‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 13 sur 52 · OXFORD · texte numérisé non relu

OXFORD

Oxford est une ville qui me consola, Moi, toujours rêvant de ce Moyen- Age-là.

En fait de Moyen-Age on n'est pas difficile Dans ce pays d'architecture un peu fossile.

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A. dessein, c'est la mode et qui s'en moque fault : Mais Oxford, c'est slncfere, et tout Tart y prévaut,

Mais Oxford a la foi, du moine en a la mine Beaucoup, et sa science en joyau se termine,

En joyau précieux, délicieux : les cieux Ici couronnent d'un prestige précieux

L'étude et le silence exigés comme on aime Et la sagesse récompense le problème.

La sagesse qu'il faut, c'est, douce, la raison Que la cathédrale termine en oraison

Sous les arceaux romans qui virent tant de choses Et les rinceaux gothiques, fins d'apothéoses

De saints mieux vénérés, peut-être qu'on ne croit, Et mon cœur s'humilie et mon désir s'accroît

De devenir et de redevenir, loin d'elle, Cette cité glorieuse d'être infidèle,

Paris 1 l'enfant ingrat qui s'imaginerait Briser les sceaux sacrés et tenir le secret —

De devenir et de redevenir la chose

Agréable au Seigneur, quelle qu'en soit la cause,

Et par cela même être encore doux et fort, G toi, cité charmante et mémorable, Oxtord i

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PRBMffcRB PARTIS 93

Je commis, dans cet amphithéâtre d'un sale à se brosser toute la vie, un discours latin, une

dissertation française, que je voudrais bien ravoir aujourd'hui pour les vendre comme autographes.

Au lendemain, vers onze heures, inquiet, je revins, dans la cour noire et mal pavée, me coller sans espoir, le nez contre Taffiche des « reçus à récrit. »

J'étais reçu 1 (*)

(*) Copie du diplôme de Bachelier ès Lettres trouvé dans les papiers de Pdul Verlaine î Em pire F ru )i ^ ai s .

Diplôme de Bachelier es Lettres.

Au nom de V Empereur.

Le Ministre Secrétaire d'Etat au département de i* Instruction publique et des Cultes,

Vu le certificat d'aptitude au grade de Bachelier és Lettres accordé le i6 août 1862 par les Professeurs de la Faculté des Lettres de Paris, Académie de Parts, nu sieur Verlaine (Paul-Marie) né à Mets^ départe'» ment de la Moselle le jo mars 1844 ;

Vu l'approbation donnée à ce certificat parle Recteur de ladite Académie ;

Ratifiant Le susdit certificat.

Donne, par les présentes ^ au dit steur Verlaine lediplôme de Bachelier ès Lettres, pour en jouir avec les droits et prérogatives qui y sont attachés par Us loiset règlements.

Fait à Paris sous le Sceau du Ministère de Vinsiruction publique et des Cultes, le 75 novembre 1862, Le Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'ins' truction publique et des Cultes. Signé: Rouiaud. Secrétaire Général. Signé : Houlame. Pour expédition conforme, le Che f de la Division de l'Enseignement supérieur. Siçné : Petit. Délivré par le Vice-Recteur de V Académie de Paris le 5 décembre 1862, n^ ^757^» Signé : (Illisible). Signature de l'impétrant ; P. Verlaine.

Autre pièce documentaire :

soussi^^fh' , déclare et certifie que le jeune Paul ]'erlaine a fait toutes ses classes dans V Institution, d'Octobre iS^^^ à Octobre 1862 ; qu'il a sîitvi, avec des succès marqués dans plusieurs prix, les Cours du Lycée Bonaparte depuis la Sixième jusqu'à la Philo^ Sophie exclusivement ; que sa conduite a été celle d'un bon, bon élève; et qu'il a terminé de fortes études en se faisant recevoir Bachelier ès Lettres, à la fin de sa Rhétorique.

Je ne puisque rendre un excellent ièmo^ nage de cet élève qui est au iiombre des sujets distingués que compte l' Etablissement.

Paris ce 2 mat 1864 Signé : LANDRY.

(Note des Editeurs») 32, rue ChafiaL

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E lendemain, nouvel examen, nouvelles

émotions, directes celles-là. Il s'agissait

M^de i orai, c'est-à-dire de comparaître ou plutôt de comparoir devant des juges en robe&

'coiiHiie les autres, ceux de droit commun et, sinon plus sévères qu eux, tout au moins plusméticuleux et moins expéditifs. Ici, il fallait répondre précisément, nettement, quelquefois dans les plus infinis détails. Nul alibi à invoquer, par des mensonges habiles à opposer k des questions plus ou moins vagues, — et aucun avocat !

Mes réponses sur Thistoire passèrent comme une lettre à la poste, mon « numéro » indiquait un parallèle sur César et Pompée, ce pont auxânes, que je franchis prestement sans une hésitation, sans un recul (je m'étais si fort intéres*

sé, pourquoi ? mon Dieu, sous la tuition de mes deux excellents maîtres Ernest Desjardins

Camille Rousset, à la lutte de ces triumvirs),

quelques considérations (!) sur le règne, en général, de Louis XIII (les trois Mousquetaires lus en cachette dans l'ombre propice du pupitre de Tétude ne m'avaient-ils pas tout fraîchement préparé à de triomphales et triomphantes répliques ?) J'amenai dune une « blanche » sans peine aucune quant à la partie historique du si terrible bachot » de ces temps-là.

La partie littéraire, où je fus brillant, était présidée par M. Mézières, de l'Académie actuellement et de la Chambre, qui m'examina sur Buileau et sur Bossuet. Or j*y étais terré à .glace. Autre boule blanche

Boules blanches également en latin : Cicéron, Tite-Live (qui donc m'interrogeait ?) et en grec, où l'excellent père Haze, Theliéniste en chef de -ce temps-là concurremment avec £gger, fut très coulant sur ma plutôt ânonnante explication à livre ouvert d'un chœur de Sophocle et d'une période de ce dur Démosthène.

Maïs où la rouge en majorité et quelque peu

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