CONTRADICTIONS
Pourquoi Léonie changea-t-elle tout à coup d'humeur? Pourquoi fut-elle si vivement blessée de la conduite de Valvins? L'aimait-elle donc? Cet amour, qu'elle croyait depuis si longtemps changé en haine, venait-il de lui parler tout à coup? Non, ce n'était ni pitié ni tendresse pour cet homme, ce n'était ni vengeance ni colère ; c'était un de ces sentiments inexplicables si communs dans le cœur des femmes. Il y avait dix minutes qu'elle plaignait cet homme devenu si misérable et qu'elle eût souhaité de le voir indifférent, tant elle craignait un éclat de son désespoir ; et maintenant elle lui en voulait de jouer cette indifférence au point de tromper les regards dont il était entouré. Inquiète, un instant auparavant, d'une douleur qui l'épouvantait, elle se sentit humiliée de l'empire qu'il avait repris sur lui-même. Enfin, ces vifs mouvements de son cœur éclairèrent la duchesse sur ce qu'elle éprouvait pour Valvins, et elle comprit que la contemplation de l'existence torturée de cet homme était devenue une habitude où elle se complaisait. Sans s'en douter, elle savourait depuis longtemps cette vengeance, à laquelle elle croyait avoir renoncé. En effet, dans sa pensée, Valvins lui était si odieux que, dans les calculs qu'elle eût pu faire contre lui, elle n'eût jamais songé à
devenir l'instrument direct de sa perte; un contact avec cet homme, fût-ce pour l'écraser, lui répugnait au point que, ne pouvant armer personne contre lui, elle n'avait plus songé qu*à Féviter. Mais la présence constante de Valvins sous ses yeux, sa douleur, son dépérissement, avaient fini par surmonter ce dégoût; elle s'était accoutumée à le voir sans horreur, et peu à peu à le regarder avec curiosité, peut-être quelquefois avec joie. Elle ne s'était pas rendu un compte exact de ces sentiments, mais ils lui apparurent dans toute leur cruelle naïveté au moment où le changement de cet homme sembla devoir les tromper. C'est sa vengeance qui lui échappait, car véritablement sa vengeance était là. Et quelle admirable vengeance de femme I comme elle satisfaisait son ressentiment en faisant subir à Valvins les mêmes tortures qu'elle avait souffertes I comme elle flattait sa vanité en la faisant seule l'instrument de ces tortures! combien cette vengeance lui épargnait de soins, de mensonges et d'hypocrisie vis-à-vis du monde, en lui livrant son ennemi sans qu'elle appelât personne à son aide, sans qu'elle se compromît par une confidence ou une accusation contre lui ! Et cette vengeance all-ait lui échapper pour ne pas avoir assez ménagé le suppUce I La victime était près de s'enfuir! Oh ! non pas. C'est ce que Léonie ne voulait plus, c'est ce qui ût qu'au lieu de quitter ce bal, où elle ne serait pas venue si elle avait su y rencontrer Valvins, elle y demeura tant qu'elle sut qu'il y était encore. Ne fallait-il pas, comme le cavalier mexicain, jeter au cou du buffle le lacet qu'il avait déjà rompu, et, une fois le terrible ennemi bien noué à sa ceinture, n'avait-elle pas à recommencer une course brillante, gaie, folle, en le traînant abattu et furieux à sa suite, se déchirant aux épines et se brisant aux pierres du chemdn? Cependant cela semblait difficile, car la nuit se passait, et Valvins demeurait dans le salon écarté où il avait retenu, à force de méchancetés cruelles et hardies, quelques-unes des plus méchantes femmes de ce bal, qui l'écoutaient avec ravissement. Plusieurs fois Léonie avait été jusqu'à la porte de ce salon sans oser y entrer. C'eût été une imprudence et une maladresse: c'était s'exposer aux atteintes de l'ennemi, s'il acceptait la lutte; c'était l'engager à fuir, s'il voulait l'éviter. Ah! quelle révélation ce serait que celle des émotions intérieures de cette femme tournant autour de ce salon, se présentant à toutes les issues sans les oser franchir, tantôt au bras d'une femme qu'elle accablait de témoignages d'amitié et surtout de flatteries, sachant bien qu'il
