‹ Confessions d'un journalisteChapitre 8 sur 41 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

considérables qui m'ont été offerts avec une insistance fréquemment renouvelée, soit par les ministres de l'Empereur, soit par l'Empereur luimême. J'ai tenu à me conserver dans la plénitude de moi-môme, sans permettre qu'on m'entamât aucunement; si bien que, en différentes circonstances, j'ai pu exprimer avec la plus complète liberté mes mécontentements et mes craintes.

Vous pouvez feuilleter la collection de mon journal, mon cher ami : vous y trouverez la marque de ma sincérité entière et de mon entière indépendance. C'est ainsi que j'ai blâmé les décrets malheureux du 24 novembre 1860, que j'ai combattu la guerre d'Italie, dont je prévoyais les mauvaises conséquences, et que, dans les années 1868, 1869 et 1870^ je me suis élevé contre toutes les concessions dites a libérales » arrachées à la confiance trop hâtive et par conséquent imprudente de Napoléon III.

Seulement, quand l'adversité s'est appesantie sur l'Empire ; quand le puissant édifice de 1852^ s'est écroulé sous le double effort de l'ennemi du dehors et de l'ennemi du dedans ; quand j'ai rencontré des royalistes s'oubliant au point de saluer la République comme l'instrument de leur propre vengeance ; quand j'ai vu les lâchetés, les trahisons, les ingratitudes s'accumuler et faire cortège aux usurpateurs de la volonté nationale, ah ! mon

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