‹ Confessions de J.-J.Rousseau, Volume 3Chapitre 2 sur 32 · PARUE H , UVRE VIT · texte numérisé non relu

PARUE H , UVRE VIT

yojs^ty com^sitiQ^ d'un opéra % $Xw&Vtt ta#çe <me j'en£endoi*4pjmer pajç l<% genj-i Ysçtt k cette entreprise , m'en v rebuto^ent 3 l'instant même , et,m,e faisojfiflt rougir, d'qs^f yso^nDfaiUeurs* ou trç^ver q^çjl^i'u^^ voulût me fournir 4& paroles,^ et; prçn4rç Ù peine de les tourner k mpn, gr4 ? C?s idée$çi e . mimique et d'opéra me. reviiirenj; durant ma, maladie , et , dans le transport de ma,, fieyre ^ je composas des yçps ^ des, ^Mnts , deç di*o , <$$ç chœurs. Je soia certain d'ajyoiiï fa& d^uXf ou trois morceaux, di prirw irUe^jpnç^ diçnçs ; ffeut-être 4e Va4wratipç des paître», s'ijsj avouent pu Je*, çnjendre exécuter» O ! si Ton pouvoit tenir-registre des rêves d'un fiévreux , quelles grands e^suWifwes choses on verroit sortir q^e^efyis ^e.soa délire^ ,

Çes sujets de n*nsicf»e et 4 r Qpéra m'occupèrent encore pendant ma conyajescence , mais plus tranquillçmcmt ! A force d'y penser et m4me malgr^ moi , je voulus w frvoir le coçur net 4 et tenter 4e y |ajreà moise^ un opéra paroles et musique,. Çe «'était pas tout-à-faij mon coup d'essai»; J'avois fait jadis, à Çhainb^^ ry un opéra^tpag^die, intitula IphizçtA* rçte  qptej'aypif eu le bon.s^pdejeteraufeu,*

J>ayois fait a Lyon un autre Intitulé la Découverte du Nouveau Monde , idont , après l'avoir lu à M. Bordés , a l'abbé Mably , à l'abbé Trubltt , et à d'autres , j'avois fini par faire . le même usage , quoique j'eusse déjà fait la' musique du prologue et du premier acte , et que David m'eût dit , en voyant cette musique , qu'il y avoit des morceaux dignes du Buononcini.

Gette fois , avant que de mettre la main a l'œuvre , je me donnai le temps de médite^ mon plan. Je projetai dans un ballet héroïque trois sujets différents «n trois actes détachés * chacun dans un différent caractère de musique , et , prenant pour chaque sujet les amours d'un poète , j'intitulai cet opéra Les Muses galantes. Mon premier acte , en genre dé musique forte, étoit le Tasse ; le second, en genre de musique tendre , étoit Ovide ; ,1e troisième , intitulé Anacréon , devoit respirer la gaieté du dithyrambe. Je m'essayai d'abord sur le premier acte , et je m'y ; livrai avec une ardeur qui ^ pour la première fois , me fit goûter les délices de la verve dans la composition. Un soir , près d'entrer à l'Opéra , me sentant tourmenté, maîtrisé par mes idées , je

PARTIE II, LIVRE VII. 3j remets mon aigent dans ma poche , je cours m'enfermer chezufoi , je me mets au lit, après avoir bien fermé tous mes rideaux pour empêcher le jour d'y pénétrer ; et là , me livrant à tput l'œstre poétique et musical, je composai rapidement en sept ou huit heures la meilleure partie de mon acte. Je puis dire que mes amours pour la princesse dé Fer rare (car j'étois le Tasse pour lors ) , et mes nobles et fiers sentiments vis-a-vis de son» injuste frère, » me 'donnèrent une nuit cent fois plus délicieuse que je ne l'aurois trouvée d^s les bras de la première beauté de l'univers. Il ne resta le matin dans ma tête qu'une bien petite partie de ce que j'avois fait ; mais ce peu , presque effacé par la lassitude et le sommeil , ne laissent pas de marquer encore l'énergie des morceaux dont il offroit les débris.