n*est pas besoin de faire attention à ce qu'on dit quand on flatte, que le tact, la retenue n*y sont pas nécessaires, et que celle qui écoute, acceptant tout sans commentaire, ne peut avoir Tesprit ailleurs, pourvu que la flatterie en tienne lieu ; tantôt au bras de quelque élégant à qui elle laissait tout dire, sûre de le satisfaire, car elle savait encore que ces messieurs ont une si suprême bonne opinion de leur éloquence, qu'ils s'imaginent que les femmes ne leur résistent que parce qu'elles refusent de les écouter. Elle écoutait donc, ou plutôt elle laissait parler depuis cinq minutes le jeune Larrieu, qui, ne trouvant d'obstacle à rien de ce qu'il croyait faire entendre, osa en dire plus qu'il ne croyait que la duchesse voudrait en accepter, et dont le regard rayonnant faisait part de son triomphe à tous ceux qui passaient. Léonie, pendant ce temps, la tête complaisamment penchée vers son adorateur, l'oreille tendue vers ce salon d'où il ne lui venait que le murmure sourd d'une voix amère et les rires étouffés do quelques femmes, Léonie cherchait un moyen de parvenir jusqu'à ce salon, non de sa personne, mais de sa volonté, de son empire, de l'amour désespéré qu'elle inspirait et qui lui échappait. Tout à coup un mot de Larrieu réclaire, elle vient de comprendre que, depuis dix minutes, elle est en butte aux déclarations les plus directes. Elle s'arrête tout à coup et fait son plan de campagne. Elle quitte d'un air embarrassé le bras de Larrieu, et lui dit : a 11 me semble que j'ai un engagement à remplir. Je danse, je crois, avec M. N.... Je quitterai le bal aussitôt. J'ai laissé, il me semble, une écharpe dans ce salon... » Et elle lui montrait le petit salon où était Valvins.
— Je vais... dit Larrieu...
— Non, reprit la duchesse, je ne voj^ais pas vous donner cette peine... Mais, avant de partir, j'irai la reprendre moi-même.
Ceci était un petit rendez-vous bien conditionné. Mais Larrieu pouvait la suivre dans le salon joù elle allait danser ; elle ne le voulut pas et ajouta :
— Jusque-là, adieu.
Elle se sépara de lui et traversa assez rapidement la foule pour gagner une galerie assez éloignée. Quant à Larrieu, il entra dans le salon où était Valvins ; la phrase de la duchesse était si admirablement conçue : « lime semble que j'ai un engagement
Je crois, » tout cela n'était qu'un doute, peut-être une supposition, et probablement elle serait revenue au rendez-vous sans avoir trouvé son danseur, qui n'existait pas ; il fallait donc ne pas
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quitter la place, et Larrieu s'installa dans un coin, le cœurgoDflé des plus délirantes espérances. Cela fait, elle attend longtemps, assez longtemps pour qu'on s'aperçoive dans le coin de Val vins de la présence de Larrieu, que le commandant devait connaître. Puis, au bout de dix minutes, quand elle a vu que les profonds soupirs du jeune fat, ses petits chantonnements, son impatience, ont attiré sur lui quelques regards malicieux, elle paraît tout à coup à une porte, enveloppée de cette écharpe qu'elle n'a point oubliée là, mais enveloppée comme une femme qui s'en va et qui ménage une transition entre l'atmosphère brûlante du salon et celle de l'antichambre où l'attend son manteau fourré ; et de cette porte, le dos tourné vers Valvins qu'elle ne doit point voir, elle fait un signe à Larrieu en lui disant :
— Où vous cachez-vous donc ?
