PARTIE fl^ LIVRE VIL
Patkel, chancelier du consulat, qui ne vint qu'a contre-cœur , tant ces pauvres gens erai» gnoient tous de déplaire au sén^Ne pouvant monter k bord a cause de ,1a défense, je restai danJtltoa gondole , et j'y dressai mon verbal , interrogeant à hauti» voix et successivement tous les gen> de l'équipage , «t dirigeant mes question* ࣠marner* k tirer des réponses qui leur fus^ehTavantageuses. Je voulut engager Patizel a faire les interrogations et le verbal lui-même , ce qui en effet étoit plus de son métier que du mien : il n'y voulut jamais consentir, et ne dit pas un sfcd mot. Cette démarche, un peu hardie, ejb Cependant un heureux succès , et le vaisseau fut délivré long-temps avant la. rép&ise du ministre. Le capitaine voulut me faire un présent. Sans me fâcher je lui dis , en lui. frappant sur l'épaule : Capitaine Olivet, croi£tu que celui qui ne reçoit pas des François; un droit de passe-port qu'il trouve établi , soit homme k leur vendre la protection du roi? Il voulut au moins me donner sur son bord un dîné que j'acceptai , et oh je. menai le secrétaire*d'ambassade d'Espagne» nommé Carrio, homme de nïériteet très-aimable , qu'on a vu depuis secrétaire
56 LES GONFjg^BIOmi
d'ambassade a Paris ttchtrgé 4«ft«Air^ kqweâ je rrfét^i» i^tèmcÉwAtlié à foifculple d©
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PARTIE n , LIVRE Vil. 07 *àrc* Je n'en «itérai qu'un seul trait , qui se rapporte à mon départ de Venise , et dont j'ai senti le contre-coup dans la suite a Paris.
Notre cmssnier, appelé Rousselot, avoit apporté de France «n ancien billet de deux cents francs , qu'un perruquier de ses amis avok d'un noble vénitien appelé Zanettottani, pour £>uraiture de perruques. Rousselot m'apporta ce billet, me priant de tâcher d'en tirer quelque chose par accommodement. Je savois , il savait aussi que l'usage constant des nobles vénitiens est de ne jamais payer , de rëftur dans leur patrie , les dettes qu'ils ont contractées en pajs étranger ; quand on les y veut camtraiudre, ils consument en tant de longueurs et de irais le jualheurenx créancier , qu'il se rebute , et finit par tout abandonner on s'accommoder presque pour rien. Je priai M. le Blond de parler à Zauetto ; celui-ci convint du billet , non du paiement. À force de batailler â promit enfin trois sequins. Quand le Blond foi porta le billet , les trois sequins ne se trouvèrent pas prêts $ il fallut attendre. Durant cette attente survint ma querelle avec l'ambassadeur, et ma sortie de chez lui. Je
laissât tous les papiers de l'ambassade dans le
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plus grand ordre, niais le billet de Rousseiot ne se trouva point. M. lé Blond m'assura me l'avoir rendu ; je le connoissois trop honnête homme pour en douter , mais il me fut impossible de me rappeler ce qu'étoit devenu ce billet. Comme Zanetto avoit avoué la dette , je priai M. le Blond de tâcher d'en tirer les trois sequins , ou de l'engager à renouveler le billet par duplicata. Zanetto, sachant le billet perdu, ne voulut faire ni l'un ni l'autre. J'offris a Rousse] ot les trois sequins de ma bourse, pour l'acquit du billet. Il les refusa, et me dit que je m'accommoderois à Paris avec le créancier, dont il me donna l'adresse. Le perruquier, sachant ce qui s'é toit passé, voulut son billet, ou son argent en entier. Que n'a ur ois- je point donné dans mon indignation pour retrouver ce maudit billet ! Je payai les deux cents francs , et cela dans ma plus grande détresse. Voilà comment la perte du billet valut tau créancier le paiement de la somme entière, tandis que , * si malheureusement pour lui ce billet se fût retrouvé, il en auroit difficilement tiré les dix écus promis > par son excellence Zanetto Nani.
Le talent que je crus me sentir pour mon