‹ Confessions de J.-J.Rousseau, Volume 3Chapitre 5 sur 32 · PARTIE D , LIVRE VII. 5g · texte numérisé non relu

PARTIE D , LIVRE VII. 5g

emploi me le fit remplir .aveogoAi; et , hors la société de mon ami Carrio, du vertueux Altuna, dont j'aurai bientôt à. parler, hors les récréations bien innocentes de la place Saint- Marc , du spectacle 9 et de quelques visites que nous faisions toujours ensemble , je fis mes seuls plaisirs de mes devoirs. Quoique mon travail ne fât pas fort pénible , surtout avec l'aide de l'abbé de Binis, comme la correspondance étoit très-étendue, et que nous étions en temps de guerre , je ne laissois pas d'être occupé raisonnablement. Je travaillois tous Jes jours une bonne partie de la matinée , et , les jours de courrier j quelquefois jusqu'à minuit. Je consacrois le reste du temps a l'étude du métier que je commençois , et dans lequel je comptois bien , par le succès de mon début, être employé plus avantageusement dans la suite. En effet , il n'y avoit qu'une voix sur mon compte , à commencer par cejle de l'ambassadeur , qui se louoit hautement de mon service , qui ne s'en est jamais plaint , et dont toute la fureur ne vint dans la suite que de ce que r m'cétant plaint inutilement moi-même , je voulus avoir enfin mon congé. Les ambassadeurs et ministres du roi?fvec qui nous étions

<*> LES COffEB*SiON&.

en 6orriespén4anc«, loi faisaient, tfurte niéritc de son secrétaire * dé» eomplinsénts qm* de* voient le flatter, et 4m y dans sa ianuvaise tête, pmduisWnt un effet tout différencié en reçnt m f*to%HX, dans une eilnaanstance essentielle, qu'il fite «i'a jdm&b pardonné; Oeet vaut la fïfae d'être expliqué.

It patent si peu s* gêner , que, le samedi même* jour de presque tons les courriers, il né pôTtfvoi* attendre pour sortir que te travail ftt achevé , et> me talonnent sans cesse peur er* pgdier les dépêches én roi et des ministres , il «îgnerit en hâté) etptuis couroit je ne «sis où , iafcsaot là plupart dé» autres lettres sans sigttàtftVe» ce <yai *ae forçait, quand ee n'étofc que des nouvelles, dé les tourner en bwBetini? **ais> lersqtfil g?agiisdit d'affaires qui xegard oient le semée du roi) il faHoit bien que que*qu'im signât , et je signais. J*en tosai ainsi pour tWi avis important que nous venidns de *Qt& voir de M. Vincent , chargé des affaires de roi h Vienne. G'étèit dans le temps que le prince de LofckovHtts marchait a Naples , et qne le comte dé €tigès fit eétte méMoràMé retraite , la plus beWé màWè$vre de gwerre de «sut le siècle , et dont l'Europe a trop pfca parlé.

PÀftITO H , LTVKfc VII. *<

L'avis attatoit qu*4b nommé* «Wnt M» Vincent nous* eovevoît le sifpMleiaeat, partait de Vie*ne et Revoit paner à Venise, aabntfiirtiveeaent dan* fÀbruzaé, ckarfcé eVy faire soulever fte peuple a frpproebe lies AntrksaeBtf* En Pab* seneé dn coaeté de Monsaigu, oni ne sfvuéreeseîf à rien r je fis .passer à M* le marquis de ^Hôpital cet avis ai à^pitoeios, que c'est peutêtre a oe pauvre Jean l aean cs, si bafoué , epae ia mais** de Beat h o u doit là o s i e r v a tkm da rc*/auvfté de tapies.

Le marquis de PHôftftai, en inrn e rUân tsan collègue, cemmev i\4wH jaste^ krî paria de son secrétaire et du service ejuW venait de rendre à la caûSe eemninne. Le eoftitode Mottaigu , qtkt àffoft a s* reçfreciiè* -sa négligence dans celle etfaire , ortft voir «mes» dans ce coaaptimeàt un r eprtttitfe, et nt'éfl parla arec humeur . Matois été dans le cas d'en user avec le comae de Gésteftlane , J*ê > %Mà éttt à Ge^tinajaople, comme avec le nWWpûs dé l'Hôpital, $woiqu'ën cfabses tnoitos innovantes. Cottiiue il n'y avoit point d'antre poste pbnr Constantînople qtié lès courriers <jne >è sénat envoyait de 'temps en ternes % son ftayie* , en dtitnnoit avis dû départ dé ce* courriers a l'ttinfcassedeur de

6a LES CCWFE3S10MS.

France, pour qu'il pût écrite par cette voie à son collègue , s'il le jugeoit a propos. Cet avis venoit d'ordinaire un jour ou deux g l'avance : mais on faisoit si peu de cas de M. de Montaigu , qu'on se contentoit d'envoyer chez lui , pour la forme, une heure ou deux avant le départ du courrier; ce qui me mit plusieurs fois dans la nécessité de fairé .la dépêche en son absence. M. de Castellane , en y répondant, faisoit mention de moi en termes honnêtes; autant en faisoit à Gênes M. de Jonville : autant de nouveaux griefs.

J'avoue que je ne fuyais pas l'occasion de me faire connoître; mais je ne la cher chois pas non plus hors de propos, et il me paroissoit fort juste , en servant bien, d'aspirer au prix naturel des bons services, qui est l'estime de ceux qui sont en état d'en juger et de }çs récompenser. Je ne dirai pas si mon exactitude à remplir mes fonctions était , de la part de l'ambassadeur,, un légitime sujet de plainte ; mais je dirai bien que c'est le seul qu'il ait articulé jusqu'au jour de notre, séparation. .

Sa maison , qu'il n'ayoit jamais mise sur un trop bon pied, se remplissoit de canaille : les François y éteint mal traités , les Italiens y

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