La combinaison était admirable, d'autant plus admirable qu'elle trompa même les femmes qui s'en aperçurent. Elles la trouvèrent maladroite et du plus mauvais goût. Le mot : « Où vous cachezvous donc ? » était inutile pour dire « me voilà, » puisqu'elle se montrait, et c'était pour faire voir qu'elle avait cherché Larrieu par tous les salons. Mais le mot n'était pas pour les femmes, il était pour Valvins; il fallait qu'il crût que c'était par force qu'elle avait mis le pied dans un salon où il se trouvait. Et le ton sec dont ce mot fut prononcé devait lui apprendre la répugnance qu'elle avait éprouvée à en toucher le seuil, et cependant cette répugnance avait cédé au désir de retrouver Larrieu : c'était donc un désir bien vif, bien ardent, c'était donc de l'amour. Léonie avait prévu tout cela ; elle avait prévu aussi que, si Valvins ne tirait pas immédiatement toutes les conséquences de ce fait presque inaperçu, les femmes dont il était ifeureusement entouré se chargeraient de ce soin. En effet, à peine Larrieu, transporté d'un témoignage si éclatant de bonne volonté pour lui, eut-il quitté le salon pour ^ s'élancer vers Léonie, que la conversation qui mordait à belles dents sur une pauvre comtesse de l'empire si compromise que ce n'était pas la peine de l'achever, se retourna l'œil en feu, la dent plus aiguë, sur cette proie toute fraîche qui venait de se jeter si imprudemment en pâture à ses morsures. Ce fut un beau festin de corbeaux : la duchesse y fut dépecée jusqu'à la moelle. C'était encore une de ces aventures si profondément cachées et qui rappelaient celles qui avaient eu lieu du vivant de son mari ; c'était une révélation, une lumière soudaine, car personne ne soupçonnait
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rien de cette intrigue. Elle avait failli enfin à son habile et ténébreuse hypocrisie, et tout s'expliquait. En cinq minutes, Larrieu fut proclamé l'amant adoré de la duchesse, et cela aux yeux de Valvins qui ne parlait plus. 11 avait le lacet au cou, il était jaloux : la duchesse le tenait. Il quitta le salon dans un état d'irritation furieuse, mais il ne pensait plus à se brûler la cervelle ; il fallait qu'il se vengeât de cette femme. A ce moment il ne redoutait plus de la voir ni de l'irriter, et, ayant rencontré Lesly, il lui dit avec un sourire et une gaîté que le jeune homme crut sincères :
— Quand me ferez- vous profiter de la charmante invitation de madame votre sœur?
— Demain, lui répondit le jeune comte, c'est demain vendredi. .. Venez, je vous raccommoderai aussi avec mon père, à qui j'ai fait comprendre qu'il avait tort de vous en vouloir.
— De m'en vouloir, de quoi? dit Valvins que tout alarmait dans ses rapports avec cette famille.
Melchior de Lesly avait pensé qu'il ne devait pas parler à son commandant de l'aventure des arrêts et des plaintes du marquis ; mais il avait laissé échapper un mot qui nécessitait une explication, et, du moment qu'elle fut demandée, il la donna franche et complète. 11 dit à Valvins la colère ridicule de son père ; il avoua franchement l'indignation qu'il en avait éprouvée, sans prétendre s'en faire un mérite, et finit par raconter la démarche qu'il avait exigée de sa sœur et qu'elle avait faite.
— Quoi ! dit Valvins, qui, jusqu'à l'intervention de Léonie dans celte affaire, avait écouté ce récit avec beaucoup d'indifférence ; quoi! elle est allée chez le ministre de la guerre I
— Avec une charmante bonne gjice, lui dit Melchior, qui se plaisait toujours à louer Léonie.
Puis il ajouta :
— Elle est si bonne, si noble ! Quand vous la connaîtrez, vous l'aimerez, et vous la connaîtrez bientôt. A demain.
