‹ Confessions d'un journalisteChapitre 11 sur 41 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

de Navarre; puis Guérande, cité fière, enveloppée de murailles presque intactes et dont l'aspect féodal est vraiment saisissant ; puis le château de Carheil ; puis la Turballe; puis Piriac ; puis enfin Saint-Nazaire, la ville naissante, qui reçoit dans ses bassins les plus grands vaisseaux du monde et dont mon éminent ami, M. Henri Chevreau, a dit, un jour : « Ce sera le Liverpool de la France. »

Vous voyez, mon cher ami , que les distractions ne nous manquent pas. Sans compter que, de temps en temps, ngus pouvons aller faire la chasse sur les îles de Bagueneau et de TEven, où les goélans abondent, et la grande pêche sur le plateau de la Banche, où les homards pullulent.

Je parle de ce lieu aimable avec complaisance, presque avec passion, comme un père parle de son enfant ; mais ce n'est pas « pour le plaisir, » comme on dit ; ce n'est pas non plus « pour la pose. » Je yous en entretiens parce que vous êtes souffrant, et que je voudrais vous voir bien portant- Or, si vous avez, comme je le crois, la désir naturel de revenir promptement à la santé, adoptez bien vite Pornichet comme séjour ; vous vous en trouverez à merveille, et nous serons tous heureux de vous recevoir en vous faisant fête, ainsi qu'il convient et que vous le méritez.

XVI PÏ?ÉFACE

Voilà ma Préface, mon cher ami. Elle est loin de valoir celle que vous m'aviez promise. Mais il n'est pas permis à tout le monde d'entrer à Corinthe, même à ceux qui se mettent en chemin pour y arriver. Je n'ai pas votre esprit fécondée suis loin de posséder votre plume toujours attachante; j'ignore l'art de marier, pour exciter l'intérêt, la fantaisie à la réalité, ne sachant pas, d'ailleurs, envelopper ma pensée dans cette finesse d'expression que vous possédez à. un si haut degré et dont votre public raffole. Non; j'écris tout uniment, simplement, bêtement, si vous voulez. C'est pourquoi je vous souhaitais en tête de ce livre. A la place de votre prose j'y inscris du moins votre nom, qui me servira de passe-port auprès du lecteur et m'assurera d'abord son attention et plus tard sa bienveillance.

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