‹ Confessions d'un ouvrierChapitre 11 sur 45 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Un jour, Mauricet me dit :

J'ai, devers Berny, une manière de débiteur qui a fait le plongeon1 l'an dernier, et qui vient de reparaître sur l'eau ; faut que j'aille m'assurer du phénomène et repêcher, si c'est possible, mes cinquante écus. Prends les voitures avec moi samedi soir, tu pousseras jusqu'à Lonjumeau pour voir Madeleine, et j'irai te rejoindre le lendemain, au bois Riaut.

La chose fut convenue. Je n'avais visité ma mère que deux fois depuis son départ, et la dernière, je l'avais trouvée presque complètement aveugle, du reste mieux portante que jamais, et tout à fait de belle humeur. Mais il y avait de cela près de trois mois, et, depuis, le travail m'avait toujours retenu au chantier.

Lorsque j'arrivai à Lonjumeau, le jour était déjà sur sa fin. Je pris le chemin qui conduisait chez la mère Riviou; mais on avait coupé des arbres, abattu des clôtures; je ne reconnaissais plus ma route. Après m'être embrouillé dans deux ou trois sentiers, je cherchai autour de moi quel-

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