Valvins demeura stupéfait à cette nouvelle, et il le fut encore davantage en retrouvant dans le bal Larrieu, à qui Léonie avait dit quatre mots très-insignifiants pour s'excuser de lui avoir fait chercher son écharpe et lui prouver qu'elle ne lui avait pas demandé autre chose. Larrieu n'y comprit rien, mais il resta au bal avec un air dépité que Valvins remarqua et dont il voulut s'assurer en lui disant :
— Je vous croyais parti, lieutenant ?
Larrieu, qui savait que Valvins avait été témoin de la petite scène du salon, haussa les épaules et repartit d'un air d'humeur contre lui-même :
— Non, commandant, je suis resté.
— Vous êtes resté? dit Valvins; en marquant ces mots d'une intention facile à deviner.
— Non, non, reprit Larrieu en ricanant. Je n'y mets pas de fatuité, je ne suis pas resté, on m'a laissé.
Puis il s'éloigna, laissant Valvins en proie à des réflexions sans fin sur tout ce qui venait de se passer. Désespéré par l'implacable dédain de cette femme et résolu à se délivrer de sa propre folie par le suicide, il avait été rattaché à la vie par la jalousie et le désir de changer son expiation en vengeance ; puis il était averti à l'instant même que cette jalousie était peut-être sans cause et que cette vengeance allait atteindre une femme qui l'avait défendu. Q\xe penser? que faire? la poursuivre? la fuir? quant à mourir, il n'y pensait plus. Ou cette femme avait été assez noble pour le protéger dans une cause juste, quelque haine qu'elle eût pour lui, et alors il lui fallait le pardon de cette femme avant de mourir; ou elle était devenue assez indifférente pour faire sans effort pour lui ce qu'elle eût fait pour un inconnu, et alors mourir était un sacrifice inutile qu'elle n'eût pas compris. L'aimerait-elle encore, malgré sa résistance et sa cruauté? Ne serait-elle si implacable que parce qu'il lui fallait s'armer à la fois contre elle et contre lui? il n'osa le croire, mais il y pensa. Durant toute la journée du lendemain, il tourna dans ce cercle d'idées et de suppositions, comme un prisonnier dans un cachot obscur, sans pouvoir y faire pénétrer un rayon de jour qui l'éclairé sur la position où il est. Le soir le trouva dans cette affreuse incertitude, ne sachant s'il devait aller chez la duchesse, ne sachant s'il devait rester la victime soumise qui s'offre en holocauste ou se présenter en adversaire décidé à lutter. Si comme la veille le jeune comte eût dû le prendre par la main et le mener en quelque endroit, même chez Léonie , il se serait laissé conduire en laissant au hasard à décider ce qui arriverait d'une pareille démarche. Mais Valvins, ce cœur si robuste, cet esprit si ferme, en était venu à ne plus avoir la force de prendre une décision dans sa vie. Chez lui, la faiblesse physique ajoutait au désordre moral, et enfin, quand l'heure eut sonné où il aurait dû se rendre près de Léonie , il se trouva en proie à une fièvre si brûlante qu'il ne put plus la dominer. Son domestique
alla chercher le médecin, qui déclara qUe Valvins était dans un véritable danger.
Cependant Léonie , avertie dès le malin par son frère de la visite de Valvins, Tavait attendu avec une anxiété non moins grande. De quel air se présenterait-il? serait-ce avec la légèreté railleuse qu'il avait affectée la veille ? serait-ce avec le désespoir profond qui le dominait quelques jours auparavant? Elle l'ignorait, mais elle voyait qu'elle avait remporté une première victoire; ce qui quelques jours auparavant lui eût semblé une insulte grossière, ce qui lui eût paru, après les premières paroles qu'elle avait échangées avec .lui, une révolte insolente , devenait un acte de désespoir après le trait empoisonné qu'elle lui avait lancé en partant. De quelque manière qu'il se présentât, c'est ainsi qu'elle le considérait. Elle l'attendit donc de pied ferme, toute prête à combattre avec quelques armes qu'il eût choisies , quoique au fond , et si brave qu'elle fût, elle tremblât à l'attente du combat. Mais le chevalier provoqué manqua à l'appel , et son antagoniste usa toute sa force à se préparer au combat et à attendre dans son armure qu'elle avait fermé jusqu'au heaume. L'impatience que la duchesse éprouva fut si vive qu'elle ne put s'empêcher de la témoigner à son frère et qu'elle lui dit en riant :
— Eh bien , ton charmant commandant te manque de parole I
— Bah! fit Melchior, qui n'y avait pas môme pensé de la soirée, c'est un original ; il l'a peut être oublié ou il n'a pas osé venir seul.