Pour cette fois , je ne poussai pas fort loin ce travail , en ayant-été détourné par d'autres affaires. Tandis que je m'attachois à la maison Dupin , madame de Beuzenval et madame de Broglie , que je continuai de voir quelquefois, ne m'avoient pas oublié. M. le jointe de Montaigu , capitaine aux gardes , venoit d'être nommé ambassadeur à Venise. G'étoit un am~

38 liES QQNFï^SïOîfâ.

bassadeur de la &çoa 4* Rafja%, auquel il faisoU très^*&sid4mf»t la a**u\ Soi* frè*e ]* cttevalier de Montaigu ,. gentUbomme de la manche de monseigneur le Dauphin , étek de la connoissance de oes deux dames , et .de celle de l'abbé Alarv de l'Académie fraaeoise» que je voyois aussi quelquefois. Madame de Broglie , Sacbaufquele nouvel ambassadeur ckeroboit un secrétaire , me proposa. Nous en* traînes, en pourpanler. Je demandois cinquante louis d'appointemeknl , ce qui était bien peu dans une place f^i l'on est obligé de figurer. Il ne vouloit me donne* qiie cent pistoles , et que je fisse le*voyage à mes frais* La proposé tion étoit ridicule. Nous ne pûmes nous ao* corder. M; de FraneueU , qui faisoit tous ses efforts pour me retenir , l'emporte. Je restai , et M. de Montaigu partit , emmenant un autre secrétaire , nommé M, Foflau -, qu'on lui avoit donné au bureau des affaires étrangères. A peine furent-Usarrivéa à Venise qu'ilssç brouillèrent. Follau , voyant qu'à aveit affaire à un fou , le planta la $ et M. de Montaigu, n'ajant qu'un petit abbé , appelé de Binis > qui écri* voit sous le secrétaire , et n'était, pas. en état d'en remplir fe place , eut recours à moi. Le

PARTIE II, LIVRE VII. 3g chevalier , sou> frère* , homme d'esprit , me tourna iS bien , me faisant entendre qu'il j avoit des droits attachés à la place de secrétaire , qu'i me fît accepter les mille fraacs. J'eus vingt louis pour mou voyage , et je partis,*

A Lyon j'aurois bien voulu prendre la route duMont-Cenis pourvoir en passant ma pauvre maman ; mais je descendis le Rhône , et fus m'erabarquer à Toulon pour Gènes , tant pa* raison d'économie, que pour prendre un passeport de M. de Mirepoix qui commandoit alors en Provence , et à qui j'étois adressé. M« de Montaigu , ne pouvant se passer de moi , m'écriyoit lettre sur lettre pour presser mon voyage. Un incident le retarda.

C'étoit le temps de la peste de Messine. La flotte augloise y avoit mouiUé , et visita la felouque sur laquelle j'étois. Cela noua assujettit , en arrivant à Gènes , après une longue et fatigante traversée , à une quarantaine de vingt-un jours. On donna le choix aux passa* gers de la faire à bord > ou au lazaret , dans lequel on nous prévint que nous ne trouver rions que les quatre mura, parce qu'on n'a voit pas encore eu le temps de le meubler. Tous choisirent la felouque. L'insupportable cha«

leur , l'espace étroit , l'impossibilité d'y marcher , la vermine , me firent préférer lé lazaret , à tout risque. Je fus conduit dans un grand bâtiment a deux étages absolument nu , où je ne trouvai ni fenêtre , ni lit , ni table , ni chaise, pas même un escabeau pour m'asseoir , ni une botte de paille pour me-coucher. On m'apporta mon manteau , mon sac de nuit , mes deux malles ; on ferma sur moi de grosses portes à grosses serrures , et je restai la , maître de me promener a mon aise de chambre en chambre et d'étage «n étage , trouvant partout la même solitude et la même nudité.

Tout cela ne me fit pas repentir d'avoir choisi le lazaret plutôt que la felouque , et , comme un autre Robiuson , je me mis à m'arranger pour mes vingt-un jours , comme j'aurois pu faire pour toute ma vie. J'eus d'abord l'amusement d'aller à la chasse aux poux que j'avais gagnés dans la felouque. Quarfd , a force de changer de linge et de hardes , je me fus enfin rendu net , je procédai a l'ameublement de la chambre que je m'étois choisie. Je me fi» un bon matelas de mes vestes et de mes chemises , des draps , de plusieurs serviettes que je cousis , une couverture de

