-les. Nous tirerons ainsi le bien du mal et Lous nous encouragerons dé plus en plus à faire dés bonnes œtvres pour réparer les mauvaises et témoigner à JÉSUS BORrS Sauveur, notre reconhaissance et noôtré amour.
: Ecoutez ce que dit à ce propos le Vénérable Père de la Colombière, l’apôtre de la dévotion au Cœur de JÉsus :
.. * Quels fruits, dit-il, ne produit pas dans une âme sincè-
‘{ rement convertie la vue continuelle de ce temps perdu où
“{ mal émployé.’’
Ils sont quelquefois si sensibles qu’on
‘trouve enfin que cette perté est devenue avantageuse, et
# Pi il y a lieu de douter si le repentir qu’elle cause ne vaut
Ci pas plus que l innocence qu’on voudrait avoir conservée. :