Deux jours se passèrent ainsi , et ce ne fut que par hasard que la duchesse, qui était de fort mauvaise humeur depuis le vendredi et qui querellait son frère en femme nerveuse, c'est-à-dire à propos de tout et à propos de rien , apprit la causé de l'absence de Valvins.
— Tiens, lui dit son frère , répondant à une autre accusation , c'est comme mon commandant. J'ai bien vu à ton air que tu m'accusais de t'avoir présenté un malotru. Eh bien ! sais-tu ce qui l'a empêché de venir? C'est que vendredi soir il est tombé malade, et si malade, que ce matin Larrieu m'a dit qu'on désespère de lesauver.
La duchesse reçut cette nouvelle avec bonheur, non qu'elle fût contente du danger que courait Valvins, mais parce qu'elle se confirmait dans l'empire qu'elle exerçait sur lui ; ce n'était pas de sa propre volonté qu'il n'était pas venu, c'est tout ce qu'elle voulait savoir; aussi ne répondit-elle rien à son frère, mais aussi
elle ne le querella plus ; la maladie de Val vins avait effacé tous les torts de Melchior. Et puis , il y a des hommes qui ont la prétention de comprendre les femmes, et le petit comte qui, après ce qu'il avait dit de Valvins, avait continué de le défendre, s'imagina que ses mauvaises raisons avaient persuadé la duchesse et qu'il n'y avait qu*à la câliner pour lui faire croire tout ce qu^on voulait. Bon jeune homme I elle n'avait pas entendu un mot de ce qu'il avait ajouté.
Melchior quitta sa sœur quelques instants après , et elle lui demanda :
— Où vas-tu?
— D'abord chercher moi-même des nouvelles du commandant... et puis...
La duchesse ne se souciait pas du reste et ne l'écouta pas davantage. Il faut remarquer que, quelque désir qu'elle eût que son frère fît cette visite, elle ne lui en avait pas dit un mot; elle élail d'un monde, et son frère aussi, qui l'assurait qu'une visite d'une convenance si nécessaire ne serait pas oubliée; elle n'avait donc pas besoin de la lui recommander, mais elle voulait qu'il lui en fût parlé pour pouvoir s'y glisser par un mot.
— Si tu trouves par hasard ton ami M. Larrieu chez le commandant, fais-lui comprendre que ses visites, tous les malins à midi, ne me plaisent pas.
— Bahl dit Melchior d'un ton surpris, Larrieu?
— Ne fais pas de cela une affaire, je t'en prie ; parle-lui-en seulement, si tu le trouves. Il est fort ridicule, ton ami, et je ne veux pas partager cet avantage avec lui.
Melchior haussa les épaules et ajouta :
— Je ferai ta commission... si cependant je le trouve chez le commandant.
— J'espère que tu trouveras M. Valvins mieux portant, mais tu as eu tort de ne pas y aller hier.
— C'est vrai, je n'y ai pas pensé.
— Tu t'excuseras sur quelque devoir à remplir.
— Je mentirai.
— Oui, dit la duchesse en riant, tu feras comme pour madame ])... quand elle t'attend ; tu lui diras que je suis malade et que tu es resté près de moi.
— Excuse excellente ! s'écria Melchior, et queje ne négligerai pas. C'est tout ce que Léonie voulait.