PARTIE II , LIVRE VIL 41 ma robe-de-chambre , un oreiller démon manteau. Je me fis un siège d'une malle posée à " plat , et une table d'une autre que je mis de champ. Je tirai du «papier , une écritoire; j'arrangeai en manière de bibliothèque une douzaine de livres que j'avois. Bref,* je m'accommodai si bien , qu'à l'exception des rideaux et des fenêtres , j'étois presque aussi commodément à ce lazaret qu'à mon jeu de paume de la rue Verdelet* Mes repas étoient servis avec beaucoup de pompe ; deux grenadiers , la baïonnette au bout du fusil , les escortoient * l'escalier étoit ma salle à manger, le haut du palier me servoit de table, la marche inférieure me servait dé siège ; et , quand mon dîné étoit servi , l'on sonnoit , en se retirant , une clochettè poïr m'avertir de me mettre à table. Entre mes repas , quand je ne lisois ni n'écrivois , ou que je ne travaillons pas à mon ameublement , j'allois me promener dans le cimetière des protestants qui me servoit de cour , ou je montois dans une lanterne qui donnoit sur le port , et d'où je pouvois voir entrer et sortir les navires. Je passai de la sorte quatorze jours ; et j'y aurois passé la vingtaine entière sans m'ennuyer un moment ,

4a l#S C05ÎFE3SWNS.. ^

ai A{, t de Jonvilte , envoyé devance, à je fis parvenncune lettre vioeigr^ , parfuwée; et demi-brûlée , n'e^t fait abréger in,on temp& de huit jours : je les aHai passer chez lui , et >e me trouvai mieux, > je l'avoue* > du gîte de sa maison que de celui du lazaret, Il me fit force caresses^ Pupont , 90a secrétaire , étoifc un bon garçon , qui me mena > tantaGèoes qu'à; la campagne , dans plusieurs maison oà l'on s'amusoit assez > et jq liai avec lui ce«i&Qi%i sance e* correspondance > que nofts eotretmn mes fort long-temps* Je pourswvis agréablement ma route à travers la Lombacdie ; je, vis Mi(an , Vérone » Bresse , Papoue ; et- j'arrivai enfin à Yenis» , impatiemment attendu pa* M. l'ambassadeur».

Je trouvai des tas de dépêlfoea tant de la cour, que des autres ambassadeurs , dont il Vayçit pu lire ce qui étoitcbUfré", quoiqu'il e4t tous les chiffres nécessaires pour cela. N'ayant ja^ mais travaille* dans aucun. bureau, ni vu.de ma . vie un chiffre de ministre , je craignis, d'abord d'être embarrassé* Wws j# trouivai que rien n'étoit plus simple : et en moins dehuitf jours j'eus déchiffré le tojut;, qui assurément u'e». v% loit pas la peine } car outre<me l'ambassade 4«

PABfflt: n , LIVRE vii. 43 Venise est toujours assez oisive , ce n'était pas à ce pauvre homme qu'on eût voulu confier la moindre négociation» Il s'étoit trouvé flans un grand embarras jusqu'à mon arrivée , ne sachant ni dicter , ni écrire lisiblement. Je lui étois très-utile; il le sentit, et me traita bien. Un autre motif l'y portoit encore. Depuis M. de Frouîaj son prédécesseur, dont la tête s'étoit dérangée, le consul de France, appelé M. le Blond, étoit resté chargé des. affaires de l'ambassade, et, depuis l'arrivée de M. de Montaigu , il continuent de les faire jusqu'à ce qu'il l'eût mis au fait* M. de Montaigu v , jaloux qu'un autre fît son métier, quoique lui-même n'y entendît rien , prit en guignon le consul , et sitôt que je fus arrivé , il lui ôta les fonctions de secrétaire d'ambassade pour me les donner. Elles étoient inséparables du titre ; il me dit de le prendre. Tant que je restai près de lui , jamais il n'envoya que moi sous ce titre au sénat et chez son confèrent ; et dans le fond il étoit fort naturel qu'il aimât mieux avoir pour secrétaire d'ambassade un homme à lui qu'un consul ou un commis des bureaux nommé par la epur.

Cela rendit ma situation assez agréable , et

empêcha ses gentilshommes , qui étoient Italiens , ainsi que ses pages et la plupart de ses gens, de mê disputer la primauté dans sa maison. Je me seryis avec succès de l'autorité* qui y étoit attachée pour maintenir son droit de liste , c'est-a-dire , la franchise de son quartier contre les tentatives ou'on fit plusieurs fois pour l'enfreindre, et auxquelles ses officiers vénitien s n'a voient garde de résister. Mais aussi je ne souffris jamais qu'il s'y réfugiât des bandits , quoiqu'il m'en eût pu revenir des avantages dont son excellence n'auroit pas dédaigné sa part. Elle osa même la réclamer sur les droits du secrétariat , qu'on appeloit la chancellerie. On étoit en guerre ; il ne laissoit pas d'y avoir bien des expéditions de passe-ports. Chacun de ces passe-ports payoit un sequin au secrétaire qui l'expédiolt et le contre-signoit. Tous mes prédécesseurs s'étoient fait payer indistinctement ce sequin tant des François que des étrangers. Sans être François , je trouvai cet usage injuste, et je l'abrogeai pour les François; mais j'exigeai si rigoureusement mon droit de tout autre , que le marquis Scotti , frère du favori de la reine d'Espagne , m'ayant fait demander un passe-port sans m'envoyer le sequin,

