‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 12 sur 52 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

jeunesse, produits bizarres d*un tas de révolu*

tions politiques n'aboutissant chaque fois, pour le dire sérieusement, en tout patriotisme, qu*à de l'amoindrissement général, malheureuse-

ment !

£n sixième, M. M..., où j'étais (je dis où, comme d*un lieu I) camarade de banc avec un

Hayem, ce brave M. M... qui passait, entre deux dictées et quatre ou huit ou dix correc« tions de copies, sa langue sur de la colle à

bouche en vue de futurs devoirs à « donner » ; en cinquième M. P.. ., fortes galoches, vaguement découragé (n*était-il pas un peu « républicain » en ces temps d'empire... impérial ?) fortes, dis-je, galoches, le collier de barbe à la Jules Favre et tout indifférence à sa classe ; en quatrième, M. V..., qui avait le tic de se passer un doigt sous le nez à chaque peusum qu'il infligeait ; en troisième, un M . Réaume qui a, je croîs, écrit quelque-chose chez Lemerre, qui ne m'aimait guère et avait probablement raison, et qui, un jour que, du fond de la salle de classe qui sentait abominablement la peinture, nous observions — on était en juillet, toutes portes

Ùigitizeû by CaOOgle

et fenêtres ouvertes — les ellorts d'une liirondélie, chue à terre, pour s^envoler, nous dit,, spontanément, sans le vouloir ou non :

L'ennui naquit un jour de Tuni. . .versité.

£n seconde, M. Perrens, historien de Hiéronimo Savonarola et autres pères Hyacinthe, qui . me détesta, m*a-t-on dit, et me déteste encore, m'a-t-on dit récemment (pourquoi, mon Dieu ?) £n rhétorique, M. Durand, son râtelier et sa perruque ; et fier de ces parures,

...Empto dente fcrox et cri ne vcnali.

M. Deltour, aujourd'hui, je crois, inspecteur d'Académie, auteur des Ennemis de Racine^ un esprit exquis, qui fut indulgent à ma paresse^ mais sévère à mes traductions en vers de Properce, entre autres un... sonnet ! où la fin — in caudà... — fin que voici :

L'humble table de chêne et le lit en noyer.

En rhétorique, toujours, et en seconde, je crois, auparavant, M. Desjardins, professeur

d'histoire, très intéressant et très éloquent, parlant des Mérovingiens, et M. Camille Rousset

Ùigiiizeû by i^OOgle

PRBMIÊRB PARTIE 9I

qui nous lisait parfois des fragments de nos Histoires de Louvois, de sa grosse voix de petit homme vif, vif !

Pour en finir avec cette partie de mes Confessions qui concerne la bêtise et l'ennui de l'instruction... bizarre qu*on... donnait, de mon temps aux petits des bourgeois, en attendant peut-être pis, passons à mon passage du baccalauréat.

Voici, dans toute sa gloire, cette chose :

La Vieille Sorbonne, noire comme Tencre du discours latin, vermoulue comme le style de la dissertation française... et si pitoyablement comparable à cet exquis Oxford...

Oxford sur qui j*ai fait des vers absolument inédits en France, et que voici, parce qu'ils expriment un mien « état d'âme » assez récent

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