‹ Confessions d'un journalisteChapitre 6 sur 41 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

pagnol, et plusieurs romans historiques ou maritimes. Gela évidemment ne valait pas gros ; mais c'était une introduction au maniement de Tart littéraire, et je m'en suis bien trouvé. Entré à vingt ans dans la politique militante, l'article quotidien ne suffisait pas à mon instinctif et dévorant besoin d'écrire, et j'ai publié au delà de quarante volumes ou brochures sur le Communisme, le Droit au Travail, la Situation des Classes ouvrières, la Divinité de Jésus, l'Histoire de la Terreur, la Liberté de la Presse, etc., etc. Tôt commencée, ma journée n'était jamais finie, et je la prolongeais, dans une fièvre ardente, bien avant dans la nuit. C'est si bon, après avoir étudié les grands maîtres, de traduire en noir sur des pages blanches sa propre pensée telle que Dieu vous l'envoie I On s'instruit ainsi, et l'on s'éclaire, et l'on s'épure. Après s'être mis en communication avec les esprits supérieurs, on éprouve un indicible charme à les interroger pour les imiter et les suivre — même de loin. Lire et écrire, c'est à mon gré ce qu'il y a de meilleur dans la vie intellectuelle, parce que c'est par là qu'on s'identifie \vec le grand idéal que tout homme doit caresser ci poursuivre.

Depuis mon enfance j^ travaille donc, et, sauf les cas heureusement ra;eh de maladie, je ne me suis pas arrêté un seul jo iv.

Si elle a manqué d'éclat, ma carrière a du moins

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