PARTIE n , LIVRE VH. 45 jè le lui fis demander , hardiesse que le vindicatif Italien n'oublia pas. Dès qu'on sut la reV forme que j'atois faite dans la taxe des passeports , il ne se présenta plus pour en avoir que ,jdes foules de prétendus François , qui , dans des baragouins abominables, se disoient , l'un Provençal, J'autre Picard, l'autre Bourguignon.

Gomme j'ail'oreille assez fine,^e n'en fus guère la dupe ; et je doute qu'un seul Italien m'ait soufflé 'mon sequin. J'eus la bêtise de dire à M. de Montaigu^qui ne savoit rien de rien , ce que j'avois fait. Ce mot de sequtn lui frfcouvrii» • les oreilles; et, sanS me dire son avis sur h suppression de ceux des François , il prétendit que j'entrasse en compte avec lui sur les autres, me promettant des avantages équivalents. Plus indigné de cette bassesse qu'affecté par mon intérêt , je rejetai hautement sa proposition : il insista, je m'échauffais. Non , Monsieur,lui disje très^vivement , que votre excellence garde ce qui est à elle et me laisse ce qui est à moi , je ne lui en céderai jamais un sou. Voyant qu'il ne gagneroit rien par cette voie, il en prit une autre , et n'eut pas honte de me dire que, puisque j'avois les profits de sa chancellerie,, il étoit juste que j'en fisse les frais. Je ne voulus

pas chicaner Bar cet article; et depuis lors j'ai fourni de mon argent, encre , papier , cire ,1jougie, nompareille , et tout le re%te, sans qu'il m'en ait jamais remboursé un liard. Gela ne m'empêcha pas de faire une petite part du prqg duit des passe-ports à l'abbé de Binis, bon garçon , et bien éloigné de prétendre à rien de semblable. S'il'étoit complaisant envers moi , je n'étoispas moins honnête envers lui , et nous avons toujours bien vécu ensemble.

Sur l'essai de ma besogne, je la trouvai moins * embarrassantê que je n'a vois craint pour un "homme sans expérience , auprès d'un ambassadeur qui n'en avoit pas davantage , et dont , pour surcroît, l'ignorance et l'entêtement con- . ■trarioient comme à plaisir tout ce que lebon sens et quelques lumières m'inspiroient de bien pour son service et celui du roi. Ce qu'il fit de plus raisonnable fut de se lier avec le marquis Mari, ambassadeur d'Espagne , homme adroit et fin, 4rui l'eût mené par le nez s'il eut voulu , mais qui , vu l'union d'intérêt des deux couronnes ^ le conseilloit assez bien , si l'autre n'eût gâté -ses conseils en fourraiit; toujours du sien dans ; leur exécution. La seule chose qu'ils eussent à faire de concert étoit d'engager les Vénitiens à

PAltoE II , LIVHE VII. 47 maintenir ianeutrelité. Ceur-cinemanquoient ■pas de prétexter de leur fidélité à l'observer , tandis qu'ils fournissaient publiquement des munitions aux troupes autrichiennes et même ées recrutes , sous prétexte de désertion. M. lie Montaigu , qui , je crois , vouloit plaire à la ré- • publique , ne manquoit pas aussi , malgté me% représentations, de me faire assurer, dans toutes se» dépêches , qu'elle n'enfremdroit jamais la neutralité» L'entêtement et la stupidité de ce 'pauvre hohime ràe faisaient écrire et faire à tout moment des extravagances dont j'étois bien forcé d'être Pagetit, puisqu'il le vouloit, mais qui me rendoient quelquefois mon métier insupportable et même presque impraticable. Il "Vouloit absolument que la plus grande partie de sa dépêche ati roi et de celle au ministre fàt en chiffres, quoique Tune ét l'autre ne contînt absôhunent rien qui demandât cette précaution.

