‹ Confessions d'un journalisteChapitre 9 sur 41 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

dévouement a redoublé, ma ferveur s'est réchauffée tout à coup, j'ai oublié les généreuses erreurs que je m'étais efforcé en vain de contrarier, et l'Empereur détrôné m'a trouvé plus complètement à lui, à la majesté de sa grande infortune, que lorsqu'il dictait, au palais des Tuileries, sa loi à l'Europe attentive et déférente. C'est le propre des âmes vraiment libres de s'attacher plus étroitement au malheur qu'à l'excès même de la haute fortune. Et j'ai la prétention d'ôtre de ces âmes-là. Si bien que je lutte, depuis le crime du 4 Septembre, avec une énergie persévérante pour venger l'Empire en même temps que pour préparer son retour, et que ma plume ne cesse d'écrire pour ce que vous me permettrez, vous l'ami des princes d'Orléans, d'appeler la « bonne cause, » parce que c'est absolument celle du droit national.

Mais que vous conté-je ? Vous me connaissez depuis assez longtemps, mon ami, pour que le soin soit superflu de me montrer à vous dans mes manifestations politiques. N'en parlons plus.

C'est donc à Pornichet que je me suis établi et confiné pour rassembler mes souvenirs, les classer et les fixer. Pornichet est le pays le plus plaisant du monde : assis, dans le fond d'une baie, au pied d'un haut mamelon de sable, où des semis d'ar-

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