Je hrî représentai qu'entre le vendredt , qu'arrivoiènt les dépêches de la cour , et le samedi que partaient les nôtres, il n'y avoit pas assez de temps pour Pemplqrjrer a tant de chiffres et a la forte correspondance doht j'éteis chargé par le même courrier. Il trouva à cela un expédient admirable : ce fut de foire dès le jeudi

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la réponse aux dépêches qui dévoient arriver le lendemain. Cette idée lui parut si heureusement trouvée , que , quoi que je pusse lui dire sur l'impossibilité , sur l'absurdité de son exécution , il en fallut passer par la , et , tout le temps que j'ai demeuré chez lui , après avoir j^enu note de quelque mots qu'il me disoit dans la semaine a la volée , et de quelques nouvelles triviales que j'allois écumant par-ci , pa£^k , muni de ces uniques matériaux , je ne manquons jamais le jeudi matin de lui porter le brouillon des dépêches qui dévoient partir le samedi , sauf quelques additions ou corrections à faire sur celles qui dévoient venir le vendredi , et auxquelles les nôtres servoient de réponses. Il avoit un autre ; tic fort plaisant , et qui donnoit k sa correspondance un ridicule difficile k imaginer ; c'étolt de renvoyer chaque nouvelle k sa source , au lieu de lui feire suivre son cours. Il ma r quoi t à M. Amelot les nouvelles de la cour, à M. de Maure pas celles de Paris , à M. d'Havrincourt celles de Suède , k M. de la Chétardie celles de Pétersbourg , et quelquefois k chacun eelles qui venoient de lui-même , en termes un peu différents. Comme de tout ce que je lui

jUmambe w tow .sans te* lire, <aek me reo- 4oit un peu plu> i>%***£tre ,de totumer ces derrières e nW mode ^etujJjrJie au m*ins croiser Je* «Wnvefles- Wbfc il ** £kt impossible 4e donner un 4ctur *aâsonnanâe eus dépêche* es»

^eatfeUtift ; heureux «woore quand il ne a^avi- $oit pas d'y larder inproipptu quelques lignes de^#qn estoc t qui«ne ferçoien* de «retourner transcrira en h&te tonte la dépêche , om^e de cette .nouvelle impertinence» a laquelle il {alitait donner l'honneur dn ehifire, «ans quai il ne l'auroUjpes signée- Je in* tenté vingt «foi* , peur i^nwiv 4e ,sa gWre • de chiner «antre 4*H*e «iwe on ^uil «Voit 4i* * mais , aeatajf qne i>en me pouvait amuser une pa*<âUe n> Â4éJ#*é ,, je Je laissai d&irer è Jés mques* consent de lui pader weçi^qejùse , <« de rem.

plir aux miens mon devoir auprès de lui.

C!esict^neie fo^onj^ursavee-une droiture, m tète et un «enrage quiméritdient de sa part juste autee récompense a#e celle jqu&l'en reçus «lafin. Aétoi* temps que je/Pise fine lois ce x{«e Je «ciel, qui nVAve&d^uéd'uu^wux «natuael, ce que Védnceûoo que jtedfes reçue

-patois* signer, il plchesdela «our» e

*r«eunoit queJes déçoit «eUeapour le» an-

5o XES CONFESSIONS,

de la meilleure de* femmes , ce que celle qu? je m'étois donnée à moi-même, m'a voit fait être , et je le fus. Livré à moi seul , sans ami , sans conseil, sans expérience, en pays étranger , servant une nation étrangère V au milieu d'une foule de fripons qui , pour leur intérêt et pour écarter le scandale du bon exemple , me tentaient de les imiter ; loin d'en rien faire, je servis bien la France, a qui je ne devois rien , et mieux l'ambassadeur , comme il étoit juste , £ en tout ce qui dépendit de moi. Irréprochable dans un poste assez en vue , jé méritai , j'obtins l'estime de la république , celle de tous les ambassadeurs avec qui nous étions en correspondance , et l'affection de tous les François établis a Venise , sans en excepter le consul même , a^ue je supplantais a regret dans des fonctions que je sa vois lui être dues , et qui me donnoient plus d'embarras que de plaisir. 1 \

M. de Montaigu , livré totalement au marquis Mari, qui n'entroit pas 'dans le détail de ses devoirs, les négligeoit k tel point que, sans moi , les François qui étaient a Venise ne se seroient pas aperçus qu'il y eût un ambassadeur leur nation. Toujours éconduits ,

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